Maguette était à Dakar depuis peu .
Les retrouvailles entre les deux sœur étaient très émouvantes .
Au début bien sûr Oumou se sentit un peu délaissé et la jalousie pris possession de son cœur mais Nadia lui fit bien comprendre qu’il n’y avait pas de quoi .
- Nadia : je vais vous raconter une histoire
- Maguette : wesh on est pas des gosses aussi
- Oumou : vas y je veux savoir
-Maguette : trop des gamines
- Nadia : bon d’accord
Ils étaient deux, le Grand et le Petit. Les deux frères vivaient chez le roi et se prélassaient dans un coin de sa cour. Le roi avait beaucoup de cabanes et beaucoup de champs de taro, beaucoup de nattes et de récipients de noix de coco, beaucoup de chapelets de beaux coquillages, mais il n'était pas heureux.
Le Grand et le Petit travaillaient pour le roi, mais ne possédaient rien, sans doute ne savaient-ils pas épargner. Chez le roi la nourriture circulait beaucoup, mais n'arrivait pas toujours jusqu'à eux, si bien que le Grand, qui avait toujours faim, était malheureux.
Les repas du roi étaient préparés par de nombreux villages, le deuxième après le premier, le troisième après le deuxième, et ainsi, toujours et toujours, tour à tour. Quand un village cuisinait pour le roi, le parfum de cuisine trottait sur tout le pays, puis trottait avec des chants, quand les gens portaient la nourriture au roi.
Le parfum et les chants frappèrent le nez et les oreilles des deux frères.
« Va à leur rencontre, dit le Grand à son frère. Prends la nourriture de leurs mains, et que tes jambes la portent devant le roi. Le roi aura beaucoup de bonnes choses à manger et beaucoup de parfum, et son estomac sera très rempli, alors il te donnera un morceau, ce morceau tu le partageras, et le plus grand morceau de ce morceau tu le donneras à ton grand frère. Car mon estomac réclame à manger de nouveau. »
Le Petit alla et s'assit sur les marches de pierre de la maison du roi. Il attendait qu'arrive la nourriture, pour la partager entre le roi et le Grand.
Les gens se demandèrent pourquoi le Petit était assis sur les marches. Le roi ordonna que l'on appelle le Petit.
« Pourquoi es-tu assis sur mes marches ? demanda le roi.
— Je suis le Petit, et j'ai faim ô mon roi, mais mon frère est le Grand, et il a très grand-faim. J'attends que l'on vienne du village avec ton repas, je t'apporterai la nourriture et je recevrai de toi un morceau pour mon frère. »
Le roi dit aux serviteurs : « Donnez-lui une conque. »
Ils lui donnèrent une conque, et le roi dit : « Porte-la à ton frère, et débroussaillez notre village. Vos mains travailleront et vos oreilles n'entendront pas crier votre estomac. Va et fais ce que j'ai dit. »
Le Petit alla vers son frère, et le village arriva chez le roi avec la nourriture. Le Petit dit au Grand ce qu'avait ordonné le roi.
« Débroussailler tout le village avec une seule conque, c'est un grand travail pour deux hommes, dit le Grand. Mais nos mains travailleront quand les gens iront dormir. »
Les gens se couchèrent et dormirent, puis ils se levèrent et sortirent devant leurs cabanes. Ils s'étonnèrent de voir que toutes les broussailles avaient été coupées. Puis ils rirent et ils hochèrent la tête, et ils félicitèrent les frères. Seulement, pas un seul mot ne sortit de la maison du roi.
Le deuxième village prépara le repas du roi. Le parfum et les chants frappèrent le nez et les oreilles des deux frères.
« Va, et attends pour les rencontrer, dit le Grand au Petit. Porte la nourriture au roi et le roi te donnera un morceau, ce morceau tu le partageras et le plus grand morceau de ce morceau tu le donneras à ton grand frère. Notre estomac crie très fort, car cette nuit nous avons beaucoup travaillé, mais hier il n'a rien mangé, pas plus qu'aujourd'hui. Rappelle au roi que nous avons fait ce qu'il nous a commandé. »
Le Petit alla et s'assit sur les marches de pierre de la maison du roi. Le roi apprit que le Petit était encore assis sur les marches. Le roi dit à ses serviteurs : « Donnez au Petit une botte de bambou, afin que les frères bâtissent une maison pour le roi. » Le Petit retourna auprès de son frère, et le deuxième village arriva chez le roi avec son repas. « Bâtir une maison avec une botte de tiges de bambou, c'est un grand travail pour deux hommes, dit le Grand. Mais nos mains travailleront quand les gens iront dormir. »
Les gens se levèrent quand ils virent que c'était le jour. Ils admirèrent la nouvelle maison du roi. Puis ils rirent et hochèrent la tête, et prononcèrent des paroles qui réchauffèrent les frères, même si leur ventre pleurait, et si leur tête et leurs jambes voulaient dormir.
Mais de l'ancienne maison du roi pas un seul mot ne sortit.
Quand le troisième village prépara le repas du roi, le Petit était déjà assis sur les marches de pierre. Un serviteur du roi vint et lui donna une hache. « Faites un nouveau canoë pour le roi ! »
Le Petit et le Grand construisirent un beau et grand canoë. Le soleil se leva, les gens aussi, et ils virent le nouveau canoë devant la maison du roi. Tous les gens du village admiraient tellement le canoë qu'ils n'allèrent même pas manger, ni pêcher du poisson. De leur bouche coulaient de belles paroles, ils ne trouvaient aucun défaut au canoë. Mais de la maison du roi ne sortit aucun mot. De la maison du roi ne vint pas le moindre morceau de nourriture qui eût pu se partager en deux plus petits morceaux. Les gens admiraient le canoë, mais déjà le Grand et le Petit ne les voyaient plus.
- Maguette : et c’est quoi la suite ?
- Oumou : ah tu vois que ça t’intéresse finalement
- Maguette ; ouais bon cava continue Nadia
- Nadia : …..