Mission : Robe de mes rêves

2295 Mots
  Les routes se sont toujours autant ressembler ? J'ai une telle impression de déjà vu, quand je traverse ces avenues. Je ne peux pas m'empêcher de penser, à la route qui relie ma immeuble à ce bar. Une pensée inutile. C'est vrai. Je pensais ridicule, je dirais.       Un soupir. Je suis arrivée.     Je prends mon téléphone, et appelle Kathie. Pas besoin d'entendre sa voix, pour savoir qu'elle m'a vu. Je la voix depuis la fenêtre de sa maison. Oui Kathie, est la seule du groupe, qui a une vie qui ressemble à une adulte de 25ans. Elle a un bon taff, une maison, un crédit... Une vie normale quoi.     Quelques minutes, suffisent pour que je puisse sentir ces cheveux lisses contre ma joue. Des cheveux noirs, une peau mate, des yeux noirs, du même noir, que la jupe crayon qu'elle porte, avec ce body bleu électrique.     Un sourire, de sa part quand elle me dit : - Entre ta carrière et la mienne on a plus une minute pour se voir.     Elle a l'air si triste, une tristesse qui a tendance à se cacher derrière l'euphorie de son regard. -T'as raison, mais bon tu sais, toi tu vis le jour et moi la nuit.     Un soupir de sa part en guise de réponse. La tristesse n'a jamais été son fort, alors elle change de registre, fait tourner la conversation vers un un idéal plus joyeux.  - On va faire quelle boutique ?    Je sais à quoi elle pense mais pas question que je la laisse encore claquer, pour moi, des sommes astronomiques en vêtement. Elle adore faire ça.          C'est une avocate qui travaille dans un prestigieux cabinet, elle sort de la meilleure université du pays, fait partie des meilleurs de sa promotion, a eu le pire des financiers ce qui est normal il ne faut surtout pas oublier que la vie est une sombre pétasse...  Bien sûr 25ans, riche, avocate et indépendante ça fait fuir plus d'un homme.        Malgré que ce s****d soit son ancien patron, qui l'a d'ailleurs quitté quand il a su qu'elle a été choisie associé à sa place, la plus jeune associée que le cabinet n'est jamais connu.     Ce n'est pas une reine, mais une impératrice. Cette fille, c'est la véritable déesse grec. La réincarnation d'Athéna, dans un corps de femme noire forte et indépendante.   Je soupire, avant de lui dire : - On va aller à Zara, pas question de te laisser payer encore une fois. Et puis une robe Prada au premier rendez-vous ? Ce n'est pas un peu trop... Imagine que ce soit un psychopathe ? Je n'en penses pas un mot, j'essaie juste de la persuader de ne pas m'amener faire du shoping de luxe...  Sa bonne humeur, serait presque communicative, quand elle m'arrête avec vivacité par les épaules et qu'elle me dit sur le ton le plus sérieux : -Il n'y a pas plus gracieux que de mourir en Prada.        J'explose de rire, un rire si spontanée, ça fait tellement longtemps, que je n'ai plus rit de cette manière. Elle n'y vraiment qu'elle pour me faire mourir ainsi.             Elle avait ces clés en main, les fait tinter l'une contre l'autre, avant de me dire :  - Allez ma chérie ! On y va.     Cette fois, elle a réussi à vraiment me communiquer sa bonne humeur.       On est assise l'une à côté de l'autre, quand on se  met à chantonner les morceaux qui passaient à la radio. Dans la bonne humeur, nous allons en direction du centre commercial.               Arrivée sur place, je ne lâche pas sa main, alors que nous entrons dans le magasin. Elle me pose une question évidente : - Alors dit moi tout... C'est à cause de  mon tour de mage que tu fais les boutiques aujourd'hui.       Pas besoin d'être un médium, pour lire la curiosité qui se dégage de son visage... Ma Kathie est trop mignonne ! Sérieux, c'est une fille comme elle qu'il mérite... Ce mec est trop honnête, et doux, polie, pour vouloir avoir une relation sérieuse avec moi. Ce sont des filles comme Kathie, qu'on poursuit. Moi, je n'ai même plus d'estime de moi même.              Qu'est ce que je peux bien donner, rien du tout... Je suis vide de sentiments, d'amour, je ne possède même plus mon être ! La seule chose que je peux partager c'est une p****n de relation charnel. Je n'ai simplement plus la capacité de donner plus. Je n'ai plus rien... Je suis vide. Tout comme mon existence, je suis vide de sens...         Une soudaine, secousse vient me sortir de ma rêveries, je vois Kathie, toute souriante, la main sur mon épaule, l'endroit d'où provient la secousse. Elle me regarde toute souriante, avant de me dire : - Waouh ! C'était si bien que ça ?      Je secoue ma tête de la gauche vers la droite, avant d'exploser de rire. Je lui demande, sincèrement.  - Comment tu fais pour être aussi StrawBerry, Kathie ?    Note : Stawberry = fraise. C'est une manière de lui dire, qu'elle une personnalité vraiment douce comme une fraise.      Elle se met à rire, à son tour.  - Ben écoute je ne suis pas StrawKathie, pour aucune raison.      Elle me tient, par la main, toujours aussi souriante, quand elle me dit : - On est censé accomplir une mission, agent 00RDV     Je la suis dans son délire en lui disant : - Effectivement, nous avons un ennemi commun... - Et oui, on doit faire fondre l'élu de ton coeur.      J'ai faiblie m'étouffer avec ma salive !  - L'élu de mon cœur ?! Dit pas n'importe quoi Kathie ! Tu sais très bien que l'amour et moi, ça fait Infini fois infini !  - Je sais mais il y'a un début à tout...       J'ignore sa remarque. Et marche machinalement vers un rayon que je ne connaissais pas, ce doit être la nouvelle saison. Waouh, le printemps, je penses que la seule chose qui me plait en cette saison c'est justement, l'arrivée des nouvelles collections !     Sur un mannequin, je remarque cette robe couleur émeraude  en satin. Un satin, peut être lourd , il donne des impressions de velours. C'est drôle, vu la forme de la robe, on dirait, une rose, une rose vertes...qui regarde vers le bas. Une rose qui garde son piquant par un décolleté si prononcé, que même moi j'hésite à l'acheter.      Et pourtant une poitrine aussi modeste que la mienne pourrait se le permettre.  Je m'approche encore plus de la robe. Elle est si excentrique, mais en même temps si simple, on dirait une manière d'attiré l'attention, tout en gardant son élégance, une chose qui est sur, elle est la définition de la passion. Elle ressemble à une rose en tout point, cette robe m'attire, je ne sais pas pourquoi mais je sais qu'elle est faite pour moi...     Pas besoin d'essayer, je prends simplement ma taille. Je me dirige vers la caisse, et je reçois un message de Kathie, qui me dit qu'elle est dans une autre boutique. Je soupire, elle est à Louis Vuitton...     Je paie ma robe, et la rejoint. Elle est devant la boutique, je n'ai pas le temps de lui dire non. Qu'elle a déjà mit, le sac entre mes mains, je lui dis : - Kathie... - C'est bon, chérie, je crois que c'est bien la première fois, que tu vas aller à un rendez vous... Depuis des années, je ne peux pas te laisser y aller, sans un truc pour te montrer que je là, avec toi... - Mais c'est trop... - Non c'est rien. Je te jures que même le plus cher des bijoux, n'a aucune valeur face à notre amitié.    Je suis au bord des larmes, je la prends juste dans mes bras, et je lui murmure. - A charge de revanche, prépare toi quand tu seras enceinte, je vais te faire la babyshower du siècle.    Elle se met à rire.  - D'ici à ce que je me trouve un mec, toi et monsieur intense, vous aurez, une maison, trois enfants, et un labrador.    Je me mets aussi à rire. N'importe quoi !  Elle a plus de chances de se trouver un mec, que lui ne finisse avec une fille comme moi...     Soudain, je me sens perturbée par mon ventre qui se met à gargouiller. Ah ouais... J'ai pas mangé ce matin. Je regarde Kathie, qui me fait signe qu'elle aussi meurt de faim. Je penses que maintenant c'est direction, café !     On s'assied vers une terrasse qui n'était pas loin. Je commande comme à chaque fois qu'un fait un brunch : deux Omelettes au fromage, et du pain complet avec du jus d'orange, elle prend toujours un normal et moi un mi mozza.       Alors que le serveur s'en va, je remarque qu'elle me fixe. Je connais cet air, elle veut tout connaître dans les détails. Je me racle la gorge, la fait tourner en bourrique quand, je lui dis : - Tu ne trouves pas qu'il fait bon aujourd'hui ?      Elle lève les yeux aux ciels.  - Non mais sérieux, je penses que je n'ai pas besoin de te dire, que je m'en fous pas mal de la météo !    Je me mets à rire.  - Mais oui bien sur que je vais tout te dire. - Dans les détails en fait !    Il y'a pas à dire, elle ne perd pas le Nord. Je lui raconte la soirée en détail. Quand j'ai finis mon récit, on nous apporte nos assiettes. C'est alors que le serveur arrive au moment le plus piquant de sa réaction : - Comment ça tu ne voulais juste coucher avec lui !    Alors qu'il dépose la dernière assiette, son regard se tourne vers moi. Non mais oh, mêle toi de ce qui te regarde ? Je lui lances un regard interrogatoire, et il s'en va...    Je reprends sur un ton plus calme.  - Tu l'as dit toi même, je n'ai jamais eu de rendez vous ! Pour moi si tu m'appelles à 23h c'est pas pour une balade nocturne, c'est plus pour une bonne séance de ... Tu vois quoi !     On se fixe un instant. Le silence a pris place sur notre table. Avant de se mettre à exploser de rire, tellement fort que tout le restaurant nous fixe, on est dans un tel fou rire, qu'on s'en fiche totalement. Dès que j'arrête de rire, nos regards se croisent une seconde fois, et on se remet à rire. Cette fois on rit tellement fort, que même le manager, vient nous demander de changer de place.       Fait croire qu'on dérangent les bourges, qui ont un balais si profond dans le ... Qu'un petit fous rire, les empêchent de bouffer en paix.     Oups... Je suis vulgaire. Je voulais dire des personnes qui ne se sont données que pour peine de venir au monde. Je veux dire ces personnes, qui ont pour définition du mot pauvreté, le fait de ne pas pouvoir s'acheter la pièce la plus couteuse du défilé Gucci et Chanel la même soirée.    J'aime bien ce centre commercial, mais il a un standing, un peu trop chiant à supporter, mais c'est de loin l'endroit préféré de Kathie, Il rassemble ces boutiques préférées à genre, une seconde les unes des autres... Donc je fais un effort, pour elle.  Il nous ont apprêter une table à l'intérieur. Il est à peine midi, alors il n'y a pas trop de personnes à l'intérieur. On continue alors notre discussion, dans le calme. - Tu ne peux pas passer ton temps à ne vouloir que t'envoyer en l'air... - Mais c'est plus drôle...    Elle retient, un autre fou rire. Moi je finis mon Mi Mozza et en demande un autre.  - Pourquoi tu ne penses qu'à ça ?  - Tu l'as vu au bar, non ? J'ai vraiment besoin de te faire un dessin.    Je souris. - Tu marques un point. Mais non, pas du tout. Chérie ! S'exclame t-elle avant de contiuner. - On a 30ans dans 5ans, tu ne penses pas que les coup d'un soir, ce n'est plus de notre âge ? Tu as la chance de trouver un mec génial d'après ce que tu m'as dit, et si pour une fois, tu jouais le jeu. - De l'amour ?  - Oui...    Comment lui dire, que j'y ai joué à ce jeu... Il n'y'a pas si longtemps que ça, en plus. Et résultat, je n'ai plus aucun droit sur ma personne. Quand on me parle d'amour, je ne peux pas penser à autre chose que la douleur brute, physique...Celle qu'il me fait subir, à longueur de journée...  - Je ne sais pas... Kathie, l'amour c'est des conneries.      Elle dépose sa mains sur la mienne. Essaie de me sourire. - Je suis d'accord avec toi, seulement si il existe autant de chansons, sur ce sujet c'est bien pour une raison, non ?  - Ouais.      On se regarde, sans rien se dire. On a pas besoin de se parler. On se comprend. Il n'y a rien à expliquer, ou dire. C'est comme ça, il faut juste le vivre. Je penses...      On a passé le reste de la journée ensemble, on a causé de tout et de rien, on a même fini par visiter des musées, pour avoir une raison de traîner plus longtemps ensemble. Mais j'ai un engagement, ce soir. Alors quand, 18h sonne, elle me dépose devant chez moi.     Nous sommes devant le bas de la porte de mon immeuble, quand elle me dit : - Allez ma belle, ne te décourage pas, tu as le droit. Non ! Le devoir, de passer une bonne soirée. Tu mérites d'être heureuse.     Elle me prend dans ses bras une dernière fois, avant de s'en aller. Je soupire, je penses qu'il est temps pour moi de me préparer pour ce soir. 
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