Les errances paradoxalesMes délires sont traversés par un nombre important de familles foraines, de gens du voyage. La majorité d’entre eux travaille dans les centres médicaux où je suis pris en charge. Je crois à un désir susurré de sédentarité, pour exister. Pour mieux exister… Leur situation sociale me fait penser à mon état ambigu de comateux délirant. Eux aussi sont considérés, par une norme majoritaire, comme en dedans et en dehors de la réalité. Je garde un attachement particulier envers ces personnes marginales : je suis moi-même le petit-fils d’une tribu roulottière. Jeune orpheline, ma grand-mère, âgée de dix ans, est placée dans une ferme de Lorraine belge. Son labeur s’échange contre le gîte et le couvert. Ses onze frères et sœurs subissent le même sort, tous séparés. Des a

