Chapitre 6 : Le baiser
Alors que nous sommes en mauvaise posture, Ryan et moi venons d'échanger un b****r.
- Pourquoi ce b****r ? (lui demanda)
- Je ne sais pas. J'en ai eu envie, mais c'est tout. Lyne, nous sommes en train de vivre nos dernières heures alors ne nous posons pas ce genre de question. Vivons nos derniers instants comme nous aimerions les vivres. Puis disons que c'est en souvenir d'un moment précieux que j'ai vécu avec vous.
- Mais pensez à Mary ! On ne peut pas faire ça Ryan ! C'est très paisible, mais j'ai l'impression que nous sommes en train de la trahir !
- J'ai beaucoup de respect pour elle Lyne et je l'aime, mais elle n'est pas là en ce moment et je vous avoue que je sais que je vais mourir et que quelque part j'ai peur. J'ai sans doute besoin de réconfort. Dans vos bras, je me sens plus serein.
- Moi aussi, c'est vrai.
- Alors oublions nos principes, personne n'en souffrira, car personne ne saura jamais ce qu'on a fait avant de mourir. Je sais, c'est peut-être très égoïste, mais il ne faut jamais négliger ses dernières heures.
- Vous avez sans doute raison.
Ryan me caresse le visage et m'embrasse à nouveau en me serrant contre lui. Je me blottis un peu plus et lui caresse la nuque.
- Je peux vous poser une question qui me vient à l'esprit depuis quelques heures ? (demande Ryan)
- Bien sûr !
- Vous vous en souvenez ?
- De quoi ?
- Il y a trois ans, peu de temps après que vous êtes arrivée dans l'équipe. Un soir, je vous ai raccompagné à votre voiture et finalement je vous ai invité à dîner chez moi.
- Bien sûr que je m'en souviens ! (lui souriant timidement)
- Sachez que j'ai beaucoup apprécié ce moment, même si nous n'en avons jamais reparlé.
- Moi aussi je l'ai apprécié ce moment.
- J'espère que vous ne m'en avez jamais voulu !
- De quoi ?
- D'avoir fait comme si rien ne s'était passé.
- J'ai fait la même chose. Alors pourquoi je vous en voudrais !?
- Lyne, j'ai sans doute mal agi.
- Non ! Je ne vous en ai jamais voulu ! Je pense que ne plus en parler nous arrangeais tous les deux.
- D'accord ! Mais sachez juste que je n'ai jamais oublié !
- Moi non plus ! Et puisque je n'ai plus rien à perdre et qu'on aura plus l'occasion d'en reparler, je peux même vous dire que vous avez été mon meilleur souvenir. Je ne devrais pas vous le dire, mais ça m'a marqué et aucun autre homme m'a fait vivre un aussi bon moment. Vous savez vous y prendre avec les femmes !
- Vous êtes sérieuse ?
- Ben oui ! Mais je ne vous l'aurais jamais dit si on ne serait pas en train de mourir !
- Je suis très flatté de l'entendre. C'est incroyable ça quand même !
- Comment ça ?
- Je pense la même chose pour vous. Je ne devrais pas et tout comme vous, c'est parce que nous n'aurons plus l'occasion d'en reparler que je vous le dis, mais vous avez été ma plus belle expérience. J'ai pris tellement de plaisir avec vous !
- Vous n'êtes pas obligé de me dire ça !
- Je le pense vraiment ! Même si on n'en a jamais reparlé, je tiens à vous dire aujourd'hui que j'ai adoré ce moment.
- Mais il y a Mary ! Vous vous rendez-compte !? On ne devrait pas en parler et se dire ce genre de chose !
- Vous savez, je ne vous donnerai aucun détail sur ma vie sexuelle par ce que c'est mon intimité et celle de Mary mais ce que je viens de vous dire est sincère. Vous êtes et resterez ma plus belle aventure et même si ce que nous avons fait n'est pas très professionnel, je n'ai absolument aucun regret.
- Moi non plus. Je ne regrette pas !
- Alors c'est très bien. Je vais même, vous avouez qu'il m'arrive encore d'y penser de temps en temps !
Je le regarde en souriant.
- C'est vrai ?
- Oui, je l'avoue ! Je ne devrais pas avoir ces pensées de vous, mais je n'y peu rien. Écoutez, je pense que vous n'auriez pas été ma collègue, j'aurais cherché à ce qu'on se revoit.
- Et je pense que j'aurais accepté qu'on se revoit !
- Je pense que la vie doit être très agréable avec une femme comme vous.
- J'ai mes défauts, vous savez !
- Comme nous tous. Mais je suis sûr que j'aurais apprécié vos défauts autant que j'apprécie vos qualités !
- Ah oui ! Et quel sont mes défauts d'après vous ?
- Je ne vais pas vous dire vos défauts !
- S'il vous plait ! Je ne me vexerais pas ! Promis !
- Si je vous dis les vôtres, vous me dites les miens !
- D'accord ! Alors, je vous écoute !
- Vous voulez toujours avoir raison, vous êtes très curieuse, vous êtes très gourmande, mais je ne sais pas si c'est vraiment un défaut ça !
- Exactement ! D'ailleurs quand ils vont vider mon bureau, ils vont être servis !
- Je n'en doute pas ! Alors et moi mes défauts !
- Vous êtes fermé, distant et parfois très têtu.
- Je veux bien l'admettre.
- Et mes qualités alors ?
- Ah là là ! Vos qualités !
- Vous ne m'en trouvez pas ?
- Vous en avez tellement ! Je dirais que vous êtes à l'écoute, vous êtes une passionnée, vous êtes très perspicace et vous êtes une très belle femme.
- Ouah ! Merci, je suis très touchée.
- Je le pense vraiment !
- En ce qui vous concerne, je vous dirai que vous êtes bienveillant, charmant et généreux. Parmi tant d'autre.
- ça me touche aussi que vous ayez vu ces belles choses en moi. Même si je ne suis pas persuadé que je sois vraiment bienveillant.
- Vous l'êtes Ryan !
Au bout de trois jours sous les décombres, nous commençons à être vraiment très affaiblie. Je suis encore dans les bras de Ryan à la recherche de chaleur humaine tout comme lui. Plus les heures passent et plus nous sommes faibles et douloureux.
A suivre