le pêché originel

4918 Mots
  19h30... Comme cet étrange, en ville cette heure semble si banale, les lumières nous éclairent, la route est embouteillée, les oiseaux de nuit se réveillent, sortent de leur nid, la musique des bars, et des boîtes de nuit, anime la vie, les artistes de rue, donnent leur maximum... Mais dans les montagnes, il n'y pas âmes qui vivent.       Je ne viens que très peu souvent dans ce côté de la ville. Il est connue pour être visité par un catégorie de personnes, que j'ai tendance à éviter. Je dois avouer que je suis intriguée... Il vit près d'ici ? Nous aurons tout le temps de parler, pour le moment, il vient juste de garé.       Il sort de la voiture, je fais de même. Je dois avez que je suis pas mal curieuse, je meurs d'envie de savoir, comment imagine t-il une soirée parfaite à mes yeux ?       Soudain, je me retrouves happée, par un sentiment de sublime mathématique, cet endroit à quelque chose que la métaphysique de mon cœur ne peut pas expliquer. Cette place, cet endroit, il est d'une beauté, si... c'est... Je n'ai pas les mots.     Tout ce que je peux faire, c'est admirer, faire une description de ces lieux à mon esprit pour l'aider à mémoriser, cet instant, cette vision, ce bout de paradis !            Là sur le somment d'une colline, à 500m de hauteur de la ville et de la pollution, des guirlandes tamisées, qui entourent, un auvent, fait de tissu, saturées de lanternes japonaises...      Je marche vers le auvent, quand une musique de fond, est joué par un orchestre, sur ma gauche, un chef possédant son propre auvent sur la droite, un chef absorbé dans son art, au point qu'il ne remarque pas, cette petite irlandaise, dans sa robe verte émeraude, qui le fixe depuis un long instant, maintenant.      De l'air frais, printanier, frappe contre ma joue, alors que je me tournes vers lui. Un sourire, que je ne peux contrôler quand je lui dis : - Tu as définitivement bon goût.      Le calme, une expression contrôlée, comme à chaque fois. Il est impassible. Un geste pour le moins appréciable, quand il dépose sa main sur ma hanche, afin de nous amener vers notre table. La seule et unique table de ce restaurant... Si ça en aie un...     Je le suis, pour une fois... Je n'ai rien à dire.     Il tire ma chaise, et je m'assied.    Cette table, n'a pourtant rien d'exceptionnelle, une nappe blanche, énorme bouquet de roses rouges au moins une centaine, le but ? Surement décorer le centre de table. Deux assiettes, superposée l'une sur l'autre. Un menu, placé juste au dessus, de la plus petite des deux assiettes. De la curiosité ? Non juste une excuse pour ne pas avoir à croiser son regard, ces yeux gris, qui ne font à chaque fois, qu'une bouchée de mon agressivité...De ma faroucheté.    c'est là dans la pénombre, qu'un homme s'approche de nous. Antoine, dit-il s'appeler. Des mots qu'il récite, comme si il l'avait fait toute sa vie, ce qui est possible, vu la myriade de cheveux blanc qui recouvrent sa tête. Il continue son protocole en disant : -  La maison vous propose un large choix de boissons, et trois menus, pour ce soir.    C'est alors là que ces mains, me retire, la carte que j'avais trouvée. Je penses, vu la manière dont il le regarde, que ce n'était pas vraiment, nécessaire, ou vu la fureur dans son regard, je dirais même que c'était une grosse erreur de sa part, de laisser le menu sur la table, de même que les plats... J'imagine que l'on devait nous servir à table.     J'ai apparemment vu juste, car il retire la vaisselle, qui se trouve devant nous, et qu'il l'emporte loin de nous.      Il est évidant que sa négligence, le rend pas mal irrité. Désolé Antoine, je penses que tu n'auras plus à réciter tous ces préceptes... Je penses honnêtement, que c'est ton dernier jour ici. Mais heureusement pour toi, on s'entraide, entre petits de la société.     Je te souris quand je te dis :  - Il est plutôt amusant... J'aime le fait qu'il connaisse aussi bien son travail. C'est évidant qu'il l'a fait toute sa vie, et qu'il est très professionnel. Une erreur ça arrive parfois.    Tu es si froid quand tu me réponds : - Une erreur, n'est jamais admissible. - Ce n'est pas un peu excessif ? - Non... Je ne penses pas.  - Tu ne d'accordes jamais l'indulgence de faire des erreurs ? - Je ne peux pas éviter le fait d'en faire, elle est humaine c'est vrai, mais je fais tout pour ne jamais en faire. - Tout comme lui, c'est juste que cette fois, il n'a pas réussi à tout éviter.     C'est ainsi que tu apparais, derrière moi. Tu as beau continuer ton cinéma, tu sais que je suis en train de parler de toi... Et tu es si professionnelle, que tu fais abstraction des paroles, de monsieur intense, pour te concentrer sur ton travail, en me demandant  - Qu'est ce madame décide boire ce soir ?      Je dois avouer, que les deux Mi Mozza du matin, ne sont pas encore passé, alors ce soir pour moi, se sera : - De l'eau plate. -Et monsieur prendra ? -Un cognac à l'orange.    Antoine s'en va et nous pouvons continuer, notre discussion. - Tu vois il se rattrape. Te dis je avec le sourire.       Tu soupires, et admets ta défaite. - D'accord j'ai compris, vous voulez que je le gardes.       Encore ce stupide Vous ? Il y'en a marre, il est grand temps que tu arrêtes alors je persiste.  - Tu avais pour intention de le virer, après une histoire de menu ? - Pas vraiment, disons juste qu'il serait retourner en période d'essaie. -Tu passes pour un cinglé maniaque du contrôle. Tu le sais ça ?    Tu me lances un regard interrogateur, ah ouais parfois j'oublie qu'il faut parler bourge avec lui. -Au mieux, une sorte de Steve Jobs au pire le marquis de Sade. - De Sade ? L'inventeur du sadisme ? un rire lui échappe. Le sadisme ce n'est pas mon délire. Et vous ? -Tu préfères que l'on se vouvoie ? Je sais que je suis hors conversation mais je me pose cette question depuis hier. -Je ne sais pas ce que je préfère. Que voulez-vous ? -Te connaître ? -A-t-on besoin de se tutoyer pour connaître une autre personne ? -Je crois que ça fait partie du processus.    Antoine est de retour, il remplit mon verre d'eau, dépose la carafe à table. Donne son cognac à Monsieur, et nous sourit, avant de demander. - Une entrée ?     Je lui souris à mon tour. - Oui, une salade, Hum... des jardins, sans ognon je suis allergique.          Mon regard croise le tien quand j'ajoute. - Et laissez tomber l'eau plate. Je prendrais plutôt un château bordeaux 1998. Disons que l'ambiance me semble plus au rouge, j'ai besoin d'avoir un remontant, pour arriver à supporter certains comportements.     Cette dernière phrase est pour toi. Tu l'as compris et te racle la gorge, fini en un coup ton verre. Demande un Gin poivré authentique celui du modèle londonien, fait avec un verre givré. La Conversation est relancée dès que Antoine disparait. - Supporter certains comportements ? Excusez-moi mais depuis mon plus jeune âge je suis habitué à vouvoyer une personne que je viens à peine de rencontrer. - Bien sûr et vous embrassez aussi les personnes qui viennent à peine de vous rencontrer ? Si c'est cela vos mœurs, je penses que vous en avez traumatisés des personnes. - J'avais bu. Je ne fais pas ce genre de choses, je suis désolé. - Vous vous excusez beaucoup, dit donc.    Antoine revient avec ma bouteille, et remplit mon verre. Je le finis devant lui, juste pour t'énerver. Je lui demande d'en mettre un autre, que je finis encore devant toi. Il est tellement facile de jouer avec tes nerfs. Tu fronces des sourcils, encore... Je souris quand je lui dis de laisser la bouteille. Conscient de mes intentions tu laisses tomber ta joue sur la paume de ta main, te met à sourire, quand tu me demandes : - Vous avez terminé ?      D'accord, oui, oui je ne vais pas dire non, c'est une évidence, tu es beaucoup trop sexy... Surtout, quand tu fais ce genre de gestes. Tu transpires, la confiance en toi, en tes capacités, tu as un mental du gagnant. Tu sais que tu vas gagner cette discussion, seulement moi, j'ai une chose que tu n'auras jamais, et c'est une paire de seins ! Et oui je suis une femme, tu penses sérieuse que niveau guerre psychologique tu peux gagner contre moi ?      Alors pour être sur de gagner, je te lances cette bombe. - Vous regrettez notre b****r, c'est vexant.      L'argument qui tue. Tu ne pourras rien dire à part, je m'excuse, encore, alors dit le.  Pourquoi tu fais ce sourire ? Tu es censé t'excuser ...  - Comment pouvez vous penser que je le regrettes ?    Va te faire foutre s****d ! Tu viens littéralement de me battre à plat de couture, ta question est tellement précise, Je ne vois pas d'autres alternatives que de répondre, par une interrogation encore plus précise. - Peut être parce que, vous ne m'avez pas dit votre nom. - Touché !     Un sourire, partagé. Une complicité qui me plaît, une épée, qui prend forme dans ton regard, ton but, percer, couper, trancher, les lianes qui composent la jungle de mes yeux verts.  Trouver des informations, trouver la vérité, chacun veut comprendre la philosophie d l'autre, seulement il faudra bien se dévouer à un moment, et quelqu'un devra alors révéler ces secrets.  - Alors, je peux connaître votre nom ?  - Seulement si vous me dites, comment vous pouvez penser que je regrette le b****r qu'on vient de s'échanger...       Je déglutis, fait un effort, c'est un échange de bons procédés.  - Peut être parce que vous avez dit que vous ne faites pas ce genre de choses. - Non, Mikaela... Pas cette raison là, je parles de la vraie raison.     Ah ouais carrément, autant que je te dises de suite que je le trouves trop bien pour moi aussi ? Je me mets à sourire. - Je ne vois pas de quoi vous parlez. - Très bien, eh bien moi je n'ai pas de nom.     Cette fois, un rire m'échappe. Un rire, qui tend vers la nervosité. Il a quelque chose. Il y'a quelque chose. C'est charmant, cet échange, ce jeu, c'est intéressant.  - Vous aimez jouer. - Pas plus que vous. - Rectification ! Vous adorez jouer. Et surtout, mener la danse.     Cette fois, tu souris, j'ai visé juste, et ça t'amuse, tu ne vois pas quoi dire devant la vérité, alors tu te tais, pour me laisser tirer mes propres conclusions. Mais pourquoi ? - Vous ne donnez jamais de réponses clairs ? J'ai l'impression de nager dans l'incertitude avec vous... - C'est parce que ...        Tu ne finis pas ta phrase, car Antoine est encore apparu devant nous. Et qu'il a déposé ma salade. Je prends mes couverts, et la découpe pour arriver à la manger sans trop de difficulté. La quantité est satisfaisante, en fait je n'ai pas un grand appétit, mon brunch n'est toujours pas passé, je manges, pour ne pas gaspiller un si beau décor.         Je croques mes premières bouchers, et je sens que cette salade de jardin a un goût différent. Tu m'éclaires sur la situation en disant :      -Le chef aime bien changer les recettes, le pain est un pain turc, et pour la sauce il ajoute souvent du vinaigre de cidre au jus de citron, remplace la moutarde par de la mayonnaise faite maison. -D'où ce côté acide et très acidulée. -Oui j'adore cet endroit pour ça. -Pour la cuisine du chef ?  - Pas seulement.     Tu me fixes quand tu me dis. - La vue est magnifique, la cuisine délicieuse, l'orchestre joue de la bonne musique. - De simples plaisirs de la vie... - En effet.       Le silence, vient nous tenir compagnie, c'est moi où, il fait plus chaud ici ?           Je me racle la gorge, avant d'ajouter.  -Alors vous êtes de passage en ville ? - ça se voit tant que ça que je ne viens pas d'ici ? - Il n'y a pas vraiment de mecs qui refusent de dire leur nom, par ici...      Tu laisses échapper un sourire. Et Antoine dépose ton verre. Je lui fais signe que je ne veux rien de plus, malgré le fait que je sois à deux doigts de finir ma salade. Je savais que tu allais commenter ma décision à la seconde où il allait s'en aller, c'est pour ça que je ne suis pas surprise à la seconde où tu me demandes : -Vous faites un régime, ou bien c'est encore une règle que la gente féminine doit respecter lors d'un rendez-vous ? -S'arrêter à l'entrée n'est pas une technique de femme pour faire croire que l'on ne mange pas trop, ce qui est considérée par la société comme gracieux et charmant chez une femme, quoi que certaines le font. C'est juste que je n'aie pas faim, j'ai passé la journée à manger et discuter avec un ami. -Un ami ?     Ton ton, frôle la furie. Je reprends plus doucement. -Oui, c'est celle qui vous a passé mon numéro au bar. -Oh ! Donc une amie ? -Oui     Je souris, il est sérieuse en train de montrer un signe ouvert de jalousie ? Il est sérieux à mon sujet ? Attendez, impossible, enfin je suis sur d'être juste, son rendez vous de passage en ville, je dois arrêter de me faire des films, n'oublie pas Mikaela, au fond tu n'es qu'une irlandaise, née, d'une camée de mère et de s****d de père, au fond tu ne représentes rien. Et ce n'est pas grave, tu as accepté ta situation de personnes inférieures, alors tu t'en fous. Juste continue, de jouer son jeu, et attend ce moment où il va montrer son véritable visage, comme tous les autres.       C'est surement à cette fin, que j'insiste sur cette question.  - Alors, vous n'êtes vraiment pas d'ici. - Oui, je rode souvent dans le coin pour affaire, à vrai dire, je rode dans le monde entier pour affaire.  - Ah oui ? Quelle a été votre destination préférée ? - Les Shetland, une île entre la Norvège et l'Ecosse   Je ne peux m'empêcher de laisser échapper un pouffement de rire.  Son expression veut dire « pourquoi ce rire ? ». Je me lance donc dans une explication -C'est juste que, je ne sais pas la plupart des gens parlent de lieux tropicaux, ou bien des très grandes villes, comme Paris, Milan, New York.     Il sourit, je ne sais pas si c'est le vin rouge, mais je me sens rougir.  -J'aime les Shetland parce que c'est une île chargée d'histoire et de coutumes, le folklore de la région est passionnant, et la ville a un charme ancien, vieux jeu, que j'aime. Ce côté ancienne société, leurs passions pour leur tradition, c'est impression.       Waouh... La passion qu'il dégage quand il parle de tout ça. C'est juste, trop sexy... Il est juste trop sexy.  Je rêverais qu'il parle de moi avec autant de passion...Je plonge encore une fois mes lèvres dans le liquide rougeâtre. Je dois boire pour ôter la vie, à toutes pensées de ce genre.               Mon regard ne quitte pas le sien. J'ai bu une quantité acceptable cette fois.      Je finis ma salade, et mon verre de vin. Cette vue est vraiment magnifique, mon regard se perd dans le décor, la brise printanière, les paroles de cette chanson d'enfants... « Des images me reviennent, Comme le souvenir tendre, D'une ancienne ritournelle ; Autrefois en décembre. »      Je me tournes ahurie, cette chanson, mon film Disney préféré, un souvenir tendre, des enfances d'enfances, avec des personnes que j'aime, les seuls souvenirs d'enfance, qui ne sont pas à l'origine de mes cauchemars.     Je le regarde quand je lui dis, sur le ton de la douceur, un ton que j'utilise rarement. - C'est  ! Anastasia loin du froid de décembre.    Je suis pleine d'entrain, quand je me mets à chanter à tue-tête : - Je me souviens, il me semble, Des jeux qu'on inventait ensemble, Je retrouve dans un sourire, La flamme des souvenirs.      Alors qu'il vient de finir, son Gin poivré, il se lève de table, me propose de valser. Impossible pour moi de refuser, quand ces yeux sont plongés dans les miens.       Sur la cadence de cette voix enchanteresse et du haut de mes Jimmy Choo, un homme me propose de valser, pas de tourner autour d'un poteau, pas de lui faire des figures sensuelles, ni de jouer ce jeu ce rôle de chienne obéissante, qu'il passe son temps à m'imposer.     Rien de tout ça, je suis un être humain à ces yeux, on être doté, de raison, et de sentiments, un être dont le corps, lui appartient, un être qui a droit au respect, et à la gentillesse. Une personne normale... Voilà ce que je suis...        Non ! Arrête de rêver ! Tu es tout sauf ça, il te l'a dit, tellement de fois... Tu ne veux pas comprendre Mikaela... Elina... Qui que tu sois, tu restes un demeure, un être sans importance. Alors comment oses tu accepter sa danse !    Comment peux tu ? Le laisser alors guider tes pas ? Qu'est ce que tu fais, tu veux qu'il te tue ? C'est ce qu'il fera, tu en es consciente c'est sérieusement pour quelques pas avec cet homme ont tu ne connais même pas le nom, que tu te plais à jouer avec ta vie ?  « Un écho, Comme une braise sous la cendre, Un murmure à mi-mots, Que mon cœur veut comprendre. »         Quelle ironie, si seulement il savait à quel point cette chanson, parle de moi, de ma vie, de la réalité dans laquelle je vis. Tout comme Anastasia, je n'ai plus rien eu. Et tout ce que j'ai, tout ce j'ai maintenant, c'est grâce, à un homme, seulement moi, je ne suis pas tomber sur un enfant de cœur, mais plutôt sur un enfant qui en mange des cœurs !      La souffrance. Le seul ami qui me soit fidèle. Et pourtant...       Mes yeux, ne peuvent pas s'empêcher de plonger dans les tiens. Je sais pertinemment, que c'ets peine perdu, le bonheur, n'est pas fait pour moi. Je le sais. Alors pourquoi, j'aime tellement la chaleur de tes bras, sur hanche. Comment se fait-il que je n'arrive pas à détacher mon regard du tien, nous sommes en si grande harmonie, que même les constellations seraient folles de jalousie... Ton corps qui guide le mien, une expression qui peut s'appliquer à un autre contexte que celui ci, une expression que j'adorerais appliquer dans un contexte, plus intime...   Dans un monde où je pourrais te donner ce que tu veux de moi... « Je me souviens, il me semble Des jeux qu'on inventait ensemble, Je retrouve dans un sourire, La flamme des souvenirs. De très loin, un écho, Comme une braise sous la cendre, Un murmure à mi-mots, Que mon cœur veut comprendre, Une ancienne ritournelle, Loin Du Froid De Décembre. »   C'est le dernier couplet. La fin de tout, la fin de nous.    Dans tes bras, je tournoie une dernière fois, et quand mon corps s'approche de toi, nos lèvres s'effleurent. Un contact, volé, rapide, furtif. Une poignée de secondes. Un instant, si infime, dans l'immensité de l'espace temps. Et pourtant... Cet instant m'a semblé si long, si désiré, si demandé. Ne me lâche pas, ne me laisse pas, pas encore pas comme ça, pas comme cette fois là. Pitié... Restes avec moi.     C'est ainsi que je perds le contrôle, que mes bras autour de ton cou, que mes talons lâchent et s'écrasent sur le sol. Avec passion, je t'embrasse, je ne me lasse pas de cette chaleur qui monte en moi, je ne me lasse pas du goût de tes lèvres, de ton imposante carrure, de ton statut d'homme fort, dominant ? Oui dominant.      Seulement ta domination tu l'exerce par les respect et non par la force, c'est en cela que tu le dépasses en tout point. C'est en cela, que m'éloigner de toi, serait m'enfuir en vain. Il est évidant, que j'en veux plus. Plus de toi, de ta présence, de ton corps. Je suis ivre de vous ! Monsieur intense... Comment est ce possible en si peu de temps, c'est une erreur. Que j'ai déjà faite ! Et si il était pire que lui ? Que vais je devenir ? Un déchet encore plus écrasé qu'avant ?           Mouillé c'est mouillé, on ne peut être mouillé à moitié, alors autant se lancer... Ce qui est fait est fait. Il est hors de questions que je ne m'arrête. Quel que soit votre nom, je n'ai qu'une aucune, c'est de le hurler, alors que je vous montes à califourchon.         Mais si tu sembles pas du même avis que moi, quand tu mets fin à notre étreinte. Haletante, je te regardes. Décontenancé, tu essaies de me recadrer : - Vous êtes ... Tellement passionnée.     Le ton de sa voix est à peine audible. Le mien par contre, est pleinement audible. Je sais ce que je veux, et je le veux maintenant ! - Passionnée ? Vous  l'êtes aussi, sinon vous ne m'auriez pas laisser le faire.      Je tire sur les manches de ma robe, qui coulissent le long de mon silhouette. J'écarte la robe de mes hanches, et elle se retrouve en une seconde au même endroit que mes talons.      Je suis en lingerie, je sais ce que tu vois, Une femme passionnée, en lingerie, sous fond de musique d'orchestre... Un spectacle digne d'Hollywood. Le dramatisme, un de mes genres préférés.  Le silence règne, pour la énième fois de la soirée. La brise printanière, vient ajouter, sa touche à la situation quand elle vient soulever mes cheveux, une tension s'installe, quand mes ondulations suivent les oscillations du vent. Quand ce vent, me permet de sentir encore plus nettement, cette effluve d'Armani. Presque tué, dans l'odeur d'alcool que tu as ingurgité.       Des yeux gris qui analysent. Des poings qui se serrent, un torse qui se plait à remonter et à descendre, une réaction normale, venant d'un homme comme toi. Le control ta plus grande force, et ta plus grande faiblesse. Tu en as envie, ça crève les yeux, allez, faisons le... Ensemble succombons... Toi et moi, ensemble, goûtons à ce fruit interdit ... Monsieur intense, apportez de la crédibilité à votre surnom... Pas le temps de comprendre ce qui m'arrive, Je sens juste la force de ces bras, lorsqu'il me porte par les jambes pour me jeter sur son épaule. Je bats des jambes, mais rien n'y fait, il est cent fois plus fort que moi. Alors utilisons d'autres armes... C'est pourquoi je murmures à ton oreille : - Pas si fort, tu risques de me faire mal, je suis fragile moi. Malgré, les tentes secondes qui viennent de passer, je n'ai aucune réponse de sa part. Il est énervé ? Comment ... C'est possible ?  Une chose qui est sur, il m'amène loin d'ici, ça fait des minutes qu'on marche, et moi, je ne vois rien à part la route que l'on vient de passer. J'ai froid... Et je frissonnes...Non seulement pas seulement à cause du froid, mais aussi à cause de lui et de sa main qui maintient mes cuisses bien en place. D'accord j'ai mal agit... Mais me porter comme ça sur son dos, c'est trop pour moi... Il va me tuer ! Je meurs d'excitation...  La sensation de sa paume de main qui arrête qi durement... L'intérieur de mes cuisses, ma poitrine se colle à ces épaules. La sensation de sa paume de main sur l'intérieur de ma cuisse !  Mais non, j'ai encore plus chaud, que lorsque je dansais. J'en peux plus ! Je lui hurles : - ça suffit dépose moi par terre !  Ma voix est tremblante, et pousse vers les aigus.  -seulement si tu promets de ne pas enlever le seul tissu qu'il te reste sur la peau.      La sienne, est intransigeante.  Son ton ne laisse pas place à la discussion, alors je lui dis, ce qu'il veut entendre : -Oui je promets.  Quand mes pieds touchent le sol, Ma main touche sa joue, et non ce n'est pas une caresse, mais bel et bien une gifle ! Il se masse sa joue, quand je lui dis énervée. -Tu l'as bien cherchée !     Il pousse un soupir. Je l'ai énervée tant que ç*a ? Se mord la lèvre, son regard se pose sur moi. Il n'est pas énervé... Il semble plutôt soucieux. Des mains qui saisissent mes épaules, non pour des fins obscènes, au contraire, leur but est de recadrer, d'établir des limites... De me gronder ? -Ne refais plus jamais ça !     Un ordre, non dissimulée. Une incompréhension totale de ma part. - Mais pourquoi !? Qu'est ce que j'ai fait ? - Tu t'es mise en danger voilà ce que tu as fait ! On est dans les bois, qui sait quel détraqué peut roder par ici ! Et puis sérieusement, on était pas seul ! Il y'avait un orchestre, un chef et Antoine ! Tu as perdu la tête ? Tu te déshabilles comme ça ? Et tout ça pourquoi ... Pour jouer à ton jeu stupide de séduction, ressaisis toi Mikaela...respecte toi ! Bon sang !  Ton corps est précieux... Tu  es précieuse. Ne refais jamais ça.      Il semble sidéré, pourquoi il fait cette tête ?  Et puis, qu'est ce qui m'arrive ? Pourquoi je sens que ma joue est humide, comment se fait-il qu'une larme soit en train de couler le long de ma joue ?  Je n'arrive pas à me contrôler et j'éclate en sanglots.    Je me bats contre moi même mais rien n'y fait, je suis impossible à consolée. Je déteste ça, quand mes angoisses prennent le dessus, quand ma respiration devient si difficile, je sens une énorme bille de douleur qui compressant mon artère pulmonaire, et qui m'empêche de respirer... Je me sens vriller, vers l'autre côté de ma personnalité.        Je sombres dans un océan de peurs et d'angoisses...  La position fœtal, en général m'aide à me calmer, mais là je n'y arrive pas, je suis perdue. Je ne comprends pas au secours ! Je haïs cette sensation... Mon cœur se serre, cette chanson, je me rappelle de ces moments, d'elle qui me la chantait tous les soirs. Je me rappelle de lui qui me criait dessus tous les soirs, qui me frappait, puis d'elle qui me réconfortait avec cette chanson.  Mes sens, notamment le touché,  sont sollicité, par ce froid montagneux ...  Une sensation prenante, celle de la peur qui monte en moi. Une sensation angoissante, celle de la terreur qui s'empare de moi. Mes sanglots... Encore un vieil ami. Seulement, là à cet instant précis. Je ne suis pas seule. Un autre vient me sauver, une chaleur nouvelle, un corps, qui ne m'ai plus étranger.  Mais la question est L'a t'il déjà été ? Un ton doux rassurant, des mots que l'on me murmure : - Respire... Mikaela... Respirer.  Mes yeux que j'arrive à ouvrir, malgré la panique grandissante. Des bras qui semble à première vu brut, doté d'aucune délicatesse, sont au contraire doté d'une grande finesse. Ces bras me cajolent, me permettent de me sentir protéger.  Mes sanglots diminuent au fur et et à mesure que sa paume de main caresse mes cheveux.  Je ne veux pas penser, je ne veux pas réfléchir à tout ce qu'il pense de moi. Je dois sembler si pathétique. Je suis si pathétique. Je ne mérites pas de vivre, une telle romance. Tout ce je sais c'est qu'à cet instant je me dis : heureusement que mon mascara est waterproof.  Je ne sais pas comment j'ai fait pour atterrir ici, mais je suis dans mon lit.  Je me lèves subitement, pour vérifier si je suis ... Seule. Oui je suis bel et bien seule.  Mon premier réflexe ? Saisir mon téléphone bien entendu.  Je n'ai aucun appel, ou message. Je me frottes les yeux. Ma robe est pliée, mes talons rangés dans leur boîte, de même pour mon sac. Cependant il y'a un truc nouveau, sur ma commode. Je me sors de mon lit, pour l'admirer de plus près. Un énorme nounours, avec un t-shirt sur lequel c'est écrit en gros caractère : Adrian Un mot juste devant son nounours : Au fait c'est mon nom. Je prends le nounours dans mes bras, et je remarque, une inscription au dos :  " Au cas où, je ne suis pas là pour vous réconforter "  Le pêché originel ? Hum, oui je ne vais pas me priver de pêcher contre ce mec qui se pense être un dieu, et oui, rien ne peut m'empêcher de dormir, avec Adrian version nounours dans les bras. Je vais pêcher contre ce s****d de dieu, et en commentant un pêché originel. Dormir en pensant à un autre que lui, peut être une rébellion ? Je ne sais pas. Tout ce que je sais est que pour la première fois depuis des années, je me sens bien, et ça c'est inestimable. Alors lorsque, je me recouche avec son nounours entre mes bras, je ne peux m'empêcher de murmurer : - Bonne nuit, Adrian...
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