Juin 1986 Le jeune architecte était satisfait. Les nouveaux vitraux en grisaille du chevet éclairaient d’une lumière douce le chœur de l’église dont le dépouillement bernardin s’accommodait de l’austère autel massif en grès roussard, d’une croix posée sur un long pied de bois et d’un tabernacle gravé de l’alpha et de l’oméga, surplombé d’une statue de la Vierge du Salve. Incolores et dénués d’images, en communion avec la sobriété cistercienne, les trois panneaux de verres étaient ciselés d’un lacis dense et flexueux de fines résilles de plomb. Une réussite. Le dépouillement actuel de l’abbatiale tranchait avec son caractère exubérant et fastueux du début du 20ème siècle : sanctuaire à voûtes en caisson ; maître-autel majestueux finement sculpté ; piliers recouverts de riches boiseries ou

