mon patron

3173 Words
Chapitre 5 - Oui, j'ai l'habitude de cuisiner, est-ce que votre petite fille aime des plats en particulier ? - Vous verrez cela avec elle, mais elle n'est pas difficile, faites simple et équilibré. Le salaire est de 1300 € net mais il évoluera en fonction des heures supplémentaires que vous serez amené à faire, ça vous convient ? - Oui. - Bien, alors que crois que tout est dit. J'aurais besoin de vos papiers d'identité pour le contrat de travail. - [...] - Cela pose un problème ? - Non, enfin si. Je n'ai pas mes papiers. - Vous êtes en situation d'irrégularité. - Oui, j'ai un papier qui me permet de rester ici jusqu'à la décision de l'OFPRA. - D'où est-ce que vous venez ? - De Syrie, je suis là depuis deux mois. - Mon fils refusera de vous embaucher sans papier. - Je comprends. - Mais j'ai besoin de quelqu'un immédiatement. Je lui dirai que je me suis occupé de tout, en espérant qu'il ne pose pas de question pour le contrat de travail. Je vais être honnête, si je vous embauche c'est parce que toutes celles qui sont passés avant vous n'avaient d'intérêts que pour la maison, et vous-êtes la seule à m'avoir posé des questions sur ma petite-fille. Mais, aux moindres problèmes, je ne vous garderais pas. - Je ne vais pas poser de problèmes. - Je l'espère bien, revenez demain, je vous ferai visiter. Votre salaire est toujours de 1300 € net. - Bien, merci beaucoup. - Ne me remerciez pas, c'est une exception mademoiselle ». Je comprends qu'elle n'est pas à l'aise avec l'idée de m'embaucher sans contrat de travail. Mais j'ai une chance de m'en sortir, je vais la saisir. Youssra m'attendait dans la voiture, je monte boucle ma ceinture et attend qu'elle démarre avant de commencer à parler. « C'était rapide, alors ? - Elle m'a embauché. - C'est super, tu vois je te l'avais dit. - Le problème ce sont les papiers d'identités. Elle accepte de me prendre sans papiers. - Mince, les papiers ! J'avais oublié. Je suis désolé Azhar. - Ce n'est rien. - Tu l'as trouvé comment ? Les personnes qui embauchent sans papiers ont toujours des idées derrière la tête. - Je lui fais confiance Youssra. Elle m'a fait comprendre que ça n'arriverait qu'une seule fois. Je vais faire mes preuves pour qu'elle me garde ». [...] « - Azhar, je sors avec des amis viens avec nous, me propose Kaïna. - Euh... Je ne sais pas trop. - Allez va t'habiller, ça va te faire du bien de voir d'autres têtes. Il y a un garçon à qui j'ai envie de te présenter. - Tu vas lui présenter quoi ?! Dit une voix derrière nous. » Je lève la tête, Ibrahim venait d'entrer dans le salon avec Housni, j'ai regardé Kaïna avec des grands yeux, elle m'a dit que leur relation était secrète. « - Je rigole calme-toi. - Je ne plaisante pas Kaïna, j'ai confiance en toi mais si je vois que tu traînes avec des Garçons, il laisse sa menace en suspend mais nous devinons tous la suite. - C'est bon Ibrahim. - Azhar, tu peux venir. J'aimerais te parler «. Je me lève et le suis dans le couloir, c'était assez étroit ce qui veut dire que nous étions assez proches. Je pense même qu'il devait y avoir seulement quelques centimètres entre nous, lorsque je reculais, il avançait, la situation était étrange. « - Pourquoi, tu ne m'as pas dit que tu travailler ? - J'ai oubliée pardon. - Pourquoi tu t'excuses toujours pour tout ? - [...] - Tu commences quand ? - Je commence peut-être lundi. - Fais attention Azhar les gens ici, ils ne sont pas comme chez-toi là-bas vous vous aidez parce que vous n'avez pas le choix mais ici y a que des personnes mal intentionnées et s'ils savent que tu n'es pas en règle ils peuvent t'exploiter. Si tu as un problème, n'importe lequel tu me le dis. - Oui, mais elle est gentille la dame. Il me regarde puis me fait un petit sourire - Kaïna elle t'attend. - Oui, j'y vais. - Azhar ? - Oui ? - Ce que j'ai dit à Kaïna sur les garçons, c'est pareil pour toi ! - Oui, mais je n'en connais pas moi. - On n'est jamais sûr de rien. « J'ai quitté le couloir et j'ai rejoint la chambre de Kaïna. Elle tenait absolument à me maquiller, je ne voulais pas au début, mais elle à insister alors j'ai fini par accepter. « - Tu es trop mignonne. - Merci. - Azhar, est-ce que...Ibrahim tu l'aimes bien ? - Euh...Oui, comme vous tous. - Je veux dire, tu l'aimes bien comme moi j'aime Housni ? - Kaïna, qu'est-ce que tu racontes, tu es folle ! - C'est juste, qu'il est différend avec toi, la manière dont il te parle... - Il me parle normalement ! - Non, je connais mon frère, il a trop d'inquiétude à ton égard. Il ne te regarde pas comme un grand frère, même avec nous il n'est pas comme ça, il nous réprimande beaucoup, mais avec toi, c'est différent. - Tu te trompes ! - Tu verras que j'ai raison. » Elle m'a présentée trois amies à elle, Rosa une Brésilienne, Djenaba une sénégalaise et Hulya une Turque. Djenaba me faisait penser à celle que j'avais rencontré en Turquie, j'avais eu de ses nouvelles, elle avait rejoint l'Angleterre avec son mari, j'étais très heureuse, je ne l'oublie jamais dans mes prières. Nous sommes allées dans un restaurant à Paris, la nourriture était bonne et l'ambiance aussi, elle ne me jugeait pas parce que j'étais différente. J'appréciai cela. « - Alors Azhar j'ai beaucoup entendu parler de toi, me dit Djenaba. - Ah bon ? - Fait pas cette tête, mon frère Djibril, il n'arrête pas de me dire de prendre des cours de cuisines avec toi. - Ah, mais je ne le connais pas ton frère. - Il était là quand ta servis ton couscous. - Ah oui, je vois. . - Sinon tu as un homme dans ta vie ? - Non. - J'ai voulu la chambrer, mais Ibrahim est rentré, il m'a fait comprendre que c'était mort. - Quelle idée de parler de ça devant lui toi aussi. - Je ne savais pas qu'il était rentré. » Elles continuent de parler lorsque mon téléphone sonne, je me lève pour répondre. « - Allô ? - Azhar, bonsoir, c'est Asma. - Bonsoir Asma. - Je t'appelle pour te dire que j'ai parlé de toi à mon fils, tu commences demain à 8 h 30 ça te va ? - Oui, ça me va. - D'accord à demain au revoir. - Au revoir. » Je raccroche, j'étais très heureuse, j'en ai parlé aux filles elles étaient contente pour moi puis nous sommes rentré, car Kaïna avait cours et moi, je commençais assez tôt. « - Kaïna ? - Hum ? - Ibrahim, il sait pour toi et Housni ? - Non. Il était là parce qu'ils sont amis. -Tu n'as pas peur qu'il le prenne mal ? - Si, c'est pour ça que je veux qu'avec Housni, on officialise. Hatem le mari de Azra étais un des meilleurs amis de Mounir, et il l'a très mal pris quand il a su, mais aujourd'hui ça va. - Ça va aller. Il est là Ibrahim ? - Surement dehors, pourquoi. - Je voulais lui demande de me déposer demain. - Tu lui demande quand il rentre «. Cette nuit-là, je me suis endormi la tête pleine de rêve, je rêvais d'un avenir meilleur, j'ai eu la chance de pouvoir fuir la Syrie et l'enfer de la guerre et de la famine. Je vais saisir cette chance. Ce travail représente beaucoup pour moi, c'est en quelque sorte un nouveau départ. [...] Je dormais paisiblement lorsque je sens une présence derrière moi, je me retourne pour allumer la petite lampe de chevet et aperçois Ibrahim, sur le pas de la porte, heureusement que je dors toujours avec un foulard sur la tête. « - Ibrahim qu'est-ce que tu fais là ? - Tu commences à quelle heure demain ? - À 8 h 30. - D'accord, je t'emmènerai. - D'accord bonne nuit. - Bonne nuit Azhar ». Une course folle à débuter très tôt ce matin. Tout le monde travaille et avec une seule salle de bain c'est encore plus difficile. Mon réveil éteint, je laisse les autres se préparer tranquillement, je n'ai qu'une douche à prendre. Amine par aujourd'hui dans son centre de formation, je lui ai dit au revoir, au cas où je ne le verrai pas ce qui est le cas. Il va me manquer, j'en suis certaine, même si je suis proche de Kaïna, ma relation avec lui était spéciale. Après ma douche je m'habille très rapidement et déjeune en attendant Ibrahim. Il travaille dans une agence immobilière à une heure de route en voiture. Je prépare un petit déjeuner à emporter dans un sac avant de le suivre jusqu'à la voiture. Il fait encore nuit lorsque nous arrivons au parking. Le trajet se déroule dans le silence, hormis les remarques d'Ibrahim contre les autres conducteurs. Il n'est pas du matin, je l'ai bien compris. « C'est ici ? - Oui. - Tu termines à quelle heure ? - Je ne sais pas encore tout dépend de mon patron. Passe une bonne journée. - Toi aussi, attend tu oublies ton sac. - C'est pour toi, dis-je avant de sortir de la voiture ». Ibrahim attend que le portail s'ouvre avant de démarrer et de faire demi-tour. Je parcours les quelques mètres me séparant de la maison. Comme prévu, Asma était là. Elle m'a fait visiter la maison et m'a donné mon planning, ainsi que l'emploi du temps de sa petite fille entre cours de danse et leçon de piano. Très chargé pour une petite fille de cinq ans. Après son départ, je me suis mise au travail en respectant son programme à la lettre. En fin d'après-midi, je fais connaissance avec la petite Sania, très polie et sage. Nous avons préparé le goûter ensemble puis, je l'ai envoyé prendre sa douche avant que son père ne rentre, j'en profite pour regarder mon téléphone et découvre un message d'Ibrahim. « Merci pour le petit déjeuner. Préviens-moi quand tu auras fini ». C'était une délicate attention et comme une idiote, je me surprends à sourire devant l'écran, les appelles de Sania me sortent de ma rêverie, je range le téléphone et la rejoins dans sa chambre. Après la douche nous dinons toute les deux, Asma m'a informée que j'avais le droit de manger avec elle. Pendant le repas, je reçois un appel du père, me disant qu'il sera là dans vingt minutes. Je préviens Ibrahim avant de débarrasser et tout nettoyer avant son retour. Un quart d'heure plus tard, la porte d'entrée s'ouvre sur un homme d'une trentaine d'année. Il me salue avant d'embrasser sa fille. « Papa, Azhar et moi nous avons fait un gâteau. Il y en a encore dans la cuisine. - Tant mieux, j'ai très faim. Je vais d'abord aller prendre une douche ». Lorsqu'il redescend Sania et moi étions entrain de faire du coloriage. Nous avons débattu sur la couleur des nuages et du ciel car d'après elle les nuages ne sont pas bleus. Je profite de son retour pour aller m'habiller à mon tour afin de partir. « Vous vous en allez ? - Oui, monsieur. - Appelez-moi Ryan. Vous rentrez à pied ? - Non, je prends le bus - Mon chauffeur va vous raccompagner. Ne refusez pas, je vais le prévenir". [...] Ibrahim n'a pas répondu à mon message et il n'est pas venu me chercher non plus. Je m'inquiétais pour lui, j'espère qu'il n'a pas eu un problème sur la route. Je prends l'initiative de l'appeler mais le téléphone ne sonne même pas. Il doit être éteint. « Comment s'est passé ta journée ? Me demande Kaïna. - Bien, c'est une petite fille sage et intelligente. - Tant mieux ? - Tu as vu Ibrahim ? - Non, pourquoi ? - Il devait venir me chercher, mais je n'ai pas eu de nouvelles. - Il doit être occuper, mais ce n'est pas son genre ». Je n'ajoute rien, car depuis sa remarque sur une supposé attirance envers son frère je préférais me taire à son sujet, je ne voulais pas que Kaïna pense que je suis m'inquiète pour lui parce que...Parce que quoi justement ? Je m'inquiète vraiment pour lui. Je l'appelle une deuxième fois mais encore une fois aucune réponse. Je suis presque tentée d'appeler Mounir. Mais Ibrahim est un grand garçon, il sait ce qu'il fait on ne peut pas se lancer à sa recherche uniquement parce qu'il à disparu durant une demi-journée. Nous étions en train de manger lorsque Ibrahim a fait son apparition, visiblement très énervé faisant claquer les portes sous le regard de mon oncle qui semblait faire un effort surhumain pour ne pas lui faire de remarque, ce qui aurait sûrement déclencher un conflit avec ces deux personnalités. « Il est vraiment malade ce mec, dit Sofia. - Arrête, dit Kaïna. - Il casse tout mais personnes ne dit rien. - Tu n'as qu'à y aller, dit mon oncle. Si tu reviens en vie... ». Le repas fini, Ibrahim n'était toujours pas revenu. Après avoir rangé, chacun est retourné dans sa chambre. Je prépare un plateau et me dirige vers sa chambre, je toque, mais personne ne répond, doucement j'ouvre la porte. Ibrahim était allongé dans son lit une cigarette à la main, mais tout compte fait, vu l'odeur il devait s'agir d'autre chose. « Qu'est-ce que tu veux ? - Tu n'es pas venu manger, je t'amène une assiette ». Il m'a observé longuement comme si ce que je venais de dire était complètement débile. J'étais incapable de réfléchir avec lui, son esprit est un brouillard infranchissable, il pense à une chose puis la chasse immédiatement pour penser à autre chose, c'est très déstabilisant. Puis, il esquisse un sourire, presque invisible avant de se relever et de s'asseoir sur le lit. « Merci ». L'Ibrahim agressif a laissé place à un autre, j'ai remarqué qu'il changeait d'humeur fréquemment, c'était parfois un peu effrayant, on ne sait jamais à quoi s'attendre quand on s'adresse à lui, Sofia est peut-être énervante, mais elle n'a pas tout à fait tort quand elle dit qu'il a des problèmes de comportement. « Viens t'asseoir, me dit-il. - Il est tard, je vais aller me coucher. - Je ne vais pas te manger. Ou alors peut-être que tu n'as pas envie d'être avec moi ». Faisait-il allusion à ce que je lui avais dit dans la salle de bain ? Je ne me suis pas trompé il a été blessé par ce que je lui ai dit et bien tant mieux car moi aussi j'ai été blessée par ses mots. Maintenant nous sommes quittes. Je me place à l'autre bout du lit, voulant éviter toute proximité. « Comment c'était ton travail ? - Bien. - Tant mieux. - Pourquoi tu n'es pas venu me chercher ? Je me suis inquiétée. - Tu t'inquiètes pour moi ? Dit-il surpris. - Oui, comme tout le monde ici. - Il ne faut pas que tu préoccupes de moi Azhar. - Pourquoi ? - Parce que personne ne la jamais fait. - Il faut une première fois à tout non ? » Il m'a regardé pendant quelques secondes, mais n'a rien dit. « - Azhar ? - Oui. - Je ne t'ai pas oublié toute à l'heure. J'avais un truc urgent à faire. - Je comprends, bonne nuit. » Je n'ai pas réussi à m'endormir une fois au lit, Ibrahim me trouble, son comportement, la manière dont il me regarde, toutes ses questions sans réponse et puis cette question de Kaïna, est-ce que je ressens réellement quelque chose pour lui ? L'amour est quelque chose de totalement inconnu pour moi. Je n'ai jamais été attirée par un homme, mais aujourd'hui, tout au fond de moi, je sens qu'il y a quelque chose. [...] Sania étant à l'école, j'ai pu commencer à préparer le repas du soir. La journée était longue sans ménage à faire, et Ryan travaillait à la maison ce jour-là, je me suis donc installée dans la cuisine avec un livre en vérifiant la cuisson lorsque la porte d'entrée s'ouvre. Je me lève et marche jusqu'à l'entrée où je surprends une jeune femme. « Bonjour, dis-je. - Bonjour, vous-êtes la gouvernante ? - Oui. - Je suis la fiancée de Ryan, Chirine. - Enchantée, il est dans son bureau ». Perchée sur ses hauts talons, elle se dirige seule jusqu'au bureau de monsieur. Je ne savais pas qu'il était fiancé, tout compte fait, je n'ai pas à le savoir, il s'agit de sa vie privée, mais à présent je me pose des questions s'ils sont fiancés ils vont très certainement bientôt se marier et donc mon travail ici sera surement compromis puisque cette femme s'occupera de Sania. Lorsque celle-ci rentre de l'école, je l'amène directement prendre son goûter dans la cuisine. « - Il est où mon papa ? - Il est là-haut, avec son amie. - Ah non, je n'aime pas Chirine. - Pourquoi tu dis ça ? - C'est l'amoureuse de papa et elle n'est pas drôle ! - Mais si ton papa est amoureux d'elle, tu dois apprendre à la connaître. - Je ne l'aime pas. - Tu sais, tu n'es pas obligé de l'aimer, juste de l'accepter «. Nous avons fait toutes sortes d'activités manuelles, avant que Rayan et son amie ne descendent. « - Eh ! Coucou Sania. - Ouais, coucou. - Alors, comment ça se passe à l'école ? - Bien. - Tu n'es pas très bavarde aujourd'hui ». Sania n'a pas répondu et elle est allée s'installer devant la télé. « - Azhar vous pouvez rentrer chez vous aujourd'hui. - Vous êtes sur monsieur ? - Oui, je vous demande de m'appeler Ryan. - Il à raison, nous allons passer une soirée en famille. -Bien, je vais récupérer mes affaires ». Je prends ma veste embrasse Sania et sort de la maison. Comme hier le chauffeur me dépose puis je rentre. La maison était vide, j'ai pris une douche, rattrapé mes prières puis je me suis posé devant la télé. Je regardais un film lorsque Sofia rentre, et se précipite vers la salle de bain. En allant me laver les mains dans la salle de bain, j'entends des pleures provenant de notre chambre. « Sofia, tout va bien ? - Sort. - Pourquoi tu pleures ? - Tu es bouchée ou stupide ? Je te demande de sortir ! ». Elle me fait plus de peine que de mal, je suis ensuite aller me reposer dans l'ancienne chambre d'Amine. Je me suis endormie quelques minutes après m'être allongée. À suivre...
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