Les yeux du chasseur se plissèrent en la regardant. « Qui diable êtes-vous ? »
« Je connais la vérité », dit-elle d'une voix ferme malgré la peur qui la parcourait. Elle fit un autre pas en avant, le menton haut. « Cet homme n'est pas le monstre que vous croyez. Il est maudit, certes, mais il ne représente une menace ni pour vous ni pour qui que ce soit. »
Le chasseur rit d'un rire cruel et moqueur. « Une malédiction, dites-vous ? Et qui êtes-vous pour le défendre ? Une folle amoureuse ? »
Les joues d'Aurore brûlèrent, mais elle tint bon. « Je connais la bonté en lui. Vous n'êtes pas obligée de faire ça. S'il vous plaît, laissez-le partir. »
Le visage du chasseur s'assombrit et il leva de nouveau son arbalète. « Je n'ai pas de temps à perdre avec ces bêtises. Écartez-vous, ma fille, ou vous le regretterez. »
Le cœur d'Aurore battait fort, mais elle ne bougea pas. Elle ne pouvait pas. Elle regarda Aldric, le suppliant du regard d'agir, mais il semblait figé, ses yeux dorés rivés sur l'arme du chasseur.
Puis, sans prévenir, la forêt sombra dans le chaos. Un hurlement perça la nuit, profond et primitif, et le sol sembla trembler sous leurs pieds. La tête d'Aurore pivota brusquement, ses yeux s'écarquillant lorsqu'un loup massif surgit de l'ombre, ses yeux dorés brillant à la lueur de la torche.
« Qu'est-ce que… » commença le chasseur, mais ses paroles furent interrompues par le loup qui bondit, son corps puissant se déplaçant à une vitesse terrifiante. Les chasseurs se dispersèrent, leurs cris de peur emplissant l'air tandis qu'ils fuyaient dans l'obscurité.
Aurore fixa le regard dans un silence stupéfait, le cœur battant la chamade lorsque le loup tourna son regard vers elle. C'était Aldric, ou du moins, une partie de lui. La bête que la malédiction l'avait forcé à devenir. Ses yeux dorés croisèrent les siens, et pendant un instant, ils furent enfermés dans un échange silencieux, une connexion qui transcendait les mots.
Puis, avec un grognement sourd, il se retourna et disparut dans la forêt, la laissant seule dans la clairière.
Ses jambes cédèrent sous elle et elle s'effondra au sol, le souffle court. Son esprit était un tourbillon de pensées et d'émotions, son cœur se serrant d'un désir étrange et indicible. Elle avait vu l'homme et la bête, les deux moitiés d'Aldric, et elle ne pouvait se défaire du sentiment qu'il était bien plus profond qu'elle ne pourrait jamais comprendre.
Assise, ses doigts effleurèrent quelque chose de froid et de métallique sur le sol. Elle le ramassa, les yeux écarquillés lorsqu'elle réalisa qu'il s'agissait du piège abandonné qui avait retenu Aldric auparavant. Les mâchoires de fer étaient encore tachées de sang, un souvenir brutal de la douleur qu'il avait endurée.
Je dois l'aider, pensa-t-elle, sa résolution se renforçant. Je dois trouver un moyen de briser cette malédiction.
Mais comment ? La réponse lui échappait, perdue dans l'ombre de la forêt. Une seule chose était sûre : elle ne pouvait pas laisser Aldric affronter cette situation seul. Quel qu'en soit le prix, elle le soutiendrait.
Et tandis que la lune brillait haut dans le ciel, projetant sa lumière argentée sur la clairière, Aurore ressentit un étrange calme l'envahir. Elle ignorait ce que l'avenir lui réservait, mais une chose était sûre : sa vie ne serait plus jamais la même.
Les doigts d'Aurore se resserrèrent autour du piège froid et ensanglanté tandis qu'elle se relevait. La forêt était maintenant étrangement silencieuse, la lune projetant de longues ombres déchiquetées sur la clairière. Son cœur battait fort dans sa poitrine, un mélange de peur et de détermination. Aldric avait disparu dans l'obscurité, et elle savait qu'elle avait hâte que les chasseurs reviennent. Elle devait le retrouver – elle le devait.
Elle prit une profonde inspiration, l'odeur de terre humide et de pin emplissant ses poumons, et se mit en mouvement. La forêt était vaste, mais elle se fiait à son instinct. Aldric était là, blessé et seul, et elle ne s'arrêterait pas avant de l'avoir trouvé. Il a besoin de moi, pensa-t-elle, ses pas s'accélérant. Et j'ai besoin de lui.
Alors qu'elle marchait, le silence n'était rompu que par le léger craquement des feuilles sous ses bottes. Son esprit se bousculait. Comment les chasseurs avaient-ils su où le trouver ? Pourquoi étaient-ils si déterminés à le tuer ? Et surtout : comment pourrait-elle l'aider à briser la malédiction ? Le piège qu'elle tenait à la main lui rappelait sinistrement le danger qu'il affrontait chaque nuit. Elle avait besoin de réponses, et vite.
Plus elle s'enfonçait dans la forêt, plus les arbres devenaient sombres et denses. La lumière de la lune perçait à peine la canopée, et elle devait se fier à sa mémoire du chemin. Chaque bruissement de feuilles, chaque craquement de brindille faisait battre son cœur à tout rompre, mais elle persévérait. Aldric, l'appela-t-elle mentalement, comme s'il l'entendait. Où es-tu ?
Puis, faiblement, elle l'entendit : un grognement sourd et douloureux. Son souffle se bloqua dans sa gorge, et elle se figea, tendant l'oreille. Le grognement se fit entendre de nouveau, plus près cette fois. Elle suivit le son, son pouls s'accélérant à chaque pas. Le grognement la conduisit à un petit creux caché, où le clair de lune se déversait à travers une trouée dans les arbres. Et là, recroquevillé contre un rocher couvert de mousse, se tenait Aldric.
Il avait pris sa forme de loup, ses yeux dorés brillant faiblement dans l'obscurité. Sa fourrure était tachée de sang, et sa respiration était courte et laborieuse. Le cœur d'Aurore se serra à cette vue. Elle s'avança prudemment, d'une voix douce mais ferme. « Aldric… c'est moi. C'est Aurore. »
Sa tête se redressa brusquement au son de sa voix, ses oreilles s'aplatissant contre son crâne. Il grogna de nouveau, en guise d'avertissement, mais elle ne s'arrêta pas. Elle s'agenouilla à quelques mètres, posa le piège et leva les mains en signe de reddition. « Je ne suis pas là pour te faire du mal », dit-elle. « Je suis là pour t'aider. S'il te plaît, laisse-moi t'aider. »
Pendant un instant, il la fixa du regard, ses yeux dorés scrutant les siens. Puis, lentement, son grognement s'apaisa et il baissa la tête. Aurore expira de soulagement et se rapprocha. « Tu es blessé », dit-elle d'une voix tremblante. « Laisse-moi… » Elle tendit la main pour le toucher, mais il tressaillit, un gémissement sourd s'échappant de sa gorge.
« Je suis désolée », murmura-t-elle en retirant sa main. « Je ne te toucherai pas si tu ne le veux pas. » Elle s'affaissa à côté de lui, les yeux fixés sur lui. « Mais tu n'as pas à affronter ça seul. Je suis là, Aldric. Je ne vais nulle part. »
Il laissa échapper un léger soupir, son souffle chaud contre sa peau, et elle sourit faiblement. « Tu as peur », dit-elle, autant pour elle-même que pour lui. « Je comprends. Mais on trouvera une solution. Ensemble. »
Ils restèrent assis en silence un moment, la forêt autour d'eux vibrant des murmures de la nuit. L'esprit d'Aurore revint à leurs précédentes rencontres : la façon dont ses yeux dorés s'étaient posés sur les siens, la chaleur de son contact, l'intensité de leur connexion. Même maintenant, sous sa forme de loup, elle ressentait la même attirance, la même attraction magnétique.
« Aldric », dit-elle doucement, d'une voix à peine plus forte qu'un murmure. « J'ai besoin que tu me fasses confiance. Je sais que tu as peur de me faire du mal, mais je n'ai pas peur de toi. Je n'ai jamais eu peur de toi. » Elle marqua une pause, le cœur battant la chamade. « Je… je tiens à toi. Plus que je n'ai jamais tenu à qui que ce soit. »
Ses yeux croisèrent les siens, et pendant un instant, elle aurait juré y avoir vu quelque chose changer – une lueur d'humanité, de vulnérabilité. Puis il ferma les yeux, le corps légèrement tremblant. La main d'Aurore plana sur lui, aspirant à le réconforter, mais elle résista à l'envie de le toucher à nouveau.
Au lieu de cela, elle s'adossa au rocher à côté de lui, son épaule effleurant sa fourrure. « On trouvera un moyen », murmura-t-elle. « Je te le promets. Quoi qu'il en coûte, on brisera cette malédiction. »
La nuit s'étira, la lumière de la lune s'estompant progressivement à l'approche de l'aube. Aurore resta aux côtés d'Aldric, les pensées submergées par un tourbillon d'émotions. Elle ignorait ce que l'avenir lui réservait, mais une chose était sûre : elle était prête à se battre pour lui. Pour eux.
Alors que les premiers rayons de soleil filtaient à travers les arbres, la respiration d'Aldric se raffermit et son corps commença à se transformer. Sa fourrure recula, ses membres s'allongeèrent et, en quelques instants, il redevint humain. Il resta allongé là, sa poitrine se soulevant et s'abaissant à chaque respiration, ses yeux dorés s'ouvrant pour rencontrer les siens.
« Aurore », murmura-t-il d'une voix rauque. « Je… je suis désolé. »
Son cœur se serra à la douleur dans sa voix, et elle tendit la main, hésitant un instant avant de la prendre dans la sienne. « Tu n'as pas à t'excuser », dit-elle doucement. « Tu n'es pas un monstre, Aldric. Tu ne l'as jamais été. »
Il la regarda, les yeux emplis d'un mélange de gratitude et de désir. « Je ne te mérite pas », dit-il doucement. « Mais je ne peux pas rester loin de toi. »
Ses paroles lui coupèrent le souffle et elle lui serra la main. « Tu n'es pas obligé », répondit-elle. « Je suis là. Et je ne vais nulle part. »
Il observa son visage, son pouce effleurant sa paume, lui faisant frissonner. « Et si je perdais le contrôle ? » demanda-t-il d'une voix à peine murmurée. « Et si je te faisais du mal ? »
« Tu ne le feras pas », dit-elle fermement, les yeux rivés sur les siens. « J'ai confiance en toi, Aldric. Et je crois en toi. »
Il expira brusquement, resserrant légèrement sa prise sur sa main. « Tu es plus courageuse que je ne le mérite », murmura-t-il. « Mais je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour te protéger. Pour être digne de toi. »
Ses lèvres s'incurvèrent en un petit sourire, et elle se pencha plus près, son visage à quelques centimètres du sien. « Tu l'es déjà », murmura-t-elle.
Pendant un instant, ils se fixèrent simplement, l'air entre eux chargé d'émotions inexprimées. Puis, lentement, Aldric se pencha, ses lèvres effleurant les siennes dans un b****r tendre, presque hésitant. Le cœur d'Aurore s'emballa lorsqu'elle lui rendit son b****r, ses doigts s'emmêlant dans ses cheveux. C'était un b****r empli de désir et d'espoir, une promesse de l'avenir.
Lorsqu'ils se séparèrent enfin, Aldric posa son front contre le sien, son souffle chaud contre sa peau. « Aurore », murmura-t-il d'une voix chargée d'émotion. « Je… Je ne sais pas ce qui va se passer. Mais quoi qu’il en soit, je veux que tu saches… »
« Chut », l’interrompit-elle en posant un doigt sur ses lèvres. « On y fera face ensemble. C’est tout ce qui compte. »
Il hocha la tête, son regard scrutant le sien. Et à cet instant, Aurore sentit quelque chose changer entre eux – un approfondissement de leur connexion, une compréhension mutuelle. Elle ignorait ce que l’avenir lui réservait, mais une chose était sûre : elle était exactement là où elle devait être.