Dans la peau de Sadiya
J'ai échoué aux examens. Cet échec m'a fait mal comme une opération amygdale sans anesthésie. Très mal même, je ne peux vous expliquer à quel point. C'est comme le dit le proverbe: un malheur ne vient jamais seul. Rien ne s'est passé comme je l'imaginais.
J'ai échoué partout. Ce sont mes matières dominantes qui m'ont trahies. D'un côté ça ne m'a pas surpris. J'ai pas révisé assez. Avec tous les problèmes que je traverse, il n'est pas évident que je trouve si facilement la concentration. Par contre, je vais me préparer pour les rattrapages. Je ne peux pas me permettre de reprendre la première année. Je n'ai jamais repris de classe dans ma vie. Ce n'est pas le moment de lâcher prise.
En plus, Seynabou ne s'occupe presque plus du petit Bass. Elle me laisse faire tout. Et pendant ce temps, elle est entrain de faire des choses qui n'ont pas de tête encore moins une queue. Chaque matin, elle me demande de doucher le petit puis lui donner à manger. Comme si j'étais sa boniche. N'eût été cette pitié que j'ai pour le gamin, jamais je ne le ferais. Malick est rentré aux Etats-unis depuis. Il téléphone chaque soir pour voir comment va son enfant. Avant qu'il ne rentre, Seynabou ne se séparait jamais du petit Bass.
Mais depuis qu'il est rentrait , cette dernière ne s'en occupe plus comme avant. Et pourtant Malick lui envoie des sommes colossales pour les dépenses du petit. Et au lieu de se charger du petit, elle passe son temps à faire la grande dame sur les réseaux sociaux. Mais bon avec cette famille, on aura tout vu.
-Fatima Zarah est décédée...
Voilà ce que Adja a dit à sa mère. Tout le monde s'est retourné envers elle. Elle venait tout juste de raccrocher son téléphone.
Mon coeur battait plus fort. Fatima Zarah morte !!! Je n'arrivais plus à réfléchir. J'arrivais à peine de respirer.
-Oh mon Dieu non ...non pourquoi ma fille Fatima, oh non c'est pas vrai elle ne peut pas être morte non... non... non, cria ma belle-mère.
Elle était inconsolable. Je ne sais pas si elle faisait de la comédie ou pas, je ne saurais le dire. Mais elle n'oserait pas à mon avis. Quant à moi, je ne saurais vous décrire ma tête. Je suis surprise. Et je ne sais pas ce que deviendra ma relation avec Médoune.
Sa mère m'a maintes fois rappelé que Fatima Zarah était son unique amour. Depuis qu'il est parti au Maroc, cette dernière ne ratait jamais l'occasion de me lancer des piques. Selon elle, je suis une fille sans vergogne. Mon mari m'abandonne pour une autre et je suis toujours là à l'attendre. Je ne répondais jamais. Mais j'ai tellement envie de la gifler à chaque fois qu'elle me jetait des piques.
Tout le monde était silencieux. Ma belle-mère continuait toujours de pleurer. Et c'est Adja et Seynabou qui la calmaient. Des jours ce sont passés, des heures, des secondes que je ne sens pas. Ma vie est au point mort depuis cette tragédie. Psychologiquement parlant, je ne vais pas bien. J'ai envie de tout casser, d'hurler, de crier ma rage, mon amertume mais c'est impossible. On me manque de respect, on me minimise comme si j'étais une une moins que rien.
Fatima repose désormais au cimetière de Yoff. Ses funérailles étaient bondées de monde. Apparemment, il n y a que moi qui ne la connaissais pas. Mon mari était inconsolable. Et moi, comme toujours j'étais la plus ridicule. Je ne savais pas quelle attitude tenir à son égard.
Son silence radio m'inquiète. Depuis son retour, il ne m'a pas adressé la parole. Une seule parole.Je veux vous parler de mon mari. Après les funérailles de sa petite amie, comment l'appeler d'autre, il n'est pas revenu chez sa mère. Et moi dans tout cela, je suis perturbée. Toutes mes stratégies pour voir Médoune sont déjouées. Mais je le comprend, et je pense qu'il a besoin de temps. Je comprend aussi que la disparition de Fatima Zarah l'a beaucoup affecté. Et moi dans tout cela, je ne sais pas si je dois m'en réjouir ou si je dois en pleurer.
-J'ai un examen à faire c'est pourquoi je ne peux m'occuper du petit en ce moment. Je ne voudrais pas arriver en retard à l'université, dis-je a Seynabou qui me demandait de s'occuper de son petit neveu avant de partir.
-Sadiya pour qui est-ce que tu te prends ? Tu penses que tu vas rester dans cette maison sans rien faire, pesta t-elle.
-Seynabou moi je ne suis pas là pour gérer ton petit neveu. Tout ce que je fais pour lui, c'est pour te venir simplement en aide. Depuis presque trois semaines, tu ne t'es pas occupée de lui, c'est moi qui le douche, qui lui donne à manger. Et toi pendant ce temps, tu es là scotchée sur ton portable. Tu ne me viens même en aide quand je le soulève. J'ai des examens à faire et malgré cela, je m'efforce à prendre soin de ton petit neveu je ne prend même pas le temps de réviser assez et voilà aujourd'hui tu me dis que je ne fais rien dans cette maison. Oui c'est ça !!!
-Salle menteuse je t'interdis de dire que c'est toi qui t'occupe de Bass, me crie t-elle, son père me l'a confié et je suis très fière de m'occuper de lui. Depuis quand tu t'es occupée de lui salle menteuse, je ne suis pas ton égale et je t'interdis de me parler à nouveau sur ce ton. Je ne suis même pas l'égal de ton mari. Gamine impolie
Elle criait tellement fort. Et j'étais dépassée par cette situation. Ayant entendu ses hurlements, sa mère rentrent dans la chambre.
-Mais que se passe t-il ici Seynabou, a cette heure du matin vous vous permettez de réveiller tout le monde, dit-elle.
-Il se trouve que c'est cette menteuse de Sadiya qui me dit qu'elle a marre du petit Bass. Je lui ai demandé de m'aider à nettoyer Bass parce que j'ai un peu mal à la tête et elle me répond qu'elle n'a pas ce temps parce qu'elle doit aller faire son examen, expliqua t-elle à sa mère.
Mais quelle menteuse celle-là.
-C'est pas vrai Seynabaou, lui coupais-je
-Hey je t'interdis de traiter ma fille de menteuse, me cria cette vielle sorcière. Elle n'est pas ton égal. Aucun de mes enfants n'est menteur. Si tu oses lui parler sur ce ton à nouveau je vais te faire ta fête tout de suite. Impolie. Et toi Seynabou pourquoi tu lui demandes à elle de t'aider, pourquoi tu ne m'as appeler ou bien appeler ta soeur Adja. Bass n'a pas besoin l'aide de qui que ce soit encore moins de cette fille. Ken khamoul nitt leu waleu demeu leu( on ne sait pas si c'est un être humain ou demon) tchiprii et tu lui demande de t'aider à laver mon petit fils.
Je m'habille très rapidement sans les regarder. Je prend mon sac et je sors de la chambre. Je n'ai même pas eu le temps de me peignez les cheveux ni me mettre de crème sur corps. Mais yalla bakhneu (Dieu est grand ).
J'ai fini mon examen. Mais j'avais du mal à retrouver ma concentration. J'avais envie de pleurer durant toute l'épreuve. Le surveillant l'a même remarqué. Et il s'est même rapproché de moi me demandant d'aller prendre une tasse de café et revenir.
Elle s'appelle Mame Anta Fall. Et on l'a surnomme la M.A.F. C'est une camarade de classe. On était dans le même groupe de travaux dirigés. Aujourd'hui, on a fait l'examen de rattrapage dans la même salle. A la sortie, on était dans le jardin toutes les deux.
-Sadiya on dirait qu'il y a quelque chose qui te tracasse tu n'as pas l'air d'aller bien que se passe t-il ? Me demanda t-elle.
-Non ce n'est rien. Je vais bien c'est simplement à cause des examens, lui mentais-je
-Tu sais Sadiya c'est vrai que nous ne nous connaissons pas assez bien mais en te regardant je sais qu'il y a quelque chose qui te tracasse. Nous sommes toutes les deux des femmes tu peux me raconter ce qui ne va pas je pourrais peut-être t'aider à trouver une solution. Vas-y dis moi ce qui ne va pas.
Et j'ai pas pu m'empêcher de pleurer encore. Je n'en pouvais plus de cette situation. Elle me console. Elle se lève pour aller je ne sais où. Il y avait quelques étudiants assis de l'autre côté mais je ne voulais pas qu'il remarque que je pleure. Mais non c'est difficile de ne pas pleurer. Maf se ramène avec deux sachets d'eau et un mouchoir à la main. Elle me les donne.
-Tu sais maf actuellement je vis des moments difficiles, tentais-je de lui expliquer. Je ne sais pas comment du jour au lendemain je me suis retrouvée dans cette situation inexplicable.
- Mais vas-y raconte peut-être que je pourrais t'aider, me dit-elle.
J'avais besoin de me libérer un peu de tout ceci. Et j'ai décidé de tout lui expliquer de A à Z. Je commence par lui expliquer ma rencontre avec Médoune ma dispute avec ma mère et ma soeur , l'histoire avec Fatima Zarah, le comportement de ma belle-mère à mon égard, le petit handicapé Bass, le retour chez ma mère voilà tout.
-Non tu es passée par tout cela. Oh tu as bavé alors. Mais tout ceci est arrivé parce que tu n'as pas écouté ta mère. Par amour, tu as hypothéqué ta vie. Je veux que tu sèches tes larmes. Et je te conseille de retourner voir ta mère et lui demander pardon. Tu sais que nos mamans ne sont pas méchantes, elles nous aiment et n veulent que notre bien. Retourne la voir et ne soit pas orgueilleuse. Elle est ta mère et n'hésite pas à te rabaisser devant elle. Ton mari, il t'a juste utilisé et excuse ma franchise. Je suis désolée de te le dire. Peut-être qu'il avait un problème avec cette Fatima Zarah et il a voulu se venger d'elle et oups il tombe un bon jour sur toi voilà il s'est dit parfait j'ai ma roue de secours. Il t'a utilisé.
-Non je ne pense pas, lui coupais-je, mon mari m'aime. Nous nous aimons mutuellement.
-Alors explique-moi pourquoi il y'a appelé par le nom de son ex quand vous êtes ensemble.
Et si Maf a raison ? Peut-être que je ne veux pas admettre la réalité.
-Ouvre les yeux jeune fille, continua t-elle, je sais que c'est difficile pour toi de l'admettre mais essaie de voir les choses telles quelles sont. Il te laisse chez sa mère où tu es entrain de vivre l'enfer et pendant ce temps lui il pleure son ex. Du n'importe quoi. Si tu veux tu peux encore essayer de reconquérir son coeur puis que l'autre est morte. Mais c'est moi qui te le dis ce sera très difficile et ça demandera du temps, essaie de me raisonner Maf.
Elle a raison.
-Retourne chez ta mère, reprend t-elle, il n'est jamais trop tard pour bien faire. Tu sais c'est quoi notre problème nous les sénégalais et d'ailleurs même le problème de la plupart des personnes dans ce monde. Nous croyons en Dieu mais nous ne lui faisons pas confiance. Ait confiance en Allah et je te jure que tout tes problèmes se resolveront.
-Et si elle me rejette encore ? Lui demandais-je
-Ne sois pas négative, me dit-elle, fais ce que je te dis simplement et tu verras que tout se passera très bien.
Elle a raison. J'irais chez ma mère.
Je sonne à la porte. Et c'est ma mère en chaire et en os qui m'ouvre.
-Maman j'ai à te parler s'il te plait pardonne-moi, je sais que je me suis mal comportée avec toi et je suis entrain de le payer cher. Je te demande de me pardonner. Tout ce que je veux c'est rentrée dans ma maison être auprès de toi et de mes frères. Je suis désolée.
-Tu n'as encore rien vu Sadiya. Tu n'as pas encore vécu le pire. Comme tu n'ecoutais jamais mes dires et tu as osé me désobéir mais il faut que tu assumes ta responsabilités. Je ne te veux plus chez moi. On dirait que tu m'as oublié.
Elle ferme sa porte me laissant dehors perdue et ne sachant plus quoi faire. Je prend une longue bouffée d'air avant de m'asseoir . Je savais que revenir chez moi n'était pas une bonne idée. Mais bon je devais quand même tenter ma chance.
Après une longue journée, je suis retournée chez ma belle-famille. Je n'avais pas le choix. Après les salamalecs, je file tout droit dans la chambre de Seynabou.
-Désormais je ne partage plus ma chambre. J'ai sorti ta petite valise, me cracha t-elle.
Avant qu'elle ne termine, ma belle-mère se ramène.
-Comme mon petit fils te dérange tu vas dormir dans le salon, puisque tu ne veux pas rentrer chez toi. Si mon petit fils te dérange à ce point tu n'as qu'à sortir et lui laisser sa chambre, encense t-elle. Moi je ne veux pas d'histoire.
Il fallait voir comment elle me parlait. Je n'ai jamais dit que le petit Bass me dérangeait. Non mais dis donc.
Je suis allée m'asseoir tout doucement dans le salon. Depuis ce matin, je n'ai rien mangé. A part la tasse de café de ce matin, et pourtant je n'ai même pas fin. Il était presque 01h du matin. Je veux dormir mais Seynabou est toujours dans le salon entrain de regarder la télévision. Elle ne se concentre même pas sur l'émission qui passe. Elle est sur son portable, entrain de raconter du n'importe quoi avec ses sois-disants amis. Je sais qu'elle me cherche mais je promet qu'elle ne me trouvera pas. Tout ce qu'elle fait là c'est dans le but de me déranger.
Elle est sortie du salon vers les 03heures du matin. Sa mère m'a déjà avertit de ne pas me coucher sur ses canapé.
A 04h du matin , j'étais toujours assise sur le canapé, le ventre noué et les yeux pleines de larmes repensant à ce que j'étais hier et à ce que je suis devenue aujourd'hui à cause de ce bâtard de Medoune. Et pourquoi l'insulter même, il n'a rien fait tout est de ma faute. Je compose son numéro. Boîte vocale. Ma mère a essayé de me raisonner maintes fois et je ne l'ai pas écouté, et maintenant je regrette d'avoir été superstitieuse.
-Tu as besoin de te reposer, tu te sens trop faible, me dit le docteur.
Je vois Maf à côté avec une mine triste.
-Que s est-il passé lui demandais-je
-Tu es tombée en syncope quand je te raccompagnais.
Ah oui elle a raison. Je commence à me souvenir. Ce matin, comme je me suis réveillée à 06h du matin par ma belle-mère car selon elle, la bonne doit ranger son salon parce qu'elle devait avoir des invités, je ne savais plus dans quelle chambre je devais aller. A cette heure du matin, tout le monde dormait encore. J'ai décidé alors d'aller à la plage avec ce froid qu'il fait actuellement, je voulais changer d'air. C'est vers 12h30 que j'ai décidé d'aller chez Maf parce que je me sens bien avec elle. Je lui ai tout expliqué. Elle en était choquée. Elle m'a donné à manger mais toujours pas d'appétit. Je lui ai menti en lui disant que je suis passée au resto avant de venir.
-J'ai flippé quand je t'ai vu par terre, continue t-elle, je te jure. Mais la situation se complique il faut que tu parles à ton mari cela ne peut pas perdurer.
-Ah tu es marié, me demanda le docteur.
Il me regarde, se rapproche posant sa main sur mon front. Il est de teint clair, un très bel homme sexy dans sa blouse avec de beaux yeux. Il sent bon en plus. J'étais entrain de deviner dans ma tête quel parfum il a mis.
Je n'y arrive pas. Avant le décès de mon père, quand il revenait souvent de voyage il emmenait des parfums de classe de tout type. Il me paraît quelqu'un qui a un fort caractère. Je parle du docteur. Pourquoi je le dis parce que choisir un parfum que tout le monde ne porte pas est le signe que vous avez du caractère et que vous savez faire vos propres choix, parfois envers et contre tous.
-Oui je suis mariée est-ce qu'il y a un problème, repondis-je
-Non rien de grave je voulais juste savoir. Et il est où ton mari ?
-Dis-lui aussi que ton mariage est juste une farce, feula Maf
-Comment ça , demanda le docteur
- Maf tu arrêtes ok, lui criais-je
Le docteur comme s'il était dans une ̀ salle de Cinéma nous regardait comme c'est pas possible.
-Je ne t'ai pas expliqué mes problèmes pour que tu le dise à tout le monde, continuais-je
-Tu as quel genre de problème Madame, me demanda le docteur, explique moi et je verrais si je peux t'aider d'accord.
-C'est personnel et je pourrais les résoudre toute seule.
-Ok je vois Madame, me dit-il en se levant de la chaise d'où il était assis. Tu peux sortir dans l'après midi le temps que la perfusion se termine. Je vous laisserais ma carte de visite. Moi c'est Abdoul Wahab Ndiaye. Si vous avez besoin d'une quelconque aide que ce soit n'hésitez pas à me faire signe. Je vous laisse.
Il sort et referme la porte. Je ne perd même pas de temps pour remettre cette fille à sa place.
-je n'aime ce que tu viens de me faire Mame Anta. Et si c'est comme ça que tu comptes me venir en aide alors mieux vaut sé séparer là dès maintenant.
-Ah ok tu vois que j'exagère là d'accord. Donc je préfère m'en aller car je ne peux pas me permettre de te voir souffrir à ce point et ne rien faire.
-Et tu penses que c'est en racontant mes problèmes à ce docteur qu'ils se resolveront.
-Tu sais quoi Sadiya moi je ne veux pas me fâcher avec toi. Ne déverse pas ta bile sur moi est-ce que tu piges. Je ne veux que ton bien. Et je ne suis pas responsable de tout ce qui t'arrive ok. Va voir cet imbécile qui te sert de mari qui t'a abandonné et qui ne se soucie même pas de ton existence. Tu piges ? finit-elle sur un ton dur.
Maf a raison pourquoi lui verser ma colère. Elle n'a fait que m'aider depuis un bout de temps. Encore mon égoïsme prend le dessous.
-Excuse- moi je suis désolée si je t'ai offensé, dis-je en pleurant , essaie de me comprendre je vais mal. Trop mal même.
Elle s'asseoit sur le lit et me nettoya du revers de sa main cette goûte de larme qui s'écheppa.
-Regarde-toi mon amie, me dit-elle rien ne vaut ceci. Vas-tu laisser cet homme te gâcher la vie jusqu'à quand. Une jeune fille si pétillante que toi mashallah, brave. S'il ne t'aime pas qu'il te libère. Tu aurais pu continuer à supporter le mépris de sa famille si au moins il était là à te soutenir. Mais non tu ne l'as pas vu. Il se fout de toi. Tu es belle mashallah et tu n'as pas vu comment ce docteur te regardait. Yaw ko nobb mou nangou(N'importe qui serait fou de toi)
-Sauf Médoune, lui coupais-je
-Il ne te mérite pas. Réfléchit bien à ce que je t'ai.
-Je ne voudrais pas perdre Médoune je l'aime. C'est mon premier amour et je l'aime de tout mon cœur. Tu ne peux même pas imaginer à quel point je suis folle de lui. Est-ce que tu es une fois tombée amoureuse. Oui, j'imagine as-tu une fois aimé une personne, non je dirais parce que sinon tu ne me demanderais pas de le quitter. Le mariage ne dissoud pas comme ça du jour au lendemain. Tous les couples rencontrent des problèmes . Je continuerais à me battre pour lui.
Elle se lève et ne dit plus rien. Ça se voit que ce que j'ai dit ne lui a pas plu.
-Comme tu veux ma chère amie, dit-elle, alors ne lâche pas prise. Mais j'ai bien peur que quand tu gagneras son amour, tu n'auras pas le temps de le célébrer car vois tu cette perfusion ce n'est que le début du commencement.
Elle ne sait pas que l'amour à ses raisons que la raison ne connaît pas. Vers 18h, j'ai demandé à Maf de me ramener chez ma soeur Raby. Je voudrais essayer de recoller les morceaux avec elle. Peut être qu'elle me pardonnera et acceptera que je reste un temps chez elle. Le temps de régler tout ceci.
On descend du taxi, je sonne à sa porte. Toujours faible, j'essayais d'être forte. Et c'est son mari Nguirane qui m'ouvre.
-Nguirane comment cava où est Raby
-Je vais bien merci Sadiya qu'est qui ne va pas on dirait que tu es malade, me demande t-il, ne restez pas là entrer.
-Elle c'est mon amie elle s'appelle Mame Anta, dis-je
-Écoute je pense que je vais te laisser y aller seule. Vous avez besoin de vous parler seule à seule. Quant à moi je rentre et tu me tiendras au courant, me dit Mame Anta
-Vraiment je te serais éternellement reconnaissante Maf merci pour tout. Je ne sais pas ce que je ferais sans toi.
-Nan pourquoi me remercier, dit-elle, j'aurais pu être dans la même situation que toi.
Je me blottis dans ses bras sur le point de pleurer. On se serre fort. Nguirane de l'autre côté observant la scène se demande sûrement lou khew.
-Tu as maigri Sadiya, me dit Nguirane qui me sortit de mes pensées, qu'est ce que tu as tu es malade ?
-Nan c'est juste la pression des examens, mentis-je. Et junior où est-il ?
-Il est en haut avec sa mère, répond-il, tu peux aller les rejoindre je dois sortir vite fait mais je n'en ai pas pour longtemps.
Je prend les escaliers. J'ai le coeur qui bat fort. Je tape à la porte.
-Bébé c'est toi entre, dit-Raby depuis sa chambre. C'était qui à la porte ? Continue Raby pensant que c'est Nguirane qui tapait à la porte.
Je flippais un peu car je sais que ma grande soeur aussi à un caractère très difficile. Je rentre dans la chambre.
-Toi dans ma maison, dit-elle choquée en se retournant.
-Je suis venue te demander pardon. Je sais que je me suis mal comportée avec toi, repondis-je en restant devant la porte.
-Comme c'est facile, lâche t-elle avec un faux sourire, je veux que tu sors de chez moi. Sadiya Guiro tu m'as insulté à cause d'un homme, tu as manqué de respect à ma mère à cause d'un homme, les tentatives d'autorité de maman n'ont aucun effet sur toi. Et puis maintenant tu veux que je te pardonne quoi. Oui c'est ça tu peux encore rêver. Va t'en de chez-moi. Je ne veux plus te voir dans ma vie. Je n'ai plus de petite soeur. J'ai deux petits frères et une mère formidable. Dégage j'ai dit.
-Je sais que ce que j'ai fait est impardonnable mais je t'en supplie pardonne-moi je suis désolée.
-Dégage j'ai dit Sadiya de ma maison
-Pourquoi vous me détestez toi et maman à ce point, pourquoi ne voulez-vous pas me comprendre , pourquoi ?
-Si tu ne sais pas le pourquoi alors tu ne mérites pas que je te le dise. Ne réveille pas mon fils alors dehors, crie t-elle.
Je suis sortie en pleurs. Cette vie que je mène est insupportable et je préfère mourir que de la continuer.
J'attend désespérément un bus dans l'arrêt. Je n'ai pas assez d'argent pour prendre le taxi. Une voiture de couleur noire s'arrête 20m après l'arrêt et Klaxonne. Pourtant je n'ai pas l'air d'une p**e. Je ne bouge pas et après plus trois coup de Klaxon, je vois la voiture faire marche arrière et je prie peur.
-Sadiya cava, me dit le conducteur de la voiture aux vitres teintées.
Je le reconnais automatiquement. C'est le docteur Abdoul Wahab Ndiaye.
-Tu vas où à cette heure, me demande t-il ?
-Je rentre chez moi j'attendais le bus, dis-je
-Vient monte je te dépose.
J'accepte son offre et je lui indique le chemin.
-Je t'avais dit de te reposer mais apparemment tu ne l'as pas fait, me dit-il
Je souris mais ne dis rien j'étais pas d'humeur à parler.
-Et si tu mexpliquais ce qui ne va , continue t-il. Tu as des problèmes avec ton mari c'est ça ?
-Non ce n'est pas ça je suis juste un peu fatiguée et je veux me reposer, dis-je
Il n'a pas insisté. Et le reste du trajet s est passé dans le silence total. Il se retournait parfois pour me regarder espérant sûrement que je lui parle mais je le fuis du regard. Je suis arrivée et je ne voulais pas qu'on me voit avec lui.
-Merci, lui dis-je en descendant
Je referme la portière.
-Sadiya attend me dit-il, tu as oublié ton portable.
Je retourne et je le vois descendre. Il me tend le portable et me dit
-N'hésite pas à me contacter si jamais tu as besoin d'aide ok.
Je fais un oui en hochant la tête. Il s'engouffre dans sa voiture et démarre avec un coup de Klaxon avec un bye bye de la main.
-Tu penses que tu feras ta p**e ici dans notre maison, me dit Seynabou a peine d'être rentrée dans la maison. J'ai vu le gars qui t'a déposé petite p**e.
-Tu sais c'est quoi notre différence Seynabou moi j'ai reçu une très bonne éducation et ça se voit que tu n'as aucune éducation de base. Moi j'ai grandi dans une famille noble qui m'a appris ce que c'est le respect, le sens de respecter autrui. Par contre toi, tu es fausse et aigri. J'ai un coeur c'est pourquoi je supporte tout le monde. Regarde toi sur une glace, personne ne sait à quoi tu ressemble à cause de ton mauvais comportement. Tu as une pierre à la place du coeur raison pour laquelle tu ne supporte personne. Tu dis que je fais la p**e , merci. Je sais ce qui te pince le coeur. Personne ne t'aime toi parce que amo thiaath, amo feeling, thiass zéro. Va calmer le petit Bass il pleure.
Je ressors de la maison sans lui laisser le temps de répondre. Direction appartement Médoune. Il va m'entendre aujourd'hui.
Dans la peau de Mèdoune
-Sadiya je ne sais pas comment te le dire. Tu es une femme exceptionnelle. Je ne te mérite pas. Si et seulement si je pouvais retourner les choses en arrière jamais je ne t'aurais mêlé à tout ceci. Le problème ce n'est pas toi. C'est mon comportement qui est sous le feu des critiques. Je t'ai caché mon vrai visage. Je sais que même Dieu me déteste à l'heure où je te parle. J'ai essayé à maintes reprises de refaire ma vie avec toi mais je n'y peux rien. Le comportement égoïste que j'ai je n'y peux rien. Je suis le mal en personne. Tout ce que je te souhaite c'est de reuissir ta vie. Je m'excuse de t'avoir mêlé à tout ceci. Je regrette réellement mais entre toi et moi c'est fini. Pour la première fois dans ma vie je te dois la sincérité. Je ne suis pas l'homme qu'il te faut. Je ne te mérite pas. Vas-y fonce et refais ta vie. Je ne veux plus que tu souffres en silence à cause de moi. Je suis désolée pour tout le mal que je t'ai causé. Excuse moi. Je te rend ta liberté. Je te libère Sadiya.
Elle était là muette. Son silence me culpabilise encore plus. Je suis un monstre. Je suis un vrai lâche.
Elle s'est retournée sans me répondre un seul mot n'est sorti de sa bouche. J'ai pleuré toutes les larmes de mon corps. Je souffre moi aussi en silence. Mon intention n'a jamais été de la blessé de cette façon. Comment réparer toutes ses erreurs. Quand elle a refermé la porte de mon appart, c'est en ce moment que j'ai su que je ne vaux rien. Et je me demande même si je mérite de vivre.
C'est un cri qui m'a sorti de mes pensées. J'ai reconnu tout de suite la voix de Sadiya. Je cours voir ce qui se passe. Quand je l'ai vu s'allonger dans les escaliers ma respiration s est arrêtée. Je ne pouvais plus bougé.
-Sadiya, criais-je en me rapprochant,
Elle ne bougeait pas. Je remarque un pot contenant un liquide à ses côtés. Elle avait le visage mouillé tout rouge comme si on lui a versé quelque chose de très chaude. J'avais même les mains qui commençaient à se décomposer quand j'ai pris le pot pour voir ce qu'il contenait. C'était de l'acide. L'odeur se dégageait. Quelqu'un lui a versé de l'acide. Je criai de toutes mes forces.
-Aidez-moi s'il vous plait, Sadiya réveille-toi. Aidez-moi
Je l'ai soulevé tout en voyant des brûlures sur son visage. Elle était toujours inerte. Elle ne réagissait pas. Je vois en ce moment mon voisin sortir avec sa femme ayant entendu certainement mes cris.
-Que se passe t-il
-Je ne sais pas, lui repondis-je.
J'étais dépassé par l'événement. Je n'arrivais pas à expliquer quoi que ce soit. Monsieur Seck mon voisin m'a proposé de nous conduire à l'hôpital. Nous avons pris sa voiture. J'étais la derrière avec Sadiya.
Je ne sais pas ce qui s'est passé. Quand elle est sortie elle n'avait rien sur elle. Donc bon sang qui lui a versé ses saletés sur le visage. Je vois le docteur sortir et je lui demande comment va ma femme.
Oh Dieu veille sur elle.