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1149 Words
Cette histoire, mon histoire m'a fait connaître. Je suis écrivaine et au travers de mon récit de conte de fées, j'ai pu me faire un nom. Bien entendu, je ne m'appelle pas ouvertement Kena Catalano, je suis juste K.C. auteur de romance. Bien des fois, on m'a demandé si cela était une histoire vraie. J'ai toujours nié, bien que ce soit pourtant une véridique. Mais comment dire, admettre, que cette histoire avait aussi une grande partie de noirceur. Celle-ci, je ne la raconte pas, je la garde pour moi. Mais quand je pense, qu'au-delà de la partie "conte fée", il y a la vraie vie, celle que l'on n'a pas imaginée, celle qu'on ne veut pas voir... Quand on voit la star, l'homme de nos rêves en concert, dans les magazines et j'en passe, on ne perçoit que la partie émergée de l'iceberg. Pourtant, la plus importante, la plus présente est celle qui est bien cachée au fond de l'eau. Celle que l'on ne montre qu'à une poignée de personnes de confiance, sans quoi, le mythe ne serait plus. Je vis avec cette partie. Celle qui est torturée, indécise, sensible. Je vis avec un homme pour qui le regard des autres compte plus que tout. Je vis avec les problèmes qui vont avec, le mal-être, l'alcool, la d****e, les fêtes incessantes, et bien entendu, les cachets pour se calmer, dormir et j'en passe. La vie n'est pas que strass et paillettes. J'ai décidé de mon propre chef de ne pas être médiatisée, de toute manière même si je l'avais voulu, cela aurait été impossible. En effet, Aurore avait réellement succombé au charme de Shannon, et de ce fait, tous les deux vivaient leur histoire au grand jour Shannon se plaisait à paraître devant les média avec à son bras ma meilleure amie qui depuis était devenue leur plus grande fan d'après ses dires. Elle était heureuse, et je ne voulais pas faire obstacle à ce bonheur, elle avait assez enduré tout au long de sa vie. Donc moi, je me faisais petite, et redevenais la fille invisible que j'avais toujours été. Comme si me sentir mise de coté n'était pas suffisant, d'après leur attaché de presse et la maison de disques, il était préférable que les frères ne se mettent pas en couple tous les deux simultanément. "Cela nuirait à leur image" a t'il dit. La décision avait été prise de laisser Shannon et Aurore dans la lumière, tandis que Jordan et moi resterions "séparés". C'est ainsi que je suis devenue la femme dans son ombre, celle que l'on ne connaît pas, que l'on ne remarque pas, celle qui se fait le plus invisible possible pour ne pas compromettre la réputation de son mari. Celle qui en fait ne devrait pas être là... Je me souviens de ce soir-là où nous avions pris la décision. Nous étions chez nous à Los Angeles et Shannon venait de nous annoncer que dans quelques semaines, Aurore et lui allaient se passer la bague au doigt. J'ai eu du mal à le croire. Je pense que je suis restée sans voix pendant quelques instants. Je n'arrivais pas à croire que ma meilleure amie, anti-mariage, allait se marier dans peu de temps avec un homme qu'elle détestait quand elle ne le connaissait pas. J'ai regardé Jordan. Nous avions un projet similaire, et une fois de plus, ils allaient passer en premier. Pour le bonheur de ma meilleure amie, je ne vivais pas mon amour au grand jour, et là, je devais renoncer au plus beau jour de ma vie pour elle une fois de plus. Cet engagement sur l'avenir que je devais prendre était compromis. Bien que j'aie beaucoup d'affection pour elle, j'avais l'impression de ne plus avoir le contrôle de ma vie. Sentant les larmes brouiller ma vision, sans plus de discours, je me suis réfugiée dans ma chambre, j'avais besoin d'être seule. Jordan entra peu de temps après, et me serra fort dans ses bras, je n'avais pas besoin de lui parler, il comprenait. Il déposa un b****r sur le haut de ma tête avant de me dire tout bas. - Cette annonce ne remet pas en question nos projets, on se marie toujours dans quelques jours. Je levais les yeux vers lui. Il était capable de lire en moi et de comprendre mes interrogations et mes craintes, sans que je lui parle. - Ne t'en fais pas. Dit-il passant sa main dans mes cheveux. On fait comme on a prévu, personne ne sera au courant. Ces mots me réconfortèrent. Au vu de la situation, nous avions prévu de nous marier en premier, et en catimini. J'avais peur que le projet de Shannon et Aurore entrave le nôtre qui était secret, mais visiblement non. Tout se passerait comme convenu chez nous, avec seulement nous et un marieur aussi discret qu'une tombe. - En plus, j'ai déjà les alliances, ce serait dommage de ne pas les utiliser ! Ajouta-t-il d'un ton taquin. Il réussit à m'arracher un sourire entre deux sanglots. Ses doigts essuyaient mes larmes avant qu'il ne plonge à nouveau son regard azur dans le mien. Il possédait cette capacité, ce don de me calmer, juste en me regardant. Jordan était d'un naturel serein quand cela ne touchait pas son travail artistique. Il prenait la vie comme elle venait et ne se tourmentait pas pour un rien, c'est une des choses qui a fait que je suis tombée amoureuse de lui, de l'être qu'il est au fond de lui. Il était la zen attitude personnifiée. La chose la plus regrettable dans cette histoire était que je n'étais pas au bout de mes surprises. En revenant au salon avec Jordan, nous étions sur le point d'en apprendre davantage. Aurore n'arrivait pas à soutenir mon regard, ce qui voulait dire qu'elle ne se sentait pas en confiance. Shannon parla à sa place en regardant son frère attendant, je suppose qu'il l'aide dans sa demande. - Quand nous avons appris aux producteurs que nous allions nous marier, ils ont imposé quelques petites choses. Jordan me fixa. Je ne sais pas pourquoi, mais j'avais l'impression que ces revendications ne les concernaient pas directement. Shanon regarda mon amie, avant de se racler la gorge une fois de plus. Il ne restait pas en place, la tension était palpable. - Ils ont demandé à ce que vous ne paraissiez pas ensemble, car ils veulent que notre mariage soit médiatisé, une bonne pub pour eux ! Cette annonce a eu un effet bouleversant sur mon cerveau. Même après quelques instants, il a refusé d'entendre ces mots, de les comprendre et encore moins de les accepter. - Tu te fous de moi ? Lui criais-je dessus. Il ferma les yeux. Lorsque je fixai mon amie, elle détourna les yeux, incapable de me tenir tête. J'étais furieuse et blessée. Comment pouvaient-ils penser une seconde que cette requête soit acceptable ?
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