Une semaine depuis que Mouhamed est parti pour le Sénégal avec les enfants, une semaine que je n'ai pas eu de ses nouvelles parce que je ne décrochais jamais ses appels, les rares fois ou je décrochais, c'était quand les enfants m'appelaient. Et j'avais l'impression qu'ils voulaient me dire quelque chose, mais se retenaient à chaque fois disant qu'ils voulaient me faire une surprise. J'appelais Tata souvent pour essayer de soutirer des informations, mais en vain limite si elle se moquait de moi. On dirait notre égale ma tante. Ne change jamais, tu es très bien comme ça pour une belle-mère, même si elle me répète tout le temps qu'elle ne l'est pas, me considérant comme sa propre fille.
Un jour, j'ai appelé Adja, on avait parlé de tout et de rien comme à notre habitude. Elle était un peu fâchée contre moi parce que je n’avais pas donné à Mohamed tout ce que je lui avais acheté. Je lui promis de trouver un Gp avant le nouvel An. Elle m'avait fait savoir aussi qu'elle n'a vu son frère qu'une seule fois depuis qu'il est arrivé. Elle n'allait plus souvent chez sa mère parce que son mari a eu marre de ses visites incessantes chez cette dernière ; une longue et terrible disputé avait éclaté entre eux jusqu'à ce qu'elle quitte le domicile conjugal. Il a fallu l'intervention des parents pour qu'elle y retourne. Elle m'avait raconté toute sa vie et moi, comme une amie et cousine, je lui conseillais de redoubler d'effort et d'arrêter ses caprices, car son mari l'aime en à mourir, mais elle, telle que je la connais, elle n'en ferait que sa tête et si elle continue à tenir tête à son mari, elle va gâcher son mariage.
Ce matin, je ne suis pas allée au travail puis que j'avais fait pour le nouvel An. Je devais le passer chez Anta qui organisait une fête chez elle. Avant de quitter, j'ai appelé sur le téléphone fixe de la maison. Je savais qu'à cette heure, je tomberai sur Nabou la cuisinière de Tata. C'est une personne de confiance, on pouvait tout discuter avec elle sans risque de se retrouver à la une le lendemain, elle fait presque partie de la famille.
Elle répondit à la troisième sonnerie
- Allô Nabou no def, c'est Soukeyna
- Soukeyna yaw namnala (Tu me manques)
- Toi aussi tu me manques Nabou. Silo nek (ça va ? )
- Magi ni rek et toi
- Ça va à part name sama doom yirek ba sona lougnou lene (ça va à part mes enfants qui me manquent. J'espère qu'ils ne vous fatiguent pas)
- Ah non ça va gnom dagno yarou surtout Karim, mais Malick mom dafay deconnè rek (Non ça va, ils sont très bien éduqués, mais Malick, il deconne parfois)
- kokou mako hame guisso gone dara. (Ah lui, vous n'avez encore rien vu) Mais dis-moi Nabou j'ai l'impression qu'on me cache quelques choses à la maison.
- Non toi aussi Sou, on ne te cache rien les enfants vont très bien, leur grand-mère s'occupe bien d'eux et ils sont très heureux.
- Et Mohammed ? Est-ce qu'il sort beaucoup ? Est-ce que tu n'as pas remarqué un changement sur lui ? Tu n'as pas noté quelques choses qui devraient m'inquiéter en ce sens ?
- *rires* Non, Soukeyna boul ma raye waay Mohamed demoul féne, les rares fois qu'il sorte, c'est soit pour aller au cabinet ou faire des visites de courtoisie.
- C'est cela que j'appelle sortir parce que tu ne sais pas tout ce qu'il pourra faire dehors
- Non toi aussi, il est sage ton mari. Ne te fais pas de soucis sur ce côté
- Ça t'a pas paru bizarre qu'il soit venu sans moi ?
- Un peu, mais rien de grave, ne t'inquiète pas Soukeyna, je sais à quoi tu penses mais rien de tel ne va arriver
- Nabou s'il te plaît, je compte sur toi bayil mako xel. Aller je te laisse bisou
Après cet appel, j'étais un peu rassurée. Je partis pour le salon pour me refaire une coiffure avant de filer chez Anta. Après je suis retournée à la maison, je trouve Malick en train de préparer un sac de voyage, il me dit qu'il avait un programme avec ses copains donc je n’avais pas à préparer à manger pour lui. Je partis direct chez Anta pour terminer ma journée là-bas. Arrivée chez elle, je trouve une jeune femme très belle et bien habillée assise dans son salon. Je la salue et file dans la cuisine rejoindre Anta
- Hum ça sent bon en humant l'odeur de son plat
- C'est bientôt prêt. Comment tu vas ?
- Bien et toi
- Bah ça va, mais tu es venue tôt hein qu'est-ce qu'il y a ?
- J'avais rien à faire à la maison.
- Et Malick, où est-il ?
- Avec ses amis. Dis, c'est qui la belle dame au salon
- Promets que tu ne vas pas faire un scandale
- Comment ça faire un scandale
Je commençais à avoir peur. Mon cœur battait la chamade
- C'est une ex de Mouhamed, elle s'appelle Kathy
- Mais Anta que fait une ex de Mohamed ici ou bien vous vous connaissez ?
- Oui. C'est une très longue histoire Sou. Mohamed t'en a jamais parlé ?
- Ne me parle pas de lui. Explique-moi tout, j'ai tout le temps du monde Anta.
- Mais pas tout de suite, attend qu'elle parte. Tu passes la nuit ici non ?
- Non je.....
- Anta, tu n'as pas besoin d'aide, dit cette Kathy en faisant son entrée
- Ah, j'ai presque fini t'inquiètes. Je ne vous ai pas encore présenté. Kathy voici Soukeyna ma cousine et la femme de Mohamed
Celle-ci ouvrit grand les yeux avant de me lancer une "enchantée" presque inaudible. Elle continue ainsi à parler à Anta comme si je n'étais pas là. Ah ma belle ça ne va pas se passer comme ça !
Je la retirais complément de la conversation en lui volant la parole à chaque fois qu'elle ouvrait la bouche. Anta ne savait plus ou se mettre. Elle me faisait des signes pour que je me taise, mais c'était sans compter sur ma détermination de priver la parole à cette dame. Mais ma joie ne fut que courte durée, car à peine Anta sorti de la cuisine pour répondre au téléphone, Kathy engagea la conversation avec moi. Je lui répondais par monosyllabe jusqu'à ce qu'elle lâche une bombe qui me fit retourner à mes 8 mois de mariage, quand j'étais enceinte de Malick jr.
À suivre...