— Je ne vais plus tolérer un tel affront à son égard ! gronda-t-il face à Mme de Figaret.
Eden Loyd, était son nom. Le jeune homme dont l'amabilité m'avait déstabilisé depuis notre rencontre, était en fait le fils de ma tutrice. C'était mon cousin.
Quant à cette mégère, elle avait perdue ses mots, son éventail en mouvement perpétuel, évitant le regard de son fils, une voix tremblante et hésitante.
— Mais calmez-vous, je vous en conjure... il y'a méprise mon cher enfant... cet pauvre enfant est atteint de démence. Vous, vous ne pouvez pas vous fier à ses dires...qu'importe ce qu'il vous a raconté...il ment !
— Comment pouvez-vous affirmer de telles choses, mère. J'ai suffisamment passé de temps auprès de lui, pour être sûr qu'il n'ait possédé par aucun diable !
— Et qu'en savez-vous ? D'ailleurs pourquoi vous êtes vous intéressé au petit personnel ?
— Je n'ai guerre menti plus que je n'ai point ouvert la bouche. Toutefois comme l'occasion se présente, je délierai ma langue et dirais la vérité.
Eden me fixa les sourcils froncés. Une image qui contrastait avec sa mère, qui au contraire, avait la mâchoire serrée, et le regard dur.
À son fils, je dis tout. Les raisons qui m'avaient poussé à travailler comme simple employé chez ma tutrice, le chantage qu'elle exerçait sur Sarah, son interdiction de visiter ma défunte grand-mère, et bien d'autres bassesses étant nées d'elle.
Son regard se décomposa et son expression interloquée m'amusa face à celle couverte de honte que portait sa mère.
Quelque part en moi j'étais fier, immodérément fier. Mon sourire ne s'effaça pas devant le spectacle que m'offrait Mme De Figaret. Une femme si hautaine et fière, qui se retrouvait saisit de chétiveté face à son fils. Il était à peine plus âgé que moi. La peur, la honte, la colère lorsqu'elle croisait mon visage, toutes ces humeurs l'avaient habitée alors que son fils la reprenait et la questionnait sur les raisons de ses actions déplorables.
— Ça n'est bien assez, d'autant plus que vous ne semblez pas trouvé de raisons pour justifier votre comportement honteux face à ce pauvre orphelin. À partir de maintenant, sachez de moi qu'il regagnera sa chambre, mais aussi ses droits les plus absolus dans cette maison en tant que Loyd.
La raison qui avait poussé Mme De Figaret à succomber aux exigences de son fils m'était encore inconnue, et en toute vérité cela ne m'était point utile. J'étais bien heureux d'avoir récupéré ma chambre.
Eden s'était assuré de cela, tout comme des nouveaux vêtements qu'il avait commandé pour moi.
Dans toute la maison, les tableaux de nos ancêtres, de notre grand-mère avaient retrouvé leurs places. Et ceux de Mme De Figaret, sa chambre.
Sarah également, à ma demande auprès d'Eden, avait gagné nos étages. À présent, elle avait les mêmes droits et privilèges que moi, que ma Tutrice. Elle avait même un médecin qui venait s'occuper d'elle et qui lui avait administré des médicaments pour son mal.
Eden avait été tel ange envoyé par la providence, pour m'extraire des enfers dont m'avait jeté sa mère. Et pour cela, j'étais reconnaissant et fier de l'avoir comme membre de ma famille, même si Sarah me disait, lorsque nous étions seuls, qu'il n'avait guère en lui le sang des Loyd.