Jacques.
Je suis l'aîné, de ma famille mon rôle est de protéger mes frères et mon unique sœur car je suis le plus grand, le plus fort et le plus mature. Je suis connu dans le monde entier, comme étant Jacques l'aventurier, le digne fils de son père, celui qui aide les veuves et les orphelins.
Alors je ne sais pas décrire ma peine, dès l'instant où tous réunis autour de cette table à manger, table autour de laquelle nous passions notre temps à vivre de si beaux moments en famille.
Je vois les larmes de ma mère couler à flot. Ses yeux sont tels un océan d'amertume et de solitude, un océan si tourmenté qu'il déborde vers la côte, un océan si sauvage que même moi, même le fait que les bras de son fils qu'elle n'a pas senti contre elle depuis huit longues années, la serrer si fort que mes bras arrivent à toucher ses os, ne suffisent pas à la calmer.
- Qu'allons nous faire père ? Demandait Jean inquiet.
- Il ne nous reste qu'une seule alternative, demander une audience au roi.
Amalia se lève de table visiblement énervée.
- Le roi ! Il n'a aucune pitié ! Il va l'envoyer loin de nous, et espérons qu'il y arrive en morceaux !
Timéo n'est pas dans la place, la nourrice le garde dans sa chambre, mais même si il n'est pas là, ma petite princesse tu es allée trop loin.
- Ne parle plus ainsi en ma présence ! Hurlais-je.
Amalia se tait. Inspire profondément.
Je lâche les bras de ma mère pour ceux de Amalia. Je caresse ses cheveux, tandis qu'elle pleure contre mon torse.
Mon regard se pose sur père, il semble sérieusement désespéré, il est vieux et fatigué, il rentre d'un si long voyage, le plus long qu'il n'est jamais fait. Mais ce voyage qui symbolise sans nul doute le déclin de mon père, est bien entendu le début de ma carrière.
- Père.
- Oui Jacques.
- C'est moi qui rencontrerait le roi.
- Ce serait un manque de respect inconsidérable ! S'indigne le patriarche.
- Non père, au contraire. Vous êtes fatigué, vous êtes vieux. Il est tant de passer la main.
- Tu es trop jeune, tu es aveuglé par l'arrogance de ta jeunesse.
Je soupire, Amalia sent bien que je suis en train d'être irrité, alors pour essayer de me calmer je pense, elle m'arrête par le bras, me murmure :
- Jacques tu en fais peut être trop ?
- Je conçois, qu'il soit difficile de me faire confiance, mais s'il vous plaît père, nous savons tous les deux ce qu'ils ont fait subir à votre génération celle que ces monstres ont nommé " les insurgés" . Pour eux vous êtes pire que nous, car vous avez eu la folie de vous mesurer à l'empire.
- Jacques ! Cri mon père en colère.
- De la folie dis-tu ? Oses tu dire que notre combat qui avait pour but de libérer nos enfants de l'esclavage et de la souffrance était de la folie ?
- Non père, en aucun cas. Vous avez fait le bon choix, le choix qui est en accord avec votre génération, donner nos sœurs en mariage, à la place d'hommes qui partiraient en guerre; d'hommes braves qui auraient pu aider à reconstruire le royaumes.
Amalia, serre encore plus fort sur mon bras, excuse moi ma petite princesse mais il faut qu'il l'attende enfin à quel point nous la relève en avant marre de la faiblesse de nos parents !
- Je ne voulais pas te blesser ma sœur, tu sais à quel point je t'aime ma petite princesse.
Elle acquiesce.
Presque instantanément, mon regard se tourne vers mon père.
- Papa, rare sont les fois où je t'ai tenu tête. Et jamais, je dis bien jamais, je me suis trompé lorsque je l'ai fait.
- Tais toi Jacques ! Il ne s'agit pas de savoir s'il serait plus important de prendre des poires ou des pommes afin de nourrir l'équipage.
Sa voix, sonne tel la puissance de frappe de l'autorité paternel.
- Ici Jacques nous parlons de la vie de ton frère !
Seulement père ne négliger pas l'autorité de l'arrogant avorton
- Je le sais père ! Je le comprends mieux que quiconque, mais soyons sérieux arriviez vous à avoir le courage pour tenir tête à un monstre ?
Père frappe du poing sur la table excédé.
- Tu me traites de lâche ?
- Oui lâche, vous êtes tous lâches ! Que se soit toi ou toutes les personnes qui profitent de ce système afin de se débarrasser des paysans qui ne trouvent pas de travail, des femmes stériles, des handicapés pour qu'ils servent de jouet à l'empire.
- Si tu profères de tels mots, tu seras tué.
- Je le sais. Et étrangement ça ne me dérange pas.
- Tu amèneras ton frère avec toi dans ta mort, ça ne te dérange toujours pas ?
Je secoue ma tête de la droite vers la gauche.
- Vous ne comprendrez donc jamais ? Ce qu'il faut fasse à ce genre d'homme ce n'est pas de la soumission mais du respect et le respect ça s'arrache. N'oubliez pas père qui je suis.
- Tu es celui qui me ressemble le plus.
Mes yeux, dans une fraction de seconde beaucoup trop rapide pour que mon père s'en rende compte, croise le regard de jean. Désolé mon frère mais nous savons tous les deux ce qu'il pense de toi, et si pour arriver à sauver mon plus jeune frère, je devais te faire du mal, je le ferais oui Jean, je le ferais car je sais que malgré toutes les apparences, tu n'es pas que intelligent, mais tu possèdes aussi une très grande force mentale.
- Oui père, je vous suis semblable, vous savez que seul moi ait le courage de leur faire face, alors s'il vous plaît. Donnez moi votre autorisation, donnez moi votre seau pour que je puisse non en tant que représentant mais chef de notre famille, sauver notre frère.
Père expire, bruyamment longuement, une seconde a du passé entre le moment où il se tourne pour dépoussiéré de sa main la boîte en chêne massif, celle recouvert du seau de notre famille.
Tel des ignorants, éblouirent par la beauté des armoiries de notre famille.
Moi, Jean, Amalia ne pouvions pas avoir une autre réaction que celle de se mettre à genoux et de nous prosterner devant la magnificence, qu'émet ses bijoux.
C'est alors que j'ai le souffre couplé, que père me fait signe de me lever.
Tremblant, devant la signification de cet emblème, je déglutis.
- Jacques, mon aîné, mon semblable, aujourd'hui en tant que chef de cette famille, et en accord avec ton souhait, de devenir le roc sur lequel cette famille devra désormais se reposer. Jacques, ma plus grande fierté, je te le dis à présent, et en présence de ta famille, tu es officiellement, le nouveau chef de notre famille, et sur toi repose tous nos espoirs. Ramène nous ton frère, et puisse les dieux soient en accord avec tes paroles, tes actes, et l'avenir que tu prévois pour notre famille.
Mes yeux se peuvent s'empêcher de fixer, cette bague faite d'or pur, et massif cette bague, qui a survécu à la guerre, car réchauffée par le sang d'un dragon, il est impossible de la voler, la prendre, la posséder si l'actuel possesseur de cette dernière, ne nous en fait pas nouveau propriétaire.
Je n'ai plus peur, je suis juste calme. Bizarrement et étrangement, calme.
Cette bague, elle me donne les pleins pouvoirs c'est vrai, mais aussi sans elle à mon doigt j'étais déjà :
- Jacques, le tombeur de ses dames, chef de mon équipage, capitaine de la grande fortune d'or du pays, se voit honoré en ce jour, de porter cette bague, synonyme de la puissance de notre famille. Père je vous ferais honneur, et Timéo, aussi longtemps que je serais en vie, ne nous sera pas pris.