Chapitre 8 : Le triste anniversaire
Même si l’ambiance n’est plus la même depuis ma disparition, aujourd’hui c’est pire que tout. Michelle arrive au bureau et aperçoit une équipe à la limite de l'anéantissement.
- Ben qu’est-ce qui se passe Baptiste ? (demande-t-elle surprise)
- Vous ne pouvez pas comprendre. (lui répond-il avec les larmes aux yeux)
Baptiste sort précipitamment.
- Quelqu'un peu m'expliquer ? (insiste Michelle)
- Oh ! Pardonnez le ! C’est l’anniversaire de Joséphine aujourd’hui ! (répond Céline)
- Ah ! Je vois ! (répond-elle d'un air confus)
- Quand je pense qu’il y a quelque temps, on déconnait sur le canular qu’on lui ferait pour ses 36 ans ! (s'exprime Céline)
- Elle aurait dû avoir 36 ans aujourd’hui ? (demande Michelle)
- Oui ! (affirme Daniel)
- Triste jour en effet ! (ajoute Michelle)
Sur le coup, Daniel ne peut s'empêcher de dire ce qu'il a sur le cœur.
- Ce qui nous soulagerait, c’est de pouvoir faire notre deuil et tant que son corps n’aura pas été retrouvé ça ne sera pas possible !
- Parce que tu crois qu’elle est morte ? (lui demande Céline)
- Céline ! Au bout d’un moment, il faut se résigner. Qui garderait une personne comme ça aussi longtemps sans demander rien en échange ?
- Je ne sais pas moi ! Un psychopathe !
- Possible, mais les espoirs sont faibles et Guillaume et Baptiste sont d’accord avec moi.
- Vous abandonnez alors ? (s'offusque Céline)
- Non, ce n’est pas ce qu’on a dit, mais disons que nous n’avons plus beaucoup d’espoir de la retrouver en vie. (répond Daniel)
- Tu sais ce que le commissaire en pense ? (demande Céline)
- Non et tu le connais ! Il ne dira rien, même s'il pense comme nous.
- Vous savez quoi, je pense que vous devriez fêter son anniversaire. Même si elle n’est pas là, buvez un coup en son honneur. Elle ne pourra qu’apprécier. (conseille Michelle)
- Je crois que vous avez raison. (acquiesçe Daniel)
Dans la maison de campagne où je suis retenue prisonnière, Matt entre dans la pièce et me voit couchée sur le matelas avec les jambes recroquevillées. Il aperçoit du sang sur le matelas.
- Qu’est-ce que tu as fait ?
- Rien !
- C’est quoi ce sang ?
Je le regarde, sidérée.
- Toi qui a v***é tant de femme, tu ne connais toujours pas le fonctionnement du corps féminin ? (agressivement)
- Tu ne pouvais pas me le dire plus tôt ? (Me dit-il en s’énervant)
- Je préfère baigner dans mon sang que te demander quoi que ce soit !
- Puis dit moi ! À ton âge ma vieille ! Tu n’es pas encore ménopausée ? Ça ne devrait plus te concerner ce genre de soucis !!
- Va te faire foutre !
Matt s'énerve, il m'agrippe par les cheveux et me gifle.
- Ça faisait longtemps tiens ! (dis-je)
- Depuis hier seulement, mais tu commences à apprécier on dirait !
Je ne réponds pas et soupire.
- Tu as de la chance que je suis de bonne humeur. Je vais allez te chercher ce qu’il te faut et tu iras te laver.
- Faut que je te remercie je suppose !
- Même pas tu vois ! Un merci te ta part me ferait vomir ! (me répond-il sur un ton provocateur)
Matt me regarde fixement et réfléchit un instant.
- Ça fait à peu près trois mois que tu es là, comment tu as fait sans avoir besoin de ce genre de chose jusqu’à maintenant ?
- Je me suis débrouillé !
- Ah ! Je vois ! Je te fiche tellement la frousse que ça t’a bloqué ton cycle. J’adore ça ! J'adore !
Il la regarde avec un sourire sournois et malsain.
- Allez je vais faire des courses et ne tente pas de t’échapper, c’est perdu d’avance. En attendant bouffe un peu, tu es maigre comme un clou, ça fait peur à voir ! Tu étais tellement jolie ! Maintenant tu es pire qu’un légume ! (me dit-il d'un air provocateur)
Matt me donne le plateau repas et s’en va. Je regarde le plateau, complètement écœurée.
Deux heures plus tard, Matt est de retour.
- Tu n'as pas mangé ton yaourt ?
- Il est périmé de six semaines !
- Et alors !
- J’en veux pas !
- Tant pi pour toi. Tiens voilà pour toi et économise-les, ça coûte cher ces trucs !
Matt me jette une boîte de tampon en pleine figure. J'ai juste le temps de rattraper la boîte grâce à mes bons reflex.
Matt se rapproche de moi m'attache les poignets et me retire les chaînes.
- Maintenant, tu vas aller te laver. Tu me donnes envie de gerber. Je t’ai ramené des vieilles fringues appartenant à ma défunte mère.
Je ne préfère pas répondre à ses provocations, mais je lui offre un regard très noir. Il m'accompagne à la salle de bain, ferme la porte à clé et me retire la corde que j'ai autour des poignets. Il s'assoit sur une petite chaise et me regarde.
- Qu'est-ce-que tu attends pour te laver ?
- Je ne peux pas rester seule ?
- Pour que tu me fasses un sale coup ! Tu rêves.
- Alors ce n'est pas la peine, je ne me lave pas.
- Tu te laves ou je te latte à coups de ceinture. Allez dépêche-toi ! À poil Holliston ! (me dit il en souriant bêtement)
Je suis contrainte de me laver sous les yeux malsains de Matt. J'ai une horrible envie de hurler et de pleurer, mais ne veut pas craquer face à la perversité de cet horrible individu.
Matt voit le sang séché entre mes cuisses et grimace.
- C’est dégueulasse !
- Tu n’es pas obligé de regarder. C'est toi qui est dégueulasse !
- J’ai toujours trouvé cette vue très belle ! Tu as un très beau corps Joséphine ! Dommage que tu sois qu’une sale pourriture de flic.
Je ne réponds pas aux provocations de Matt et continue de me laver en essayant d'oublier les yeux de cet homme posé sur moi.
Une fois terminé, je m’habille et Matt me raccompagne dans la pièce sombre et insalubre. Il me remet les chaînes avec le sourire.
Une fois Matt partie, je regarde le matelas et le retourne pour ne plus voir ses horribles tâches. Je ne me suis jamais senti aussi sale de toute ma vie.
Ce même soir au commissariat, l’équipe se réunie en salle de réunion et boit une petite coupe en mon honneur comme Michelle le leur avait suggéré.
Daniel aperçoit Julien passer dans le couloir. Il l'invite à se joindre à eux. Malgré un petit côté réticent, Julien accepte finalement de se joindre à l'équipe pour trinquer en l'honneur de leur capitaine.
Après ce pot d'honneur, l’équipe décide de faire une chose qu’ils n’ont encore jamais fait tous ensemble. Ils se rendent sur les lieux où j'ai disparu et déposent des fleurs. Je pense qu'ils me croient tous morte.
L’équipe enquête toujours, mais plus les mois passent, plus il est difficile de réunir le moindre petit indice. Cela fait maintenant six mois que je suis portée disparue et toujours aucune nouvelle. L’équipe ne croit plus tellement au fait que leur collègue soit encore en vie, mais espère tout au moins retrouver mon corps pour pouvoir faire leur deuil tout comme ma famille.
Julien reste assez fermé en ce qui concerne ses opinions, mais au fond de lui refuse mon décès. Il a la sensation d’avoir raté quelques choses et se sent hanté par des souvenirs qui le rattrapent constamment.
A suivre