Je n'arrive pas à croire que je sois en train de cramponner la barre de l'ascenseur avec autant de nervosité. Sérieusement ? J'ai passé l'âge de stresser pour un rendez-vous. Et encore pire, j'ai passé l'âge pour que se soit mon premier rendez-vous.
Un vrai rendez-vous, et non celui qu'un des joueurs de l'équipe de foot, te donne après le match pour te baisser sous les gradins.
Je soupire. Ce n'est pas vraiment le moment pour penser à tout ça non ?
C'est alors que le bouton de mon étage arrête de briller.et que les portes ascenseur s'ouvrent sur mon palier.
Nonchalamment, j'ouvre la porte de mon appartement, et n'oublie pas de la refermer derrière moi.
Je soupire, encore une fois, alors que sur le chemin de la salle de bain, je laisse traîner mes vêtements le long du parquet.
C'est autant excitée, qu'effrayée, que j'entre dans la douche.
Une eau éclair et brûlante. Juste ce qu'il me faut pour rafraîchir mes idées.
Mais c'est indéniable. Je suis d'humeur, à être très sensuelle...
D'où l'utilité de me passer la crème de nuit, lady million, de Pacorbanne. Après être sortie de ma douche.
Douce, gracieuse...
Cette crème, est la seule arme olfactive qui me semble digne de rivaliser avec son parfum d'Armani. J'espère que la soirée suivra la flagrance de cette odeur.
Attendez quoi ?!
Est ce que je viens d'espérer ?
Mais qu'est ce qui m'arrive ?
J'en viens à espérer de passer une bonne soirée ?
Je m'attends réellement à autre chose qu'à de la déception ?
Réveille toi, Elina... Tu ne peux pas, ce n'est pas pour toi, lui... Tout ce qu'il représente, ce n'est pas pour toi... Tu ne l'auras jamais !
Pourquoi ? Parce que les hommes comme lui, ne finissent pas avec les femmes comme toi.
Ne tombe pas dans son piège, de gentlemen à la con, tout ce qu'il veut au fond c'est coucher avec toi, au fond ils ne veulent que ça.
Je le sais pertinemment, et pourtant, je me maquille en espérant secrètement, qu'il apprécie mon maquillage... Je veux qu'il me dise encore, comme hier, devant la fontaine, qu'il me trouve, belle... J'en aie envie, même si je sais que c'est totalement ridicule.
Un soupire, des larmes, que je sens dans ma rétine. Une souffrance à fleur de peau, des espoirs incertains, un avenir que je meures d'envie de connaître. La souffrance ? L'amour ? L'espoir ... Un mot que je connais, et que je côtoie très souvent, deux autres qui me semblent tellement étrangers, à moi et mon monde. L'amour ? L'espoir ? Ces deux mots dans mes pensées.... C'est Noël avant l'heure ! Mais tout comme je n'ai jamais cru au père Noël, je ne crois pas non plus, à ces conneries.
L'espoir ? L'amour, juste des conneries que l'on véhicule pour faire vendre des stupides roman d'amour à deux balles. Je n'y crois pas. Je ne veux pas y croire, je ne peux pas y croire. Il faut avoir un cœur pour y arriver. Le mien est vide, brisé, meurtrie. Je ne veux pas le réparer, je ne veux pas qu'on le répare pour moi.
Et puis même si on le fait, une assiette en porcelaine brisée, ne pourra jamais ressembler à une assiette neuve, il y'a aura toujours une trace, même si on remet de la peinture au-dessus, la trace, elle, restera toujours en dessous. A force de laver cette assiette, elle refera surface.
Alors à quoi bon, pourquoi se battre ?
Mon avenir, est certain. Mon avenir lui appartient.
Il n'y a pas une autre manière de voir les choses, ou la vie. C'est tellement ironique, mais c'est vrai, mon futur, ma vie, plus rien ne m'appartient, je suis à lui. Je suis sa possession, et il a tous les droits sur moi. C'est tout.
Le seul amour qui me soit autorisé, c'est bien celui que je peux éprouver pour mon maître. Je n'ai pas le droit, d'en éprouver un autre. Je le sais pertinemment, je le sais... Il m'a si bien dressée, il me l'a toujours ordonné, me l'a fait comprendre, admettre par les pires sévices possibles, alors pourquoi ? Pourquoi, quand je penses, à lui aux mots qu'on a échangés.... Je me sens juste tellement libre ! Je me sens bien ? Je ne sais pas ce que ça signifie, le bonheur, je n'y crois même pas.
Mais quand je penses à lui, quand je sais qu'il ne me voit pas comme un Object de désir, quand je comprends, qu'il voit en moi, bel et bien, un être, une personne.
Quand je sais, qu'il me respecte, qu'il ne veut qu'une seule chose :
apprendre à me connaître Je me sens, triste et perdue...
Je veux apprendre à le connaître, je veux aimer, être chérie. Mais je sais que c'est impossible. Je suis beaucoup trop vide pour arriver à ressentir ce genre de sentiments. Je n'ai plus à rien à donner, ni amour, ni espoir. Ma vie n'est que souffrance.
Les blessures du cœur sont les plus cruelles de toutes. Seule l'amour, peut les guérir, mais c'est un remède à double tranchant, il peut tout effacer, tout comme il peut nous mettre dans un trou encore plus profond que celui dans lequel nous étions.
Et pourtant....
Je me munie de ma palette Anastasia Beverly Hills couleur nude. J'applique le far à paupière rose clair sur toute la partie mobile puis un fard à paupière prune aux racines supérieures et intérieures, mon doigté est fin. Bien avant d'appliquer tout ce fard j'ai une mit une base bb crème sur mes paupières pour le faire tenir plus longtemps. Un trait de liner fin pas épais, un rouge à lèvre Channel allure rouge ingénue, enfin je finis mon maquillage avec un mascara waterproof.
Un soupire, une hésitation, quand je sors ma robe de son emballage.
Tant d'efforts... Plus inutiles les un que les autres.
Je portes une lingerie de choix, c'est maintenant que je le remarque, culotte en dentelle noir, forme V, soutien gorge triangulaire, de la même dentelle que ma culotte. Je suis bien entendu épilée. Il n'aime pas les poils, ils veillent bien à ce que je n'en aie aucun. Jamais.
Quand je mets ma robe, c'est par le bas, je n'ai pas envie de gâcher mon maquillage.
Un coup de brosse sur mes cheveux, je suis habitué à me boucler les cheveux en vitesse, alors je redonne de la fraîcheur à mes boucles. Je me lève, me regarde dans mon miroir plein pied, style londonien de la période gothique.
Je suis étonnamment élégante... ça me change, de mes robes pull, et de mes baskets.
Pour les accessoires, On va faire vite, rien de compliqué, je porte le sac que Kathie m'a acheté, des Jimmy choo, couleur chocolat, qui vont avec les couleurs de Louis Vuitton. Un coup de parfum Chanel numéro 5. Et je penses que c'est bon.
Je prends, un peu d'argent que je mets dans mon porte monnaie, ma carte d'identité. Oui même si je ne m'appartiens aux yeux de l'état, j'ai une identité quand même. Quand je saisis mon téléphone, je vois trois appels en absence, et un message.
Sans blague il aurait aussi pu, me jeter un cailloux à la fenêtre...
Je descends de chez moi en vitesse, n'oublie pas la clé de mon appartement.
Il avait garé près de la fontaine, adossée le long de la portière l'air pensif.
Quand il remarque que je suis en talons, il entre dans la voiture, et la fait avancer vers moi.
D'accord ça... C'est trop mignon.
Je contourne la Mercedes et entre côté passager.
Siège en ivoire, frein à main en acajou, tableau de bord vintage.... Je ne m'y connais pas vraiment en voiture, mais je la trouves belle.
Mais ... En parlant de beauté... J'en connais un, qui ne passe pas inaperçu.
La barbe de trois jours n'existe plus. Sa ligne de cheveux, est bien définie, une crête qui marrie parfaitement, avec la carrure de ma mâchoire. Un résultat de prof, fait par un coiffeur expérimenté.
Une paire de Ry band aux bordures noires, qui intensifie, la profondeur de ces yeux gris.
Des yeux gris, qui analysent, me regardent. Mes yeux verts, qui se baladent sur ses lèvres, ses lèvres qui sourit, mes joues qui rougissent. Je suis en train de la mater, et ça l'amuse....
Mais c'est plus fort que moi, il a un visage si parfait, c'est pas humain d'être aussi beau !
Mais je dois avouer, que son pull en col roulé gris, et que son jean Levis du même noir que son jean, me font me demander si moi et mon décolleté, ne sommes pas de trop....
J'expire.
J'aimerais savoir, si j'aurais le droit de me changer, pour retrouver mes baskets, et mon sweat...
Je suis pas mal embarrassée... Je crois que je me suis emballée... Cette fois je soupire pour de bon. Intrigué, il me demande :
- Vous allez bien ?
- Hum... Oui j'imagine.
- Vous imaginez ? Me répondit sur le ton de l'interrogation.
- Oui j'imagine. Reprenais-je avec sarcasme.
- D'accord... Dit-il apparemment animé d'aucune envie que se soit de créer un débat.
On va faire un effort pour être agréable, après tout, il a quand même avancer la voiture vers moi. Et puis... Il est trop sexy pour que je lui parle n'importe comment...
- Désolée... Je... Je ne comprends pas, pourquoi vous ne m'avez pas donné de dress code.
Je détourne son attention de la route, me mate pour la première fois. Sourit.
C'est mon corps qui le fait sourire, ou ma tenue ?
Il dit sur un ton, plutôt suave. Je ne sais pas si c'est sa voix qui est comme ça en général, mais là il y'a un truc différent, une aura différente, un présentiment...Quelque chose d'indéfinissable !
- Je ne trouves pas que votre tenue ne soit pas appropriée, pour là où on va.
C'est tout ? Pas de ... Vous êtes magnifique, ou bien ... Vous êtes à tomber par terre ? D'accord tu veux jouer, aux mecs polies et tout ça, mais dire que tu adorerais ploter mes seins, ce n'est pas impoli connard !
Le silence, règne. J'aurais pu me taire, mais bon vous avez appris à me connaître.
- Sérieux, juste un p****n de compliment, ça va vous tuer ?!
Il coule un regard en ma direction. Semble embarrassé.
C'est quoi le délire ? Je n'arrive pas à comprendre sa mentalité de bourges !
Les signaux de fumée c'est pas mon délire, moi je dis ce que je penses, c'est pour ça que j'en rajoute.
- Je me sens vraiment nul, de porter, une robe aussi décolleté, alors que vous êtes en jean !
Cette fois, il inspire. La route est vide, son regard se pose sur moi.
Je dois avouer, que ces yeux, ont une sale tendance à me déstabiliser. Ce gris, j'en suis sur est de la même matière, que le gris du bout de fer avec lequel on compose une flèche, une flèche qui a su percé mon cœur de pierre.
Je ne soutiens pas son regard. Il est beaucoup trop perçant. Alors je baisse les yeux, me mord l'intérieur de la lèvre, quand il me dit :
- Vous êtes évidement magnifique, vous l'êtes toujours, tout le temps.
Mes yeux, trichent en regardant son expression sur le rétroviseur. Un sourire, se dessine sur le contour de ses lèvres, quand nos regards se croisent dans le rétroviseur.
- Je ne vous aie pas dit que vous êtes magnifiques, parce que je sais, que vous n'avez pas besoin d'entendre quelque chose qu'on vous dit à longueur de journée.
Je répète, la fin de sa phrase, avec gêne. Je n'ai aucune envie de jouer à l'effronté du moins pour le moment...
- à longueur de journée ...
- Si ce n'est pas le cas, vous m'en voyez désolé. Je vous le dirais toutes les secondes si vous le voulez.
- Une fois suffira.
Sa main glisse, du frein à main, pour la mienne. Mon souffle se coupe, quand ses doigts entrelacent les miens. Un murmure à mon oreille, aussi doux qu'un écoulement de miel, un niveau de glucide, comparable au temps mis à la préparation de ce nectar, s'empare de mes sens, m'englouti dans une onctueuse flagrance d'Armani. Un soupire, une respiration qui devient difficile, et lente, quand ces mots habité de son souffle, parviennent à mon oreille :
- Vous êtes somptueuse.
Je crois que je viens d'avoir un orgasme...
Nos regards qui se croisent, l'impertinence de mon corps, quand il pose cet acte qui risque de me faire du tord. Mes lèvres, animées par la hâte, l'excitation sûrement, me donne l'impulsion qui me manquait pour l'embrasser. Un b****r furtif, volé, la représentation d'une envie présente. D'un feu, qui rêve d'être éteint, par sa semence. Un fantasme, celui de son corps contre le mien.
Une envie, pressante ... Qui pourrait être assouvie que lorsqu'un aura fini avec toute ces formalités. Une envie qui sera assouvie, que lorsque nous dégusterons ensemble, ce fruit qui a souvent été qualifié de pêché originel.