LIICependant il fallait prendre un parti : ou vivre, ou mourir. Un soir, – il y avait près de trois mois que je n’avais vu un être humain, excepté mon valet, à qui je n’adressais pas quatre paroles par semaine, et des services duquel je me passais le plus possible ; – un soir, je tentai un effort ; je résolus de m’arracher à ma solitude et de me rejeter brusquement dans la vie des autres. On donnait une représentation extraordinaire au théâtre d’Apollon. J’y entrai. La salle était comble, ruisselante de lumières, de diamants et d’épaules nues. D’abord j’eus le vertige quand je me sentis dans ce bruit et dans cette foule. Où étais-je ? qu’est-ce que c’étaient que tous ces gens-là ? Ils me faisaient l’effet d’automates. Je me promenai dans les corridors jusqu’au lever du rideau. Je rencon

