-Comment ça elle est malade ?
Qu'est-ce qu'elle a je l'ai vu tout à l'heure et elle se portait très bien. Que s'est-il passé ? Bombarda de question Mame Anta à Médoune qui venait de décrocher le téléphone de sa femme.
-Ce n'est rien de grave et elle va bien je suis là avec elle actuellement, lui répond Médoune d'un ton un peu froid.
-Vous êtes à quel hôpital je viens la voir tout de suite, demanda T-elle
Médoune, toujours dans le désarroi lui donna l'adresse de l'hôpital qui n'était pas loin de chez Mame Anta où elle était d'ailleurs hier avec son amie Sadiya.
Quant à Médoune toujours étant dans un dilemme était assis sur un banc lassé par les mouvements sans direction.
------------------------
Dans la peau de Khadija
J'ai toujours du mal à croire ce que je viens d'apprendre. Je pense que ma mère nous cache quelque chose à moi et à papa. Elle est devenue en un seul coup bizarre. C'est pour cela que j'ai décidé de faire mes propres investigations. J'ai demandé à mon père Bakar de faire un test ADN. Oui, je persiste et signe que je suis sa fille biologique. Je le sens et mon intuition ne me trompe jamais. C'est pourquoi j'ai décidé d'aller à l'hôpital pour me renseigner sur comment reuissir un test ADN. J'ai besoin de savoir.
Quand je suis entrée j'ai aperçu Médoune le mari de Sadiya habillé d'un Jean bleau caquis accompagné d'une chemise blanche. Il a l'air ailleurs. Je me suis rapprochée de lui mais il n'a pas remarqué ma présence.
-Hey salut Médoune tu vas bien j'espère ?
-Oui oui je vais bien,me répond-il en froncant les sourcils
-Et Sadiya comment elle va ?
Il se tait donnant l'air de quelqu'un qui est gêné comme si ma présence l'agacait. Tout de suite j'ai deviné qu'il y a quelque chose qui n'allait pas. Son visage était un peu froisé comme s'il avait mal dormi.
-Sadiya a eu un accident, me dit-il
J'ai failli tomber des nues. Un accident à t-il dit ?
-Depuis quand ça et quel genre d'accident il s'agit ? Comment va t-elle ?
-Elle va mieux maintenant cava elle va mieux, répétait-il.
-Lé où je veux la voir ? Disais-je en paniquant
-Dans la chambre 12.
Je n'ai pas attendu qu'il termine sa phrase. J'ai couru directement vers la chambre 12. Moi qui me disais que c'était peut-être une blague. Mais non c'est Sadiya, couchée avec un visage que j'arrivais à voir à peine à cause de son masque. Quel genre d'accident à t-elle fait ? J'ai remarqué une sorte de brûlure dans sa main gauche. Ça à l'air grave on dirait.
-Docteur c'est toi , dit-elle
-Non c'est pas lui, arrivais-je enfin à dire.
-C'est qui ?
-Ton amie Khadija, dis-je
-Hum donc on est amie ? Dit-elle d'un ton dur
Quand même J'essaie de garder toujours mon sang froid. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé mais ça a l'air grave.
-Que s'est-il passé ? On dirait que tu t'es brûlée ? Camouflais-je. J'ai rencontré Mèdoune dans le couloir et c'est lui qui ma m'a dit que tu étais ici
- Sa soeur m'a versé de l'acide en pleine figure, dit-elle en grinçant les dents
-Quoi elle t'a versé de l'acide as-tu dis ? Demandais-je. Mais dis-moi que s'est-il passé c'est quoi le problème ?
-Ah maintenant tu veux savoir ce qui s'est passé et que vas-tu faire si je te le dis ? Tu as oublié quand je suis venue chez toi t'expliquer mes problèmes, tu les as sous-estimés. Tu m'as à peine répondu ? Et aujourd'hui tu veux comprendre le pourquoi du comment ? Épargne moi de ton cinéma s'il te plait.
-C'est facile de tirer à boulets rouge sur les gens, tu penses que c'est de ma faute si tu es aujourd'hui dans cette situation. Tu avais la gueule enfarinée, tu ne voulais écouter personne. Quand j'ai essayé de te dire faire attention sur cet homme tu m'as freiné. Sadiya arrête de tenir pour responsable de ta situation les autres. Souviens-toi de ce que tu m'avais dit quand on était à la fac que je ne suis ni ta mère ni ton père pour te dire ce que tu dois faire.
- Je te demandais juste de m'écouter pas grand chose, dit-elle
Elle a raison. Il est toujours difficile d'admettre la vérité. Sur ce point j'ai été égoïste.
-Je suis désolée si je t'ai fait du mal sans le savoir, dis-je, Ce n'était pas mon intention de te faire du mal. Je ne voulais que ton bien. Je suis désolée.
Elle ne dit rien mais le masque sur son visage m'agace. Je voudrais bien savoir l'état de santé de ses yeux.
-Que t-on dit les docteurs à propos de tes yeux ?
-Mr Ndiaye le docteur est entrain de tourner au tour du pot mais je sais que plus jamais je ne reverrais vos visage, dit-elle triste.
-Non ne dit pas cela Sadiya tu vas vite retrouver la vue et on continuera notre étude et nos cheminements, la rassurais-je en ayant des larmes aux yeux.
Quand je suis sortie Médoune était toujours assis sur le banc. J'étais en colère tellement contre lui que j'ai voulu le giffler. Je marche vers lui en essayant de garder mon calme.
- Tu te rends compte de la manière dont tu as gâché sa vie, lui criais-je. Elle avait tellement confiance en toi et voilà comment tu la traites. As-tu une idée de ce qu'elle traverse en ce moment là, ce qu'elle a dû sacrifié pour être avec toi. Quand elle t'a rencontré pour la première fois à la fac, elle était si joyeuse, elle voulait juste être avec toi par amour. Et tu penses que tu peux t'en sortir si facilement Médoune non tu te trompes lourdement. Toi et ta famille vous allez payer ce que vous avez fait jusqu'à la fin de votre vie.
-Khadija, même si ce diagnostic sans complaisance a une part de vérité absolue cela ne te donne pas le droit de t'immiscer dans ma vie privée, me cria t-il en me pointant du doigt. Je te respecte beaucoup et jamais je ne t'ai manqué de respect. Tu penses que le fait qu'elle soit dans cet état ne me fait pas mal. Moi aussi que tu le saches ou non je suis triste. Sache que ce qui se passe avec Sadiya c'est notre problème et pas le tien. Mêle-Toi de ce qui te regarde.
-Du n'importe quoi, repondais-je, c'est votre problème vous dites c'est ce qu'on va voir quand sa famille sera là. Tu l'as abandonné pour rejoindre tes putes au Maroc et cela ne t'a pas suffit....
-Khadijaaa, me cria t-il tellement fort que j'ai cru que l'immeuble allait tomber , si tu redis ce que tu viens de dire je te jure sur le saint coran que je te tue.
Il me prend avec force mon bras gauche me poussant vers le mur sur le point de me frapper. Je rêve ou il est v*****t.
-Hey laisse-la, cria une jeune fille qui devait presque avoir mon âge.
Il me lâche le bras et j'en profite pour lancer une bouffée d'air.
-SURTOUT N'ESSAIE PLUS JAMAIS DE M'INSULTER, finit-il avant de tourner le dos.
Il prend la direction de la porte.
-Ne saviez-vous pas que vous êtes dans un hôpital et il y a des malades qui ont besoin de se reposer, me sermona t-elle.
-Je suis désolée et merci pour ton aide, dis-je. J'étais venue voir mon amie. Je suis vraiment désolée pour ce qui s'est passé. Je vous promet de faire attention la prochaine fois.
-Moi aussi je suis là pour voir une amie et d'ailleurs elle est là avec son mari qui a son portable je pense que je vais l'appeler, me dit-elle avant de se retourner.
Je pense que je dois appeler Raby. Il faut qu'elle soit informée de la situation. Je sors mon portable de ma sacoche et je fouille mon répertoire. Je trouve le numéro de Raby Guiro, je lance l'appel. Elle décroche à la troisième sonnerie.
-Bonjour Raby c'est Khadija, dis-je. Au fait je voulais te dire de venir à l'hôpital tout de suite avec ta mère. Il s'agit ai fait de Sadiya elle a eu un grave accident.
Elle ne parlait plus. Et depuis l'autre bout de file j'entendais ses pleurs.
----------------------------------------
Quand Raby a été mise au courant de la situation de sa petite soeur, un flot inéterrompu de remords envahissa son coeur. Elle ne s'est pas empêcher de pleurer. Pourquoi cela arrive t-il à sa petite soeur qu'elle adore tellement pourquoi à elle ? On ne comprendra jamais la vie, en une seule seconde tout peut basculer.
Elle a expliqué à son mari Nguirane toute la situation du début jusqu'à la fin. Ce dernier qui n'était pas au diapason de tout ce qui se passait lui rapproche son attitude qu'il trouva dur en vers sa soeur.
Elle n'a pas hésité à se mettre en route pour mettre au courant sa mère.
-C'est Khadija qui m'a appelé pour me le dire et elle m'a juste dit qu'elle avait un accident. Je ne sais pas quel genre d'accident elle a. Maman, il faut qu'on y aille. Il est temps de reprendre ta fille avant que le pire ne soit arrivé, dit-elle à sa mère qui était surprise, désolée mais aussi abbatue par tout ce qu'elle venait d'entendre.
Elle a beau essayé de ne pas pleurer mais non. Daba Ly, la mère de Sadiya a fini par craqué. Elle s'est dépêchée de prendre ses affaires pour aller voir sa fille. Raby a rappelé Khadija pour qu'elle lui donne l'adresse de l'hôpital où se trouve Sadiya.
Un moment dur pour toute la famille. Les pleurs, les regrets s'installerent à leur tour. Khadija était toujours présente. Elle a même décidé de venir un autre jour pour se renseigner des test Adn. En rentrant dans la chambre de Sadiya elle voit la jeune fille qui lui était venue en aide tout à l'heure. Elles ont juste sympathisé.
Quand Sadiya leur a expliqué tout ce qui s'était passé, Raby a proposé de porter plainte.
-Si ceci n'était pas arrivé je serais prête à mettre ma main au feu pour parier que je ne suis pas ta mère, dis Daba Ly à sa fille. Cet homme ne m'inspirait pas du tout confiance. Qu'est-ce que tu connais de l'amour Sadiya Guiro vas-y dis le moi. Et voilà ce que tu es devenue aujourd'hui. Tu as été l'actrice de ton principal destin tu me l'as dit et répété à maintes reprises. Et voilà le résultat aujourd'hui. Tu as choisi de gâcher ta vie.
Mais Sadiya ne parlait pas. Elle n'a pas ouvert la bouche une seule fois depuis l'arrivée de sa mère et de sa soeur accompagnée de son mari Nguirane.
Médoune par contre n'est pas revenu depuis sa dispute avec Khadija. Ce que lui a dit Khadija résonnait encore dans ses oreilles et cela lui a fait mal comme une opération amygdale sans anesthésie. Il n'aimait pas qu'on traite de p**e sa Fatima Zarah. Non cela était inadmissible. Il ne le permettrait pas pour rien au monde quite à ce que le monde entier le laisse. Malgré la disparition de Fatima, il l'aimait encore de tout son coeur. Il se demande pourquoi ne peut-il pas aimer de la même façon Sadiya. Pourtant, il a essayé de faire des efforts mais rien. Mais il est décidé de reprendre sa vie en main. Maintenant tous les moyens sont reuinis pour qu'il soit avec Sadiya.
Médoune est revenu vers 20h a l'hôpital. Il en a profité pour lui acheter quelques chose à manger parce que Sadiya devait avoir fin.
Une fois à l'hôpital, surpris, il tombe sur la famille de Sadiya. Il entre et leur dit bonsoir. Mame Anta y était aussi entrain de parler avec son amie.
-Qu'est-ce -que tu fais là toi, lui cria la mère de Sadiya. Vous voulez tuer ma fille mais sachez que je ne vous laisserez pas faire. Vous allez payer pour tout. Et puis dernière chose sors de cette chambre, je ne veux plus te voir à côté de ma fille.
On dirait que tout est contre lui aujourd'hui.
-Je ne m'en irais pas parce que votre fille est aussi ma femme et j'ai aussi un droit sur elle, rétorque t-il d'un ton serein.
-Non tu n'es plus mon mari plus jamais n'oublie pas que plus rien ne nous lie, lui cria Sadiya . Je ne veux plus avoir affaire avec toi. Je ne veux plus de toi dans ma vie.
-Ce que nous avons vécu ne peut pas se terminer comme ça du jour au lendemain, lui dit Medoune en s'approchant d'elle en lui prenant sa main.
Cette dernière se degagea très vite. Le spectacle était digne de ce nom.
-C'est vrai que j'ai commis beaucoup d'erreur et j'en suis désolé , continue t-il, je t'en prie ne prend pas de décision à la hâtive.
-Sors d'ici tu ne comprends pas que ta présence nous met mal à l'aise bon sang, cria Raby qui ne voulait que faire disparaître cet homme par tous les moyens.
Comme s'il avait reçu un coup de fouet en plein visage, il depose le sachet qui contenait des fruits sandwich et autre sur la table avant de se retourner.
- Reprend ton sachet on ne veut rien venant de toi et tu degages de là, termina Raby avant de s'asseoir au près de Sadiya sur le lit.
Mame Anta l'a suivi juste a sortie.
-C'est toi qui m'a répondu tout à l'heure alors ? Demanda t-elle à Médoune qui était bouleversé par la situation.
-Oui c'est moi il y a un problème ? Lui répondit Médoune d'un ton sec.
-Ça m'a un peu ému je parle de ton cinéma , lui dit Mame anta. Parce que tu n'as jamais aimé Sadiya et devant ses parents tu as voulu jouer l'hypocrisie. Est-ce que vraiment c'est du sang qui coule dans tes veines. Je dirais non. Je pense que c'est de l'eau qui y coule et je crois bien que tu as une pierre a la place du coeur. Tu as brisé le rêve de cette jeune fille, pourquoi tu l'as utilisé.
- Ça suffit Madame je ne sais qui tu es pour oser me parler sur ce ton. Mais pour qui vous vous prennez à la fin pour vous immiscer dans la vie des gens comme vous le voulez. Je ne comprendrais jamais la manie qu'on les gens de se mêler de ce qui ne leur regarde pas. Alors hors de ma vue, cria presque Médoune.
Pendant ce temps, Mame Anta remarqua que cet homme qui parlait devant lui ressemblait comme une goûte d'eau au mari de Ndiaya Sall. Mais intérieurement elle se disait que c'était juste une ressembalance. Et que son tonton Malick un homme si humain ne pouvait pas ressemblait à un homme si égoïste si arrogant que celui qui était en face d'elle.
-Tu ne mérites pas Sadiya et Je te donne un conseil si tu as encore ne serait-ce qu'un peu d'estime pour elle alors sors de sa vie pour toujours, finit-elle avant de retourner les talons.
Dans la peau de Abdoul Wahab Ndiaye (le médecin)
Sadiya doit sortir de l'hôpital pour rentrer chez elle. J'ai beaucoup de peines pour cette fille. Ce que les résultats ont montré c'est qu'elle ne pourra pas recouvrer la vue. J'avais tellement du mal à lui dire. Cela a été un choc pour elle et pour toute sa famille. J'ai failli en craquer. Mame Anta ne cesse de me répéter que tout ceci est arrivé à cause de son mari. Ce n'est jamais de gaité de cœur que le médecin annonce une mauvaise nouvelle à sa patiente. L'information m'a également troublé, même si elle ne me concerne pas directement. Elle si fragile la fille. Je me rappelle encore de la première fois que Je l'ai vu. Elle était si belle. Et elle a attiré tout de suite mon attention. Elle est si douce si naturelle malgré sa maladie est très jolie.
-Ne t'en fais et ait foi en Dieu il t'aidera, arrivais-je à dire. Je serais à tes côtés et je ne serais pas tranquil tant que tu ne seras pas guérie.
Elle paraissait forte mais intérieurement sa souffrance pouvait se lire à travers son corps. Sa mère était inconsolable. Bon sang que comme c'est dur d'assister à tout ceci sachant que je suis incapable de le changer.
Je l'ai aidé à se relever pour partir. Sa mère m'a tellement remercié mais je lui ai dit que ce n'était pas nécessaire car je ne faisais que mon travail.
Son mari à qui on refusait l'entrée était devant la porte de l'hôpital attendant. Il est venu à maintes reprises dans mon bureau pour s'enquérir de la situation. D'ailleurs c'est moi-même qui lui ai dit que sa femme devait sortir. Par contre, Sadiya ne voulait rien savoir venant de lui.
Arrivé chez moi avec cette dur journée que j'ai eu, j'y trouve Mia. Elle était ma petite amie. Et on a rompu. Mais elle refuse de l'admettre.
-Qu'est-ce-que tu fais là Mia s'il te plait va t-en j'ai besoin de me reposer et j'ai une dure journée aujordhui j'ai pas envie de parler, lui dis-je en déposant mes affaires sur le sofa.
-Jusqu'à quand vas-tu continuer à me fuire Wahab. Je sais que nos problèmes commencent à te taper sur les nerfs mais au moins essayons de résoudre tout cela comme des adultes. Je sais que j'ai tort sur toute la ligne et que je te soule avec ma jalousie maladive mais au moins donnons une dernière chance. Tu sais que je t'aime.
Elle me prend mes lèvres avec fougue et je repond avec la même allure. Elle m'enlève ma chemise et du coup on s'est retrouvé à terre. Je l'embrasse intensément et là le souvenir de Sadiya me revient à l'esprit. Je ne sais pas ce qui me prend. Je regarde Mia mais je vois Sadiya. Je n'y fais pas attention et je la saissis par la bouche de nouveau, léchant ses seins, elle s'accrochait à moi, me demandant de lui f***********r. Je lui saisis ses lèvres tout serrant son corps qui me rappelle ma patiente Sadiya que j'avais envie d'embrasser la première fois que je l'ai vu. Je lui enlève son slip et j'introduis mon doigt sur son s**e, et elle gémissait de plaisir sans hesiter je la pénètre profondément ce qui lui fait sortir un cri aigu. Nos corps vibraient et refuser de se séparer. Mia me serre, me rappelle qu'elle m'aime avant de m'embrasser longuement.
Dans la peau de Sadiya
Perdre la vue a été un premier choc aussitôt noyé sous un deuxième traumatisme. Ma mère veut m'envoyer en France pensant que j'y serais mieux soigné. Le médecin a été on ne peut plus clair. Même me rendre aux USA ne me rendra pas la vue. Notre maison et oui ma maison, je vois encore en pensée sa couleur, la mosquée en face de chez nous, le ciel... Ça me fait mal de savoir que plus jamais je n'aurais la chance de voir tout ça. Comme ma vie est pitoyable. Voici ce que je suis devenue. Moi qui voulait devenir une magistrate ou une avocate. Voilà mon rêve est brisé à cause de mon mauvais choix. Ça me rappelle un poème de Baudelaire : "Ma jeunesse ne fut qu'un ténébreux orage, traversé ça et là par de brillants soleils."
Je suis complètement aveugle, mais je comprends ce qu'est le clair ou le sombre, et lorsque je passe de l'ombre à la lumière, je le sens de manière très fugace. Bien sûr, je ne peux pas cacher mon handicap. Les imprévus me stressent de même que les bruits de mes frères.
Hier en étant assise dans le salon, Yaya mon frère me dit de lui tenir son cahier pour qu'il récite sa leçon oubliant que je ne vois plus. Juste un rire ironique de ma part. Parfois il emmène des photos sur son iPhone avec ses amis. Il tente de me les décrire et cela m'agace. Quand je reçois un message depuis mon portable, le fait de ne pouvoir pas le lire me ronge le coeur.
Chaque jour a son lot de nouveaux obstacles à franchir quitter le salon toute seule pour me rendre dans la chambre, toilettes.... Heureusement, depuis que j'ai ma canne blanche, c'est moins difficile. Parce que c'est ma mère qui me déplaçait chaque fois. Cette perpétuelle dépendance me pèse, même si ma mère ne le dit pas je lui apportais beaucoup. Il y a aussi Yaya qui me prend de force le bras dans le couloir alors que je n'ai rien demandé. Le minimum, c'est de demander à la personne si elle veut ou non de l'aide. Sur le moment, je m'emporte de manière impulsive. Sans oublier les vas-et-viens des gens pour venir voir comment je vais.
Pendant très longtemps, j'essaie de cacher ma tristesse d'avoir perdu la vue à ma mère, à Raby et à mes amis sous une fausse joie. Mon handicap ce "sentiment d'injustice, d'incompétence de la médecine"qui m'oblige à faire semblant je suis fatiguée de cette vie. C'est pourquoi j'ai pris une très grande décision. Je suis fatiguée d'entendre les gens me dire que "Yaye dou morom" Je ne voudrais plus être un fardeau ni pour ma mère ni pour qui que ce soit. J'ai décidé de mettre fin à cette existence que je juge plus digne. Oui je sais que ce n'est pas bien mais non je ne suis pas assez forte pour faire face à cette situation. Dieu comprendra.
Quand ma mère est revenue dans ma chambre pour voir si j'avais pas besoin de quelque chose avant de dormir, je faisais mine de dormir et quand elle est ressortie je me suis levée et j'ai ouvert tout doucement le tiroir pour rassembler tous les médicaments que je devais prendre durant ma thérapie, et je les ai bu en deux reprises. La bouteille d'eau était posée sur la table. Maman, je sais que tu m'en voudras mais je ne voudrais plus que tu te fatigues. Mame Anta je t'aime ton existence dans ma vie m'a beaucoup appris grâce à toi j'ai enfin compris le sens de l'amitié de Aissatou et de Ramatoulaye dont parler Mariama Bâ dans une si longue lettre. Merci à ma soeur Raby, à Khadija. Médoune, je ne t'en veux pas. Tu as été la meilleur chose qui m'est soit arrivée dans ma vie. J'ai essayé de te détester mais mon amour pour toi a été plus fort que tout. Trou noir.