Aphrodite : « vous m’en direz tant »
Alexandra : « ah d’accord. né en 1486 à Cologne et mort en 1535 à Grenoble, en France. Juriste, médecin, astrologue, alchimiste, magistère, occultiste
et cabaliste, philosophe pythagoricien et platonisant, Heinrich Cornelius Von Nettesheym, dit
Agrippa est l’un des disciples les plus éminents du célèbre cabaliste Jean Trithème… »
Casanova : « je crois qu’on a trouvé le nom de celui qui est censé être immortel »
Aphrodite (stupéfaite) : « nom d’un rat édenté ? »
Casanova : « quoi ? »
Alexandra (montrant à Casanova la photo d’Heinrich Cornelis) : « je crois que vous n’en
reviendrez pas »
Casanova (se penchant pour regarder) : « oh p****n ! La ressemblance avec le pirate est
frappante. On dirait qu’ils ont peut-être des liens de parenté, c’était peut-être un ascendant
lointain »
Aphrodite : « des choses bizarres ont vraiment bizarrement lieu dans cette ville »
Alexandra : « vous semblez oublier que vous avez côtoyé ce type avant nous »
Casanova : « on dirait presque la même personne »
Alexandra : « bien je vais sauvegarder. Il se fait tard, je dois rentrer chez moi, chers
collègues »
Aphrodite : « vous ne croyez pas si bien dire ».
Casanova rentre enfin chez lui, il entre dans sa maison et tombe sur son fauteuil. Il met
un peu de temps avant de sursauter, se rendant compte qu’il y a quelqu’un dans sa maison, El.
El : « bonsoir commissaire. Ravi de faire enfin votre connaissance »
Casanova (dégainant son arme) : « vous êtes qui ? »
El : « nous avons beaucoup de choses à nous dire. Si vous voulez bien baisser votre
arme, elle ne représente aucun danger pour moi. La magie qu’elle contient ne me fera rien »
Casanova (pointant son fusil sur El) : « on parie ? »
El : « je ne vous veux aucun mal. Mais si vous voulez, essayez donc »
Casanova hésite à tirer, il pose son arme sur la table.
El : « vous avez des questions auxquelles vous n’arrivez pas à apporter de réponses
n’est-ce pas ? »
Casanova : « qui vous a dit ça ? »
El : « ne soyez pas si agressif. On discute. Je m’appelle El. »
Casanova : « que voulez-vous de moi ? »
El : « je connais des choses sur vous que même votre collègue le plus proche ne peut
savoir »
Casanova : « éblouissez-moi »
El : « votre buste est-il normal ? »
Casanova (regardant sa poitrine et son ventre) : « hm… »
El : « c’est ce que je pensais. Vous avez reçu une autre partie du corps parfait. L’un des
emblèmes de la sagesse de mon peuple »
Casanova : « je ne comprends rien à ce que vous dites »
El : « mon peuple a conçu des formules pour améliorer les capacités humaines, ces
formules ayant pour objectif d’offrir des possibilités quasi illimitées aux guerriers de ma tribu.
Malheureusement, des milliers d’années après, tout le monde a péri et notre savoir est mort avec
nous. C’est ce que je pensais jusqu’à ce que je réussisse à localiser des sources d’énergie liées
au savoir de mon peuple. »
Casanova : « et vous ? Vous êtes la seule encore en vie »
El : « disons que je suis la seule à avoir traversé les générations »
Casanova : « et me voilà qui parle aux ancêtres maintenant »
El : « c’est une manière intéressante de voir les choses »
Casanova : « c’est donc vous qui avez enlevé ces enfants, cette nuit-là »
El : « je ne les ai pas enlevés. Je les ai initiés, nuance. »
Casanova : « si ça peut vous plaire, maintenant ils sont quoi ? Des justiciers ? »
El : « non. Des élus chargés de combattre le mal répandu par les mouvements
cabalistes les plus sombres de cette époque »
Casanova : « et vous pensez que j’ai un rôle à jouer, moi aussi ? »
El : « bien entendu, vous êtes l’un des leurs. »
Casanova : « savez-vous comment j’ai reçu ce truc exactement ? »
El : « nul doute que cela a été conçu à partir de notre savoir ancestral »
Casanova : « une fiole contenant un liquide qui ne dévoile rien en analyses, puis je me
suis fait tirer dessus. Mon collègue me l’a injecté et résultat, je suis devenu indestructible ou
presque »
El : « cette fiole comme vous dites n’était pas unique. Il devait y en avoir plusieurs
exemplaires. Sinon les enfants ne seraient forcément pas dotés de leurs dons »
Casanova : « ah d’accord. Malheureusement leur concepteur est déjà mort »
El : « cela n’a absolument aucune importance. Le fait est que ce type s’est introduit
dans nos terres et a pris un savoir millénaire à son compte »
Casanova : « sans ce type, vous n’auriez aucun rôle à jouer »
El : « je vous le concède. Mais comprenez-moi bien. Il est impératif que vous fassiez
équipe avec ces enfants qui essaient encore de comprendre le but de cette mission »
Casanova : « avec ces ordres mystiques qui m’attaquent déjà, je ne peux plus fermer
l’œil de la nuit. »
El : « je vais vous laisser. Mais nous nous reverrons sûrement »
Casanova : « ça, j’en suis sûr »
El disparut instantanément. Ce n’était pas son corps qui était là, mais sa projection
astrale. Elle a entrainé Lindsay afin qu’elle puisse déplacer son corps astral jusqu’au domicile
de l’inspecteur Casanova. Lindsay a rompu le procédé une fois la discussion terminée, El la
félicite pour la réussite de son premier essai.
Dans le repaire de l’ordre de la Croix Bleue, Erdogan est mort, vidé de son sang. Le
leader entre dans une colère noire.
Chef : « Arcane V, NON !
Zédicus (en larmes) : « il ne méritait pas ça »
Chef : « Arcane VII, qui est l’auteur de cette acte impardonnable ? »
Zédicus : « l’inspecteur »
Chef : « dans ce cas, il signe ainsi son arrêt de mort »
Zédicus : « ne vous en faites pas pour ça. Mon épée lui a transpercé le corps »
Chef : « que dis-tu ? »
Zédicus : « je lui ai transpercé le corps avec mon épée. Il doit être mort à l’heure qu’il
est »
Chef : « je veux que tu me ramènes sa tête. Quitte à t’introduire dans ce commissariat
pour la lui arracher »
Zédicus : « vos désirs sont des ordres. Je vous ramènerai sa tête demain »
Ce fut une nuit calme. Le lendemain arriva. Lindsay et El discutent de bonne heure
dans la forêt ;
Lindsay : « je peux te demander quelque chose, El ? »
El : « je t’écoute »
Lindsay : « combien de temps dure la projection astrale ? »
El : « cela dépend des objectifs de celui qui l’exerce. J’avais besoin de discuter avec
l’inspecteur Casanova. La discussion aurait pu mettre dix, vingt, trente minutes voire même
deux heures ou plus mais pas une demi-journée »
Lindsay : « pourquoi ? »
El : « parce que mon esprit devra retourner dans mon corps même s’il faut qu’il en
ressorte plus tard. Tu comprends ? Pas plus d’une demi-journée. »
Lindsay : « d’accord, El. C’était quoi avec Yanou tout à l’heure ? »
El : « qu’est-ce tu as remarqué ? »
Lindsay : « on avait déjà parlé du rituel effectué sur l’arme de l’inspecteur, pourquoi il
est revenu dessus ? »
El : « tu sais, Yanou a été aveugle durant une très grande partie de sa vie. J’ose penser
qu’il recherche parfois mon approbation ou alors mes félicitations »
Lindsay : « pourtant tu es restée de marbre »
El : « j’étais une guerrière dans le passé. Maintenant, je dois m’adapter à chaque
époque. Tant que la Déité suprême voudra de moi, je resterai vivante pour vous permettre
d’accomplir votre destinée »
Lindsay : « waouh !!! Tu dois vraiment être très vieille »
El : « je te vois venir avec cette affirmation. Il est hors de question qu’on aborde
quoique ce soit en rapport avec mon âge »
Lindsay (déçue) : « ah ! El… d’accord, comme tu voudras »
Au commissariat, tout le monde est déjà à son poste. Soudain, la partie du bâtiment
réservée aux objets de l’enquête en cours explose. Tous les policiers sont alertés, chacun se
dirige vers la salle des objets, mais ne trouve personne. L’explosion a créé un trou béant dans
le mur. Casanova et Alexandra se dirigent à toute vitesse vers l’extérieur. C’est à ce moment qu’ils aperçoivent Nicolas et Cornelius à l’intérieur d’une voiture, ils sont venus prendre
quelque chose au commissariat.
Casanova : « Stone… vérifie si le diamant est toujours là »
Stonecold se précipite sur le lieu de l’explosion et se met à fouiller, puis il revient vers
l’inspecteur.
Casanova : « alors ? »
Stonecold : « non. Ils l’ont pris »
Le commissaire Aphrodite, alertée par l’explosion, est aussitôt sortie de son bureau.
Aphrodite : « qu’est-ce qui se passe ? »
Stonecold : « commissaire, les pirates ont pulvérisé la salle des objets de l’enquête. Ils
ont récupéré le diamant »
Aphrodite : « quoi ? »
Casanova : « on va devoir s’attendre à un évènement plus ou moins grave d’ici
quelques heures »
Aphrodite (regardant autour d’elle) : « où est le commandant Bayles ? »
Casanova : « nous sommes sortis tout à l’heure et avons vu les pirates passer devant
nous en voiture, mais je suis retourné à l’intérieur »
Aphrodite : « et si elle les avait pris en chasse »
Casanova : « pourquoi y aller toute seule ? »
Aphrodite : « vous lui demanderez vous-même, on va la localiser à partir de son
portable. Occupez-vous en, agent Stonecold »
Stonecold : « bien chef »
Quelques minutes plus tard, Stonecold a réussi à localiser la position d’Alexandra.
Stonecold : « j’ai réussi à la localiser »
Aphrodite : « bien, alors elle est où ? »
Stonecold : « elle se dirige vers la mairie »
Aphrodite : « si les pirates y vont aussi, ils doivent avoir une idée derrière la tête. »
Casanova : « pourquoi la mairie ? »
Au même moment, Nicolas et Cornelius se dirigent vers la mairie, suivis par Alexandra.
Ils s’arrêtent au niveau du bâtiment principal. Les gardes de la sécurité pointent tous leurs
armes sur eux, les deux bandits n’ont d’autre choix que de lever les mains. Le chef de la
sécurité voit dans leur venue un mépris de la mémoire du maire.
Chef de sécurité : « vous avez osé venir ici ? Nous ne sommes pas la police, je peux
demander qu’on vous exécute immédiatement »
Nicolas (mains en l’air) : « écoutez-moi, ensuite vous pourrez me tuer si ça vous
aidera »
Chef de sécurité : « que vais-je apprendre d’un scélérat qui a tué mon patron ? »
Nicolas : « ce n’est pas moi qui l’ai tué. Ce n’était pas mon intention, ni celle de mes
camarades. Nous voulions juste le diamant »
Chef de sécurité : « peu importe, le fait est qu’il est mort à cause de ce vol. »
Cornelius : « c’est à cause de votre système de sécurité que vous n’avez pas pu
contrôler que votre boss est mort. Nous n’avons pas fait grand-chose. Sérieusement, je
connaissais même pas le visage de ce mec-là »
Le chef de la sécurité dégaine son arme et tire sur le genou de Cornelius.
Cornelius (titubant sur place) : « vous savez que j’ai raison »
Nicolas : « nous avons quelque chose qui vous appartient, nous sommes venus vous
remettre le Cullinan. »
Chef de sécurité : « et vous croyez que ce geste rachètera votre faute ? »
Nicolas : « nous allons vous le remettre, il est là, dans la voiture »
Le chef de la sécurité tire sur l’épaule gauche de Nicolas. Puis les gardes les attachent
et les emmène, d’autres récupèrent le diamant dans le coffre de leur voiture. Alexandra assiste
de loin à tout ce qui se passe. Les gardes les emmènent au sous-sol pour les torturer.
Alexandra retourne à sa voiture et décide d’appeler ses collègues pour les informer, mais elle
se fait stopper dans son élan par le chef de la sécurité, qui la menace d’un fusil sur la tempe.
Chef de sécurité (pointant son fusil sur Alexandra) : « vous déposez votre téléphone ou
je vous éclate la cervelle ici »
Alexandra (déposant lentement son téléphone) : « s’il vous plaît, ne tirez pas »
Alexandra sort de sa voiture, puis elle se dirige vers le sous-sol sous la menace du
Chef de la sécurité. Ils y retrouvent les deux pirates blessés, les gardes en profitent pour
attacher le commandant Bayles.
Chef de sécurité : « je n’aime pas les témoins gênants, mademoiselle Bayles. Vous
allez donc assister à la mise à mort de ces deux brigands »
Alexandra : « ça ne vaut pas la peine d’arriver jusqu’à ce niveau. Je sais que vous êtes
en colère contre eux, mais vous allez vous transformer en criminels si vous faites ça »
Chef de sécurité : « et qui m’arrêtera ? Vous ? Vous semblez oublier que ce sera votre
parole contre la mienne. »
Alexandra : « vous commettez une grave erreur »
Chef de sécurité (aux gardes) : « exécutez les deux pirates »
Nicolas (essayant de se débattre) : « non ! Non ! Vous ne pouvez pas faire ça »
Les gardes mettent les pirates en position debout, dos contre le mur. Puis, ils exécutent
Nicolas et Cornelius d’une balle dans la tête chacun sous le regard impuissant d’Alexandra.
Ensuite, le chef de la sécurité se rapproche d’Alexandra pour lui parler.
Chef de sécurité (touchant le visage d’Alexandra) : « ce serait dommage de vous tuer
maintenant, vous feriez une belle compagne »
Alexandra (dégoutée) : « je ne suis pas intéressé par des meurtriers »
Chef de sécurité (lui serrant durement le visage avec les mains) : « vous croyez que
vous aurez le choix ? Soit vous acceptez, soit vous mourrez »
??? : « Je crois que ce sera la mort pour vous tous »
Le chef de la sécurité se retourne, Alexandra est sous le choc, les gardes sont tous stupéfaits ; Cornelius Agrippa, qui vient d’être abattu, est bel et bien debout. Mais il semble un
peu différent. D’un geste rapide de la main, il transperce la poitrine du chef de la sécurité, lui
arrachant le cœur au passage. Puis, se déplaçant incroyablement vite, il se précipite sur les
gardes, leur arrachant la gorge, les intestins ou encore la tête. Alexandra assiste au m******e
de la garde de la mairie, cette même garde qui allait la tuer il y a pourtant quelques secondes.
Après avoir achevé le dernier garde, Cornelius avance lentement vers Alexandra, attachée sur
une chaise.
Cornelius : « avez-vous peur ? »
Alexandra (tremblant de peur) : « non, vous ne me faites pas peur »
Cornelius : « votre cœur bat si vite, pourtant. J’ai horreur qu’on me mente, alors je vous
le demande à nouveau, avez-vous peur ? »
Alexandra (éclatant en sanglots) : « oui, je suis vraiment terrifiée »
Cornelius (se tenant debout devant Alexandra) : « il n’y a aucune honte à avouer ses
peurs. Par contre, c’est la réaction que vous avez face à elles qui compte. »
Alexandra : « qui êtes-vous ? »
Cornelius : « je m’appelle Heinrich Cornelius Von Nettesheym, mais vous pouvez
m’appeler Cornelius Agrippa »
Alexandra (stupéfaite) : « non ! C’est impossible ! »
Cornelius : « vos amis se dirigent vers cet endroit, ils ne devraient plus tarder. Je dois y
aller, mais avant je vais m’amuser avec vous »
Alexandra (apeurée) : « s’il vous plaît, ne me tuez pas, je vous en prie »
Cornelius (lui prenant le visage avec les deux mains) : « non ! Loin de moi cette idée »
Le regard de Cornelius croise celui d’Alexandra, puis il lui dit cette phrase en latin :
« hic erit recordatio mea »