En entrant ce jour-là à la Rotonde, je portais en moi toutes mes angoisses et mes nostalgies, mes plaisirs aussi, et mes espoirs. Je revoyais le temps heureux où je n’habitais pas encore avec Marc, et où je venais là chaque soir avec lui pour prendre ma tisane. Mais le temps d’entrer, de parcourir des yeux toute la terrasse pour trouver un coin où m’asseoir, je guettais dans le regard des clients des étincelles flatteuses, je me surveillais, je posais, je prenais des airs naturels, et je n’éprouvais rien d’autre que le délice d’être coquette et superficielle… C’était un début de semaine, il n’y avait pas affluence, il était facile de trouver une table qui me plaisait. Je pris une place solitaire, dans un angle. Le spectacle de la rue, le mouvement du quartier et du café me portèrent un mom

