CHAPITRE 19: Le jaguar blessé.

1973 Words
Chloé se précipita vers Lorenzo, son cœur battant la chamade, et le vit s’effondrer lourdement dans ses bras. La panique la submergea. Ses mains tremblaient tandis qu’elle enroulait son bras autour de son dos, le collant contre elle pour absorber un peu de son poids et de sa douleur. Lentement, elle l’aida à avancer jusqu’au lit, chaque pas semblant durer une éternité. Une fois devant le lit, Lorenzo s’effondra dessus, la main gauche toujours crispée sur son épaule droite, là où la balle avait perforé sa peau. Le souffle coupé, ses muscles contractés, il semblait figé dans une lutte silencieuse contre la douleur. Chloé, sans un mot, disparut dans la salle de bain. Quelques secondes plus tard, elle revint, une serviette serrée dans ses mains, le visage livide, les yeux remplis de larmes. Elle monta sur le lit et s’agenouilla près de lui. Avec douceur mais détermination, elle retira sa main de la blessure et plaqua la serviette dessus, appuyant de toutes ses forces pour arrêter le sang qui coulait encore. Son regard embué de larmes ne quittait pas celui de Lorenzo, cherchant à y puiser une réponse. Lui, les yeux flous, peinait à ne pas sombrer dans l’inconscience, serrant les dents pour contenir la douleur. Chloé (pleurant) _ Qui t’a fait ça ? Je t’avais pourtant dit de rester à la maison ! Comment t’as pu te faire tirer dessus ? Il faut qu’on aille à l’hôpital maintenant. Lorenzo, haletant, serrait le drap de chaque côté du lit comme s’il voulait le déchirer, chaque geste trahissant la douleur intense qui le traversait. Son visage ruisselait de sueur, ses yeux rouges et fatigués, les veines de son front apparentes, révélant l’ampleur de sa souffrance. Chloé (pleurant, paniquée) _ Mais réponds-moi ! Pourquoi tu me regardes comme ça avec ces yeux rouges ? Comment je suis censée t’emmener à l’hôpital ? Pourquoi t’es rentré dans cet état de fou ? Lorenzo (murmurant, la voix tremblante) _ Je… je… n’irai pas à l’hôpital. Sors d’ici… le docteur sera là dans quelques minutes. Chloé (yeux écarquillés, choquée) _ Quoiiiii ?! T’as appelé un docteur pour qu’il vienne ici ? Mais… t’es sérieux là ?! Au même moment, la porte s’ouvrit brusquement, laissant apparaître le docteur qui s’était déjà occupé de Chloé avant. À sa vue, Chloé fronça les sourcils, surprise, mais continua d’appuyer sur la plaie pour arrêter le sang qui coulait encore. Docteur (ferme) _ Madame, je vous prie de sortir d’ici, je dois m’occuper du "Jaguar". Chloé (étonnée) _ Jaguar ? Hein… c’est qui le… Lorenzo (voix imposante, douloureuse) _ Sors d’ici et arrête de poser des questions. Chloé (surprise, la voix tremblante) _ Mais… attends ! Tu peux pas rester là comme ça. Comment ce docteur va te soigner s’il y a aucun appareil ? T’es sérieux ou quoi ? Lorenzo (cri de douleur, autoritaire) _ DÉHORSSS ! Chloé sursauta, les larmes lui montant aux yeux, et retira immédiatement ses mains de la plaie. Sans un mot de plus, elle quitta le lit. Le docteur s’avança vers Lorenzo tandis qu’elle ouvrait la porte, sortant de la chambre et la refermant derrière elle. Elle s’adossa contre la porte, les mains plaquées contre sa poitrine, le souffle court, pleurant silencieusement. Son regard était fixé dans le vide, mais son esprit tournait à toute vitesse. Chloé (voix intérieure) Mon cœur bat comme un tambour, sérieux… Comment il a pu se prendre une balle à l’épaule ?! Le sang… c’est déjà trop, mais le pire, c’est qu’il est rentré à la maison au lieu d’aller à l’hôpital. Qui est vraiment Lorenzo De Santis ? Qui est cet homme que j’ai épousé ? Faut que je sache… je dois savoir qui il est vraiment. Il me cache un truc, j’en suis sûre. Toujours appuyée contre la porte, le cœur battant, Chloé observait le vide, le souffle bloqué. À l’intérieur, le docteur s’affairait à retirer la balle de l’épaule de Lorenzo. Les dents serrées, poings crispés, Lorenzo luttait contre la douleur, refusant de fermer les yeux. Chaque respiration était une lutte silencieuse. Le docteur, assis sur le bord du lit, les mains tremblantes, tentait d’enlever la balle avec ce qu’il avait sous la main, le visage perlé de sueur, déterminé malgré l’absence d’équipement médical complet. Docteur (voix tremblante) _ Jaguar… la balle est plus profonde que je pensais. Vous allez beaucoup souffrir si je dois l’enlever maintenant, et la plaie risque de s’élargir un peu. Lorenzo (voix imposante, autoritaire) _ Arrête de parler et enlève-moi cette f****e balle ! J’ai pas l’intention de finir dans un hôpital. Le docteur ne dit plus un mot, se contentant de faire son travail. Il savait que Lorenzo n’accepterait jamais d’aller à l’hôpital pour se faire opérer, et qu’il risquait gros. Le danger rôdait toujours autour de lui, et ses ennemis n’attendaient qu’une seule faille. Éclipse d'une heures. Une heure venaient de s’écouler. Le jour s’était levé, timide, mais déjà visible à travers les fenêtres. Chloé, adossée au mur, les yeux grands ouverts, fixait la porte de la chambre, espérant que le docteur sorte avec de bonnes nouvelles. Elle était toujours là quand la porte s’ouvrit enfin, laissant apparaître le docteur, l’air épuisé, sa mallette à la main. Chloé s’avança vers lui, le visage marqué par l’inquiétude, le cœur serré. Chloé (voix tremblante) _ Docteur… alors ? Mon mari va bien ? Vous avez pu retirer la balle ? Docteur (rassurant) _ Oui, ne vous inquiétez pas. La balle est sortie, et la plaie est bien soignée, elle ne posera pas de problème. Mais dites à Monsieur qu’il devra se reposer sérieusement s’il veut que la douleur passe vite. Chloé (inquiète) _ Et… il n’y a pas des médicaments à lui donner pour calmer la douleur ? Docteur (calme) _ Non, il refuse tout médicament contre la douleur. Il me l’a expressément interdit. Chloé fronça les sourcils, étonnée. Chloé (voix intérieure) Sérieux… ce gars est complètement taré. Se faire opérer à la maison, refuser les médocs… c'est impressionnant ou carrément suicidaire ? Docteur (calmement) _ Je vais vous laisser. Vous pouvez aller le voir maintenant. Chloé hocha la tête, le docteur quitta le couloir. Elle ouvrit doucement la porte et entra dans la chambre. Ses yeux tombèrent sur Lorenzo, allongé, torse nu, seulement en pantalon. Il dormait enfin, le visage tiré par la douleur, les mains posées lourdement sur le lit. Son épaule était bandée, soigneusement. Chloé s’approcha doucement, s’assit sur le bord du lit, et posa sa main sur son visage. Elle caressa doucement ses cheveux, écartant les mèches collées à son front en sueur, plongeant son regard dans le sien avec une douceur infinie. Chloé (murmurant) _ Monsieur le grincheux… va falloir qu’on discute toi et moi. J’te cache pas que j’ai flippé grave quand t’es rentré dans cet état, avec tout ce sang… sérieux, j’ai cru que j’allais m’évanouir. J’espère que tu me raconteras comment t’as réussi à te mettre dans un tel pétrin quand tu te réveilleras. Elle resta là, immobile, les yeux fixés sur lui, le cœur un peu apaisé, caressant doucement ses cheveux. Soudain, la porte s’ouvrit brusquement, et Marco et Fabio entrèrent. Chloé sursauta, se leva d’un bond et se retourna, tombant presque sur eux. Les deux hommes, eux aussi, le cœur battant, prenaient la scène avec sérieux. Marco (inquiet) _ Salut Chloé, comment va Lorenzo ? Fabio (voix tremblante) _ Le docteur est déjà passé ? Chloé (calmement, un peu piquante) _ Oui, le docteur est passé il y a quelques minutes. Il l’a déjà soigné. Il va plutôt bien maintenant… même s’il dort encore. Marco et Fabio poussèrent un soupir de soulagement et s’approchèrent du lit, les yeux rivés sur leur ami. Marco (voix basse, inquiète) _ Mec… comment Lorenzo a pu se prendre cette balle ? La livraison s’était super bien passée. On avait tous quitté la baraque sans problème. Tu crois qu’ils l’ont braqué sur la route ? Fabio (voix basse, tendue) _ Aucune idée… mais faut qu’on découvre qui lui a fait ça. Tu sais comment il est, quand il se réveillera, il va demander direct le nom du commanditaire. Faut qu’on trouve ce type, et vite. Les deux amis murmurèrent entre eux tandis que Chloé restait là, bras croisés, les observant, comme si elle voulait leur poser mille questions mais se retenait. Ses yeux se posèrent soudain sur quelque chose qui la fit froncer. Elle écarquilla les yeux, le regard fixé sur l’un d’eux, comme pour comprendre quelque chose d’inattendu. Chloé (voix intérieure) Mais… pourquoi sa lèvre est blessée comme ça ? Il s’est battu ou quoi ? ou... Marco (fixant Chloé, sérieux) _ Chloé, on va s’en aller maintenant. La voix de Marco la ramena à la réalité. Chloé (calme) _ Ok, je lui dirai que vous êtes passés. Mais avant que vous partiez, vous avez une idée de comment tout ça a pu arriver ? Fabio (rassurant, mais ferme) _ Mieux vaut pas que tu cherches à comprendre. Lorenzo n’aimerait pas qu’on te raconte ce qui le concerne. Chloé (calme, mais sérieuse) _ Excuse-moi, mais je suis sa femme. J’ai le droit de savoir… comment mon mari a fini avec une balle dans l’épaule, sérieusement. Marco (souriant légèrement, rassurant) _ T’inquiète, tu sauras tout. Il te le dira lui-même quand il sera prêt, si jamais il juge que t’es prête à entendre. Chloé (curieuse) _ Et pourquoi il est rentré à la maison au lieu d’aller à l’hôpital ? Ça me paraît un peu suspect quand même. Marco (sourire au coin, calme) _ Lorenzo ne peut pas se faire soigner à l’hôpital, c’est trop risqué pour lui. Chloé fronça les sourcils, la curiosité la piquant encore plus. Chloé (curieuse, insistante) _ Et pourquoi ça serait dangereux pour lui ? Il est pas humain comme nous ou quoi ? Pourquoi se faire soigner à l’hôpital serait un problème pour lui ? Fabio (calme, posé) _ Sérieusement… c’est mieux que tu ne sois pas trop curieuse. Marco (rassurant, sourire tranquille) _ T’inquiète, il va aller mieux. Nous, on doit y aller maintenant on a des trucs urgents à gérer. Sans plus attendre, Marco et Fabio se retournèrent et quittèrent la pièce. Chloé resta là, figée, les bras ballants, le regard suivi de près par la porte qui venait de se refermer derrière eux. Des questions se bousculaient dans sa tête, mille et une interrogations sans réponses. Chloé (murmurant, déterminée) _ Je sens que quelque chose cloche. Ses deux amis veulent rien me dire, mais lui… lui, il va falloir qu’il me donne des réponses à mes questions. Je peux pas vivre avec un homme qui cache une autre vie sous son apparence. Après quelques minutes à fixer Lorenzo qui dormait toujours, son torse se soulevant doucement au rythme de sa respiration, Chloé se détourna et se dirigea vers la salle de bain pour prendre une douche. Son esprit restait embrouillé, plein de questions et de suppositions. Quelques minutes après. Assis derrière son volant, le même homme cagoulé qu’hier serrait ses mains sur le volant. La voiture avançait lentement, mais son aura était glaciale, comme s’il savourait chaque instant. Son visage restait entièrement caché sous une cagoule noire. Il semblait étrangement détendu, comme quelqu’un qui venait de marquer un but parfaitement calculé. Homme (voix intérieure, glaciale) Ah, mon cher Lorenzo… ce n’est que le début. Mais t’inquiète pas, je ne vais pas te tuer tout de suite. Tu dois rester en vie, voir ta petite gamine… six pieds sous terre. Repose-toi bien pendant ces quelques jours de convalescence, mais n’oublie jamais mon avertissement : la prochaine cible, ça sera elle… ta chère femme. Homme (riant aux éclats, fou) _ Hahahahahahahahaha ! Son rire éclata dans la voiture comme un écho menaçant, un rire fou, glacé, qui résonnait contre les parois métalliques et semblait annoncer le chaos à venir. Flashback. À suivre...
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