Le bar Le Dauphin, niché dans une ruelle étroite près du port Hercule, était un vestige d’un Monaco oublié, loin des néons clinquants de Monte-Carlo. Ses murs jaunis par la fumée, son comptoir éraflé et ses chaises bancales racontaient une histoire de nuits longues et de vies usées. À 18 heures, l’endroit était presque vide, à l’exception de quelques habitués – un pêcheur buvant une bière, un chauffeur de taxi lisant un journal, un couple de touristes égarés. Derrière le comptoir, Lydie Moreau, 27 ans, essuyait des verres avec une précision mécanique, son regard perdu dans le vague. La lumière blafarde des néons faisait briller ses cheveux châtains, attachés en une queue-de-cheval désordonnée, mais son visage, marqué par la fatigue, trahissait une lassitude bien plus profonde. Lydie était


