–ok allez retrouver vos familles on se retrouve dans 3 jours (lol les vacances c’était juste 3 jours) malheurs auX retardataires ? Au revoir.
Ce n’est pas possible d’être aussi avide pensais-je, pour commencer la cérémonie avait couté quinze mille par enfant à nos parents en plus chaque famille avait apporté une assiette de repas pour lui et il voulait encore nos farotages pour couronner le tout.
Bon, mieux je l’oubli je dois allez faire la fête chez nous.
La fête à la maison consistait à une cérémonie de Douah (Rendre grâce à Allah, le remercier et le prier pour qu’il continu de nous soutenir c’était généralement fait par un Iman invité pour l’occasion) après ça, c’est la phase (Collation).
On avait préparé d’énorme quantité de couscous de mais avec des légumes de djapche, tchiem, gombo..., de la viande de bœuf et beaucoup de poissons maquereau à la saute tomate et un peu de riz en accompagnement.
Les femmes servent tout le monde, on se régale puis s'ensuit les dernières félicitations et la maison se vide peu à peu…
Mes tantines chacune remplissent son plastic nommé ou l’appellation diffère selon le coin du Camer (Cameroun) où on se trouve. Ca ne se faisait pas par ici d’aller dans une ceremonie et de revenir ensuite faire la cuisine chez soi ca relevait carrement de l’irresponsabilité. En réalité c'est une culture qui consiste à toujours prévoir un gros sachet en plastique dans son sac à main pour emballer les restes de nourritures à chaque fois qu'une femme va à une cérémonie ou une fête. Ce n’est pas la peine d'aller à une fête si c'est encore pour rentrer préparer chez soi. Cette pratique est très courante dans certaines localités du Cameroun.
Maintenant c’est opération vaisselle vu qu’on prépare sur les feux de bois laver les marmites ne vas pas être du gâteau.
Une heure trente heures plus tard on avait fini. Tout le monde s’est lavé et là on est réuni au salon avec nos parents il fait presque nuit.
- Dis-moi Aicha ou est ton farotage ? Me demande maman
- J’ai remis à papa
- Je vois ta sœur m’a remis son farotage 2500 FCFA
- Aicha a eu 50 000 francs. Annonce fiérement papa
- Quoi tant que ça ? ajoute maman surprise
- eh oui faut dire qu’elle a émue tout le monde par ses prestations je suis allez demander au monsieur qui lui avait remis l’enveloppe s’il n’avait pas fait une erreur il a dit non qu’elle le méritait. Dis-nous Aicha tu veux faire quoi de tout cet argent ?
Maman répond rapidmeent avant que je ne puisse ouvrir la bouche :
- Qu’elle oubli ça, tous les jours on l'a nourri gratis ici, on lui paye des vêtements, qu’elle commence à rembourser maintenant.
- Fatima arrêtes c’est son argent. Dis-moi Aicha tu veux qu’on t’achète quoi ? me redemande papa
Je réponds sans hésiter :
- Bah rien du tout je t’en fais cadeau papa.
Maman fronce les sourcils en disant :
- Ah bon ? Et moi ?
- ....
- Aicha je te parle
Puisqu’elle insiste je lui réponds :
- Je vais penser à toi une autre fois
Maman :
- Oui c’est ça à la rentrée moi aussi je vais penser à toi une autre fois.
Surtout ne pas répondre comme si je ne savais pas qu’elle préfère mes jolies sœurs et leurs magifique chevelure à moi.
Ma mère et moi on a toujours eu des rapports très difficiles nous sommes coupables toutes les deux de cette situation je crois:
De son côté, elle préfère mes sœurs car elles sont à l’image des futures épouses musulmanes calmes et obéissantes. Elles font ce qu’on leurs demande de faire et rien d’autres sans poser de question.
Moi, j’aime jouer je sais ce n’est pas bien pour une jeune m*******e mais je ne fais rien de grave, je grimpe aux arbres, je joue au football, et je fais plein de truc de garçon.
Ma mère a peur que je ne contamine mes sœurs et ne gâche leurs chances de trouver un bon mari si elles se mettent à se comporte comme moi. Pour moi elle savait depuis ma naissance que ça allait être difficile de me caser. D’abord elle n’a jamais arrêté de se plaindre des multiples coups de pied que je lui donnais quand j’etais dans son ventre ; ensuite il parait aussi que j’avais coincée une de mes jambes dans sa hanche et qu’elle avait du être immobilisé de douleur pendant une semaine. Le medecin lui avait juste recommandé de me tapoter et de masser ma jambe pour que je la retire toute seule et moi Je l’avais torturé pendant une semaine et elle avait dû se donner des bonnes tapes pour que je libère enfin sa hanche. Bref je crois que c’est surement l’origine de notre conflit.
Parfois quand elle est en colère elle me dit :
- Aicha je promets de te donnerai au premier prétendant qui se pointera !
Ça ne me faisait pas peur. Que ce soit le premier ou le dernier venu, ça ne changeait pas grand-chose. J’allais me marier tôt ou tard comme toutes les jeunes filles de ma ville.
Chez nous, Seules les questions en cuisine et de ménage sont acceptables.
Un jour j’ai demandé à ma mère pourquoi mon père et ils faisaient chambre à part alors que toutes les nuits quand elle croit qu’on dort, elle se sort encore en douce au milieu de la nuit pour le rejoindre dans sa chambre ? ca servait à quoi ? Ils étaient mariés non ? Pourquoi ne pas dormir une fois ensemble ? Mystère. Ce jour en tout cas, j’ai eu la raclée de ma vie. Bon j’ai laissé tomber le sujet.
Une autre fois, je lui avais demandé pourquoi elle nous interdisait de nous balader alors que elle-même sortait tous les jours pour aller je ne sais ou avec ses cousines ? Et ce malgré l’interdiction de mon papa. Là encore ban ! Ban et ban ! "Petite insolente" j’ai encore eu ma dose de bastonnade.
Une fois, elle a menti à papa qu’on n’avait rien à manger pour le lendemain alors qu’il y avait encore le reste des courses en cuisines. Là, sans un mot je suis allée porter tout le stock de nourriture dans une bassine que j’ai ramené au salon devant papa. Là, papa a éclaté de rire et le lendemain maman a eu zéro ration: pendant deux jours mon derrières a eu chaud.
Elle ne pouvait pas me refuser à manger vu que c’est moi qui préparais, je me ravitaillais toujours quand la nourriture était encore au feu. (Prévenir vaut mieux que guérir). Mais bon c’était ma mère mais mon esprit rebelle preferait ne pas lui accorder trop de confiance. Ou alors j’attendais patiemment que papa et je mangeais avec lui quand maman semblait trop en colère contre moi.
Je n’etais pas aussi métisse que mes sœurs mais j’avais la peau claire. Etre bastonné je supportais mais, plus difficile c’était les questions de mes camarades de jeu à chaque fois :
- Aicha c’est quoi ça ? Me demandaient-ils quand ils voyaient les traces de fouet sur mon corps.
- Tu es tombé ?
- Qu’est ce qui t’es arrivée ?
Je répondais juste :
- laissez ce rien de grave.
Faut dire que en tant qu’une petite fille qui se respecte, je préfèrait mon papa à ma maman car lui m’accepte comme j’etais. Il disait que j’etais différente et pleine de vie. Au contraire de ma mère, il ne me tapait jamais dessus et il grondait constament ma mère à chaque fois qu’il constatait qu’elle m’avait touchée.
En résumé j’avais droit à minimum deux gifles par jour, c’était ma routine au début je pleurais tout le temps parce qu’on ne tapait que moi et jamais mes sœurs. Pour être honnete et franche elles n’étaient pas aussi agitées, et insolentes que moi, elles étaient juste des petites filles musulmanes très sages et obeissante.
Les bastonnades de maman en plus de ce que je reçevait à l’école coranique je n’en pouvais plus, j’étais fatigué de pleurer au bout d’un long moment. Puis, je me suis habitué à être battu. Je criais juste : ahh aie ! aie ! wooooh woooh ! Pour que mon tortionnaire croit que je ne ressenttais quelque chose sous ses coups et après plus rien. Je passais à autre chose.
Ma mère s’en ait rendue compte et elle croiyait que je la narguais, mais non ce n’etait pas ça. Juste que j’aimais mieux être le chef bandit que la victime du film de ma vie. Voilà !
Avec mes sœurs : Bon pour commencer nous sommes sœurs et nous habitons sous le même toit. Elles sont carrément jaunes avec beaucoup de cheveux surtout khady que j’adore elle est si menue, si mince et si blanche qu’on ressent automatiquement le besoin de la protéger.
Maryam ma grande sœur et moi c’est une autre histoire, on se bagarre par moment surtout lorsqu’elle se moque de mon crâne rasé.
Mais bon, les rares fois où elle faisait une bêtise elle me suppliait de me dénoncer à sa place, vu que je n’avais plus peur d’être battue depuis fort longtemps déjà.
Et on compensait ça avec son (Ration journalière chaque matin 25 francs) en plus des miens je me retrouvais avec 50 francs dans ces moments-là.
Finissons avec l’école coranique.
Deux jours après notre cérémonie religieuse, un scandale a éclaté à l’école coranique et notre Maloum a été chassé. La communauté lui a retiré le droit d’enseigner. Motif : trois jeunes élèves d’à peine seize ans sont tombées enceinte de lui et l’une d’elle etait la fille de son meilleur ami.
C’est d’ailleurs ce dernier qui a découvert le vice de notre Maloum.
Voilà l’histoire : L’ami de Maloum monsieur Hassan devait envoyer sa fille en maraige le lendemain de notre cérémonie. Ce qui a été fait et il était sûr que sa fille de 16 ans était toujours Vierge. Sauf que juste après la ceremonie, la belle famille est revenue lui rendre sa fille prétextant que non seulement elle n’était plus Vierge mais qu’en plus, elle était enceinte de plus d’un mois ! Comme elle était un peu ronde monsieur Hassan n’avait rien remarqué.
La mariée a d’abord niée être au courant pour sauver sa tête et son mariage. Mais, sous les coups de fouet de monsieur Hassan, sa fille a avoué que Maloum lui avait dit que chacune de ses élèves devait obligatoirement prendre la bénédiction chez lui avant d’aller en mariage et dans la foulée elle avait cité le nom de ses deux copines qui étaient aussi passé par là.
Monsieur Hassan en colère a donc pris la machette pour aller tuer notre Malom ; les voisins l’ont retenu et lui ont suggéré d’aller se plaindre chez nôtre dignitaire politique. Les témoignages des jeunes ont été accablants et Maloum a été simplement viré de l’école.
On lui a trouvé un remplaçant mais mon père a ensuite decidé qu’il ne voulait pas prendre de risque. C’etait desormais la fin de l’école coranique. Ça en était fini de mon rêve de faire des concours sur le saint tant au niveau local que mondial… J’en avais pleuré pendant deux jours en suppliant Allah de faire quelque chose mais bon apparement Dieu n’aime pas qu’on lui mette la pression, il n’avait jamais répondu à ma connaissance.
Maintenant on devait juste essayer d’approfondir l’école des blancs.
Avant la colonisation la divinité était partout chez nous en afrique, dans les troncs d’arbre, dans la forêt elle était aussi dans l’esprit de nos ancêtres morts. Après la colonisation la ville de Foumban est devenue catholique et protestante.
Ensuite, les arabes sont arrivés avec leurs épées et notre Sultan s’est converti à l’Islam. De nos jours la majorité de la population de Foumban était m*******e en plus d’une minorité chrétienne. C’est pour ça par exemple que les cousines de mon père sont chrétiennes tandis que mon père lui est un Maloum dont m******n. La cohabitation est pacifique. Chez les musulmans on plaint l’âme de nos frères chrétiens, mais on accepte leurs choix et ca reste les membres de la famille. Les chrétiens aussi nous plaignent : Obligé de prier cinq fois par jour beuh ! Trop de boulot, aller à l’église tous les dimanches de la semaine suffisaient amplement pour glorifier Dieu.
Nos mamans ont été envoyées en maraige quand leurs seins pointaient à peine le bout de leurs nez, Comme avait été mariées nos grandes mères avant elles et comme nous serions mariées à notre tour. Personne ne se plaind de cette situation. On nous élève dans le but d’être des bonnes épouses conformément à la religion m*******e : Apprendre à s’occuper d’un foyer en observant sa maman, apprendre à respecter son mari dans la soumission, et à lui donner une descendance digne.
Une jeune fille qui essayait d’échapper à cette règle est mise à part et pointé du doigt comme un échec parental. Aucun parent ne veux être indexé comme ayant une fille (celibataire ou non mariée).
Pour nous effrayer la langue bamoun a un seul mot pour désigner une prostituée et une jeune fille non marié . C’est vraiment très malin comme ça dès que tu es jeune fille, tu files vite en mariage pour ne pas être confondu à une prostituée. C’est un petit truc psychologique qui marche bien sur nous.
…
Un dimanche dans l’après-midi, il a eu une petite réunion familiale chez nous. Y assiste tonton Moussa l’ainé de la famille de mon père, tante Mimi, maman et papa.
J’adore écouter aux portes et ce jour-là, j’ai eu une désagréable surprise. Rassurez vous je ne vais pas en mariage j’ai toujours huit ans.
Tante Mimi depuis son des années de mariage n’a pas eu d’enfant et apparemment sa belle-famille l’insulte et lui manque de respect. Elle a donc décidé de venir se ravitailler chez nous. Ils ne lui ont pas laissé de choix à mon pauvre père ! Ou plutôt si, il a le choix de choisir une de ses filles et de l’envoyer dès demain maman vivre desormais chez tante Mimi. Et à partir de là, il devait abandonner tous ses droits sur son choix et considérer desormais l’elue comme celle de Mimi et de son mari.
Je me suis mise à prier : Mon cœur a commencé à battre perdre ma famille ? Partir pour toujours ? Quitter mon papa ? Mon Dieu aide moi fait qu’on choisisse quelqu’une d’autre. Eh Allah pourquoi pas khady elle se si Mignonne et puis c’est facile de l’aimer. Ou alors Maryam elle est déjà très belle et fera sûrement un beau mariage pour le bonheur de tous.
EH ! Allah c’est le moment de me venir en aide je ne t’ai jamais rien demandé mais là Allah j’ai besoin de toi. Pardon ne m’abandonne pas mon Dieu…
Quelques temps plus tard Mimi est son frère sont partis.
Nous sommes attablés devant une assiette de couscous sauce combos petit poisson fumé comme la plus part du temps en soirée. Pour une fois je me contente de manger du bout des doigts sans embêter mon papa avec mes multiples questions sur sa journée de taximan.
- De toute les façons je refuse d’envoyer mes filles la bas. Disait maman.
- Ah bon, et tu vas faire ça comment ? Tu vas refuser un enfant à une femme à qui Allah n’a pas fait ce don ?
- Mais non, tu ne me comprends pas, je parlais de Maryam et Khady, elles n’iront pas chez elle.
Ma mère est serieuse là ? je lève la tête vers elle surprise:
- Quoi ? Et moi, je suis aussi ta fille non ? Dis-je
- Oublit ça, tu es l’enfant de ton père et au cas où tu ne serais pas au courant je ne sais pas d’où tu sors.
- Fatima arrêt ! ordonna papa
- Papa ? On m’a adopté ? demande-je timidement
- Mais non ma chérie ta maman plaisante.
- Non souley je ne plaisante pas. Ecoute de toutes les façons vu son allure elle ne fera rien de bon de sa vie, mieux on préserve ce qui peut être préservé et on laisse tomber le cas désespéré qui est là (dit-elle en me pointant du doigt).
- Au moins plus tard quand elle sera fichue on pourra dire que c’est la faute de ta sœur qui l’a mal élevé non?
- Là tu dépasses les bornes ça suffit maintenant Fatima!!
Par ALLAH J’ai dis que je ne pleurais plus ? Mensonge ! Là mes larmes coulent tout doucement sur mes joues, de plus en plus et encore et encore, ça n’arrête pas… En courant, je file dans la chambre mettre ma tête sous l’oreiller donc ma mère n’est pas ma mère ? Sniiiif sniiiif sniiiif et elle ne m’aime pas ? Sniiiiif sniiiiif pense-je tout en pleurant. Je me mis à prier les yeux larmoyants :
- Mon Dieu je veux rester ici, je ne veux pas quitter mon père Allah aide moi, trouve une solution je te prie tous les jours non ? S’il te plait Allah ne la laisse pas me séparer de mon père.je veux ma maman ou est ma maman ?sniiiif sniiiiif…
J’ai tellement pleuré que j’ai fini par m’endormir.
Je ne voulais pas quitter notre maison, la jolie Khady et papa, je ne savais pas comment était tante Mimi. Nos seuls rapports jusqu’à présent se limitaient à se dire bonjour pendant les rares cérémonies ou toute la famille était réunie.
Elle n’était même pas venue à notre fête religieuse. Pour ainsi dire, tantine Mimi était carrément une inconnue pour moi.
Le lendemain matin, j’étais debout aux aurores pour ne pas rater papa. Je le trouve au salon en train de porter ses chaussures :
- bonjour Aicha ça va ?
- hum...
- Tu ne veux pas y aller ?
- Oui
- Ecoute ta mère exagère toujours un peu. Mais de tous mes enfants toi tu es la plus forte tu peux t’en sortir partout. Ce n’est pas la fin du monde et puis je viendrais te rendre visite toutes les semaines.
- papa je veux rester avec toi.
- Je sais Aicha je ne t’abandonne pas, jamais. Ecoute ta mère et vas-y stp. Ma sœur Mimi est gentille tu sais ?
- Non papa je ne veux pas savoir
- Ok (dit-il en souriant) mais essai au moins de lui donner une chance, si tu n’es pas contente là-bas tu pourras toujours revenir ici. Écoutes ma chérie je dois y aller.
Je regarde papa sortie et je réfléchie que faire ? M’enfuir ? Pour aller où ? Chez qui ? On a toujours été isolé du reste de la famille. J’etais dos au mur et la seule personne qui pouvait me venir en aide vient de me lâcher comme une vieille chaussette.
Je me dis donc interieurement : Bon ok j’irai comme tu veux Dieu qui ne reponds pas vite aux prières des gens, que ta volonté soit faite Amine.
Et c’est ainsi que je quitte le seul amour de ma vie, mon très cher papa…