9. Lâcher prise

2326 Mots
J'ouvris la porte de ma chambre et sortis dans le couloir. J'allumai la lampe et traversai l'appartement pour me rendre dans la cuisine. Je me servis un verre d'eau, j'avais très soif. Ma montre affichait tout à l'heure 4h. J'avais faim et à cette heure, rien n'était ouvert. J'ouvris le sachet posé sur la table de la cuisine. J'en sortis un paquet de biscuits. Je me contenterai de cela. Grignotant mes petits délices, je me dirigeai vers ma chambre. Arrivée devant ma porte, je me figeai à la vue de la personne qui était assise sur mon lit. On se regarda silencieusement. J'étais affreuse avec mes yeux rougis par mes larmes et mes cheveux froissés. Moi : Tu n'es pas parti ? Ibrahim : Non ! Je ne pouvais pas te laisser seule dans cet état. Je vins m'asseoir gentiment à ses côtés. J'étais épuisée. Recommencer une crise de nerf, je ne le pouvais plus. Ibrahim : Je peux t'en prendre ? Je lui tendis le paquet de biscuits, il se servit. Ibrahim, se plaignant : J'ai faim ! Moi : Malheureusement, je n'ai que cela. Je n'ai pas encore de frigo et je n'ai pas fait mes courses. J'avais prévu ce soir de descendre au fast-food du quartier, mais je me suis endormie. Là, il doit être déjà fermé. Ibrahim : Chez moi, le frigo est plein. Si tu veux, on va manger là-bas. Moi : Je peux tenir jusqu'au petit déjeuner.  Ibrahim : C'est sûr ? Moi : Oui ! Tu peux y aller si tu veux, je vais bien maintenant. Ibrahim : Avant que je parte, réponds à ma question. On est de nouveau ensemble? Je lui fis un non de la tête. Ibrahim : Mais as-tu des sentiments pour moi ? Je posai ma tête sur son épaule en posant mon bras sur le sien. Moi : Oublie-moi Ibrahim ! Il m'embrassa légèrement le front. Ibrahim : Aimes - moi, Rabia ! Moi : Si tu connaissais mon passé, tu ne me demanderais pas cela. Ibrahim : Un passé, j'en ai aussi ! Qui que tu aies été, quoique tu aies fait dans le passé, cela m'importe peu. C'est ton futur avec moi qui m'importe. Alors laisses-toi faire. Moi : Peux-tu me donner un temps pour réfléchir ? Il sourit. Ibrahim : Prends le temps qu'il faut pour te décider. Je t'attendrai. Je peux rester dormir sur ton canapé ? Moi : Oui ! Bien sûr ! Ibrahim : Alors je vais me coucher. Je n'ai pas encore dormi. Je m'inquiétais pour toi, mais maintenant que je suis rassuré, je vais me reposer. Ibrahim et moi, nous nous réveillâmes vers 11h. 30mn après, il s'en alla, non sans m'avoir fait promettre de lui donner ma décision dans la semaine. Le lundi suivant, j'annonçai avec fierté à Bakary mon déménagement et l'invita à venir manger le samedi midi. J'avais maintenant le droit de l'inviter chez moi. Il accepta avec plaisir. Je lui promis une journée inoubliable. Je l'appréciai mon cher Bakary et l'amitié que je lui portais était vraiment sincère. Lui ouvrir la porte de ma maison, c'était renforcer nos liens amicaux. ****************************** Bakary : Humm ! Tu es une excellente cuisinière ! Moi : Merci ! Bakary : Je me suis régalé. Bakary déposa sa cuillère et se caressa le ventre. J'en ris. Je débarrassai la table et la nettoyai avec une éponge. Je le rejoignis de nouveau et le trouvai en train de sirotait son verre de bissap. Je vins m'asseoir à sur le fauteuil en face de lui. Bakary : Tu sais quoi ? Moi : Non! Bakary : C'est dommage qu'une si belle femme, intelligente, douce et de surcroît cordon bleu, vive toute seule dans cet appartement. J'éclatai de rire. Bakary : Je suis sérieux. Je n'arrive toujours pas à croire que tu n'es pas mariée et que tu es même célibataire. Moi : Et pourtant, c'est le cas. Mais tu sais, moi aussi, je ne peux pas croire qu'un homme comme toi, beau, intelligent, cadre dans une bonne société, galant et généreux, soit célibataire. Il éclata de rire à son tour. Bakary : J'attends une perle rare comme toi. Moi : Alors épouses-moi et l'affaire sera réglée. Nous entrâmes dans un fou rire incontrôlable. On sonna à la porte. Toujours en riant, je me levai et allai ouvrir. Lorsque je découvris mon visiteur, je perdis instantanément mon sourire. Moi : Ibrahim ? Ibrahim : Bonjour mon amour, j'ai une surprise pour toi. Moi : Pousses-toi ! Je me mis sur le côté. Il entra avec un carton. Deux hommes le suivirent avec un lourd carton. Moi : Mais c'est quoi ça ? Ibrahim : J'ai vu qu'il te manquait quelques petites choses. Il conduisit les deux hommes dans la cuisine. Ils déposèrent les cartons. Ibrahim : On revient ! Par curiosité, je jetai un coup d’œil sur les cartons. C'étaient un réfrigérateur et un micro-onde. Je les entendis remonter les escaliers. Je vivais au 1er étage. Je sortis dans le couloir. Moi : Tu es fou ! Il ne fallait pas m'acheter tout cela. Ibrahim : Considères que ce sont tes cadeaux de Noël avant Noël. Crois-moi c'est un plaisir. (puis aux deux hommes) suivez-moi c'est par là. Il entra dans le salon. Mon cœur s'emballa. Je le vis s'arrêter net à la porte du salon. Puis il se tourna vers moi, je lus dans ses yeux sa fureur. Ibrahim : Je vois que toi aussi tu es bien accompagnée. Moi, pour tenter de désamorcer la bombe qui risquait d’exploser : Posez le carton par là ! Les deux hommes s'exécutèrent. Ils redescendirent avec Ibrahim et rapportèrent un dernier carton dans le salon. Ibrahim : Vous pouvez commencer par déballer les cartons de la cuisine. Nous nous retrouvâmes tous les trois dans le salon. Je sentais d'ici le bouillonnement intérieur d'Ibrahim. Je raclai la gorge. Moi : Ibrahim, je te présente Bakary, un collègue. Bakary, je te présente Ibrahim, un ami. Ibrahim, énervé : Un ami !  Il sortit en colère du salon. Je le suivis dans le couloir. Moi : Attends ! Ibrahim, ce n'est pas ce que tu crois ! Ibrahim : Qu'est-ce que je crois ? Que je suis juste un ami ? Moi : Tu ne vas pas me faire une scène pour un mot. Ibrahim : Pour un mot ? Tu fais exprès là ! cria-t-il hors de lui. Tu sais quoi, on n'a plus rien à se dire. Vas le rejoindre ton "collègue" et laisses-moi m'occuper de ce pour quoi je suis venu. Moi : Tu... Ibrahim : Rabia ! Je me retournai. C'était Bakary qui venait de nous rejoindre dans la cuisine. Bakary : Je pars ! Moi : Non s'il te plaît, restes encore. Bakary : Non ! Il vaut mieux que je parte ! Moi : Je suis vraiment désolée ! A lundi ! Bakary : A lundi ! On se fit la bise. Bakary : Au revoir, monsieur ! Ibrahim ne lui répondit pas. Bakary me fit un dernier au revoir de la main et partit. Moi : Tu aurais pu lui répondre. Il m'ignora et se dirigea vers la cuisine. Je le suivis. Moi : Tu vas m'ignorer jusqu'à quand ? Il ne me répondit pas. Ibrahim, aux deux livreurs Tout se passe bien ? L’un des livreurs : Oui ! Le micro-onde est déjà installé. On s'occupe du frigo. Ibrahim : Très bien ! Moi : Ibrahim ! Ibrahim ! Il m'ignora. Moi : Pfff ! Tanpis ! Continue de faire l'enfant ! Il se retourna, m'attrapa violemment par la main et me conduisit dans le salon. Ibrahim : Tu penses que c'est un caprice ? Je te trouve seul avec un mec, avec "ce" mec et tu ne vois pas le mal ? Moi : Non ! Je ne vois pas le mal. Je ne vais pas vivre sans ami pour toi. Ibrahim : Tu vois, j'en ai marre de parler à une sourde. Fais ce qui te plaît. Je retourne dans la cuisine, je te prierais de me laisser tranquille. Il s'en alla en colère. Irritée, je partis m'enfermer dans ma chambre. Une heure après, j'entendis la porte d'entrée claquer. Je compris qu'ils avaient terminé les installations et étaient partis. ********************************* Lundi suivant Je regardai l'heure, il était midi 45. J'éteignis mon ordinateur et sortis du bureau. D'un pas décidé, je me dirigeai vers l'étage en dessous. Je frappai à la porte. Bakary : Entrez ! Moi, en ouvrant la porte : Coucou ! Il me sourit, puis reposa son regard sur l'ordinateur et continua à tapoter sur le clavier. Bakary : Bonjour Rabia ! Moi : Tu n'es pas passé ce matin me voir. Bakary : J'avais un rendez-vous à l'extérieur ! Je suis arrivé ici vers 10h, j'ai préféré rejoindre directement mon bureau. Comment vas-tu ? Moi : Ça peut aller ! Et toi ? Bakary : Moi, ça va. Moi : Je voulais m'excuser pour ce qui s'est passé samedi. Il me regarda. Bakary : Tu n'as pas à t'excuser. Moi : Si tu savais comme j'ai honte ! Il me sourit. Bakary : Ne t'en fais pas. Ce sont des choses qui arrivent.  Moi : Il a été tellement ignoble avec toi. Bakary : C'est oublié ! (il prit un air grave et continua) J'aurais juste voulu que tu sois franche avec moi et que tu me dises que tu n'étais pas célibataire. Excuses-moi de te le dire ouvertement, mais cela aurait évité le scandale de samedi. Moi : Mais je suis célibataire. Ibrahim est mon ex. Bakary : Ton ex ? Et il débarque chez toi avec des cadeaux. Moi : On est dans une situation assez compliquée. Je n'ai pas voulu t'en parler parce que moi- même, je ne sais pas trop quoi penser de cette situation. D'ailleurs, mes amitiés ne dépendent pas de ma vie amoureuse. Célibataire ou non, j'ai le droit de me faire des amis. Bakary : Ce n'est pas l'avis de ton ex ! Moi : Il finira par l'accepter ! Bakary : Tu sais, je le comprends ton ex. Moi, à sa place, je n'aurais pas aimé que de beaux mecs tournent autour de la femme que j'aime. J'éclatai de rire. Moi : Oh, parce que toi tu me tournes autour ? Il me donna pour seule réponse un sourire, puis il reprit un visage grave que je ne sus comprendre. Moi : Parlons d'autres choses ! Tu viens, on va aller manger. Bakary : Je ne peux pas ! Je vais commander et manger ici. J'ai un dossier à boucler avant la fin de la semaine prochaine. Moi : Ok ! Je te laisse travailler.  **************************** Deux semaines passèrent. Je restai sans nouvelle d'Ibrahim. Bakary aussi, se montra inaccessible. Vivement qu'il finisse son dossier. Je m'installai sur le canapé. J'étais chez Ibrahim. J'avais enfin pris la décision de venir le voir. Je n'avais pas cessé de penser à ce que j'allais lui dire. Faire le premier pas m'avait beaucoup coûtée, mais pour une fois, je m'étais permise de m'écouter, d'ouvrir la petite porte intérieure que j'avais fermée depuis si longtemps juste pour voir ce que ça ferait. Il me dévisagea en entrant dans le salon. Visiblement, il ne s'attendait pas à me voir. Moi : Bonsoir ! Ibrahim : Bonsoir ! Il s'assit sur un des fauteuils. Moi : Comment vas-tu ? Ibrahim : Je vais bien et toi ? Moi : Je vais bien aussi ! On se regarda silencieusement. Ibrahim : Qu'attends-tu de moi ? Je restai silencieuse. Ibrahim : Rabia, pourquoi es-tu venue ? Moi : Parce que je te veux dans ma vie. Ibrahim : Es-tu sûre que c’est ce que tu veux ? Moi : Oui ! C'est ce que je veux ! Il hésita pendant quelques minutes. Peut - être parce qu'il se demandait s'il pouvait réellement me faire confiance. Puis il se leva, vint vers moi, me fit lever à mon tour et m'embrassa. Ibrahim : Es-tu sûre, mon amour ? Moi : Oui ! Je l'embrassai avec fougue pour lui montrer ma passion, puis me rappelant la petite faveur que je devais lui demander, j'éloignai lentement mes lèvres des siennes. Moi : Mais il faut qu'on parle. Ibrahim : Ok ! On s'installa côte à côte sur le canapé.  Ibrahim : Je t'écoute ! Moi : Ça ne va pas te plaire, mais je veux que tu sois moins jaloux. Son regard s'aggrava. Ibrahim : Tu ne vas pas me parler de ton collègue. Je lui attrapai la main. Moi : Il s'appelle Bakary ! Ibrahim : Peu importe comment il s'appelle. Moi : Il ne se passe rien entre nous. C'est juste un ami. Ibrahim : Un ami qui donnerait cher pour être à ma place. Moi : C'est la jalousie qui te fait croire cela. Ibrahim : Rabia, je ne suis pas dupe. Cet homme a des sentiments pour toi. Si par naïveté tu refuses de l'admettre. Moi, je le vois bien. Tu peux comprendre mon point de vue. Il y a quelques semaines, quand tu m'as vue avec cette fille en boîte de nuit, toi aussi, tu m'as fait une scène. Je n'ai pas hésité une seconde, j'ai coupé toute relation avec elle pour te garder. Fais la même chose pour me garder. Moi : Mais il s'agit de mon collègue ! Ibrahim : Garde une relation professionnelle, mais pas une relation amicale privilégiée. Je ne pourrais pas supporter de vous imaginer tous les deux seuls dans ton appartement. Je restai silencieuse. Avais-je vraiment le choix ? Pouvais-je lui en vouloir, moi qui ne supportais pas de le voir avec une autre fille ? Je trouvais sa jalousie non justifiée, mais ne devrais-je pas faire des compromis par amour. Moi : Ok ! Je ne l'inviterais plus seul chez moi. 
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