Chapitre 12

667 Words
Chapitre 12 Le lendemain, Toby restait figé derrière son bureau, le certificat de divorce rouge vif étalé devant lui comme un témoin silencieux de la fin de son mariage. Après un instant d’hésitation, il saisit le document et le laissa tomber dans la corbeille, ses gestes trahissant une lassitude profonde. À cet instant, Tom s’approcha avec un respect palpable : « Monsieur, le président Gray de Triforce Enterprise est en ligne. » Le nom de Tina fit vibrer un écho immédiat dans l’esprit de Toby. Il reprit contenance et décrocha. « Oncle Gray », répondit-il avec sobriété. La voix rauque de l’homme d’âge mûr résonna, mesurée mais attentive : « Toby, Tina se comporte-t-elle correctement ces derniers temps chez vous ? » Toby sentit ses pensées s’aligner, calme et précis : « Rassurez-vous, oncle. Elle se porte bien. Ma mère veille souvent sur elle et l’accompagne dans ses activités. » Titus ne put contenir un ton plus insistant. « J’ai entendu parler de l’accident de voiture qui impliquait Tina, il y a six ans. Ma femme a tenté d’en discuter avec elle hier, mais Tina a éludé la question. Sais-tu ce qui s’est réellement passé ? » Un frisson traversa Toby. Ses lèvres se pincèrent avant qu’il ne réponde enfin, mesuré. « Oui… l’incident était lié à Sonia Reed. » Titus adopta un ton grave, presque solennel. « Tina est mon trésor, Toby. Cet accident aurait pu déchirer ma famille. » Toby baissa les yeux, conscient de la lourde signification de ces mots. « Je comprends, oncle. » Un silence approbateur suivit avant que Titus ne conclue : « Toby, tu es celui qu’il lui faut. » Après avoir raccroché, Toby prit un moment de réflexion, puis se tourna vers Tom : « Viens, j’ai besoin de ton aide. » De son côté, Sonia, Carl et Charles quittaient ensemble l’immeuble de Paradigm Co. Charles posa une main sur l’épaule de Carl, satisfait. « Incroyable ! As-tu vu leurs têtes ? Ils étaient hors d’eux ! Je savais que tu aurais le dernier mot, Carl ! » Sonia esquissa un sourire amusé. « Ces personnes ont toujours eu des préjugés envers moi depuis l’histoire du détournement de fonds il y a six ans. Ils n’allaient pas me céder la moindre parcelle sans résistance. » Pourtant, l’habileté de Carl fut telle qu’ils restèrent muets. Sonia ne questionna jamais Carl sur la nature exacte de sa relation avec son grand-père ni sur les détails qu’il connaissait de Paradigm Co. Chacun garde ses secrets. Respecter l’espace des autres demeure la première marque de considération. Les 51 % d’actions que le grand-père de Carl lui avait transmis devaient servir à renforcer la position de Paradigm Co. Et à élucider les mystères du passé, notamment sur les événements survenus il y a six ans. Sonia se surprit à sourire intérieurement. « Tout se fera étape par étape », se dit-elle. Charles, enthousiaste, l’entraîna alors dans une boutique luxueuse : vêtements de créateurs, bijoux étincelants et accessoires raffinés attendaient leur choix. Mais la bonne humeur fut brutalement interrompue par une voix stridente et accusatrice. « Arrêtez, espèce de g***e ! » Sonia et les deux hommes se retournèrent, consternés. Jean Fuller, les yeux grands ouverts et la poitrine en avant, se précipitait vers eux. « Comment oses-tu, Sonia Reed ! » Elle pointa son doigt vers Sonia, la colère éclatant dans chacun de ses mots. « Non seulement tu m’as trompé, mais tu as pris l’argent de mon fils pour gâter tes deux amants ! Quelle honte ! » Carl se plaça immédiatement devant Sonia, un mur protecteur. « Tais-toi si tu n’as rien de civilisé à dire. » Jean, imperturbable, leva la voix, attirant l’attention de tous les passants. « Venez voir ! Cette femme n’a aucun scrupule ! Avec deux hommes et tout l’argent de mon fils ! Une vraie Lettre écarlate en chair et en os ! » La foule s’attroupait, témoin impuissant d’un scandale que Sonia savait pourtant maîtriser intérieurement.
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