Le jour venait à peine de se lever quand Chloé rouvrit enfin les yeux, après de longues heures d’inconscience. Son regard resta figé un instant sur le plafond blanc, vide, mais très vite, les souvenirs refirent surface. Les mots du réceptionniste résonnèrent dans sa tête comme un coup de tonnerre. Son souffle se bloqua, et soudain, elle se redressa en sursaut, poussant un cri déchirant.
Chloé (hurlant)
_ Papa !!!
Lorenzo, affalé sur le canapé, la tête penchée de fatigue, sursauta aussitôt. Ses yeux se posèrent sur elle, juste au moment où elle arrachait les fils de perfusion que le médecin avait installés.
Lorenzo (fronçant les sourcils, choqué)
_ Chloé… tu t’es réveillée ? Mais…
Il se leva d’un bond et se précipita vers elle. Mais Chloé, tremblante de tout son corps, s’était déjà redressée. Ses jambes faiblissaient, ses doigts tremblaient, et les larmes inondaient son visage. Son cœur battait si vite qu’on aurait dit qu’il allait exploser.
Chloé (pleurant, la voix brisée)
_ Où est-il ? Où est mon père ? Il est en vie, pas vrai ? Je veux le voir ! Il faut que je lui parle. Lorenzo, laisse-moi sortir, je t’en supplie. Je ferai tout ce que tu voudras, mais laisse-moi aller vers lui !
Elle parlait par saccades, la respiration courte, étouffée par ses sanglots. Sa voix se cassait sous le poids de la douleur. Lorenzo, les mâchoires serrées, sentit son cœur se briser. Sans réfléchir, il la saisit et la tira dans ses bras, la serrant de toutes ses forces comme pour lui transmettre sa propre force.
Mais Chloé, refusant d’affronter la vérité, le repoussa brutalement, son regard rouge et enragé.
Chloé (en larmes, le visage dévasté)
_ Amène-moi voir mon père ! Je dois sortir d’ici ! Il m’attend… il m’attend, j’en suis sûre.
Elle tenta de courir vers la porte, mais Lorenzo l’attrapa par le poignet, la ramenant à lui avec fermeté. Ses bras se refermèrent encore une fois autour d’elle. C’était sa manière à lui de la retenir, de la protéger, même contre elle-même.
Chloé (se débattant, en sanglotant)
_ Lâche-moi ! Pourquoi tu me retiens comme ça ? Je veux voir mon père… Je sais qu’il est vivant ! Cette femme racontait n’importe quoi ! Lâche-moi, je t’en supplie… laisse-moi aller vers lui !
Ses cris se transformaient en sanglots étouffants. Sa gorge était serrée, son souffle coupé. Chaque larme qui roulait sur ses joues s’écrasait contre le torse de Lorenzo, et lui, le bad boy dur au cœur blindé, se sentit anéanti. Ses bras se resserrèrent, et sa voix, tremblante mais ferme, glissa à son oreille.
Lorenzo (calme, mais grave)
_ Je suis désolé, mais ton père n’est plus là.
Chloé (hurlant, le visage noyé de larmes)
_ NON !!! Tu mens !
Elle se dégagea violemment, le poussant de toutes ses forces, puis leva ses poings contre son torse. Elle le frappa encore et encore, ses yeux noyés dans les siens, fous de rage et de douleur. Lorenzo, figé, ne bougea pas. Il encaissa ses coups sans broncher, incapable de lever la main sur elle. Ses propres yeux brillaient, pleins d’une douleur contenue.
Chloé (pleurant de rage)
_ T’es qu’un menteur ! Mon père peut pas mourir, j’y crois pas ! Ton père avait promis… Ton père m’avait juré qu’il allait payer son opération ! C’est pour ça que j’ai accepté de t’épouser ! Pourquoi il n’a pas tenu sa promesse ? Pourquoi ???
Lorenzo resta muet. Les mots lui manquaient. Il voulait crier que tout était faux, qu’il n’avait jamais voulu ça… Mais face à la douleur brute de Chloé, il n’avait rien, absolument rien à offrir.
Chloé, brisée, s’effondra au sol. Ses jambes cédèrent et elle se laissa tomber lourdement, la tête basse, les cheveux en désordre. Ses épaules secouées par des sanglots incontrôlables, elle ressemblait à une petite fille perdue.
Chloé (la voix éteinte, tremblante)
_ Il méritait pas ça… Il a toujours été là pour moi. Et moi ? Moi j’étais pas là quand il avait besoin de moi… Je devrais être à ses côtés, pas enfermée ici… J’ai accepté de t’épouser parce que ton père avait promis de sauver le mien… Mais il nous a menti. Vous l’avez laissé mourir… Pourquoi ? Pourquoi il a pas respecté sa parole ?
Chaque mot était une lame plantée dans la poitrine de Lorenzo. Il resta debout, impuissant, ses poings serrés au point de s’en faire mal.
Chloé (hurlant, le visage déformé par les larmes)
_ SORS ! DÉGAGE ! Laisse-moi seule ! Je veux pleurer mon père, seule… loin de toi et de tous vos mensonges !
Ses paroles sonnèrent comme un écho dans la chambre. Ce n’étaient pas des mots de haine mais des lambeaux de douleur pure. Lorenzo la fixa un instant, le cœur serré, puis se détourna. Sans un cri, il quitta la chambre et referma doucement la porte derrière lui, lui laissant son intimité, sa tristesse.
Chloé resta seule. Elle s’adossa au lit, s’y assit, les jambes repliées contre sa poitrine, recroquevillée comme une enfant qui vient d’être abandonnée. Le monde paraissait trop grand et vide autour d’elle. Ses larmes redoublèrent, lourdes et chaudes, et la haine qu’elle ressentait pour elle-même monta, elle se détestait d’avoir su tard, d’avoir manqué les derniers instants de son père.
Chloé (voix intérieure)
J’arrive pas à croire que papa est parti… Non, j’y crois pas. Je suis pas prête. Qui va rester pour moi maintenant ? J’ai plus personne. Comment je vais faire sans lui ? Quand Lorenzo n'était pas là la semaine dernière, j'étais partie chez mon père. Il m’a dit que l’opération c’était demain, que tout allait s’arranger… Je comptais être là, le soutenir. Pourquoi il ne m’a rien dit depuis le debu? J’aurais tout fait pour lui trouver l’argent… Je me suis mariée pour ça, pour qu’on puisse le soigner… et maintenant il m’a laissé. Je peux pas encaisser cette douleur.
Elle s’allongea sur le carrelage froid, repliée sur elle-même, les épaules secouées par des sanglots qui ne finissaient plus. Ses cheveux collés à son visage humide masquaient son regard brisé.
Pendant ce temps, dans le salon, Lorenzo restait assis, immobile. Ses yeux rouges fixés dans le vide trahissaient une colère froide. Une bouteille de whisky pendait à sa main ; il en buvait comme s’il voulait noyer le monde. Son corps était là mais son esprit n’y était pas, il tournait en boucle sur les images de Chloé qui pleurait, sur la voix brisée de la fille qu’il aimait.
Lorenzo (murmurant, voix rauque)
_ Pardonne-moi, ma gamine… Peut-être qu’avec l’opération il serait encore là… Mais ce taré nous l'a pris.
Il buva un autre gorgé, la rage montant comme un feu. Ses doigts serraient la bouteille si fort que ses jointures blanchissaient.
Lorenzo (murmurant, enragé)
_ Il va le payer. Oh que oui, il va payer. Je vais lui faire comprendre ce que ça coûte de toucher à mes proches. Je le briserai.
La menace n’était pas seulement dans les mots : elle vibrait dans sa mâchoire, dans le ton sec de sa voix. Lorenzo était ce mélange dangereux, un mec dur, prêt à tout.
Soudain, la porte du salon s’ouvrit brutalement. Les pas pressés, l’air affolé, ses parents entrèrent. À la vue de Lorenzo, Carlo poussa un soupir.
Carlo (inquiet, contrôlé)
_ Lorenzo, où est ta femme ? On a appris la nouvelle, comment elle va ?
Rosa (la voix tremblante)
_ Je vais monter la voir. Dis-moi où elle est.
Lorenzo (calme, sec)
_ Dans ma chambre.
Rosa n’attendit pas, elle monta l’escalier à grandes enjambées, disparaissant au bout du couloir. Carlo resta en bas, les bras croisés, un père face à son fils. Son regard cherchait une réponse et il n’aimait pas l’ambiance qui régnait.
Carlo (calme mais sérieux)
_ Lorenzo, explique-moi comment ça se fait que monsieur Giovanni est mort.
Lorenzo ne répondit pas tout de suite. Il avala une nouvelle gorgée d’alcool, la mâchoire contractée, comme pour gagner du temps contre l’orage en lui.
Carlo (ferme)
_ Arrête de boire et réponds. La mort de ton beau-père… y a-t-il quelque chose qui te concerne là-dedans ?
Lorenzo ne dit toujours rien ; la colère bouillonnait en lui, froide et prête à exploser.
Carlo (impatient)
– Bon sang, réponds-moi Lorenzo. Comment se fait-il que Giovanni meure comme ça alors que son opération était prévue demain ? Je me suis assuré qu’il y ait une infirmière à côté de lui. Il m’avait donné sa fille en mariage en échange des frais. Qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi il meurt soudainement ? Tu peux me répondre ? Tu sais quelque chose que j’ignore ?
Lorenzo (cri)
– ASSEZZZZZ !
Lorenzo éclata. Il bondit, envoya valser la bouteille de whisky qui traînait dans sa main. Le verre explosa sur le carrelage, un bruit sec, brutal, qui fit sursauter son père. Lorenzo se planta devant lui, poings serrés, la mâchoire comme taillée dans la pierre, le visage chauffé par quelque chose de dangereux.
Lorenzo (furieux)
– Tu veux que je te dise quoi, au juste ? Que oui, c’est à cause de moi que le père de ma femme est mort ? Que c’est ma faute ? Quelle réponse tu veux entendre, bon sang ?
Sa voix claqua dans la pièce comme un coup de tonnerre. Carlo, qui connaissait déjà le tempérament de son fils, ne se laissa pas surprendre ; il le regarda, curieux et dur.
Carlo (calme mais ferme)
– Il t’envoie encore des menaces, cet homme ? C’est lui, derrière la mort du père de Chloé ?
Lorenzo (yeux rouges)
– Je t’ai pas demandé de me marier. C’est toi qui l’as fait, pensant qu’une responsabilité me ferait réfléchir. Voilà le résultat de tes décisions. MA FEMME est dans notre chambre en train de pleurer et moi je sais même pas comment la consoler. Qu’est-ce que je vais lui dire pour calmer sa douleur, sachant que c’est à cause de moi si son daron est mort ?
Carlo se tut. Un soupir léger, puis plus rien ; ses yeux restèrent plantés sur son fils. Lorenzo alla s’effondrer lourdement sur le canapé, le regard noir perdu dans le vide, les mains toujours crispées.
Lorenzo (calme, mordant)
– Ce fils de chien continue de me menacer. Mais, je vais m’occuper de lui. Il va payer, très cher.
Ses mots étaient murmurés, mais c’était une promesse froide, tranchante comme une lame. Carlo se tourna alors vers le canapé d’en face et s’assit, observant Lorenzo en silence. Quelques minutes pesèrent, puis Carlo brisa finalement le silence.
Carlo (curieux)
– Tu l’aimes ?
Lorenzo fronça les sourcils. Son regard se posa sur son père, dur, profond, sans concession.
Lorenzo (calme)
– J’ai pas à te répondre si elle est déjà mienne.
Carlo (calme)
– Je sais qu’elle est ta femme, mais est-ce que tu l’aimes comme autrefois tu aimais « Elle », ou...
Lorenzo (ferme)
– Ne me parle pas d’« Elle ». Ne me ramène pas à cette époque.
Carlo (triste)
– Mais c’est à cause de moi si « Elle » est morte. C’est ma faute si cet ennemi inconnu te menace aujourd’hui.
Lorenzo (froid)
– Je suis le seul coupable. C’est moi qui l’ai tué, et je ne le regrette pas. Tu voulais que je te laisse peut-être ? Tu voulais crever à sa place ?
Carlo resta sans voix. Lorenzo se leva d’un bond, sans attendre de réponse ni même un regard pour son père, et remonta l’escalier à grandes enjambées, disparu dans le couloir.
Dans la chambre, la mère de Lorenzo était assise au bord du lit. Chloé, effondrée, pleurait ; Rosa lui caressait les cheveux avec douceur, tentant de la rassurer malgré les sanglots.
La porte s’ouvrit. Lorenzo entra, s’arrêta devant elles, son regard posé sur Chloé, calme, dur, rassurant à sa façon.
Lorenzo (voix calme mais tranchante) – Maman, tu devrais redescendre. Ton mari t’attend. Je m’occupe d’elle.
Rosa n’osa pas répondre ; elle connaissait son fils, et obéir était plus simple que discuter. Elle prit délicatement le visage de Chloé, essuya ses larmes du bout des doigts. Chloé, épuisée, laissa ses mains serrer le drap.
Rosa (rassurante)
– Ma puce, calme-toi. Essaie de te reposer un peu. Je reviendrai dans la semaine. Ne t’inquiète pas, nous serons là pour l’enterrement.
Elle déposa un b****r sur le front de Chloé, se leva et sortit, laissant Lorenzo et Chloé seuls. Lorenzo resta debout en face d’elle, l’air immobile, presque protecteur malgré la froideur qui émanait de lui.
Lorenzo (tendrement)
– Comment tu te sens ?
Chloé leva les yeux vers lui, ses pupilles tremblantes, partagées entre la colère et la curiosité.
Chloé (voix brisée)
– Comment as-tu su qu’il était à l’hôpital ? Pourquoi tu ne m’as rien dit depuis la maison ? Tu savais, pas vrai ? Tu savais qu’il était déjà mort ?
Lorenzo resta silencieux. Ses yeux sombres la fixaient, lourds de douleur qu’il ne disait pas. Il s’approcha lentement, saisit délicatement son bras et la força à se lever. Sans un mot, il la serra brutalement contre lui, la calant contre son torse comme pour lui dire que sa seule réponse, c’était ça : la garder.
Chloé, surprise par cette étreinte soudaine, cessa de pleurer. Ses mains se crispèrent d’abord, puis elle finit par se blottir contre lui, enfouissant son visage dans son torse comme si, malgré tout, elle avait besoin de cet abri.
Lorenzo (voix basse, adoucie par une sincérité rare)
– Je ne te ferai jamais de mal, sache-le. Oui… j’ai été dur, sauvage avec toi au début. J’ai levé la main sur toi, et crois-moi, je m’en veux chaque jour. Pardonne-moi… ma gamine.
Sa voix se brisa un instant. Il resserra son étreinte, baissa le regard et déposa un b****r discret sur ses cheveux. Son souffle chaud tremblait contre elle, trahissant la faiblesse qu’il cachait au reste du monde.
Lorenzo (sérieux, mais fragile)
– Je ne savais pas que ton père était mort… Si je ne t’ai pas dit qu’il était à l’hôpital, c’était juste pour t’éviter de t’inquiéter encore plus. Je voulais te protéger. Je te promets que je vais tout arranger. Je suis désolé, Chloé… vraiment désolé pour ton père.
Un silence lourd tomba. Mais cette fois, il n’était pas écrasant : il était rempli de larmes retenues, de regrets et d’un amour maladroit. Chloé ne dit rien. Elle resta dans ses bras, et lui, le bad boy toujours froid et v*****t aux yeux des autres, ne fit qu’une chose : la serrer plus fort, comme si c’était la seule façon de lui prouver qu’elle était désormais son point faible… et sa raison de se battre.
À suivre...