Soudain, je me suis souvenu de cette chaise que j’avais vue dans un miroir l’autre nuit dans mon rêve. La glace me renvoyait l’image d’une chaise, et moi je voulais m’asseoir dessus, mais il n’y avait pas de chaise devant le miroir. Elle n’existait qu’en reflet. Et la prairie, la forêt et le désert qui m’étaient venus à l’esprit n’avaient pas plus de substance que la chaise dans le miroir. J’ai continué de prendre des somnifères, un par un, comme pour en déguster la saveur. Mon esprit s’embrumait un peu plus, le jeu des idées qui s’enchaînaient me faisait tourner la tête. Quelque chose tourbillonnait en moi, mais je n’ai pas bougé. Pendant un court instant, un flot de tristesse m’a submergé, mais j’ai lâché ce sentiment comme on libère un poisson capturé à la main, et je n’ai plus rien re


