Désespoir

2419 Mots
Wagni : j’ai dit exactement ce que j’ai vu. Je l’ai vu de mes propres yeux trancher la gorge de notre père. Tu dois me croire. Mbala : si tu avais réellement vu cela, tu n’aurais rien dit. Je veux savoir qui te manipule, qui te pousse à détruire ta famille ? QUI ? PARLE ! Il se mit à pleurer. La pression que lui mettait son frère allait le faire craquer. Mbala : je te demande de me parler, je suis ton grand frère. Notre mère risque passer toute sa vie en prison si tu ne dis rien. Tu vas vraiment permettre cela ? Wagni : elle a dit que j’irai en prison si je change encore de version. Je dois dire ce qu’elle a dit Mbala : ELLE c’est qui ? Qui te met des absurdités dans la tête ? Ne perds plus le temps pour me répondre s’il te plait. Je ne suis plus très patient. Wagni : LINDA ! C’est elle  Mbala rougit de colère. Il avait vu le mauvais œil de cette fille mais était loin d’imaginer qu’elle pouvait en arriver à ces extrêmes.  Mbala : racontes-moi tout ça dans les moindres détails Wagni : elle m’avait trouvé dans la chambre toute essoufflé l’autre jour. Elle m’a dit que papa était en train de mourir, qu’il a vu maman lui trancher la gorge. Elle a dit que si c’est elle qui témoigne on ne va pas croire parce qu’elle n’est pas riche. Elle a dit que je dois témoigner et dire que c’est moi qui avait tout vu et non elle. Mbala : c’est cette sorcière qui veut nous détruire ? Je vais la tuer, ça c’est certain. Wagni : je suis désolé Mbala : tu es plutôt fou. Elle t’a promis quoi en échange de tout ça ? Tu couches avec elle ?  Wagni : non ! On a décidé d’attendre jusqu’au mariage. Elle m’aime et je sais qu’elle a vu ce qu’elle m’a dit avoir vu. Elle ne peut pas me mentir. Mbala : si je ne t’étrangle pas c’est parce qu’on est dans un lieu public. Elle veut juste profiter de toi. Une fois le testament lut, tu auras certainement une grande part. Elle veut t’épouser pour ça. C’est elle qui a tué papa.  Wagni : je ne te permets pas de parler d’elle comme ça. Mbala : ouvres les yeux petit frère… Ouvres les yeux avant qu’il ne soit trop tard. Tu ne peux pas être aussi stupide, bête à la longue. Wagni : pour une fois qu’une belle femme s’intéresse à moi tu me traites de bête ? Je t’ai raconté tout ça pour que tu me lâche. Je raconterai ce qu’elle veut au tribunal. Maman doit payer pour tout ce qu’elle a fait. Mbala : j’ai l’impression que tu es possédé. Cette fille t’a possédé. Je vais la tuer, ça c’est certain. Il croyait tout savoir. Son petit frère avait délibérément omis de lui parler de l’histoire du coffre-fort. L’héritage dont il parlait n’existait plus. Il laissa son frère sur place et prit le chemin du retour. Il était enragé contre Linda. Il ne put arriver à destination. Il avait à peine fait la moitié du chemin lorsqu’il aperçut Mirabelle, vomissant dans une rigole en pleine route.  Il s’arrêta et alla la soutenir. Mbala : tu as quoi ? Mirabelle, tu es malade ? Elle ne pouvait pas encore lui répondre. Elle toussait encore. Il lui essuya la bouche avec son mouchoir de poche avant de lui caresser les cheveux. Elle avait beau être en mauvaise santé et lui en deuil, elle n’oubliait pas ce qui c’était passé. Elle retira sa main et le remercia pour le mouchoir. Elle voulut s’en aller mais il la retint. Mbala : dis-moi au moins ce que tu as. Tu vomis en pleine route, ce n’est pas normal Mirabelle : tu as trop de problèmes en ce moment pour que je te parle aussi des miens. Je vais m’en sortir, ne t’en fais pas.  Mbala : je sais que je t’ai fait du mal mais là c’est ta santé qui est en jeu. Mirabelle : ça ne te concerne pas. Bon courage pour ce qui arrive à ta famille. Les choses iront mieux. Elle se débarrassa de sa main et s’en alla. Il reprit son bout de chemin. De loin, il remarqua une affluence devant le portail de la maison. Que pouvait bien-t-il se passer ? Il y avait des hommes garnis tel des gorilles. Ils refusèrent que Mbala entre dans la maison avec la voiture. Celui-ci sortit de la voiture tout furieux. Mbala : je suis chez moi ici, pourquoi vous me refusez l’accès ? Qui êtes-vous d’ailleurs ? Ils le laissèrent entrer à pieds. Des hommes inconnus avaient envahi la maison. Il courut jusqu’au séjour. Sabine était assise par terre, en larme. Les employés avaient tous leurs bagages en main, prêt à s’en aller.  Mbala : il se passe quoi ici ? C’est quoi tout ça ? Personne ne lui répondit. Il entendit derrière lui la voie de Linda. Linda : il se passe que c’est fini pour vous. Mbala : toi ! Je vais te tuer sorcière. Tu vas mourir Il voulut se jeter sur elle mais fut retenu par un homme qui l’accompagnait. Son fameux complice du téléphone. Sachant que Wagni avait certainement déroulé sa langue et tout avouer à son grand frère, Linda avait préféré précipiter les choses et prendre possession de tous les biens de cette famille. Linda : bien ! Voilà ton petit frère… Viens là mon chéri Elle tendit sa main et Wagni s’approcha jusqu’à elle. Linda : tous les documents de cette maison et des entreprises et même des voitures sans compter ceux des comptes en banques sont désormais en mon nom. J’ai des preuves de tout ce que j’avance si jamais vous voulez me coller un procès. Mbala : balivernes !   Linda : vous êtes tous libre de partir si vous le souhaitez. La seule que je garde obligatoirement c’est Sabine. Ma’a Sabine : oooo… Malheur des malheurs : Tu es où Luc ? Tu es parti où ? Viens voir ce qui arrive dans ta maison. Le diable est entré chez toi. Linda : le diable comme tu le dis est ta fille. OUI ! Je suis ta fille. Un silence mortuaire avait envahi la salle. Tous les regards étaient posés sur elle. On voulait comprendre. Etait-ce l’excès de joie qui la rendait subitement folle ? Sabine qui criait à s’entendre de tous les horizons était devenue aussi muette qu’une tombe. Linda esquissa un sourire, elle se disait que sa mère sauterait dans ses bras. Linda : ton histoire se rapproche beaucoup à la mienne Elle lui compta sa version de l’histoire. Lui montra les documents comportant son identité. Ce qu’elle avançait était bien vrai.  Linda : tu es ma maman, celle que j’ai cherchée pendant tant de temps. Je voudrai qu’on partage toute cette richesse ensemble. Ici ils te traitaient tous avec mépris, maintenant c’est toi qui va leur donner la conduite à suivre. Tu vas être respectée maman Ma’a Sabine : je suis la mère du nourrisson qui m’a été arraché des bras il y’a aujourd’hui près de trente ans. Je ne suis pas la mère d’un diable sorti de l’enfer pour rependre le mal.  Linda : tu ne peux pas parler de moi comme ça, tu ne sais pas ce que j’ai vécu. J’ai beaucoup souffert. J’ai été obligé d’entrer dans cette vie. Ma’a Sabine : tu as choisi ta vie. Tu as décidé d’incarner le diable sur terre. Si réellement tu viens de mes entrailles, j’aurai aimé n’avoir jamais eu à t’accoucher. J’ai mal de le dire mais c’est la vérité. Tu as mis à terre toute une famille pour t’accaparer de simples biens. Si ça se trouve c’est toi qui a tué le patron et laver le cerveau de son fils pour qu’il accuse sa mère. Moi, Sabine ! Je ne peux pas avoir mis au monde une telle abomination.  Ces paroles étaient tellement perçantes que Linda se mit à pleurer. Elle aurait aimé que sa mère essaie de la comprendre mais celle-ci ne voulait plus rester ce ne serait-ce qu’à côté d’elle. Mbala ne savait plus quoi faire. Peut-être fallait-il la supplier ? Mbala : tu as tué notre père ça fait deux jours tout juste. Laisse-nous au moins faire notre deuil, laisse-nous le mettre sous terre avant de faire ce que tu veux faire. Permets-nous de libérer notre mère et on s’en ira aussi loin que tu voudras.  Wagni : pourquoi tout le monde l’accuse ? Elle n’a rien fait Mbala : qui t’as parlé ? Ce que tu cherches derrière cette fille, tu vas voir. Quand elle t’aura vidé de tes intestins, ne compte pas sur moi pour t’enterrer. Quand je sortirai d’ici sans toi, je considérai que je n’ai plus de petit frère. Wagni : tu peux dire ce que tu veux, je reste avec elle. Mbala : j’espère qu’un jour tu ne viendras pas me dire que tu es désolé. Ce jour-là je vais certainement te tuer avant d’aller en prison. Tu as laissé cette fille nous deviser. Voilà qu’elle règne sur tout ce que nos parents ont gagné à la sueur de leur front. Wagni : quand tu volais pour aller vendre tu ne savais pas aussi qu’ils ont gagné ça durement ? Tu es là à parler comme si tu étais trop parfait. Toute ces filles que maman t’a aidé à faire avorter, ce n’était pas des crimes ? Et celles que tu as viré de la maison après avoir touché, c’était de la gentillesse ? Mbala : tu as encore un peu de temps pour changer d’avis. Reviens-moi petit frère Linda se rendit compte que Wagni était sur le point de céder.  Linda : il ne peut pas te rejoindre car lui et moi allons nous marier. Pour vous montrer que j’ai un peu de cœur on va signer communauté des biens. Là, vous aurez toujours une part des biens que vous dites être ceux de votre père. Mbala : je te trainerai en justice et tu payeras pour tout ce que tu as fait. Je ne vais pas bouger de cette maison, sois en sûr. D’ailleurs, personne ne va bouger. Linda : je sais que tu ne peux pas bouger. Tu n’as appris à rien faire. Si tu sors là, tu mourras certainement avant même qu’on ne mette ton père sous terre. Mais moi quoi ? Même par la force tu vas partir aujourd’hui même.  Ma’a Sabine : je ne peux pas rester sous le même toit que cette femme. Je préfère retourner dans mon village. Je n’ai pas accouché ça Elle avait les mains sur la tête, elle faisait des allées et retours sur place. Pourquoi devait-elle vivre une telle scène ?  Linda : tu resteras dans cette maison de gré ou de force. Tu es ma mère et le temps passé doit être rattrapé. Tu as toute ta vie élevé des ingrats et maintenant que tu dois avoir ta récompense tu ne veux pas ?  Ma’a Sabine : à quel prix ? Au prix de leur sang et de leur souffrance ? Je préfère rejoindre Luc  Elle ne voulait rien comprendre venant de la bouche de sa fille. Seulement, les ordres de Linda étaient bien clairs. Leur demander de rester n’était qu’un leurre, ils étaient tous obligé de le faire sauf Mbala. Elle ne pouvait se permettre de rendre l’histoire publique avant l’enterrement du père et la condamnation de la mère. Mbala étant un soulard de renommé dans la ville, sa parole n’avait pas de poids. Il avait été expulsé de la maison et tous les autres étaient restés.  Elle avait coupé la communication entre l’intérieur de la maison et l’extérieur. Nul n’avait le droit de sortir avant les deux semaines qui suivaient. Placé devant le portail qu’il avait vu pendant toute sa vie, Mbala se demandait si c’était un mauvais rêve ou une réalité inconnue. Il venait d’être expulsé de son domaine familial de force tel un clochard demandant à manger dans un restaurant de luxe. Il ne trouvait même plus les mots pour qualifier ce qui se passait.  Au lieu de trouver un coin tranquille pour poser son esprit et chercher la manière adéquate pour récupérer les biens de la famille, l’irresponsable et l’ignorant qu’il était préféra aller se reposer dans un bar de la place avec ses deniers économies. Pendant qu’il sirotait un verre de whisky, son ami arriva. C’était l’occasion pour lui de demander un toit pour la nuit. Il se prénommait Martial.  Martial : mais type, tu fais quoi ici avec toutes affaires ? Tu voyages ? Mbala : pour le moment je veux juste un endroit où dormir pendant quelques jours. J’ai tout un tas de problème. Martial : tu cherches là-où tu vas dormir ? Toi le plus riche du quartier ? La roue a tourné ou quoi ? Mbala : je vais te raconter tout ça une fois que je me serai bien reposé Martial : c’est toujours à cause du coup de l’autre jour avec tes amis ? Qui t’a chassé même ? Ton pater est… Et ta mère est en tôle. Qui t’as mis dehors ? Mbala ne put se retenir. Il commença à pleurer toutes les larmes de son corps. Il ne comprenait pas ce qui arrivait à sa vie. Il regardait un vieil homme sur la table en face de la sienne.   Mbala : le vieux là-bas est tous les jours ici à se souler, à dormir avec des femmes qui ne sont pas les siennes, parfois il vole même la bière. Il ne lui ait jamais rien arrivé. Mais moi j’ai à peine commencé que je perds tout. J’ai vraiment fait quoi de mal ?  Martial : viens on part d’abord. Tu commences déjà à raconter un tas de chose sans sens. Allons d’abord, tu vas te reposer. La nuit est en train de tomber. Ils s’en allèrent. Son ami était assez aisé dans son petit studio luxueux. Il venait d’une famille de classe moyenne. Il avait sût obtenir son indépendance financière bien assez tôt. Une fois bien installé, Mbala lui raconta tout ce qui s’était passé. Il se disait que c’était certainement les effets de l’alcool qui le poussait à parler de la sorte. Il n’avait pas cru à son histoire mais l’avait tout de même laissé rester dans la maison.
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