Chapitre 5.

1200 Words
- Bonsoir, M. Jacob. La neuvième année a fini de travailler pour la journée ? - Non, pas encore Mme François. Les élèves ont une récitation orale. - D'accord, merci. Je patienterai. Vêtue d'une robe de la couleur de la peau d'un léopard, Julia se contenta de s'asseoir quelque part sur la cour en attendant son fils. Elle se sentait épuisée. Au lieu de se reposer dans la journée, elle s'était rendue dans un salon de beauté afin de se faire des tresses. Les jours à venir seront sans doute difficiles alors autant s'en préparer. Se coiffer tous les matins allait la rendre d'autant plus nerveuse alors elle a voulu se passer de ça pour un bon moment. Ensuite elle a passé un temps fou à converser avec sa mère au téléphone. Dans une pareille circonstance, elle aurait voulu tellement être dans ses bras et pleurer sur ses épaules. Mais c'était impossible car Mme Raphaël habitait le nord de la Première République Noire et Julia à l'ouest. Elle ne pouvait pas faire ce grand trajet sur un coup de tête. Elle a parlé à sa mère de ses difficultés quotidiennes. Elle ignorait comment s'en sortir de tout ce pétrin. Elle lui a raconté combien c'était fatigant de se battre continuellement pour ensuite avoir à ses côtés un homme froid et égoïste qui lui suppliait d'avorter de leur bébé. Ça lui brisait le cœur. Mme Raphaël lui avait proposé de garder le bébé. Après tout, ce petit être était déjà là. Pourquoi donc l'anéantir ? Julia s'en réjouissait amplement d'avoir le soutien de sa mère. - Maman ! Deux mains entouraient son cou. Les mains de Nathan. - Mon trésor, comment tu vas ? - Bien, maman, et toi ? - Ça va, mon grand. J'ai appris que tu avais une récitation. - Oui, une récitation d'histoire et de géographie. J'ai répondu à toutes les questions. - Ça c'est mon bébé ! Tope-là mon chéri. Je suis très fière de toi. Tu dois cartonner davantage. - Oh que oui ! Merci, maman. Tu es ravissante. Tes tresses sont magnifiques. Ravissante ? Oui, Julia l'était. Des formes et des rondeurs, elle en avait là où il le faut. Une belle femme de taille moyenne avec la peau d'ébène et une chevelure d'une noirceur naturelle. - Merci, chou. Mon fils préféré a faim ou il a le ventre bien rempli ? - J'ai une faim de loup, maman. La récitation m'a pris tout le contenu de mon estomac. Mère et fils éclatèrent de rire. Ce garçon était son monde. Son plus grand trésor. Elle a développé une grande complicité avec lui. - Allons, je t'emmène dans un restaurant très réputé avant de rentrer à la maison. Je vais téléphoner à ton papa et lui demander de venir nous rejoindre. Elle sortit son téléphone de son sac et s'éloigna un peu pour passer l'appel. - Bonsoir Julia. Qu'y a-t-il ? - Rien. Je suis avec Nathan à l'école. Tu peux nous rejoindre à la rue Léon dans le restaurant ? - Une invitation spéciale ? Qu'est-ce qu'il y a à célébrer ? Tu t'es faite avorter ? - Et pourquoi ce sujet doit-il toujours venir sur le tapis ? - Tout dépend de toi, s'il devrait être clos ou revenir incessamment sur le tapis. - Tu viens ? Oui ou non ? - Il n'y a rien à célébrer alors je ne viens pas. - Viens au moins pour ton fils si tu ne souhaites pas le faire pour moi. - Je ne viendrai pas. Et ne me fais surtout pas passer pour un méchant à ses yeux je te prie. - Il n'y a que ça qui t'intéresse ? Tu n'est pas méchant, tu es un faible. Un lâche. - Je te l'accorde. Et je dois te dire que je ne dormirai pas à la maison ce soir. Le temps de te laisser réfléchir tranquillement pour prendre ta décision. La meilleure. - Tu veux vraiment infliger ça à ton fils ? Que vais-je lui dire alors ? - Dis-lui la vérité. Notre fils n'est pas idiot, il le découvrira tôt ou tard. Je serai chez mon cousin Marc. - Oui, effectivement. J'y songerai de le lui dire. Au revoir ! Comment avait-elle pu se marier à un type pareil quinze ans plus tôt ? Elle se le demandait à présent. Toute honteuse, elle décrocha. Elle se sentait mal pour son fils. Il a un examen officiel à subir à la fin de l'année. Alors elle ne voulait pas perturber ses études. Il était un élève si brillant et très studieux ! Où cette histoire de grossesse allait-elle mener sa famille ? Elle n'en avait pas la moindre idée. - On s'en va, Nathan. Ton père ne pourra pas venir. Son fils qui parlait avec quelques camarades ramassa son sac sans dire un mot. Tout le trajet, il était resté silencieux. Ils avaient pris un transport en commun pour se rendre au restaurant. - Mon grand, tu veux prendre quoi ? Lui demanda sa mère une fois sur les lieux en regardant le menu. - Ce que Papa aurait pris. Dis, maman, pourquoi il n'est pas venu ? Julia se sentait pris au piège. Elle aurait voulu être à six pieds sous terre au lieu de tout expliquer à son fils. Mais elle ne voulait pas lui mentir non plus. - Mon chéri, ton papa et moi avons des divergences d'idées en ce moment alors il est un peu fâché contre moi. Mais je te promets que je vais tout faire pour que ça s'arrange. - Je vous ai entendu ce matin. Papa t'a parlé d'avortement. Alors j'ai demandé à mon professeur de biologie plus d'explications aujourd'hui et j'ai compris parfaitement ce que c'est. Voilà Julia qui voulait cacher ce qui se passait même pour quelques jours à son fils ! Ce garçon était vraiment trop intelligent pour qu'on lui cache des choses. Les propos qui venaient de sortir de sa bouche était la dernière chose à laquelle s'attendait sa mère. Il a demandé des explications à son professeur de biologie ? Cela n'étonnait aucunement Julia. Son fils était un type ouvert d'esprit. Dès son enfance, elle avait toujours pris le soin de bien lui expliquer dans la mesure qu'il pouvait comprendre tout ce qu'il demandait. Car si on ne lui disait pas la vérité et qu'il ne se sentait pas rassuré, il allait demander l'avis de quelqu'un d'autre. - Mon bébé, je suis vraiment navrée que tu aies pu entendre cela. Maman est enceinte. Je ne voulais pas te le dire de si tôt mais tu le sais à présent. - Tu vas vraiment avorter maman ? Tu vas m'enlever la possibilité d'avoir un petit frère ou une petite sœur ? - Non je n'ai nullement l'intention mon fils. Mais je dois d'abord mettre tout ça au clair avec ton papa. Savourons à présent les succulents mets de ce restaurant. C'est ce qui compte pour l'instant. Julia n'était pas à son aise d'avoir cette concernant avec son fils. Il ne méritait pas ça. Surtout pas ça. Un homme est venu prendre leur commande. Elle se contenta par la suite de rassurer son enfant.
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