Le cercueil sans corps

1703 Mots
Chapitre 13 : Le cercueil sans corps Julien marche dans le couloir et s’arrête devant l’affiche accrochée en ma mémoire. Julien prononce quelques mots : - Repose en paix ma douce. Il observe ce sourire qui le ramène à nouveau dans ses pensées. Flash-back ( 1 an plus tôt – 6 mois avant la disparition) Nous sommes au bureau et tout le monde est déjà parti. Je m’assoie et soupire. Julien me regarde et me dit de manière très affirmative : - Ça ne va pas toi ! - J’irais bien manger un morceau ! Les enfants sont chez leur père pour ces vacances de printemps, je suis seule et j'aimerais bien voir un peu de monde en dehors du travail. Tu vois, m'amuser un peu. - La solitude te pèse ? - Non, pas la solitude, mais le stress oui. - Tu es stressé ? - Non, enfin je ne sais pas, ce n’est pas bien grave ! - Tu peux me dire ce qui te tracasse ! Je peux peut-être t’aider. - Disons que de temps en temps, j’aimerais bien sortir un peu du quotidien, m’amuser un peu, voir autre chose que le boulot, avoir une vie de femme tu vois ! - Euh oui, je crois ! (lui répond-il d'un air gêné) - Je n’en reviens pas que je te dis ça ! - Ça ne me dérange pas ! Je suis ton ami Joséphine, tu peux te confier à moi. - C’est vrai ? - Ben oui ! - Depuis que je suis arrivée à Bordeaux je n’ai pas eu une seule aventure ! Tu vois, je ne demande pas une longue histoire d’amour routinière et ennuyeuse, mais un peu de sexe de temps en temps ! - Ah oui ! En effet ! Tu te lâches sur tes confidences là ! (s'offusque Julien) - Ça te gène !? Oui, c’est un peu culotté, j’avoue ! - C’est juste que je ne m’y attendais pas, mais ça ne me gêne pas ! Je te comprends en plus. Tu vois, je suis persuadé que pour moi ça fait plus longtemps ! - Non ! Julien, tu veux me faire croire que tu n’as pas de petites aventures de temps en temps ? - Ben non ! Je n'ai vraiment pas le temps ! - Mais Julien ! Tu es célibataire et séduisant lâche-toi un peu ! - Pour coucher avec des femmes que je ne connais pas ou à peine, non merci ! Ce n'est pas mon truc ! (affirme-t-il) - Dommage, tu rates peut-être des occasions ! - Peut être, mais c’est ainsi. Mais tu es mal placé pour me faire la morale, toi aussi tu es séduisante et sexy en plus. Tu pourrais faire des rencontres ! - J’en aurais bien besoin, mais quand je rentre, je suis crevé, pas le temps de sortir. Entre le boulot, ma famille... Julien me regarde et me sourit timidement. - Joséphine ! - Oui ! - Non rien . C’est stupide ! (se rétracte Julien) - Allez dit moi ! Tu peux te confier toi aussi ! - Ça va peut-être te sembler bizarre venant de ma part, mais ma proposition t’engage à rien. - Quelle proposition. - Je ne sais pas si c'est très correcte ! Je ne voudrais pas t'offusquer ! - Il en faut beaucoup pour m'offusquer, crois-moi ! - Bon d'accord. Si l’homme qui est en face de toi te proposait un petit moment de plaisir, tu accepterais ? - Quoi ? Toi et moi ? (étonnée) - Juste pour passer du bon temps ! Ma proposition ne t'engage en rien. Bien sûr, ne te sens pas obligé d'accepter. Je ne me serais pas permit de te demander ça en temps habituel, mais nous avons l'air tous les deux un peu frustré. Pourquoi pas essayer ensemble ? Je le regarde et un sourire malicieux se dessine sur mon visage. - Hum ! Ça peut se faire ! - On va être clair par contre, au boulot on oublie tout, il ne s'est rien passé. Il ne faut pas que ça empiète sur notre vie professionnelle. - Je suis entièrement d’accord. On passe juste un peu de bon temps ensemble, mais au boulot on redevient bons collègues. - On s’est compris ! Julien me regarde - Bon ben on va chez moi ? - Quand ? tout de suite ? - Si tu veux ! Remarque on peut attendre noël si tu veux, mais d'ici là tu as encore le temps de t'ennuyer ! - Il faut toujours que tu colles ton brin d'humour ! Allez ! Je te suis ! Nous quittons le bureau heureux de cette conversation. - Je n'en reviens pas de ce que tu me proposes ! C’est chouette en tout cas ! Merci ! J’espère que tu ne vois pas en moi une femme en soif de sexe ! - Joséphine ! Avoir besoin d’une vie sexuel fait partie de la nature humaine ! - Oui, c’est vrai ! (avec un charmant sourire) Fin du Flash-back Dans le grand bureau d'en face, l'équipe aperçoit Julien qui contemple l'affiche. Daniel l'observe au loin et dit à ses collègues : - Le patron est posté devant cette affiche depuis presque dix minutes. - Oui, il fait ça de temps en temps. (affirme Céline) - Il ne dit rien, mais il a terriblement de peine et il m'inquiète un peu. - Ce n'était pas que des collègues Daniel ! - Quoi ? - Non, laisse tomber, je n'ai rien dit ! - Ben tu en as trop dit ou pas assez là ! - Tu le gardes pour toi ? - Promis ! - Joséphine et Julien ils couchaient ensemble. - Non ! Tu es sérieuse là ! (répondit-il peu convaincu) - Je ne vois pas pourquoi je te mentirais là-dessus. - Ils étaient ensemble ! Je n'en reviens pas ! - Ils n'étaient pas vraiment ensemble en fait. Ils vivaient une sorte de relation sexfriends en fait. - Ah ouais ! Eh ben les vilains ! Enfin je dis ça, mais je ne devrais pas, paix à l'âme de Joséphine. - Je pense que Julien ressentait quelque chose de profond pour elle. Je le sens. - Ben maintenant que je sais, je suis de ton avis parce qu'il est mal et on le voit. Julien se décide enfin à quitter ce couloir et retourne dans son bureau en fermant la porte derrière lui. Quelques jours plus tard, Julien confit le commissariat à Michelle pour que lui-même et les plus proches coéquipiers de Joséphine puisse se rendre à Paris pour les funérailles. Le jour de l’enterrement, le cercueil est vide, mais des objets qui étaient précieux pour Joséphine ou qui représente sa vie y ont été déposé dont sa carte de police, des photos, des bijoux, son bracelet de naissance…. Julien demande à Christiane si elle accepterait qu'il y dépose un dernier objet avant la mise en bière, ce qu'elle accepte volontiers. Julien y dépose une enveloppe cacheter. Il avait passé la nuit entière à trouver les mots. Il revoit mot par mot ce qu’il lui a écrit. Lorsqu'il dépose cette enveloppe dans le cercueil vide orné de fleurs et de dentelles, il ne peut s'empêcher de laisser s'échapper une petite larme. Au moment de la cérémonie, la peine et les larmes sont présentes sur tous les visages, mais tout le monde est soulagé de voir que Joséphine à une vraie pierre tombale. Une forme de respect qu’ils lui devaient. Même si ce ne sont que des objets à l’intérieur, la décente du cercueil dans le caveau est une terrible épreuve pour tous. Deux jours plus tard dans la maison de campagne, Matt entre dans la pièce et rigole comme un idiot. Il me regarde en riant et lui dit : - Tu ne devineras jamais quoi ? - Je n'aime pas les devinettes ! (sur un ton amer) - Ça y est, tu es morte ! Je le regarde dans l’incompréhension. J'espère enfin qu’il va en finir avec moi et me tuer pour que je puisse enfin être en paix. Je suis à présent très épuisée de l'enfer que cet homme me fait vivre depuis plus de huit mois. Je veut que ça s'arrête même si pour ça je dois y laisser ma vie. Matt me jette le journal dessus et lui dit : - Tiens regarde ça ! Tu vas trop adorer ! Je lit l'article de journal qui me concerne : - Le 11 juillet 2016 nous avons eu l'immense regret d’apprendre la déclaration officielle du décès de Joséphine Holliston, brillante capitaine de police à Bordeaux. Joséphine Holliston de nationalité franco-américaine est portée disparue depuis le 8 novembre 2015, seule sa voiture et ses effets personnels ont été retrouvés sur une route du Médoc. À ce moment-là elle se rendait à son travail. Le décès a été déclaré il y a quelques jours seulement sous la demande de sa famille par le tribunal en date du 8 novembre 2015. Une cérémonie a eu lieu à Paris afin de rendre un dernier hommage à l’inoubliable femme qu’était Joséphine Holliston. Les funérailles se sont fait en intimité entre la famille et les amis proche de la défunte. Toutes nos condoléances à sa famille et ses proches. Matt me regarde et jubile devant ma détresse. - Très belle photo au passage. On ne voit plus ce beau sourire ! Puis tu as moins bonne mine on dirait ! - Ça te fait tripper ça ? (en s'énervant) - Tu ne peux pas t’imaginer ! Comme quoi, tu n’es pas si importante que ça ! - Ça suffit maintenant ! Tue moi ! - Quoi ? - Tu fais ce que tu veux, met du poison dans la nourriture, tire-moi une balle entre les yeux, mais tue-moi maintenant ! De toute façon, je suis déjà morte. - Je vais réfléchir, mais je veux une mort qui te fasse souffrir ! - Tu n’es qu’un malade ! - Je sais et ça me plaît ! Matt réfléchit à mes doléances, mais décide de ne pas se soumettre à ma volonté et me torture encore et encore. A suivre
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