Episode 13

2083 Mots
Mbala : vous êtes désolé ? Pourquoi ? Où est ma femme ? -votre femme est hors de danger par la grâce de Dieu. C’est l’enfant qui ne pouvait pas être sauvé. Bien qu’attristé par la perte du bout d’homme en formation, il se réjouissait pour sa belle Mira qui était désormais hors de danger. Le docteur les laissa et retourna au bloc. Ils rendaient tous gloire pour la nouvelle. La famille de Mirabelle fut prévenue de ce qui s’était passé au petit matin. Sa mère arriva en furie à l’hôpital. Femme de caractère, elle ne manqua pas de dire à Mbala tout ce qu’elle pensait de lui. Sa fille lui avait raconté ses mésaventures au lieu de service lorsqu’elle avait constaté la grossesse. Mbala l’avait aperçu et voulait faire bonne impression en étant polit. Mbala : bonjour maman… Comment allez-vous ? De la tête aux pieds, elle dévisagea Mbala qui se sentit quelque peu ridicule. -tu me salut ? Tu me salut après avoir mis la vie de ma fille en danger. Si tu ne t’étais pas comporté comme un malpropre rien de tout ceci ne serai arrivé. Je ne sais même pas comment elle a fait pour tomber sur un idiot comme toi. Voilà les conséquences. Mbala : je suis désolé maman -tu es désolé à quel moment ? C’est-à-dire que nos conseils sont volatiles. On parle aux enfants chaque jour, on vous chante la bonne marche à suivre mais vous décidez de n’en faire qu’à votre tête. Après, quand ça se gâte c’est pour tout le monde. Mais je te dis une chose mon fils, si après ceci tu t’approches encore de ma fille, je vais aller t’attacher dans mon village. Ma’a Sabine qui avait constaté la dispute vint vers eux. Ma’a Sabine : mama qu’est-ce qui se passe ? -Haaa Sabina, tu étais venu prendre ma fille que tu l’amène travailler dans les grandes maisons. Je t’avais dit de bien t’occuper d’elle, voici le résultat. Elle a failli mourir. Dieu merci c’est l’enfant qui est parti. Si ma fille partait j’allais devenir quoi Sabina ? Pourquoi même ces enfants sont comme ça ? Ma’a Sabine : tu veux que je te dise quoi ma mère ? N’est-ce pas on l’avait conseillé ensemble ? Est-ce qu’on va mettre la caméra derrière l’enfant pour surveiller ses faits et gestes ? Une fois qu’on a conseillé on prie juste qu’il nous écoute. Tous ces évènements avaient fait grandir en Mbala une culpabilité qui l’anéantissait et le fortifiait de plus en plus. Personne ne pouvait voir Mirabelle pour le moment. Elle se remettait encore peu à peu d’une opération à laquelle elle n’était pas préparée. En attendant qu’il soit possible de lui rendre visite, Mbala qui était déjà à son lieu de service commença à travailler après avoir remercié Ma’a Sabine et Martial qui avaient pris congé de lui. Toutes les factures de l’hôpital avaient été payées. Il avait cette chance d’avoir des personnes qui malgré tout le soutenaient. Lorsque vint le moment d’aller rendre visite à sa bien-aimée qui venait de se réveiller, il eut interdiction de la part de la mère de celle-ci. Ils étaient placés devant la chambre de la patiente. Le docteur lui avait déjà donné son autorisation. Mbala : je sais que j’ai fait du mal à votre fille et je m’en excuse. Je veux juste la voir et m’assurer qu’elle va bien ensuite je m’en irai de sa vie. Je vous assure que je ne viendrai plus jamais la déranger. -elle ne veut pas te voir. Je ne veux pas que tu la vois. Qu’est-ce que tu ne comprends pas ? Il faut la laisser tranquille. Tu en a déjà assez fait. Laisse-la vivre en paix. Au fond Mbala savait qu’il devait lâcher prise. Il avait déjà fait assez de mal à cette fille. Il s’en alla en souffrant du cœur. Jamais il ne s’était attaché à une femme de cette manière. Il trainait les pieds dans les couloirs de l’hôpital, il ne voyait pas la suite de sa vie sans sa belle Mira. Le soir arriva, il avait terminé son service et était sur le point de rentrer. Il aperçut la mère de Mirabelle qui sortait de l’hôpital certainement pour rentrer prendre quelques affaires. C’était là une belle opportunité pour aller voir sa bien-aimée. Il fonça en course jusqu’à la salle où Mirabelle était. D’autres patients partageaient la même salle. Il se rendit compte que Mirabelle n’était pas seule. Il prit tout son courage et alla la voir. Mbala : Mirabelle… Bonsoir Mirabelle Mirabelle : si ma mère te trouve ici elle va te faire passer la nuit au bloc opératoire. Je préfère que tu t’en aille et que tu sortes de ma vie. Par chance ou par malchance ce qui pouvait nous unir est mort à mi-chemin. Je préfère que nos routes se séparent. Mbala : si je dis que je vais te laisser et ne plus jamais revenir dans ta vie, je te mentirais et je me mentirais à moi-même. Je veux devenir un autre homme. Cet autre homme ne voit pas d’avenir sans toi à ces côtés. Mirabelle : tu es un couteau à double tranchant. Rien ne me garantit que ce que tu dis soit vrai. Excuse-moi mais je préfère me concentrer sur ma vie. Je ne veux plus d’embrouille. Mbala : je vais attendre que tu sois remise sur pieds pour qu’on en parle mieux. Tu as mon contact et moi le tient. Mirabelle ne le regardait pas. Elle semblait être devenue une autre personne. Son ton n’était plus aussi fin, son visage était froissé. Cela n’était que normal après la perte qu’elle venait de subir. Mbala s’en alla cette fois pour de vrai. Les jours passèrent, ensuite les semaines et bientôt plus de trois mois. Mbala n’avait jamais revu Mirabelle, ni de loin ni de proche. Il se contentait de rêver d’elle. Elle avait quitté l’hôpital sans faire le moindre bruit. Son numéro ne passait plus. Elle n’habitait plus au même endroit, elle s’était comme volatilisé. En espérant la revoir un jour, Mbala suivait une thérapie pour se désintoxiquer de tous les stupéfiants qu’il prenait. Rien n’était facile mais il savait qu’il allait s’en sortir. Son mensonge auprès du chef de salubrité l’avait obligé à prendre des cours en ligne sur la plomberie. Il en avait fait son métier dans le quartier et s’en sortait. Il devenait de plus en plus un homme responsable. Ce soir tempéré, Martial avait décidé d’aborder avec lui un sujet qui le tenait à cœur. Ils venaient tous les deux de rentrer de leurs différentes occupations, avaient mangé et se posaient devant les informations à la télévision. Martial : je suis fière de ce que tu deviens mon frère. Voilà que tu es respecté par les gens du quartier. Mbala : peu importe ce que je deviendrai un jour, je te le doit. Martial : maintenant que tu es capable de bien faire les choses, on doit récupérer ce que cette sorcière de Linda vous a volé. Mbala : c’est possible ? Martial : si on n’essaie pas, on ne le saura jamais. Avant d’entamer ce combat tu dois aller voir ta mère. C’est quelque chose que tu devais forcer pour faire depuis longtemps. Mbala : tu sais très bien que Linda a payé pour qu’elle ne reçoive aucune visite. J’y suis allé plus d’une fois, c’est à peine qu’on m’a reçu. Martial : on a récemment affecté l’un de mes amis comme gardien à la prison centrale. On va passer par lui avant qu’il ne soit corrompu par de plus grandes sommes. Dès demain matin on y va avant de voir. Mbala : et ensuite on va faire comment ? Martial : tout d’abord on va contester l’emprisonnement de ta mère, on portera l’histoire jusqu’à la presse s’il le faut mais on va contester puisqu’il n’y a pas eu de procès. Une fois la contestation acceptée, il y’aura certainement une enquête qui va être ouverte. Mbala : tu oublies que tout le monde est déjà soudoyé là-bas. Tout ce qu’on veut entamer ne va rien donner si nous n’avons pas plus d’argent qu’elle. Martial : on a l’avantage qu’elle pense que nous avons déjà abandonné. Mbala : cette femme a les yeux partout dans la ville. Partout où je passe j’entends parler d’elle. On aura à peine posé les pieds au commissariat qu’elle sera au courant. Martial : il faut me faire confiance et te faire confiance. Il y’a eu un remaniement et on a changé le commissaire. Même le procureur n’est plus le même. Nous devons profiter du fait qu’ils soient encore nouveaux pour lancer notre attaque. Mbala : au fond je n’ai même plus envie de récupérer cet argent. Si on pouvait juste libérer ma mère… En fait c’est à cause de cet argent que j’ai fait le mauvais choix de vie. Martial : ne sois pas ignorant. Tes parents ont à la sueur de leur front travaillé cet argent pendant toute leur vie. C’est votre héritage, c’est votre patrimoine. Le laisser entre les mains d’une arriviste c’est piétiner ce travail. Mbala : et si après ça je redeviens ce que j’ai été ? Je commence à peine à me faire à une vie droite. Martial : ça voudrait dire que tu n’as pas compris le message. Si réellement tu as changé, tu sauras faire bon usage de ta fortune. La nuit porte conseil, si tu y penses bien alors on ira voir ta mère demain matin. Il avait réfléchit toute la nuit. Entre penser à son amour disparu dans la nature et à son héritage en otage, il n’avait pas pu trouver le sommeil. Le matin avait trouvé ses yeux grandement ouverts. Il était le premier à se lever du lit. La famine l’avait quelque peu formé à faire cuire au moins des omelettes. Il s’y était mis avant que Martial ne se réveille et le trouve aux Fournaux. Martial : je vois que tu te fais maintenant à manger seul Mbala : si je meurs de faim tu ne vas même pas me gérer Martial : on ne peut pas me trouver à la maison en train de faire à manger pour un père comme toi. J’ai beaucoup plus important à faire. Mbala : en tout cas mangeons rapidement. On doit vite aller à la prison et on ira voir toutes les autorités dont tu m’as parlé ensuite. Martial : j’aime te voir aussi déterminé. C’est sûr que lorsque Mirabelle va refaire son apparition elle sera heureuse de voir que tu as vraiment changé. Mbala : un jour je raconterai à mes enfants qu’en fait Dieu n’est pas dans le ciel. Il est en certaines personnes spéciales qu’on rencontre. Tu es ma part de personne spéciale. Martial : ma grand-mère de son vivant me disait toujours qu’il ne faut pas refuser de tendre la main à celui qui en a besoin. C’est vrai que le monde est devenu ce qu’il est mais bon… Une fois le soleil à son éclat, ils avaient pris le chemin pour la prison. Comme Mbala l’avait prémédité, il n’y avait aucun moyen de voir sa mère. Même l’ami de Martial n’avait pas assez de pouvoir pour les faire entrer. Ils n’y perdirent pas le temps. Ils allèrent directement dans le bureau du nouveau procureur. C’était un homme aussi robuste d’un tronc d’arbre. Son regard n’était pas des plus plaisants. Il semblait vouloir frapper sur tout le monde. Il regardait Mbala comme si son visage lui fut familier. -je vous ai reçu à cause du nom Mbala. De qui es-tu le fils mon garçon ? Mbala : je suis le fils du défunt Luc Mbala et de… -Hummmm… Je me suis bien dit que ton visage m’était familier. Ton père a été mon pilier pendant mes années d’études. Je traiterai ton affaire comme si c’était la mienne. Je vous écoute Le jeune Mbala voyait là la lumière dont parlait son ami Martial. Sa joie était éclatante. Il raconta avec détail ce qui s’était passé depuis la crise de son père jusqu’à sa mort sans oublier la colonisation de son héritage et l’arrivée de Linda dans leur vie. A la fin de son récit, le procureur avait un format remplit de note prise. Il souriait comme s’il savait cette affaire gagnée d’avance. -quand on parle aux gens, ils n’aiment pas écouter. Cette femme veut voir ? Elle va voir. Elle dit qu’elle maîtrise ? Elle va comprendre.
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