Chapitre 4.

1275 Words
Il était presque huit heures du soir lorsque le soleil venait à décliner sur le quartier d'Oc'c. Julia avait envie de faire quelque chose de particulier ce soir là. Oui, elle était revenue de l'hôpital après les strictes recommandations du docteur. Cette grossesse était risquée pour sa santé. Son corps n'était pas paré à ça même après treize ans. Elle le savait et le comprenait. Après l'école, Dimitri avait emmené Nathan la voir à l'hôpital la veille et le garçon a souhaité un prompt rétablissement à sa mère. Comment pouvait-elle lui dire qu'elle n'était pas malade mais c'est une grossesse qui a causé tout ça ? Elle n'en avait pas la force. Elle avait besoin de temps. Julia s'évada devant la fenêtre de leur chambre. Aujourd'hui n'était pas un soir comme tous les autres. L'atmosphère était lourd et suffocant. C'était comme si chaque minute de plus en plus était un véritable calvaire pour elle. Elle s'attarda longuement sur le paysage. On est au début de Février et les températures sont basses. Bientôt ce sera le printemps, la belle saison. Elle espérait uniquement que sa grossesse n'allait pas chambouler tout ce qu'elle avait pris le soin de construire. Julia était amoureuse des belles choses et de la nature alors c'était tout naturellement qu'elle restait prostrée devant le spectacle qui s'offrait à ses yeux. C'était comme si la nature voulait lui transmettre un message, comme si elle voulait lui indiquer la bonne direction à prendre au milieu de sa désorientation totale. Mais malheureusement le message était indescriptible. Elle ne bougeait plus, ses yeux s'émerveillaient. Elle voulait profiter amplement de cette connexion avec la nature et ne voulait penser à rien car l'instant paraissait se prolonger éternellement. Les fleurs créaient une harmonie avec l'horizon. - Que la nature est généreuse ! Elle nous offre tellement de choses. Les arbres fruitiers, les fleurs... Cependant dans l'immensité du ciel, il transparaissait la fin de cet incroyable spectacle car le ciel s'illumina d'éclairs et les éclats de la foudre se retentirent. L'instant d'après, il pleuvait. C'est avec une grande tristesse que Julia fût obligée de fermer la fenêtre. La nuit répandrait bientôt son voile et les lumières du quartier au loin s'allument déjà. Celle-ci songea à faire un petit coucou à son fils. Son mari était dans le salon écoutant de la musique. Il ne prit même pas la peine de lui adresser la parole. Alors elle se contenta de prendre un verre d'eau avant de se glisser dans leur lit. Le lendemain matin. - Dring, dring, dring... C'était le téléphone de Julia. Elle se retourna dans son lit sans pour autant décrocher. - Dring, dring, dring... Qui pouvait bien le téléphoner de si bon matin ? Elle n'avait pas très envie de causer. Cette dernière qui était calme d'habitude laissa échapper un juron avant de se lever. - Allô ! - Bonjour, Julia ? Tu vas mieux ? - Je ne suis pas en pleine forme mais ça va aller. Tes très matinale, dis donc. - Ah ! Oui. J'ai voulu avoir de tes nouvelles et si tu ne pourras pas venir travailler aujourd'hui je m'assurerai de tout gérer au Secrétariat. Je comprends que tu peux te sentir perdue après tout ce qui s'est passé hier. - Perdu est un mot faible pour me décrire. Je comptais tout de même venir travailler. Merci pour ton support ma chère. - Tu n'as pas à t'en faire ma grande. Repose-toi ! Et reviens moi avec une meilleure mine que la dernière fois. Je t'attendrai. - Évidemment. - Grosses bises à toi. Agréable journée. Prends bien soin de toi ! - Merci, India. Excellente journée à toi aussi ! À demain. Elle venait de raccrocher quand son mari pénétra la pièce. - Tu as bien dormi ? Lui demanda Dimitri. - Oui, et pour toi ? - Oui. Tu ne vas pas travailler aujourd'hui ? - Non, je n'y vais pas. India s'en chargera de motiver son absence. Et Nathan ? - Je viens tout juste de le réveiller. Tu as réfléchi à ce que je t'ai dit hier ? Oui, et tu veux déjà une réponse ? - Bien sûr. Tu ne peux pas me forcer à accepter cet enfant. - Ai-je trop demandé Dimitri ? Je t'ai obéi au doigt et à l'oeil pendant treize ans. Là c'était un accident car je n'avais rien planifié de tout ça alors tu ne peux l'accepter. C'est notre enfant. Le tien et le mien. - Oh ! C'en est trop, Julia. Tu as toujours su ma position à ce sujet. Nathan et moi ne suffisent pas à ton bonheur ? Avoir un enfant est un budget. D'autant plus que c'est une question de vie ou de mort pour toi, tu le sais bien. - Ah ! Mon cher, épargne-moi tes sermons je te prie.Ma santé ne t'intéresse nullement. Le grand Dimitri François, technicien en informatique a peur de voir son compte bancaire s'écrouler par la faute d'un autre enfant. Je me trompe ? - Exactement. Je viens de payer tes factures d'hier. Une journée et ça m'a beaucoup coûté. J'ai des projets pour nous. Pour notre famille. E ce n'est aucunement un autre enfant. - Merci de tout payer mais j'aurais pu m'en charger. J'avais pensé à demander à l'hôpital de le soustraire de mon prochain salaire. - Fais toi avorter je t'en supplie. - Et tu pourras dormir tranquillement après ? Car moi, non. Perdre ma fille a été un supplice. C'est le sujet de mes horribles cauchemars chaque soirée alors tu penses vraiment que je pourrais un jour me regarder dans un miroir après un pareil acte ? Une pareille cruauté ? Non, jamais. Jamais je ne le pourrai, Dimitri. Elle courut s'enfermer dans la douche. Ça venait à peine de commencer et elle se sentait déjà lassée. Les mots de son mari ne cessèrent de résonner à ses oreilles. Alors comme ça il veut vraiment qu'elle avorte. Cette simple idée lui donna une nausée. Elle avait juste envie de fuir tout ça. Elle n'a même rien cuisiné ce matin là. Elle s'aspergea le visage d'eau froide avant de se diriger vers la cuisine. Son fils ne devait nullement être victime de tout ça. En aucun cas. Après avoir tout préparé, Nathan et son mari se regalèrent copieusement. - Nathan, va vite te laver les dents et prends ton sac. Nous devons partir fiston. - Oui, papa. Il attendit que son fils soit parti pour rendre une enveloppe à Julia. - Qu'est-ce que c'est ? - Regarde par toi-même. Elle s'exécuta. - De l'argent ? - Oui pour ton avortement. Je me suis renseigné. Tu en auras besoin. - Tu peux garder ton argent. Je me demande qui es-tu ? Où est passé mon mari ? Je ne te reconnais plus. Elle se contenta de débarrasser la table. - Je suis là ton cher mari. Tu as le choix entre cet enfant ou notre mariage. - Je ne vais même pas prendre la peine de te répondre là-dessus. C'est du chantage émotionnel que tu me fais là. Voudras-tu effacer quinze années de mariage pour un enfant qui est le nôtre ? Je ne t'ai pas trompée. C'est ton enfant. - Bien sûr que tu m'as trompé. On était convenu que les choses restaient telles qu'elles étaient. Je suis certain que tu as manigancé. N'es-tu pas heureuse, Julia ? Nos revenus nous permettent de vivre une vie convenable. - Le seul qui est heureux, Dimitri, c'est uniquement toi. Tu préfères le bonheur dans la facilité tandis que moi j'ai compris que le bonheur se gagne dans la difficulté. Nous ne sommes pas pareils.
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