Chapitre 6

1468 Words
Margot avait réussi à rester éveillée et je lui avais de nouveau fait un résumé de ma journée avant de lui poser des questions sur la sienne. Par la suite j'étais allée me coucher. Le matin je m'étais réveillée plus tôt que d'habitude. C'était le grand jour. J'avais soudain l'impression de manquer d'air. J'étais toute excitée à l'idée de ce soir. J'avais hâte d'y être. Néanmoins une partie de moi avait peur. Ce soir allait être un moment déterminant pour mon futur. Je pris quelques secondes pour me demander si c'était vraiment ce que je voulais. "Oui." Je refermais les yeux quelques secondes afin de me calmer. Je ne devais rien laisser paraître. Une fois prête, je sortais de la chambre et profitais de mon dernier petit déjeuner en présence de ma tante. La pauvre. Je savais qu'elle allait avoir très peur pour moi. Elle allait s'inquiéter et tous les soirs allait voir mon visage avant de s'endormir. Mais je savais aussi qu'elle allait être contente pour moi et qu'elle allait me comprendre. J'étais sûr qu'elle allait rassembler les pièces du puzzle en quelques minutes et qu'elle allait sourire malgré la situation. Les policiers lui demanderaient ce qu'elle avait mais elle ne dirait rien. J'allais prendre contact avec elle dès que possible et lui laisser une lettre ainsi qu'à Emma. Je voulus passer la matinée avec elle mais elle m'envoya retrouver mes amis à la piscine. Si elle savait... Je n'avais pas mis mes couches en plus. Je m'étais contentée de mon petit maillot de bain noir et j'avais laissé mes cicatrices à la vu de tous. J'en avais marre de me cacher. C'était un peu comme un avant goût de ce soir. Sur le chemin je rejoignais les autres. Lorenzo haussa les sourcils avant de sourir en comprenant la référence de ma tenue à ce soir. Emma et Tom me sourirent aussi contents que je n'ai pas honte de mes marques. "Tu es incroyable...me chuchota Emma." Elle exagérais mais je ne pu m'empêcher de sourire satisfaite. A la piscine nous croisâmes Camille et ses amies. Dès qu'elle nous vit elle détourna les yeux et alla se jeter dans les bras d'un mec la tête haute. Maxime souffla amusé. "On dirait qu'elle t'en veux Lorenzo." Ce dernier ne fut pas du tout touché par le comportement de la blonde. La pauvre elle n'avait pas fait l'effet escompté. A midi Robert m'envoya acheter des saucisses et des frites pour tout le monde. Y comprit pour moi cette fois. Je fus ignorée tout le repas mais je ne m'en offusquais pas. C'était mille fois mieux que de me faire critiquer. Malheureusement on ne change pas les bonnes habitudes. Les critiques ne faisaient que tarder. Dès qu'ils eurent fini de manger ils quittèrent la table et Kevin me lança: "Nettoie tout salle orpheline! -Kevin!s'exclama Margot choquée. -Bah quoi c'est vrai. -Kevin a raison. Elle doit connaître sa place. Nettoie." Kevin sourit triomphant et ils se posèrent devant la télé. Margot me gratifia d'un regard désolé et m'aida à débarrasser. Robert lui dit de me laisser faire mais elle insista. Cependant je ne la laissais pas m'accompagner sortir les poubelles. Sur le chemin je croisais Emma qui sortait les poubelles aussi. Nous discutâmes tout le long et une fois les poubelles jetées, nous nous posâmes sur un banc pour discuter. "Je me souviendrai toujours de toi Emma... Tu es vraiment une amie en or. -Awn tu es adorable. Moi aussi je me souviendrai de toi toute ma vie. Mais t'inquiète on garde contact." Elle me fit un câlin. Mon coeur se serra. Cette discussion ressemblait trop à des adieux... Emma aussi allait s'inquiéter mais elle comprendrait sûrement. J'allais reprendre contact avec elle aussi dès que je pourrai. Nous rentrâmes dans nos bungalows respectifs car Emma devait aider sa grand-mère. J'en profitais pour faire mon sac. Je n'arrivais pas à rester en place il fallait que je m'occupe. Je mis dedans tous les vêtements propres que j'avais ainsi que l'argent que j'avais mis de côté. Ce qui restait des 50 euros de Margot je les metais dans la poche arrière et je mettais dans une poche sûr de mon sac mes papiers que je ne quittais jamais au cas où. Une fois mon sac prêt, je m'assis pour écrire les deux lettres. Je commençais par Margot. Ma tata d'amour, Ne t'inquiète pas pour moi je suis entre de bonnes mains. Pardonne moi de t'abandonner comme ça mais il est temps que je vive. J'ai rencontré des personnes formidables cette semaine qui m'ont fait prendre conscience que j'étais une personne moi aussi. Je veux tout recommencer. J'en ai marre de m'accrocher au passé et d'avoir peur. La seule chose qui m'a permit de tenir jusque là c'est bel et bien toi. Je ne te remercierai jamais assez pour ça. Tu as été ma seconde mère, ma marraine la bonne fée, ma meilleure amie... Je tiens à toi plus qu'à n'importe qui c'est pourquoi je sais que tu me comprendras. Je reprendrai contact avec toi dès que possible. Bisous, Violette Je tremblais. Je n'aurais jamais pensé qu'écrire ces lettres me retournerait tant. Je m'imaginais déjà Margot la trouver, l'ouvrir les mains tremblantes et la lire les larmes aux yeux et un sourire aux lèvres. Je n'arrivais pas à retenir mes propres larmes alors je me contentais d'écrire le nécessaire. Ma chère Emma, Tu te trompe je ne suis pas courageuse. C'est pour cela que je fuis. Je n'ai pas été assez courageuse pour affronter mon problème et j'en ai honte. Pas honte d'être peureuse mais honte de te décevoir. Je t'en supplie pardonne moi. Je n'ai même pas été assez courageuse pour te dire tout cela en face... T'es compliments m'ont redonné confiance en moi et c'est en partit grâce à toi si j'ai décidé de partir. Je veux être heureuse moi aussi. J'y ai goûté pour la première fois depuis une éternité cette semaine grâce à vous et maintenant je suis trop égoïste pour y renoncer. Je reprendrai contact avec toi dès que possible. Bisous, Vi Je pliais les lettres tant bien que mal à cause de mes tremblements. Les dix minutes qui suivirent je pleurais toutes les larmes de mon corps en silence. C'était la première fois depuis que je me souviens que je pleurais de tristesse. Mon coeur se brisait à mixée de quitter Margot et Emma. Jusque là les rares fois où je pleurais c'était quand Robert m'humiliait. Je ne serais même pas partie si Lorenzo ne venait pas avec moi... Il était ma bouée. Une fois que je fus calmée j'appris les numéros de Margot et Emma par coeur puis je cachais les lettres dans ma chambre. Les gars proposèrent qu'on aille au bar. Emma et moi les rejoignîmes donc là-bas. Je me sentais bizarre. J'étais à la fois euphorique en pensant à ma fugue et à la fois plus mélancolique que jamais. Une profondeur tristesse avait prit possession de mon corps et je n'arrivais pas à rire avec les autres. Lorenzo prit ma main et la serra avec tendresse. Je lui rendais son étreinte. Il me chuchota à l'oreille: "C'est toujours OK pour ce soir?" Je n'eus pas besoin de réfléchir. Ma tête se hocha toute seule. "Oui." Je n'avais jamais été aussi sûr de ma vie. Je ne voulais pas reculer. Lorenzo me sourit. Un sourire à la fois triste et heureux. Il alla se chercher un autre verre et Tom se retrouva à mes côtés en l'espace de quelques secondes. "Pourquoi tu tire une tête d'enterrement? T'es encore plus moche comme ça. -Merci Tom... -Quoi?" Je soufflais exaspérée. "Je vais très bien je suis juste fatiguée. -T'as besoin d'un sommeil réparateur ça c'est sûr!" Je lui lançais un scareface. Il rit avant de me laisser. Une fois que nous eûmes fini nos verres, les gars voulurent traîner dehors mais Lorenzo refusa encore une fois leur offre. Il prétexta que j'étais fatiguée et proposa de me raccompagner chez moi. Je fis la bise aux garçons et pris Emma dans mes bras. Je me battais contre les larmes. Je ne devais pas pleurer. "Je t'aime tellement...dis-je. -Moi aussi..." Je sentais bien qu'Emma était surprise par mon affection plus poussée mais elle se disait sûrement que c'était à cause de ma famille. Le chemin avec Lorenzo se fit dans le silence. Nous étions tous les deux stressés. Il m'embrassa devant la porte avant de dire: "Dans une demie heure sois devant l'entrée. -J'y serai." Il fit mine de partir avant se revenir vers moi. Il enleva son pull et me le tendit. "Mets ça il va faire froid ce soir." Sur ce il partit. J'avais hésité à refuser son pull mais je brûlait d'envie de porter quelque chose à lui et de sentir son odeur autour de moi.
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