Chapitre 10 : Un nouveau corps
Quelques jours plus tard, Julien remet le rapport à Christiane qui lui permet d'entamer les démarches.
Dans les jours qui suivent, le téléphone de Julien sonne, il répond.
- Julien Calet, j'écoute !
- Bonjour commissaire ! C'est Frédéric. Je me permets de vous contacter, car on vient de nous signaler la découverte d’un corps dans un caniveau à proximité d’une maison de campagne du médoc. Le corps pourrait correspondre avec celui de Joséphine.
- En êtes-vous certain ? (s'étonna Julien)
- C'est une femme entre trente et quarante ans, environ un mètre soixante dix, cheveux mi-longs bruns. On ne peut pas vraiment identifier le visage. La décomposition du corps est bien avancée, il semblerait que le corps soit là depuis 4 mois environ. On a remarqué cela dit qu’il y a eu des plaies profondes. D’après ce que j'ai déjà pu constater, son assassin n’a eu aucune pitié.
- Vous avez relevé les empreintes ?
- Pas encore commissaire. Je vais le faire sur la table d'autopsie.
- Dès que le corps arrive, appelez-moi.
- Bien sûr !
Julien raccroche et préfère rester discret pour l’instant. Il tapote son crayon sur la table et ses yeux se portent toujours sur la photo de l’équipe et notamment sur moi
Julien se plonge à nouveau dans ses pensées.
Flash-back (14 mois plus tôt – 8 mois avant la disparition)
- Ça me fait plaisir de dîner avec vous.
- Commissaire ?
- Oui !
- Vous m’excuserez si c’est déplacé, mais tout au moins en dehors du travail on ne pourrait pas se tutoyer ?
- Je ne suis pas contre, mais bon, je ne me vois pas employer le vouvoiement au boulot et le tutoiement en dehors. Si on se tutoie, c’est dans toutes circonstances. (approuve Julien)
- D’accord ! On se tutoie alors ?
- Volontiers ! Et on s'appelle par nos prénoms aussi. Ça serait mieux du coup !
- C'est vrai ! Ce burger est à tomber parterre.
- Fait attention de rien te casser ! (lui dit-il en riant)
- Tu vois, le tutoiement ça passe beaucoup mieux.
- Tu sais que tu es un sacré personnage ?
- Comment ça ?
- Je sais pas ! Tu croques la vie à pleine dent !
- Comme ce burger, (dis-je en riant) La vie est bien trop courte Julien !
Fin du Flash-back
- C’est bien vrai ! (se dit-il)
Michelle arrive au même moment
- Qu’est-ce qui "est bien vrai" ? Si je peux me permettre bien sûr !
- Oh ! Euh non, je réfléchissais ! (lui répondit-il surpris)
- Je vais voir Fredéric pour qu’il me donne ses conclusions sur le corps de Sarah Motin. Vous voulez venir ?
- Non, Fred n'est pas à la morgue actuellement.
- A d'accord !
- Fermez la porte Michelle !
Michelle exécute l'ordre de son patron, mais reste intriguée par ce qu'il s'apprête à lui dire.
- Je viens d'avoir Fred au téléphone justement. Un corps correspondant à la description de Joséphine a été retrouvé dans un caniveau se situant dans le Médoc. Le visage est méconnaissable, mais Fred va me rappeler dès que le corps arrive à la morgue.
- Il faut espérer que ce soit-elle ou non ? Excusez ma question qui peut être maladroite, mais…
- Non Michelle, vous avez raison ! Ça fait six mois que Joséphine a disparue et il est fort probable qu’elle ne soit malheureusement plus du monde. J’admets qu’il est temps pour nous et sa famille de faire notre deuil donc j’avoue qu’une partie de moi espère que c’est elle. J’ai honte de moi, vous ne pouvez pas imaginer !
- Non, je comprends ! Comme vous dîtes, il est peut-être temps de faire le deuil, mais sans obsèques difficiles et malheureusement qui dit pas de corps, pas d’obsèques.
- J’ai parlé avec Christiane Holliston, la maman de Josie, il y a quinze jours ça faisait six mois jour pour jour que Joséphine avait disparu. Elle a décidé de faire une requête auprès du tribunal pour autoriser la prononciation du décès.
- C’est possible ? Les lois sont assez pointues avec ça non ?
- Oui, mais vu que c’était dans un cas de péril, que beaucoup de sang a été retrouvé sur les lieux, la survie de Joséphine est fortement compromise et la famille veut faire son deuil, je ne peux pas m’y opposer. Je les soutiendrai dans cette épreuve. Donc si ce corps est bien celui de Joséphine, ça soulagera peut-être beaucoup de monde. Je me dis qu’il vaut mieux avoir un corps plutôt que la savoir enterrer au milieu de nulle part ou au fond de l’océan.
- Oui je comprends. Je pense que si l’équipe a les mêmes attentes, vous devriez faire cette comparaison d’empreintes tous ensemble.
- Vous avez raison Michelle.
- Vous l'appeliez Josie ! C'est mignon ! (souriant)
- J'ai évoqué ce surnom ?
- Oui, mais instinctivement je suppose !
- C'était le petit surnom que je lui avais donné !
- Je pense que ça ne me regarde pas, mais ; vous étiez ensemble ?
- Pas vraiment ! On se fréquentait de temps en temps, mais rien de sérieux !
- Je vois !
- Michelle ! Personne n'est au courant de ça ici ! Je peux compter sur votre discrétion ?
- Bien sûr ! (souriant)
Dans la maison de campagne Matt me ramène après la toilette qu'il m'autorise tous les trois jours seulement.
- Joe faut que tu manges un peu plus, sinon je vais devoir te faire à nouveau des piqûres !
- Je m’en fous, ça me fait pas mal ! Puis je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler Joe !
- Joe soit plus agréable ! S'il te plais !
- Puis quoi encore ?
- Tu sais quoi, je n'ai jamais testé une nana qui a presque la quarantaine. Il parait que c’est grandiose ! Que ces femmes sont plus épanouies au lit ! On raconte des tas de bonne chose sur les quadra.
- Je ne suis pas une quadra déjà !
- Presque quand même ! Tu as quoi trente-huit ?
- ça ne te regarde pas !
- Je te fais une fleur Joe ! Vu qu'on se connaît, je vais te demander si tu veux bien qu'on s'envoie en l'air tous les deux !
- Puis quoi encore ! (s'agaçant)
- Tu nous compliques la vie tu sais ! Ça serait plus simple si tu acceptais ! Tant pi pour toi !
Je le regarde avec des yeux effrayés et commence à comprendre que Matt mettra bientôt à exécution ses menaces de viol.
- Je reviens, lui dit-il sur un ton provocateur.
Je verse une larme, mais l’essuie quand Matt revient. Il tient une parure de draps.
A suivre