Le silence qui suivit le départ du dernier invité n’était pas une absence de bruit, mais une présence physique, une masse visqueuse qui s'engouffrait dans mes poumons. Dans le petit salon de l’aile Est, la poussière dansait dans la lumière blafarde de l’écran de télévision, avant que celui-ci ne s'éteigne brusquement, me laissant dans une pénombre sépulcrale. Mes yeux me brûlaient, irrités par le sel des larmes séchées et la traînée de ce liquide rougeâtre qui tirait sur ma peau en craquelant. La porte s’ouvrit avec un craquement de bois sec qui me fit sursauter. Ce n’était pas le pas lourd du garde, mais la marche feutrée et impitoyable de mon père. Adrian Nash entra le premier. Son smoking était toujours impeccable, chaque pli de son pantalon semblant défier le chaos de la journée.

