5 Un samedi soir que je rentrais chez moi, ou plutôt un dimanche matin vers quatre heures, j’éprouvais un malaise. Je me sentais en manque, et c’était douloureux. C’était une heure pénible, et cela m’arrivait. Rentrer seule chez moi, devoir passer deux heures à mon bureau avant de me coucher, c’était un programme trop austère dans ma vie solitaire. Je serais volontiers allée comme à mes débuts, dans un de ces petits restaurants de nuit où se retrouvent tant d’artistes de cabaret et où on finit bien la soirée. Je savais d’avance que sitôt assise avec des familiers, je me serais demandé ce que je faisais là, à perdre mon temps au lieu d’étudier. Il ne s’agissait que de tromper ma solitude. Certaines nuits, le besoin de compagnie, m’aurait fait accepter la première invitation venue… Non, pa

