CHAPITRE 18: Étreinte avant Danger.

2547 Words
. Debout, les poings serrés, Lorenzo était encore sous le choc de l’appel qu’il venait de recevoir. Son souffle était lourd, sa mâchoire crispée, et ses yeux sombres fixaient le vide avec une rage glaciale. Mille pensées tournaient dans sa tête, toutes plus sombres les unes que les autres. Cet ennemi… ce n’était pas un inconnu. Non, c’était quelqu’un de proche. Un proche qui connaissait ses moindres faits et gestes, qui savait toucher là où ça faisait mal. Lorenzo (murmurant entre ses dents) _ Il me connaît… ce s****d me connaît depuis toujours. Il sait qui est "Elle". Il veut me faire souffrir en s’attaquant à ma gamine… Il veut me l’arracher, comme j’ai arraché "Elle" Mais c’est qui ce fils de p**e qui me bouffe les nerfs ? Hors de contrôle, il balança violemment téléphone contre le sol. L’appareil explosa en morceaux, et le bruit sec résonna dans le couloir comme une détonation. Lorenzo (hurlant, le visage déformé par la rage) _ Aaaaah p****n ! Sale taré, je vais te retrouver et t’fumer ! J’te jure sur ma vie, t’auras pas ma gamine, jamais tu l’auras ! Son corps vibrait de colère, ses veines saillaient sur son cou, et ses poings tremblaient tellement il avait envie de tout casser autour de lui. Au même moment, Chloé, qui depuis la chambre avait entendu le fracas du téléphone, ouvrit brusquement la porte. Elle découvrit Lorenzo en train de faire les cent pas dans le couloir, les mains sur les hanches, le regard enragé. Chloé (surprise, paniquée) _ Qu’est-ce que t’as ? Pourquoi t’as explosé ton téléphone ? Tu vas bien ? Elle s’avança rapidement vers lui et se plaça juste devant pour l’obliger à s’arrêter. Son cœur battait vite, mais ses gestes restèrent doux. Elle leva ses mains et attrapa le visage brûlant de Lorenzo, ses paumes froides posées contre ses joues en feu. Elle le fixa droit dans les yeux, comme si son regard pouvait transpercer cette tempête de rage qui l’habitait. Chloé (d’une voix tendre, presque suppliante) _ S’il te plaît, calme-toi… Regarde-toi, t’es en train de trembler de colère, respire un coup. Dis-moi ce qui se passe. Lorenzo, pris de court par cette douceur, eut un geste brusque mais chargé de besoin. Il passa ses mains derrière les hanches de Chloé, l’attira d’un coup contre lui et la serra dans ses bras musclés. Ses bras puissants se refermèrent autour d’elle comme s’il voulait l’empêcher de s’échapper, comme s’il cherchait à l’ancrer en lui pour pas exploser. Chloé, surprise mais pas effrayée, se laissa faire. Instinctivement, elle entoura son cou de ses bras, enfouit son visage contre son torse, et laissa ses doigts glisser dans ses cheveux à la nuque. Elle caressait doucement, comme pour lui dire silencieusement qu’il n’était pas seul dans cette rage qui le consumait. Chloé (murmurant doucement) _ Ça va ? Tu te sens mieux, là ? Lorenzo baissa la tête vers elle, son souffle chaud heurtant ses cheveux. Sa voix, toujours rauque, avait perdu un peu de sa violence, remplacée par un mélange étrange de fatigue et de sincérité. Lorenzo (voix basse, encore tendue mais plus calme) _ Ouais… on dirait bien que je commence à m’habituer à tes petits bras. Faut croire que ça marche… t’arrives à calmer mes nerfs. Chloé émit un sourire malicieux, ses joues s’empourprèrent en même temps et son cœur accéléra dans sa poitrine. Chloé (curieuse, avec une pointe d’humour) _ Alors, c’était qui au téléphone ? Un emmerdeur qui t’a encore chauffé les nerfs ? Lorenzo ne répondit pas. Il resta silencieux, serrant Chloé fort contre lui comme si c’était déjà la seule réponse qu’il voulait lui donner. Ses bras étaient durs, fermes, mais au fond il y avait dans sa façon de la retenir une douceur qu’il ne voulait pas avouer. Chloé (calmement, avec ironie) _ Tu veux pas m’en parler ? T’as raison, après tout je suis rien pour toi. On est juste mariés sur papier et… Lorenzo (la coupant sèchement, les yeux noirs d’agacement) _ Tu peux arrêter de dire des conneries ? Tu veux vraiment me chauffer, c’est ça ? Elle se tut. Plus un mot. Elle se contenta de rester blottie contre lui, ses mains accrochées à son cou, leurs souffles se mélangeant dans ce couloir glacé et silencieux, comme si plus rien n’existait autour d’eux. Chloé (voix intérieure) Il est tellement grincheux. Moi je veux juste qu’il dise ce qu’il ressent. Au moins un mot, un truc. Qu’il admette que je l’intéresse. Mais non, monsieur joue au mur de glace. Lorenzo (voix intérieure) Je dois avouer que c’est agréable d’avoir quelqu’un dans ses bras quand t’as la rage qui bouillonne en toi. Cette gamine… elle commence à me retourner le cerveau. Elle est plus qu’un mariage sur papier, ouais… elle devient dangereuse. Elle risque de me rendre accro si je la laisse trop m’approcher. Et en vrai, j’ai pas envie de fuir. Pour une fois, je veux juste arrêter de jouer au bad boy indestructible, juste rester là, écrasé dans ses petits bras qui paraissent rien face aux miens. Sentir ce parfum de meuf collé à ma peau… respirer son odeur pour calmer mes nerfs. Elle veut me faire tomber, je le sens. Et le pire, c’est que je sais pas si je dois lutter… ou juste plonger. Chloé (voix intérieure) Quand je l’ai vu tout à l'heure, il était en feu. Ses yeux rouges, ses poings serrés, tout son corps tremblait de rage. Cet appel l’a retourné, ça se voit. Mais qui ça pouvait être ? Je ne sais pas mais, même dans ses bras, je ressens un frisson glacé. Une peur sourde qui me tord le ventre. Quelque chose cloche, et ça ne présage rien de bon, j'ai tellement peur. Le silence finit par être brisé par Lorenzo. Sa voix, grave mais maîtrisée, résonna de nouveau. Lorenzo (calme mais ferme) _ Je vais sortir. Et toi, tu ne bouges pas d’ici. Tu restes dans ma chambre jusqu’à ce que je revienne. Je te promets que je serai pas long. En entendant ça, le cœur de Chloé se serra violemment. Elle ouvrit la bouche, prête à protester, mais il reprit aussitôt : Lorenzo (plus ferme, regard sombre) _ Ne sors pas de ma chambre. Dans mon bureau, t’as de quoi bouffer. Mais ne pose même pas un pied dans le salon. Un frisson parcourut l’échine de Chloé. Elle sentit la peur grimper en elle, incontrôlable. Chloé (voix basse mais insistante) _ Mais pourquoi tout ça ? Tu pars où ? Et pourquoi je peux même pas descendre au salon ? Lorenzo (voix grave, tranchante) _ Ne cherche pas d’explications, parce que j’en ai pas à te donner. Tu m’obéis, c’est tout. Chloé (murmurant, piquante) _ Je suis pas ta domestique, ok ? Je suis ta femme. En entendant ça, Lorenzo sentit la colère lui remonter au visage. Ses mâchoires se crispèrent, ses yeux se durcirent, mais il se contenta de serrer les dents. Puis, il se détacha d’elle, posa ses mains puissantes sur ses épaules et planta son regard brûlant dans le sien. Lorenzo (voix imposante, autoritaire) _ Si tu veux pas que je t’enferme, fais exactement ce que je dis. Entre dans ma chambre, ne sors pas jusqu’à ce que je revienne, et tout se passera bien. Je serai pas en colère et tu seras pas punie. Chloé (ferme, insolente mais sérieuse) _ Bah moi, je m’en fous de tes punitions. Je veux pas que tu sortes, et si tu le fais, compte pas sur moi pour rester coincée dans ta chambre. Non mec, c’est mort. Lorenzo (voix grave, agacé) _ Tu peux arrêter de m’appeler “mec” ? Chloé (défiant, sourire provocateur) _ J’arrêterai le jour où toi aussi tu vas arrêter de m’appeler gamine. Je te signale que j’aurai mes dix-huit ans dans deux semaines, monsieur le bad boy. Lorenzo fronça les sourcils et recula brusquement d’un pas, comme si cette nouvelle venait de lui coller une gifle en pleine figure. Son regard s’assombrit, et pour la première fois, Chloé crut voir une lueur de panique dans ses yeux. Chloé (surprise, les bras croisés) _ Quoii ? Pourquoi tu tires cette tête ? Je te parle de mon anniversaire, pas de mon enterrement. C’est quoi cette mine affreuse que tu fais ? Lorenzo resta figé, ses mâchoires crispées. Lorenzo (voix intérieure) Putain… Les jours approchent. Chloé aura bientôt ses dix-huit piges… et merde. Je dois agir. Cette folle ne peut pas la récupérer, jamais. Chloé le dévisagea, perplexe, ses sourcils arqués. Chloé (surprise, un peu inquiète) _ Mais t’as quoi là ? Pourquoi tu me fixes comme si j’étais un fantôme ? Lorenzo (fermement, ton sec) _ Fais ce que je t’ai dit. Ne sors pas de la maison avant que je revienne. Sans lui laisser le temps de répliquer, Lorenzo fit volte-face d’un geste brusque et s’éloigna à grandes enjambées. Ses pas lourds résonnaient dans le couloir, laissant Chloé plantée là, figée comme une statue. Son cœur battait à tout rompre, une peur glaciale s’installait dans son ventre, comme si quelque chose de grave était sur le point de tomber. Chloé (voix intérieure) Putain, c’est quoi ce délire ? Pourquoi il se comporte comme ça ? Et cette peur… j’arrive pas à la contrôler. Seigneur, je vous en supplie, protégez ce connard qui me sert de mari. Quelques minutes passèrent. Toujours debout, les yeux fixés sur le couloir vide, Chloé attendit, comme si Lorenzo allait revenir. Mais il ne revint pas. Finalement, elle soupira, leva les yeux au ciel et se détourna. Elle ouvrit la porte de la chambre de Lorenzo et entra en claquant la porte derrière elle, comme pour défier toute la maison de venir l’arrêter. Pendant ce temps, dans un bureau plongé dans une obscurité pesante, une pièce qui semblait abandonnée depuis des années, une silhouette se dessinait derrière un bureau massif. Seule la chemise blanche du jeune homme contrastait avec les ténèbres. Affalé dans un large fauteuil, son visage était dissimulé sous une cagoule noire. Ses yeux sombres, brûlants de haine, fixaient un pistolet posé juste devant lui. Ses doigts crispés se resserraient sur l’accoudoir tandis qu’il faisait lentement tourner son siège. Homme (voix intérieure) Il me l’a prise. Elle était tout ce qui me restait: Ma famille, mon sang, ma lumière. Et lui, Lorenzo De Santis… le Jaguar… il me l’a arrachée. Il aurait pu prendre sa mère, son père, n’importe lequel de ses vieux. Mais elle ? Elle avait encore toute une vie devant elle. Pourquoi il a fallu que ce soit elle qu’il sacrifie, juste pour protéger les siens ? Pourquoi ? Trois ans, trois putains d’années que je crève d’impatience de lui rendre la monnaie de sa pièce. Trois ans que je le suis, que je l’observe, que je joue au fantôme. Trois ans à ronger ma haine en silence pour mieux frapper au bon moment. Et maintenant, le moment est venu. Le Jaguar a enfin un point faible. Il le sait même pas encore, mais il est déjà piégé. Cette gamine… elle est entrée dans sa vie et il s’en rend même pas compte : il est en train de s’attacher. Et moi, je vais la lui arracher, brutalement. Comme on arrache une sucrerie à une gamine qui commence à peine à la goûter. Avant même qu’il ait le temps de tomber amoureux d’elle, je la mettrai sous terre. Et lui, je le verrai à genoux, brisé, exactement comme il m’a laissé à terre quand il m’a arraché “Elle”. Des minutes à cogiter, à fixer le vide avec rage, l’homme finit par se redresser dans son fauteuil. D’un geste sec, il tira le siège vers le bureau et alluma son ordinateur. L’écran s’illumina, et aussitôt le salon de Lorenzo apparut. Grâce aux caméras cachées, il pouvait voir chaque détail, chaque mouvement. Mais le salon était vide, personne. Le silence absolu, comme si la maison avait été désertée. D’un coup de nerfs, il claqua l’ordinateur et, au même moment, son téléphone se mit à vibrer. Il l’attrapa sans hésiter et décrocha. Voix (sèche) _ T’es où, là ? Le boss t’attend. Tu sais très bien qu’il déteste le retard. Homme (amusé, ton provocateur) _ Calme-toi, petit, j’arrive bientôt. Il raccrocha aussitôt, attrapa le pistolet posé sur la table et se leva. Sa démarche imposante résonna dans la pièce obscure tandis qu’il quittait le bureau, son ombre avalée par les ténèbres. Éclipse de quelques heures. La nuit était tombée depuis longtemps, lourde et pesante. Dans la chambre, Chloé était assise sur le bord du lit, sa robe de nuit glissant légèrement sur ses cuisses, ses cheveux lâchés tombant en cascade sur ses épaules. Ses yeux ne quittaient pas la porte. L’attente devenait insupportable. Sur son visage se lisaient l’angoisse et la peur. Son cœur battait si fort qu’elle avait l’impression qu’il allait exploser dans sa poitrine. Depuis le départ de Lorenzo, il n’était toujours pas rentré. Chloé (voix intérieure) J’arrive pas à fermer l’œil. Ça fait des heures qu’il est parti et… j’ai la trouille, mais une vraie trouille. J’ai ce truc qui me ronge, comme si quelque chose de grave était en train d’arriver. Il est où, bordel ? On est déjà en plein milieu de la nuit, et dans quelques heures le soleil va se lever. Pourquoi il est toujours pas rentré ? Ses pieds tapotaient nerveusement le sol, ses mains crispées serraient les draps comme si ça pouvait calmer ses nerfs. Mais rien n’y faisait. Chloé (murmurant, la gorge serrée) _ Et si… et s’il était dans les bras d’une de ses conquêtes ? p****n, je sais même plus quoi penser. Peut-être que c’est ça. Peut-être qu’il se tape une autre pendant que moi, je reste là comme une idiote, à l’attendre comme une bonne petite femme docile… Elle marqua une pause, le silence de la chambre lui donnant presque l’impression qu’il se moquait d’elle. Chloé (murmurant, amère) _ En vrai, je m’en fous de lui. Je sais même pas pourquoi je reste éveillée. Sûrement qu’il est en bas, dans le salon, en train de b****r avec une de ses putes. Voilà pourquoi il m’a interdit de sortir. Ouais… ça doit être ça. Agacée, elle se leva du lit, prête à aller se coucher dans sa propre chambre. Mais à peine avait-elle fit un pas au sol que la porte s’ouvrit brusquement. La scène la figea. Chloé (hurlant, la main sur sa bouche) _ OH MON DIEU ! Lorenzo se tenait là, appuyé contre l’encadrement de la porte, prêt à s’écrouler. Il forçait ses jambes à le maintenir debout, mais son corps tremblait. Du sang coulait à flot de son épaule droite, glissant le long de son bras pour tâcher ses vêtements. Sa main gauche pressait la blessure, mais l’hémorragie était trop forte. Ses vêtements sombres étaient imbibés de rouge, collant à sa peau. Ses yeux, troubles et voilés par la douleur, fixaient Chloé comme s’il voulait lui parler sans avoir la force d’ouvrir la bouche. Chaque respiration était lourde, saccadée. Chloé sentit ses jambes se dérober sous elle. Son cœur tambourinait, sa gorge se serra, ses yeux s’écarquillèrent d’horreur. Chloé (voix tremblante, incapable de contrôler sa panique) _ Tu… tu… mais… qui… qui t’a fait ça ??? À suivre…
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