Chapitre IV SUITE

4226 Mots
  Un soir chez lui, il était couché sur son lit à regarder le plafond tout pensif quand soudain, il se souvint qu’avant d’entrer dans sa chambre la fois dernière, il s‘était d’abord laissé tomber dans les fauteuils du salon. Il avait absolument cherché ce bout de papier partout sauf dans ces fauteuils-là. Il se leva brusquement du lit ! Il n’était pas sûr de retrouver ce bout de papier dans ces fauteuils mais bon… Le jeu en valait la chandelle. Il se rendit au salon et se mit à chercher dans les angles et les bras des canapés. Après deux petites minutes de recherche, ses doigts semblaient toucher du papier mais ses doigts à lui étaient trop gros pour retirer ce morceau de papier-là. Le lendemain vers huit heures, il demanda de l’aide au fils de son tuteur qui étant plus fin, arriva à faire sortir ce fameux bout de papier et bingo, c’était le bon. Il prit le fils de son tuteur et le serra très fort contre sa poitrine avant de lui faire des bises un peu partout. Il se précipita vers le téléphone fixe de la cuisine et se dépêcha d’y composer le numéro de Marie.   Marie Jeanne assise chez elle en pleine séance de révision vit son téléphone sonner. Occupée, elle ne décrocha pas. Son téléphone se mit à sonner à nouveau, elle raccrocha directement. Isaac ne comprenait plus rien, mais insista une troisième fois et cette fois-ci, ce fut la bonne. Marie Jeanne décrocha : -        Allô ! Qui est à l’appareil ?  -        Bonjour Marie Jeanne c’est Isaac répondit-il. Elle était ravi d’entendre sa voix mais par fierté, elle lui raccrocha au nez. Comme quoi, elle était trop énervée pour lui parler. Il insista à nouveau et elle mit pas mal de temps avant de décrocher.  -        Jeune homme que me voulez-vous ? -        S’il te plait ! Je tiens vraiment à m’excuser je n’ai pas pu t’appeler plus tôt parce que j’avais quelques soucis personnels. - Et maintenant tes soucis sont-ils réglés ?  -        Je voudrai qu’on se fixe un rendez-vous et j’en profiterai pour tout t’expliquer s’il te plait !  Elle soupira avant de dire : « Bon ok ! Je te donne rendez-vous à la présidence de l’université demain aux environs de onze heures et surtout sois à l’heure ! » -        Très bien ! Promis j’y serai ! Passe une excellente journée ! Elle resta silencieuse à ce souhait et raccrocha directement.      C’est donc un Lundi vingt-huit Mars deux-mille-cinq que Marie Jeanne et Isaac se donnaient rendez-vous pour la première fois. Isaac tenait à faire bonne impression cette fois-ci. Il mit à son poignet sa montre couleur or, ainsi que sa plus belle chemise blanche dominante recouverte de broderies colorées comme fantaisie accompagnée de son pantalon tissu bien cousu de couleur noire ainsi que ses belles paires de soulier. Quant à Marie Jeanne, elle était vêtue d’une chic et classe robe de fortune qui avait du mal à atteindre ses genoux avec de belles ballerines de couleur noire. Armée de ses cahiers contre sa poitrine généreuse, elle vint et s’assis près de lui. Une bonne odeur d’huile de rose émanait d’elle. Sa simple venue fut une raison suffisante pour troubler l’ordre du jour, Isaac n’arrivait même plus à placer un seul mot mise à part un timide « bonne arrivée ! » -        Tu t’es fait beau aujourd’hui, c’est bien mieux que la dernière fois !  -        Merci tu n’es pas mal non plus.  -        Tu as cours tout à l’heure ?  -        Oui à seize heures… non quatorze heures… Quatorze heures… Elle se mit à sourire timidement. On aurait dit que la véritable raison de son rendez-vous avec Isaac, était de le séduire et pour y parvenir, elle usa de tous ses charmes. Elle invita Isaac à quitter cet endroit quelque peu indiscret pour qu’ils aillent dans un restaurant pas très loin de l’université. En Afrique et précisément en Côte d’Ivoire, quand une fille vous invite au restaurent, c’est quand même vous (le garçon) qui régleriez l’addition. Isaac n’ayant pas un seul sous dans ses poches, je vous laisse imaginer le malaise qu’il ressentait à ce moment-là. Et comme si ça ne suffisait pas, elle ne faisait que commander à boire, encore et encore… Avec une seule sucée, elle vidait à moitié la brique de jus de fruits. Qui allait payer la facture de tout ça ? Il n’allait quand même pas se faire humilier le jour de leur première rencontre officielle ! « Tu ne prends rien ? » lui demanda-telle « non je voudrais juste un verre d’eau ». « Alors raconte-moi un peu comment tu vis cet échange de corps ? » stipula Marie. « Plutôt bien même si je dois avouer que c’est assez traumatisant de se réveiller dans le corps d’une fille ». « J’espère que tu n’as pas souillé mon corps car la dernière fois j’avais très mal là où tu sais ! ». Gêné par cette accusation, Isaac se dépêcha d’avaler une gorgée d’eau très rapidement. « Non ! Jamais cette idée ne m’a traversé l’esprit ! » Affirma Isaac. « J’ai pu desceller l’origine de ces permutations de corps ». « Vraiment ! Vas-y ! Raconte-moi tout dans les moindres détails.» Isaac passa environ trente minutes à lui raconter dans les infimes détails tout ce que le marabout lui avait dit. Après l’avoir écouté avec attention, Marie Jeanne resta toute silencieuse durant deux minutes avant de fondre larmes sous le poids de l’émotion car elle était profondément touchée par le sacrifice d’Enmoutef à l’endroit de sa bien-aimée. Elle lui raconta à son tour, ce qu’elle avait appris de la bouche d’Aklilu. Elle demanda par la suite à Isaac de régler l’addition comme quoi, il n’allait pas s’en sortir aussi facilement. Hélas, chose qu’il ne pouvait faire par manque de moyens ! Contrariée, elle paya l’addition elle-même avant de se lever sans mot dire. Isaac avait ressenti à ce moment-là, la pire honte de sa vie, la pire honte pour un homme qui avait de l’estime pour lui-même, un gentleman. Mais ce n’était pas de sa faute, il n’avait pas prévu cela. Dorénavant chers amis, quand une fille vous invite à papoter, sortez avec le « strict minimum » c’est-à-dire des sous ! -        Pourrais-tu au moins me raccompagner jusqu’à mon amphithéâtre ? Lui demanda-t-elle très poliment.  -        Bien évidemment… Rétorqua ce dernier.  Tout en marchant, elle profita de cette occasion pour poser quelques questions personnelles à Isaac comme par exemple sa ville d’origine, la filière qu’il faisait, son niveau d’étude, ses centres d’intérêt et surtout la raison pour laquelle il ne l’avait pas contacté le jour où elle lui avait laissé son numéro de téléphone et pleins d’autres questions encore… Quand elle apprit de la bouche d’Isaac qu’il avait perdu son père le même soir de leur rencontre, soir où elle lui avait laissé son contact. Marie Jeanne fut figée et toute froide à l’annonce de cette nouvelle mauvaise. Elle ne pouvait que compatir à sa douleur immense. Mais dans le but de ne pas attrister cette belle journée qui semblait bien se dérouler dans l’ensemble, Isaac lui raconta la manière dont il avait réussi à récupérer son numéro de téléphone. Evènement qu’elle trouva très drôle d’ailleurs ! Avant de se séparer, elle lui posa une question : « As-tu une copine ? » « Non » répondit Isaac de manière spontanée. Et la réponse de ce dernier semblait la satisfaire. Elle s’approcha, lui fit une bise sur la bouche, laissa l’odeur de son parfum entre ses paumes et s’en alla en lui disant « appelle-moi ce soir aux environs de dix-neuf heures ! » Ce fameux jour, Isaac afficha un sourire tellement grand qu’il pouvait déchirer les extrémités de ses lèvres. Mais il était quand même frustré par le fait d’avoir été incapable d’honorer l’addition de cette dernière dans le chic resto. Il réfléchissait à comment rattraper ce coup sans trop se ruiner. Comme un éclair de génie, lui vint la bonne idée de l’inviter dans un « garbadrôme ». Ce fameux soir aux environs de dix-neuf heures, il l’appela comme promis à l’aide du fax de la maison car il n’avait pas assez de moyen pour s’offrir un appareil téléphonique portable qui coûtait une petite fortune à cette époque. Après leur communication téléphonique, il lui fit la proposition d’aller déguster du « garba », ce met mythique prisé par les ivoiriens de tout âge surtout des classes basses. En effet, ce plat né dans les années quatre-vingt-dix tirait son patronyme « garba » de son inventeur tout comme la poubelle était le patronyme d’Eugène Poubelle. Effectivement, l’inventeur de ce met désormais incontournable dans la gastronomie Ivoirienne se nommait Garba. C’était un Nigérien attiré par le miracle économique ivoirien des années quatre-vingt-dix. Il eut un jour la folle idée de combiner de la semoule de manioc encore appelé en Ivoirien Attiéké et du thon frit garni de piments frais hachés, d’oignons découpés en « D », de tomates également découpées en « D » et de l’huile végétale de palme sans oublier un cube d’assaisonnement, de la mayonnaise et de l’eau bien glacée si possible, un vrai délice !      Marie Jeanne était un peu hésitante car les garbadrômes n’étaient pas connus pour avoir une bonne condition hygiénique et sanitaire en leur sein. Et en plus, il fallait manger avec les mains, ce qui ne lui convenait pas non plus. Mais comme tout bon Ivoirien, je lui dirais qu’elle avait tort car consommer du « garba » avec des ustensiles autres que les mains, véritables dons divins, c’était un péché ! Après quelques instants d’hésitation, elle décida quand même de faire cette expérience gastronomique avec celui qu’elle aimait et après avoir goûté le délice qu’était le « garba », elle ne pouvait plus s’en passer et ce, tout au long de ses jours car de ce plat, elle en raffolait !  Eh oui ! C’est ça l’amour. Quand on aime, on ne juge pas, on ne dénigre pas. L’amour supporte tout et parvient à faire changer des mentalités, des visions du monde. L’amour n’est pas conditionné, c’est un sentiment fort et au-dessus de toute chose. En amour on pouvait tout voir ; Voir un esclave et son maître s’aimer, voir un riche et un pauvre s’aimer, voir des descendants de familles autrefois ennemies s’aimer. L’amour est l’entité la plus précieuse que Dieu ait accordée aux hommes car quand on aime, on partage, on fait du bien et surtout on pardonne. L’amour devrait être le socle de nos religions multiples et différentes car on y enseignait à peu près les mêmes valeurs morales, les mêmes vertus telles que : la miséricorde, l’effet de faire du bien aux nécessiteux et l’amour du prochain. Jésus Christ la lui-même dit : « Aimez-vous les uns les autres comme le père vous a aimé ». C’est par amour pour la terre entière que Dieu a sacrifié son fils unique sur la croix à Golgotha. C’est encore au nom de ce même amour que le Coran stipule dans la sourate deux Baraqa : « quel qu’Amour qu’on en ait, aux proches, aux orphelins, aux nécessiteux indigents et à ceux qui demandent l’aide (…) Les voilà, les véridiques, les voilà les vrais pieux ! » Pour dire que l’amour devrait être le centre directeur de toute chose et quand il y a de l’amour, la haine n’a pas lieu d’être car on ne pourra jamais les combiner. Jamais il ne pourrait y voir un amour haineux, la raison le refuse, même la grammaire le refuse, c’est de « l’agrammaticalité », un non-sens corroboré. Toutefois, pour passer de l’amour à la haine ou vis-versa, il n’y avait qu’un pas ! Et le véritable amour, Isaac l’avait enfin trouvé ou du moins une âme maléfique l’avait aidé car de cet amour, il en tirait bénéfice lui aussi.  C’était beau d’aimer ! Quand aime, on se métamorphose en une espèce de « bisounours » toujours jovial et prêt à distribuer plein de bisous, c’était beau ! Mais encore plus beau que le fait d’aimer, c’est celui de se savoir aimé, de se sentir aimé, de savoir qu’on valait cher aux yeux d’une tierce personne qui nous appréciait de tout son être. De savoir que cette personne serait prête à faire tous les sacrifices invraisemblables pour nous, pour notre bonheur, pour que nous soyons heureux ! Dieu, je t’en supplie fais en sorte que chacun d’entre nous connaisse le véritable amour, que chacun de nous ressente ce que c’est que d’être aimé ! Epargne-nous des menteurs et menteuses, de ces véritables fourbes qui nous trompe pour profiter de nos services ou des biens que nous possédions, telle est ma prière ! L’amour c’est comme le lait. Pour réussir à faire un bon yaourt, il faudrait avoir un cœur rempli d’amour, dans le cas contraire, il se gâte. L’amour, comme le lait bien entretenu, était exquis. Cependant, quand il était mal entretenu, il devenait dangereux pour la santé par chance, car au pire des cas, il devenait mortel comme le lait périmé. Oui ! Quand l’amour n’est pas réciproque, quand l’être aimé ne rend pas de manière équitable l’amour qu’il recevait de l’être aimant, ce genre d’amour à sens unique devenait une source d’anxiété, de malheur. Un tel amour dévastateur était semblable à une prison, la matérialisation concrète de « Guantanamo ». Vivre sous un toit avec un homme qui ne vous aimait pas, qui ne vous accordait aucune considération, qui ne prenait plus soin de vous et qui vous fait souffrir à longueur de journée, c’est vivre dans un véritable « foyer », un réel enfer. Le sens dénoté du lexème « foyer » est bel et bien celui du lieu où nait le feu, la chaleur, la souffrance, l’enfer. Et c’est parce qu’on a remarqué que la vie familiale engendrait dans la plupart des cas d’énormes souffrances chaudes que ce mot s’est vu octroyer le sens de vie de famille dans un domicile. Et qu’en raison de certains problèmes familiaux, le foyer devenait le lieu d’amertume par excellence ! Et pourquoi cela ? Parce que monsieur et madame ne s’aimait pas ou ne s’aimait plus, parce qu’ils ont été les victimes d’un mariage arrangé ou encore parce qu’ils ont confondu amour et attirance. D’ailleurs, qu’est-ce qui différencie l’amour de l’attirance ? Je me souviens avoir récolté quelques réponses de certaines personnes de mon entourage à ce sujet. Pour ces derniers, l’attirance pouvait être perçue comme le fait d’avoir été séduit par une chose ou qualité que l’on recherchait et qu’on avait fini par trouver chez une personne. En gros, on aimait quelque chose chez cette personne mais on ne l’aimait pas entièrement ou du moins, on n’aimait pas réellement tout son être car si jamais il arrivait que la chose ou la qualité qu’on aimait bien chez cette personne disparaissait, on ne verrait plus l’intérêt de rester avec elle. Prenons par exemple un fait banal, un homme qui est attiré par la beauté d’une femme. Il lui fait la cour, il la séduit et l’épouse. Mais par malheur, cette dernière est victime d’un accident de circulation et à cause de cet incident, elle est défigurée, elle perd sa beauté, ce qu’il aimait tant chez elle. Croyez-vous honnêtement qu’il restera toujours avec elle, qu’il n’allait pas aller voir ailleurs ? Car de belles filles, ce n’est pas ce qui manque dans ce monde, ne nous voilons pas la face ! Mais s’il venait à poser de tels actes, à abandonner cette femme pour une autre, nous serions les premiers à le juger, à le traiter d’ingrat et à dire qu’il ne l’aimait pas ! Nous la société, les éternels juges jamais sur le banc des accusés. Nous l’incarnation de la sainteté en personne ! Nous les premiers à lancer les pierres aux autres à la moindres faute de leur part ! Il y a un proverbe de chez nous qui dit : « Balais devant la porte de ta propre maison avant de vouloir balayer celle des autres » ; « Change-toi, toi-même avant de vouloir changer le monde ». Est-ce que nous nous aimons réellement dans nos propres maisons? Est-ce que l’amour est récurrent dans nos foyers quand on bat notre épouse, quand on traumatise nos enfants, quand nous sommes les premiers à donner dehors mais jamais dedans ? Est-ce que nous sommes prêts à accepter les autres avec leurs qualités mais aussi leurs défauts ? Sommes-nous prêts au nom de l’amour à guider ceux qu’on aime sur le droit chemin, à les façonner, à essayer de corriger leurs erreurs et les pousser au changement de manière subtile tout en ayant conscience que nous sommes nous-même aussi imparfaits que ces derniers ? Si tu m’aimes, change moi, ne m’humilie pas devant les autres mais humilie moi en privé quand nous seront que deux, dis-moi la vérité quand j’ai tort car on dit que « celui qui aime bien châtie bien ! » Critique moi péjorativement si je produis ou que je pose des actes négatifs ou encore médiocres ! Fais mes éloges, applaudi-moi, chante mon nom quand j’accomplie de belles choses ! Aime mon corps pendant que je suis avec toi ! Et Aime aussi mon âme lorsque je serai à six pieds sous terre loin de toi, dans une sépulture recouverte de briques, de béton et d’une épitaphe au-dessus où sera gravée ma date de naissance séparée par un tiret de celle du jour de ma mort ! Ce fameux tiret, je le perçois de manière très symbolique. Pour moi, Il te montre que peu importe le nombre de biens que tu possédais, le nombre d’action que tu avais accompli, le nombre pléthorique de combats que tu avais mené et remporté, tu n’étais rien ! Sans toi, la terre continuerait de tourner autour du soleil, la mer serait toujours agitée et bruyante, les oiseaux voleraient toujours comme avant, les hommes respireront toujours de l’oxygène et la vie suivra son cours tel un ruisseau, un fleuve ou encore un torrent qui coule, qui coule, qui coule… Tu n’es rien de mieux que de la poussière ! Tu es un être éphémère ! Alors je ne comprenais pas ces orgueilleux, ces parvenus, ces hommes politiques qui se croient maître du monde. Les éternels attachés au pouvoir et à la richesse ! Je ne comprenais pas pourquoi ils agissaient ainsi, comme s’ils étaient les possesseurs des rênes du temps. Messieurs, vous n’êtes rien et sachez que toute chose, qu’elle soit bonne ou mauvaise avait une fin ! Vous n’êtes rien de plus que de simples pantins de la divine providence ! Rien de plus que « des bouts de bois de Dieu », le seul être suprême semblable au réalisateur qui pouvait modifier le scénario de votre vie comme bon lui en vous faisant voler très haut au point d’atteindre le zénith avant de vous faire chuter jusque dans les abîmes de l’enfer.      Isaac n’arrivait plus à se passer de Marie Jeanne, leur amour se renforçait au fil du temps. Il ne se déroulait pas une seule journée où il ne prenait pas de ses nouvelles. Isaac se sentait un peu gêné à chaque fin d’appel où il devait lui dire « je t’aime » car ses conversations n’étaient pas si intime que ça. Il était toujours obliger d’utiliser le fax accroché au mur de la cuisine. Et à tout moment, il pouvait se faire surprendre. Marie Jeanne, telle une fille compréhensive ne se plaignait pas de cette situation qui lui déplaisait beaucoup. Comme certaines jeunes filles de son âge, elle voulait souvent voir son petit ami dans des périodes ou moments extrascolaires car le jour où ils n’allaient pas en cours, ils ne se voyaient pas. Et de cette situation embarrassante, Marie Jeanne en avait marre.    Un jour, elle donna rendez-vous à Isaac. Il n’était pas disponible ce jourlà mais elle insista. Il fit donc un effort, transgressa quelques règles afin d’y être présent. En plus, c’était dans la ville de Bingerville, plus précisément au jardin botanique par conséquent, chez lui. Lors de leur rendez-vous, Marie Jeanne voulut faire un petit caprice en restant dans ce vaste jardin jusqu’au coucher du soleil. Isaac très inquiet, faisait tout pour qu’ils puissent sortir de ce jardin le plus vite possible car il pouvait devenir dangereux à certaines heures. Mais cette fille était têtue comme une mule. Tout ce qu’elle voulait, c’était de passer un bon moment avec lui pour qu’il lui fasse des caresses et l’embrasser. Quand il s’arrêta à un certain moment à cause des ténèbres qui avaient gagné du terrain, Marie Jeanne lui tourna le dos en guise de contrariété. Très capricieuse, elle se mit à marcher très vite, s’éloignant de lui car elle était vexée du fait qu’elle Marie Jeanne, une fille aussi belle et riche se faisait repousser par un jeune homme de rien du tout alors que des hommes plus riches et plus âgées lui faisaient la cour. Et qu’à cause de ce dernier, elle les repoussait violement ! Mais aujourd’hui où elle avait besoin d’affection, où elle avait fait un sacrifice pour se rendre chez lui, dans sa propre ville malgré les occupations qu’elle avait et ce dernier ne désirait qu’une chose, qu’elle rentre chez elle. Il refusait même de l’embrasser. Ce qui lui faisait le plus mal, c’était que malgré tout son charme, il arrivait à rester lucide, à lui résister. Dans sa folie, elle se mit à courir pour lui échapper. Malheureusement pour elle, elle tomba nez à nez avec un homme bizarre qui se jeta sur elle et tenta de la v****r. Elle cria de toutes ses forces et heureusement pour elle, Isaac entendit ses cris dont il se servit comme adjuvant pour les repérer. Il finit par les retrouver et avant que cette fripouille ne passe à l’acte, Isaac lui sauta dessus et une bagarre violente s’engagea. Plus fort qu’Isaac, cet individu ne tarda pas prendre les rênes du combat et tenta de l’étrangler. Asphyxié, ses pupilles commençaient à se dilater quand Marie Jeanne sortit de nulle part avec un gros bâton et assomma l’agresseur qui s’écroula au sol. Elle tenta de réanimer Isaac qui était en grande difficulté. Il était complètement sonné ! Mais contre toute attente, l’agresseur reprit du poil de la bête et passa à l’assaut à nouveau. Il s’en prit à nouveau à Marie Jeanne mais Isaac s’interposa tant bien que mal. C’était un lion, un jeune homme courageux qui ne reculait devant rien pour protéger celle qu’il aimait même étant quasiment vidé toutes ses forces. L’agresseur lui donna un coup de poing v*****t qui le ramena au sol et attaqua une fois de plus Marie Jeanne. Heureusement pour ses adolescents, les bruits de cette bagarre avaient alerté quelques personnes de bonne volonté qui se mirent à courir à leur rescousse, obligeant ainsi l’agresseur à battre en retraite. Ces héros inattendus étaient en réalité de jeunes footballeurs qui revenaient du stade de Bingerville, non loin du jardin botanique et qui étant en retard avaient décidé prendre un raccourci en passant dans ce Jardin.    Isaac ayant été la véritable victime de ce triste soir, avait été ramenée par Marie Jeanne aidée des jeunes footballeurs jusque chez ses tuteurs qui le conduisent rapidement aux urgences. Quant à Marie Jeanne, la petite fillette pourrie gâtée qui n’écoutait rien ni personne d’autre que ses géniteurs, avait bien failli se faire v****r ce soir-là. Et pire encore, Isaac avait lui aussi failli y rester à cause de ses caprices à n’en point finir. Ce triste soir, elle comprit que la vie ne tenait vraiment qu’à un fil. Et qu’à tout instant, vous pouvez être frappé par l’ange de la mort qui plane sur nos têtes. Elle savait qu’à sa sortie de l’hôpital, Isaac allait avoir une dent contre elle. Elle était donc prête à tout pour se faire pardonner. C’est dans cette démarche de son « aller à Canossa » qu’elle offrit à Isaac le "Motorola Razr" de deux-mille-quatre avec une carte SIM Orange Côte d’Ivoire pour obtenir son pardon et le remercier pour sa bravoure. Heureusement pour elle, Isaac n’était pas rancunier et savait pardonner les fautes des autres pour que Dieu pardonne aussi les siennes, même s’il était vraiment dans un sale état avec des bleus et blessures partout. En plus de cela, il s’était fait durement réprimander par ses tuteurs à cause du fait d’avoir risqué sa vie pour une inconnue, en tout cas, c’est de cette manière que Marie Jeanne s’était présentée ce fameux soir chez les tuteurs d’Isaac. Toutefois, c’est avec une joie immense qu’il lui accorda son pardon et accepta par la même occasion son cadeau inestimable et il faut le dire, elle avait vraiment la main sur le cœur car ce téléphone coutait vraiment très cher. Depuis lors, Marie Jeanne prenait le temps de l’écouter, d’écouter les autres. Elle était devenue plus sage, plus docile et soumise. Elle n’en faisait plus qu’à sa tête ! Elle comprit que la vie n’était pas un jeu et que ses folies et prises de tête soudaines pouvaient être dans bien des cas, lourdes de conséquences. Son amour pour Isaac avait effectivement opéré un changement de mœurs en elle. Et pour moi, c’est ça aimer quelqu’un.                               
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