Episode 14

2244 Mots
Mbala : j’ai un souci en ce qui concerne mon petit frère. Il risque finir en prison si on prouve qu’il a aidé Linda dans tout ça. Je ne veux pas qu’il aille en prison. -Mais non ! C’est un mineur qui a été manipulé par une criminelle. Nous allons travailler dans ce sens et tu verras qu’il n’arrivera rien à ton frère. Il faut juste qu’il accepte de témoigner contre Linda. Mbala : et pour maman ? Elle n’a pas eu de procès. Elle est pourtant en prison depuis des mois déjà -ton affaire est déjà entre de bonnes mains. Je vais me charger de régler cela comme s’il s’agissait d’une affaire personnelle. Je dois cela à mon mentor. Sa mort a été diffusée seulement après l’enterrement, raison pour laquelle je n’étais pas là. Mbala : Linda ne voulait pas faire parler la presse. -Vas mon fils, d’ici ce soir tu pourras aller voir ta mère à la prison. Remercie ton ami ici présent, il est comme ton père à l’époque où je n’avais rien. Ne cesse jamais de le remercier. Les deux amis s’en allèrent le sourire aux lèvres. Ils se séparèrent à mi-chemin pour rejoindre chacun son lieu de service. Ayant toujours espoir de revoir Mirabelle, Mbala alla encore regarder dans leur maison d’habitation comme chaque matin depuis sa disparition soudaine. Lorsqu’il arriva, il se rendit compte qu’il y avait du mouvement à l’intérieur. Il y’avait plus d’une possibilité. Il pouvait trouver Mirabelle à l’intérieur ou sa mère tout comme il pouvait s’agir des nouveaux propriétaires. Dans l’un ou l’autre cas, il était bien déterminé à aller voir de qui il s’agissait. Son retard au travail allait lui causer des ennuis. Il prit la peine de faire savoir au chef par téléphone qu’il n’allait pas être là de toute la journée à cause d’un malaise matinal. N’ayant jamais manqué, cette journée lui fut accordée. Il avança tout doucement jusqu’à une fenêtre en bois ouverte. Il prit tout son courage et regarda à l’intérieur. C’était une petite chambre bien rangée. Ses yeux n’eurent pas besoin de se balader pour la voir. Elle était là, en petite culotte de chambre. Elle lisait un livre. Par moment elle souriait. Il arrivait même qu’elle rit aux éclats. Mais cette fois son visage était devenu pâle, elle pleurait. Il ne pouvait pas la laisser comme ça. Par peur que la mère soit à l’intérieur, il ramassa une petite pierre et lança sur elle. Elle eut un moment de sursaut vif. Lorsqu’elle le remarqua de l’autre côté de la fenêtre, elle eut envie de sourire mais elle le cacha. Elle vint vers lui. Mirabelle : tu fais quoi là ? Mbala : la même chose que je fais depuis que tu es parti sans laisser de trace. Tu as complètement disparu, te foutant complètement de ce que je pouvais ressentir. Comme si moi aussi je n’avais pas souffert dans cette histoire. On ne fait pas ça Mirabelle. Je t’ai cherché comme un fou. Mirabelle : ma mère a préféré que j’aille retrouver mon oncle à la capitale pour continuer mes études plutôt que d’aller me faire des ennuis en travaillant pour des gens. J’ai trouvé que son idée était très bonne et donc je suis parti. C’était le mieux à faire. Mbala : ça coutait quoi de m’en parler pour que je ne sois pas inquiet pendant autant de mois ? On me prend déjà pour un fou parce que je viens regarder les alentours de cette maison chaque jour en ayant espoir que l’un de ces jours soit comme celui-ci. Mirabelle : les voisins m’ont parlé de tes visites. Tu n’avais pas besoin de faire ça, ma vie a repris de ses couleurs. Je vais beaucoup mieux et ce n’est certainement pas grâce à toi. Je reste ferme sur ma décision, il n’y a plus rien qui puisse se produire entre nous. Mbala : bon d’accord ! Je peux au moins entrer ? Ou bien ta mère est là ? Mirabelle : elle est au village. Je suis venu parce que certains documents pour la constitution de mes dossiers se trouvent ici. Je les avais oubliés et j’en ai besoin dans les jours qui suivent. Mbala : donc je peux entrer ? Mirabelle : si tu essaie de faire le c*n même m’apercevoir à distance tu ne pourras plus. Mbala : non, je veux qu’on parle d’une affaire très sérieuse. Tu sais ce qui m’a arrivé avec Linda et tout et tout, non ? Mirabelle : oui ! Mbala : on a décidé de la trainer en justice et je voudrai que tu acceptes d’être un témoin le jour du procès. Mirabelle : je vais ouvrir la porte. Mbala sautillait sur place comme un enfant de six ans qui venait de gagner à une couse de voiture. Sa joie était immense. Rien qu’en une journée, il voyait tous ses problèmes se résoudre un à un. Lorsqu’elle ouvrit la porte, il ne put s’empêcher de la prendre dans ses bras. Elle qui voulait se tenir à un mètre se laissa enfouir en lui. Mbala : tu m’as manqué, tu m’as tellement manqué Mirabelle : il y’a quelques mois je t’aurai cru Mbala : il y’a quelques mois je n’étais qu’un idiot incapable de reconnaitre ta valeur. Je ne voulais pas admettre qu’en quelque jour tu avais touché mon cœur. Cette toute première nuit avec toi m’avait marqué. Seulement, je ne pouvais pas l’avouer car pour moi ça me rendait faible. Mirabelle : ce n’est pas de ça dont on doit parler. Lâche-moi et allons-nous asseoir Mbala : c’est à toi de me clacher La femme étant de nature orgueilleuse, elle contra ses propres sentiments et le lâcha avant de le regretter en silence. Ils allèrent prendre place dans ce minuscule séjour où il fallait regarder par terre avant de marcher sous peine de se cogner les orteils contre les meubles. Mbala qui avait cultivé l’humilité, prit place avec aisance. Elle alla chercher une bouteille d’eau fraiche. Mbala l’avala jusqu’à la dernière goute. Elle fut très étonnée. Mirabelle : tu as fait des jours au désert ? Mbala : t’attendre autant de temps donne soif, tu ne savais pas ça ? Il venait de lui arracher un éclat de rire. Mirabelle : j’ai sauté un peu de riz. Je t’en sers ? Mbala : est-ce qu’on refuse la nourriture ? Merci beaucoup Elle était heureuse de le voir dans cette nouvelle peau. Au fond elle savait qu’il était un caméléon mais elle voulait se donner à elle-même une nouvelle chance d’être avec lui. Elle alla réchauffer le repas et le lui apporta. Comme à ses habitudes, il mangea sans parler jusqu’au dernier grain de riz. Ils pouvaient enfin entamer la discussion. Mirabelle : bon, tu peux maintenant m’expliquer comment vous compter faire avec cette Linda. Mbala lui compta dans les détails son entrevue avec le procureur. Cela encouragea Mirabelle à témoigner contre Linda dans la condition que le procès ne tombe pas pendant ses jours d’école. Elle avait été acceptée dans une école d’art culinaire où elle renforçait sa main de cuisine. Pendant qu’ils discutaient encore, le téléphone de Mbala sonna. Il devait se rendre à la prison pour voir sa mère, avait dit le procureur à l’autre bout du fil. Mbala : je dois partir mais je vais revenir après. Mirabelle : on s’est déjà tout dit, tu vas revenir pour faire quoi ? Mbala : on ne s’est rien dit. J’arrive tout à l’heure, sauf si mon programme change. Il s’en alla après lui avoir déposé un doux b****r sur le front. Elle avait fermé les yeux pour le recevoir. Mbala fit vite d’arriver à la prison. Le procureur l’y attendait. Mbala : vous avez réussi -tu doutes d’abord de moi ? Ces incapables ont tous reçu des pots de vint. Chacun d’eux va vomir le vint là. Mbala : qu’est-ce que je fais maintenant ? -vas juste dire que tu veux la voir. Je viens de parler avec elle de la procédure qu’on a lancée. Elle m’a raconté sa version des faits. En ce moment elle t’attend avec impatience. Mbala : merci pour tout monsieur le procureur. Merci d’avoir été affecté ici Les gardiens laissèrent passer Mbala avec crainte. Il reçut un respect laissé par le passage du procureur. Dans une salle fortement bouclée l’attendait sa mère. Il eut du mal à la reconnaitre. Elle était maigre, pâle, malade à la longue. Il eut un coup de culpabilité au cœur, une montée de larme l’envahit. Il s’approcha d’elle, elle était assise et ne bougeait pas. Mbala : maman… Elle leva la tête, remarqua son fils. Une force l’expulsa de sa chaise jusqu’aux bras de son garçon. Sa joie était immense, elle pleurait, criait, c’était un moment qu’elle n’espérait plus depuis un bout de temps. Mbala : pardonne-moi maman, je t’ai abandonné. Je suis tellement désolé, on va arranger tout ça. Cette sorcière va payer pour tout ce qu’elle nous a fait subir. Je t’assure que je vais lui faire regretter d’avoir été mise au monde. Madame Marthe : soit béni mon fils, soit bénit mon fils ! Mbala : ils te traitent mal ici, regarde comment tu es devenu. Il faut que tu sortes de cet endroit. Madame Marthe : et ton frère ? Mbala : cet idiot ? Il est toujours avec elle Madame Marthe : il n’y a que toi pour le remettre sur les rails. Pendant la descente pour perquisitionner la maison tu vas tout faire pour parler avec lui. Essaie de le sortir de cet enfer. Je sais qu’il est en enfer, mon petit garçon souffre entre les mains de cette femme. Aides-le à s’en sortir, je t’en prie. Mbala : j’espère juste qu’avec le temps il a vu son vrai visage et qu’il va accepter de témoigner contre elle. Sinon, on ne pourra rien pour lui. Elle est complétement entrée dans sa tête. Madame Marthe : tu es le seul qui puisse l’aider. Le procureur m’a dit qu’il a chargé ses hommes de confiances sur cette affaire. Lui aussi est un homme corrompu mais le fait qu’il ait connu ton père nous donne l’avantage. Il saura nous faire obtenir la justice. Mbala : et pour ton cas maman, il ne peut pas te faire sortir d’ici en attendant le procès ? Madame Marthe : ne te préoccupe pas pour moi. Faites-là tomber et je serai libéré. Vas voir le procureur pour qu’il te donne la démarche à suivre pour demain. Mbala : c’est demain qu’ils vont fouiller la maison ? Madame Marthe : oui ! Pendant la fouille tu vas aller dans la chambre. Là-bas il y’a un coffre-fort que même ton père ne connaissait pas l’existence, derrière le placard. Tu y trouveras des copies de tous les documents qu’il gardait dans son coffre-fort du bureau. J’avais fait ça juste par précaution. Mbala : et depuis tu n’as rien dit pourquoi ? Madame Marthe : si j’avais ouvert ma bouche sans garanti d’être écouté ça aurait servi à quoi ? Vas mon fils, je compte sur toi. Mbala : on va s’en sortir, on va récupérer notre dû. Il s’en alla. Une fois dehors, il appela Martial pour le tenir au courant des évènements. Il téléphonait en marchant dans la direction du bureau du procureur où ils mirent au point la démarche à suivre pour le lendemain. La nuit les y avait trouvés. Il ne pouvait plus aller voir Mirabelle. Il fallait qu’il rentre pour mieux expliquer ce qui s’était passé à son ami. Il comptait sa journée avec le sourire aux lèvres. Il faillit s’étouffer en prenant ses médicaments car il ne cessait de parler à son ami de son bon moment avec Mirabelle. Martial : tu vas t’étouffer avec les comprimés. C’est toujours Mirabelle qui te met dans cet état ? Mbala : depuis même que je prends ces comprimés ? Je ne suis pas encore guéri ? Martial : le docteur a dit que tu devais prendre ça jusqu’à ce que ça finisse complètement. Tu sais que ton cas était particulier. Mbala : je t’assure ! Dieu merci je t’ai trouvé sur mon chemin. Les maladies allaient me tuer comme ça. Sa prise de médicament était liée au magasin d’infections sexuellement transmissible qu’il avait dans le corps. Son traitement avait duré plusieurs semaines mais se terminait déjà. Il ne put dormir cette nuit comme la nuit précédente. Il pensait à la tête que ferrait Linda pendant la visite surprise qui l’attendait. Au petit matin, il fut le premier devant le portail du domicile, attendant que la police arrive. Martial l’accompagnait comme dans toutes situations. Martial : je t’ai bien dit qu’on va venir attendre ici tôt comme ça pour rien. Il fait même encore presque noir Mbala : le procureur a dit sept heures. Donc ils vont bientôt arriver. Martial : et on fait quoi là à six heure ? Mbala : si jamais elle veut sortir de la maison, on l’en empêche. Je veux qu’elle soit là. Ils attendirent quelques minutes et la police arriva. Le procureur était resté dans la voiture et observait les évènements de loin. La police cogna fortement sur le portail, ignorant la sonnerie. Le bruit étant très fort, Linda vint ouvrir elle-même pour voir de quoi il s’agissait. -bonjour madame, nous avons un mandat de perquisition pour cette maison. Linda : mandat de quoi ? Mbala : tu vas lire l’heure
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