CHAPITRE 10
J’ouvre la porte de mon appartement alors qu’en même temps j’essaie de coincer mon peignoir de l’autre main, quand la porte fut ouverte je suis surprise de voir Khalil.
Moi : Khalil !
Khalil : Samina !
Moi : qu’est-ce tu fais là ?
Khalil : tu as toujours été intelligente Samina, je suis venu te parler.
Moi : pour faire quoi ?
Khalil : nous sommes de nouveau mariés, nous devons vivre sous le même toit.
Moi : oh !
Khalil : ne t’en fais pas pour le déménagement, ils viendront demain emballer tout ça.
Euh ! J’ai mal calculé les choses ou bien ?
Moi : je ne peux pas partir avec toi maintenant, j’ai besoin de me préparer, j’ai mes affaires personnelles éparpillées un peu partout dans l’appartement.
Khalil : je comprends.
Il disait tout ça en venant prendre ses aises sur mon fauteuil douillet.
Moi : euh.
Khalil : d’accord, dis-moi par quoi commencer, je vais t’aider.
*********
Je suis de nouveau dans la maison de Khalil en tant que son épouse. Cet après-midi nous nous sommes dits oui devant la mairie avec nos témoins. Je soupire d’aise en posant mon sac dans une chambre d’amis.
Je descends retrouver Khalil en bas pour lui parler de la position prise, parce que même si nous sommes de nouveau réunis j’ai besoin de temps pour m’y habituer.
Je le retrouve assis dans le salon en train de suivre un match de basket.
Moi : je peux te parler ?
Il me fait signe de m'asseoir dans le fauteuil en face de lui.
Moi : j’ai besoin de temps Khalil donc je pensais à ce que nous fassions chambre à part durant quelques temps avant de nous retrouver.
Khalil : je pensais à te proposer la même chose.
Moi : mais je ne veux pas que notre fille le sache.
Khalil : ne t’inquiète pas.
Enfin nous sommes d’accord sur quelque chose, certes je me demande pourquoi il a accepté aussi facilement mais comme ça me va, je n’en discute pas. Tout ce que je fais, c’est réfléchir.
LE LENDEMAIN
********KHALIL*********
Moi : m***e, merde
Furieux, je jette par terre le numéro du journal de basket que j’étais en train de lire. Maodo me regarde passer mes nerfs sans rien dire.
Moi : je sais que je ne vais pas supporter
Maodo : je suis à court de mot.
Moi : à chaque fois que je la regarde, je ne peux oublier qu’elle m’a trompé avec un autre homme.
Maodo : je peux comprendre.
Moi : si ce n’était pas pour notre fille, jamais elle ne serait revenue dans ma vie.
Maodo : je sais.
Moi : elle me dégoûte, je ne sais pas comment elle peut continuer à afficher cet air de sainte nitouche. Alors qu’elle est une femme de petite vertu.
Maodo : essaie de te calmer.
Moi : je croyais que vivre sous le même toit qu’elle serait facile. Mais je ne peux m’empêcher de penser au passé. Si seulement…
La seule et unique raison pour laquelle je ne veux faire à Samina est simple. Elle m’a trompé de la pire des manières avec un autre homme. Et quand je lui ai posé la question devant les yeux, madame n’a rien nié juste me rétorquer qu’elle n’allait pas arrêter de vivre pour moi.
N’en pouvant plus, j’éteins mon ordinateur pour rentrer chez moi. Je sens que je vais péter les plombs si je reste ici.
******
J’arrive chez moi sans trouver Samina, j’essaie de la joindre mais ça sonne occupé.
Je demande à ma fille si elle sait où est sa mère, elle me répond qu’elle était sortie depuis sa descente.
Bientôt vingt heures et elle n’est toujours pas là. Son téléphone encore ne passe pas. J’attrape mes clés dans l’intention de sortir, mais je vois la porte sur madame qui est dans un état pas possible. On dirait qu’elle vient de se faire prendre.
*********SAMINA********
Khalil (se précipitant sur moi) : tu étais où ?
Moi : hein ?
Je suis tellement fatiguée que j’entends à peine ce qu’il est en train de me dire.
Il vient me secouer, me prenant ainsi par surprise. J’ai presque le tournis quand il me lâche
Moi (fronçant les sourcils) : c’est quoi ton problème Khalil ?
Khalil : réponds à ma question.
Moi : j’étais chez ma mère.
Il rit d’un rire grave avant de me regarder avec mépris.
Khalil : pourquoi tu es une aussi bonne menteuse ?
Moi : qu’est-ce qui t’arrive Khalil ?
Khalil : ARRÊTE DE TE FOUTRE DE MA GUEULE ET DIS MOI OÙ TU ÉTAIS p****n !
Moi (le mettant en garde) : ne me crie pas dessus.
Khalil : tu ne changeras jamais, on dit bien que l’eau ne change pas sa trajectoire.
Moi : tu es fou ?
Khalil : espèce de petite pu…
C’est l’arrivée de notre fille qui l’interrompt de finir sa phrase.
Manila : il se passe quoi ici ?
Au lieu de lui répondre son père me contourne pour sortir de la maison en claquant la porte. Je secoue la tête, puis voit ma fille qui m’interroge du regard.
Moi : ne t’en fais pas, ce n’est rien.
Manila : ok.
Je savais que ça ne pouvait pas bien marcher, mais au fond de moi c’est le contraire que je ressens. Bien on saura bientôt ce que cachent les cartes.