Margot était éveillée. Je lui racontais vite fait ma soirée. Elle me proposa à manger mais je lui dis que je n'avais pas faim et que j'étais très fatiguée. Je m'en voulais horriblement de la repousser mais je devais me dépêcher.
Margot me souhaita bonne nuit et alla elle aussi dans sa chambre. L'heure du rendez-vous n'était plus loin. Je stressant à l'idée d'être en retard. Même si je redoutais cette heure, je n'en pouvais plus d'attendre. Heureusement quelques minutes après je l'entendais ronfler. Je pris mon sac, enfilais le pull de mon petit ami et sortais de la maison de la manière la plus silencieuse possible.
"Je le savais!"
Je n'eus même pas le temps de sursauter que quelqu'un m'attrapa violemment par le bras.
Robert me secoua si fort que je faillis faire tomber le sac de mes épaules.
"Alex m'avait bien dit que tu sortais trop! Je ne l'ai pas cru!"
J'avais une pousse surhumaine. Je pleurais de déception, de peur. J'étais tellement proche du but je ne pouvais pas renoncer maintenant.
"Tu es une prostitué c'est ça?
-Non!
-Ouais c'est ça! C'était qui alors le gars qui t'a donné ce pull? Tu me feras un prix j'espère..."
Robert essaya de me retirer mon pull. J'étais effrayée, dégoûtée. Je ressemblais toute la force qui me restait et je me libérais de sa poigne. Je me mis à courir à toute allure alors que j'entendais Robert criait après moi et se jeter à ma poursuite. Je courais comme quelqu'un qui était poursuivie parce que c'était le cas. Très vite je n'entendis plus les cris de Robert et je m'arrêtais pour reprendre mon souffle. J'étais en retard sur l'heure de rendez-vous de quelques minutes à cause de Robert.
Je me remis en route. Je ne courais plus mais je marchais vite. J'étais calme. Comme si j'avais réussi à échapper au dragon.
Plus je m'approchais de l'entrée, plus les lumières étaient allumées dans les maisons. Je finis même par tomber sur des personnes éveillées. Des familles entières qui étaient en panique. Je ne comprenais pas. Je ne m'arrêtais pas pour leur parler. Je continuais tout droit en marchant de plus en plus vite.
Des sirènes de pompiers commençaient à s'approcher du camping. Je finis même par voir leurs lumières. Il y avait des policiers aussi. Pas n'importe lesquels. Des immenses voitures vigi pirate, des militaires. Il y avait des dizaines de voitures qui défilaient sur la route entourés de motos.
Je ralentissais malgré moi. J'avais peur. Il y avait eu tellement d'attentats dernièrement que c'était normal. Cependant quand je fus assez proche pour voir l'entrée du parking j'accélèrais de nouveau. Plusieurs voitures s'y étaient arrêtes et des pompiers réanimation ou emportaient des personnes.
"Lorenzo."
C'était la seule chose que j'entendais à chacun de mes pas. Je courais à présent mais quand je fus à hauteur du premier blessé je ralentissais. Les policiers me laissèrent passer sans problème. Ils me regardaient avec compassion, pitié.
C'était horrible à voir. Cette scène me fendit le coeur. Des corps inanimés gisaient à terre et des voitures qui ne brûlaient plus à présent étaient retournés sur la route. Cette dernière avait des marques de pneus et de brûlure. Les familles sur les côtés pleuraient. Certains corps étaient recouverts d'un draps noir mais les formes sous le draps nous faisaient comprendre que les corps avaient été décapités. J'espérais qu'ils n'avaient pas trop souffert... Des enfants étaient allongés les yeux fermés. La colère avait prit place dans mon coeur alors que j'avançais. Quel monstre avait été à l'origine de ce m******e?
Au fur et à mesure que j'approchais de notre lieu de rendez-vous avec Lorenzo, mon coeur avait arrêté de battre. C'était comme s'il s'était mis en pause parce qu'il ne pouvait pas supporter cette scène.
Je finis par la voir. Un pompier était allongé au dessus de lui et vérifiait s'il respirait. Je m'étais arrêtée. Je n'étais pas croyante mais à ce moment précis je priais tous les Dieux dont je pouvais citer le nom.
Le pompier se releva.
"Non!hurlais-je."
Je courais les rejoindre et me jetais aux côtés de mon copain. Son tshirt était recouvert de tâches de sang mais ce n'était pas le sien. En revanche la flaque qui s'étendait autour de sa tête oui. Même comme ça il était horriblement beau... Je le serrais dans mes bras de toutes mes forces comme si je pouvais retenir son âme. Je criais au pompier:
"Sauvez le!"
L'homme me regarda avec pitié. Il ne bougeait pas alors je continuais:
"Sauvez le! S'il vous plaît! Vous devez le sauver!"
L'homme s'agenouilla à côté de moi et voulut poser sa main sur mon épaule mais je le repoussais.
"Non! Ne me dites pas que c'est trop tard! C'est pas possible! Il ne peut pas mourir!"
Des bras m'attrapèrent avec douceur par derrière. Je luttais pour qu'ils me lâchent. Je ne voulais pas être séparée de Lorenzo.
"Lâchez moi! Je ne le laisserai pas! Je l'aime!"
J'attrapais le visage de mon amour en coupe.
"Tu m'entends Lolo? Je t'aime. Je n'ai jamais aimé quelqu'un comme je t'aime... Je t'interdis de me laisser. Tu m'entends? Ouvre les yeux. Je t'en supplie."
Je restais à admirer ses yeux endormis. C'était étrange de lui parler alors qu'il avait les yeux clos. Je les voyais devant moi comme s'ils étaient ouverts. Je priais pour qu'il les ouvre mais les secondes s'allongeaient et il ne me répondait pas.
"Je t'en supplie..."
Les larmes coulèrent sur mes joues sans que je m'en rende compte. Je serrais désespérément Lorenzo contre moi. Il était ma bouée. Je ne pouvais pas le perdre...
Les bras essayèrent de nouveau de me décoller de l'homme que j'aime. Je n'avais plus la force se me battre et je me laissais faire. Je ne lâchais pas le corps inerte de Lorenzo des yeux alors que je me faisais tirer loin de ce spectacle lugubre. Alors que les pompiers me demandaient mon nom, tout devint noir.