chapitre 26:

1980 Words
TROIS MOIS PLUTARD. Trois mois venaient de passer. Trois mois que mon père m’a quitté, me laissant seule dans ce monde. Ces dernières semaines ont été à la fois les plus dures… et les plus belles de ma vie. Après l’enterrement de mon papa, Lorenzo avait décidé qu’on parte. Ouais, décidé, parce que moi, j’étais juste une épave à ce moment-là. Je n’avais ni la force de discuter, ni l’envie de lui dire non. Il m’a emmenée dans une de ses maisons au bord de la mer, une villa trop belle pour être vraie. Sérieux, ce mec est vraiment blindé. Et pendant ces trois mois, il s’est comporté comme un vrai gentleman. Attentionné, patient, protecteur. Il a pris soin de moi, jour et nuit, sans jamais se plaindre. Mais malgré ça, y’a un truc chez lui qui continue de me foutre les jetons. Je suis sûre qu’il me cache quelque chose. Même si notre relation n’a pas commencé sur de bonnes bases, j’estime que j’ai le droit de tout savoir sur lui. C’est quand même mon mari, non ? Et puis… je l’aime. Je l’aime à un point que ça me fait peur. Alors forcément, je redoute les mauvaises surprises. On a passé ces trois derniers mois complètement isolés, rien que nous deux. Il a même refusé d’engager une domestique. Comme s’il essayait de se planquer, de fuir quelque chose. Et depuis quelques jours, il agit vraiment bizarrement. Toujours pendu à son téléphone, à parler à voix basse, et dès qu’il me voit approcher, il raccroche vite fait. Et le pire ? Il m’interdit même de sortir marcher sur la plage. Non mais sérieux ? On vit à deux pas de l’océan et je peux même pas aller prendre l’air ? Non, c’est mort. Je vais savoir ce qu’il mijote, quitte à fouiller chaque recoin de cette baraque. Lorenzo ne me cache rien sans que je finisse par le découvrir, ça, c’est sûr. Lorenzo était affalé sur le canapé du salon, torse nu sous un simple jogging noir. Son regard était perdu dans le vide, son téléphone collé à l’oreille, les mâchoires serrées. Lorenzo (murmurant, agacé) – p****n, décroche bon sang. Quelques secondes plus tard, la voix de Fabio retentit à l’autre bout du fil. Fabio (détendu) – Allô mec, comment tu vas ? Lorenzo (voix grave, tendue) – Enfin, Je t’appelle depuis hier, pourquoi c’est maintenant que tu réponds ? T’étais passé où, bon sang ? Fabio (amusé) – Wow, calme-toi boss. J’ai aussi une vie, t’sais ? Bon, balance, tu veux quoi ? Ou t’appelles juste pour me crier dessus ? Comment va ta gamine ? Lorenzo (ton sec, imposant) – La prochaine fois que tu traites ma femme de “gamine”, je t’en colle une, clair ? Pour le moment, ferme-la et écoute-moi attentivement. Fabio (rire nerveux) – Ok ok, monsieur est à cran aujourd’hui. Vas-y, je t’écoute. Lorenzo (froid) – Demain, je rentre chez moi avec Chloé. Je veux que tu m’envoies trois de nos hommes pour nous escorter. Fabio (ironique) – Quoi, le grand Lorenzo a peur maintenant ? Tu sais plus protéger ta femme tout seul ou quoi ? Lorenzo (ton dur, menaçant) – Ferme ta gueule, Fabio. C’est pas le moment de faire le malin. J’veux pas revivre la même merde qu’avant. Si je me suis isolé ces trois derniers mois, c’est pour qu’aucun enfoiré ne touche à Chloé. Mais là, faut qu’on rentre. J’ai un cartel à gérer, des affaires en cours, et j’peux plus rester planqué comme un lâche. Fabio (plus sérieux) – Donc tu sens qu’il y a un danger ? Lorenzo (calme, mais ferme) – J’en sais rien. J’ai pas reçu de menaces, pas d’appels non plus. Mais c’est justement ça qui me fait flipper. Ce mec est du genre à frapper quand tu t’y attends le moins. Alors j’veux que nos gars soient prêts demain matin. Qu’ils assurent nos arrières, au cas où ce fils de chien tenterait un truc. Fabio (résigné) – Ok, c’est noté mec. Je t’envoie les gars demain, première heure. Lorenzo (soufflant, plus calme) – Parfait. Il raccrocha enfin. Un silence lourd envahit la pièce. Ses yeux, sombres et froids, se teintèrent d’une lueur rougeâtre. On aurait dit qu’un feu brûlait à l’intérieur. Ses poings se crispèrent. Lorenzo (murmurant, rage contenue) – Je t’aurai, fils de p**e. Crois-moi, je t’aurai. Il se leva lentement, respirant fort, comme s’il essayait de garder son sang-froid. Chaque pas vers les escaliers résonnait dans le silence de la maison. Arrivé à l’étage, il poussa doucement la porte de la chambre. Chloé était là, allongée sur le lit, le visage enfoui dans les coussins, sa respiration calme. Sa robe de nuit blanche épousait sa silhouette à la perfection, dévoilant juste ce qu’il fallait de ses jambes et de ses courbes. Lorenzo s’approcha doucement. Il s’assit au bord du lit, son regard s’attardant sur elle. Sa main glissa lentement sur sa cuisse, la caressant du bout des doigts, comme s’il avait peur de la réveiller. Lorenzo (murmurant) – T’es tellement belle quand tu dors comme ça… Mais dès que t’es réveillée, on dirait un vrai tourbillon. Pourtant, je t’aime bien, ma petite gamine. Malgré ton côté rebelle, je t’adore, ma puce. Alors qu’il murmurait ces mots entre ses dents, sa voix grave caressant l’air comme une promesse, Chloé remua lentement sous les draps. Elle ouvrit les yeux, encore un peu flous, et se retourna sur le dos. Son regard, à moitié endormi, croisa celui de Lorenzo, qui la fixait intensément. Chloé (murmurant, voix rauque de sommeil) – Tu dors pas ? Tu fais quoi encore réveillé à cette heure ? Lorenzo ne répondit pas. Il retira juste ses chaussures d’un geste lent, puis monta sur le lit sans un mot. Son regard ne la quittait pas une seconde. Il s’allongea délicatement entre ses cuisses, posant sa tête sur la poitrine de Chloé, comme si c’était l’endroit le plus paisible du monde. Surprise, Chloé esquissa un léger sourire. Ses lèvres s’étirèrent doucement, presque malgré elle. Elle passa ses jambes autour de sa taille, puis glissa ses doigts dans ses cheveux noirs et épais. D’un geste lent et tendre, elle commença à les caresser, profitant de ce moment rare où Lorenzo baissait enfin sa garde. Le silence s’installa, juste interrompu par le bruit des vagues dehors et le souffle régulier de Lorenzo. Lorenzo (calme mais ferme) – Chloé… j’ai besoin de te dire quelque chose. Chloé (curieuse) – Quoi ? Tout va bien ? Lorenzo (d’un ton posé) – Ouais, t’inquiète pas, tout va bien. Mais faut que tu saches certaines choses sur moi. Des trucs que t’ignores encore. Chloé fronça légèrement les sourcils, intriguée. Son regard se fit plus attentif, ses doigts s’arrêtant de jouer dans ses cheveux. Chloé (curieuse) – T’as enfin décidé de me dire pourquoi t’es toujours aussi proche de moi… et en même temps aussi distant ? Lorenzo (calme, un peu surpris) – Tu veux dire quoi par là ? Chloé (sarcastique) –On est mariés depuis quatre mois, et j’ai toujours l’impression de rien savoir sur toi. À part que t’es un bad boy insupportable, autoritaire et carrément borné. Un petit rire rauque s’échappa des lèvres de Lorenzo. Il releva la tête, son regard planté dans celui de Chloé. Son visage, à moitié plongé dans l’ombre, laissait apparaître un sourire en coin. Lorenzo (voix grave, un peu joueur) – Moi, insupportable ? Donc tu penses vraiment que je suis insupportable ? Chloé (provocatrice, ton taquin) – Non, je pense pas… c’est juste la vérité absolue. Mais t’inquiète, je vais pas te larguer pour ça. Toi et moi, c’est jusqu’à la mort, t’as oublié ? Lorenzo (sourire en coin, regard malicieux) – Ah ouais ? Et qui t’a dit que j’avais prévu de finir mes jours avec une gamine rebelle comme toi ? Chloé (fière, sûre d’elle) – Même si tu veux pas le dire, je sais que jamais tu pourrais me laisser. T’as beau faire le dur, je sais que tu m’aimes trop pour ça. Lorenzo (amusé, curieux) – Ah ouais ? Et tu tiens ça d’où, toi ? Chloé (voix douce, regard brillant) – De tes yeux. Ils trahissent tout. Ils me voient pas comme les autres. Ils sont francs, eux. Ils me parlent sans que t’aies besoin d’ouvrir la bouche. Et quand je les regarde, je vois à quel point tu tiens à moi. T’as pas besoin de le dire, tes yeux le font à ta place. Le silence tomba brutalement. Un silence lourd, rempli de tension et d’émotion. Lorenzo resta figé, le regard ancré dans celui de Chloé. Il ne trouvait plus les mots. Ses doigts glissèrent lentement le long de sa joue, caressant sa peau avec une douceur inattendue. Puis, sans un mot, il s’approcha un peu plus, jusqu’à sentir son souffle se mêler au sien. Leurs lèvres se frôlèrent d’abord, hésitantes, puis se cherchèrent, s’attrapèrent, se reconnurent. Le b****r fut lent, chaud, et incroyablement tendre. Une passion silencieuse, sans brutalité. Chloé passa ses bras autour de son cou, l’attirant contre elle, son cœur battant à tout rompre. Lorenzo répondit avec une intensité maîtrisée, mêlant sa domination naturelle à une tendresse presque désarmante. Après quelques minutes, il relâcha lentement ses lèvres. Il resta un instant tout près d’elle, son front collé au sien, leurs souffles encore mêlés. Puis il déposa un b****r sur son front, doux, presque apaisant, avant de reposer sa tête sur sa poitrine. Chloé resta immobile, rougissante, un sourire idiot accroché aux lèvres. Son cœur battait si fort qu’elle était sûre qu’il pouvait l’entendre. Elle glissa une main dans ses cheveux, soupira doucement et murmura, à mi-voix, presque pour elle-même : Chloé (avec un petit rire) – Et après il va dire qu’il est pas amoureux… pff, ce mec est un mensonge à lui tout seul. Lorenzo, sans bouger, esquissa un sourire discret contre sa peau, comme s’il avait entendu. Lorenzo (murmurant, un brin moqueur) – Tais-toi, gamine. T’as trop parlé pour ce soir. Chloé leva les yeux au ciel, amusée. Chloé (sarcastique) – Ouais, c’est ça… fais genre t’assumes pas. Mais je t’ai grillé, bad boy. Lorenzo (calme mais ferme) _ Demain, Fabio viendra ici avec quelques hommes pour nous raccompagner à la maison. Chloé (surprise) _ Quoi ?! On rentre déjà ? Lorenzo (calmement) _ Oui, demain on rentre. J’ai des trucs à gérer, et je crois qu’on a assez profité de la mer. Chloé (soupirant) _ D’accord... mais pourquoi c’est Fabio qui vient nous chercher ? On peut pas rentrer seuls ou quoi ? Et c’est qui ces types qui viendront avec lui ? Lorenzo (froidement) _ Pose pas de questions, Chloé. Fais juste ce que je te dirai, sans discuter. Chloé (ironique) _ Hum… ok, mais j’ai l’impression que je vais me retrouver embarquée dans un de tes plans foireux. Je ferai quoi alors ? Lorenzo (imposant) _ J’ai besoin de ton aide. Et je sais que t’es la seule capable de m’aider. Il se redressa lentement, le regard plongé dans celui de Chloé. Son air sérieux la déstabilisa. Il y avait dans ses yeux un mélange étrange de tension, de peur et de contrôle. Lorenzo (d’un ton grave) _ Je veux que tu séduises Fabio… et que tu couches avec lui demain. Chloé resta figée. Ses yeux s’écarquillèrent comme si elle venait d’entendre la pire chose du monde. Son cœur manqua un battement. Chloé (hurlant presque) _ QUOOOOOIIIIIIIIII ?! Elle le regardait, bouche bée, entre la colère, la confusion et l’envie de lui balancer un oreiller en pleine tête. Son esprit tournait à cent à l’heure. Elle se demandait s’il plaisantait, mais son visage fermé et son ton glacial ne laissaient aucun doute. Lorenzo, lui, restait immobile, impassible, ses yeux fixés sur elle comme s’il attendait une réponse à quelque chose d’impossible. Le silence qui suivit fut pesant, presque étouffant. À suivre...
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