5. Indifférente

2013 Mots
Pdv Aïcha Le samedi suivant J'avais passé toute la semaine à déposer des CV dans plusieurs entreprises que m'avait indiquée Nafi et Coumba m'avait accompagnée, j’avais encore du mal à m'orienter dans la ville. On était samedi et j'avais dormi jusqu'à 11h. Après une bonne douche et m'être habillée d'une robe bleue à bretelles fines, j’éteignis la clim et ouvris la fenêtre pour aérer la chambre. Je sortis de la pièce et trouvai Abdou et Nafi prenant leur petit déjeuner. Moi : Vous vous êtes levés bien tard aujourd'hui. Nafi : Et toi alors ? Moi : Moi, ce n’est pas inhabituelle, mais vous, d’habitude à cette heure-ci, vous êtes occupés à autre chose et aujourd’hui, je vous trouve à midi en train de prendre votre petit déjeuner. Nafi : En fait, on s'est levé avant 10h, comme d'habitude, mais on a dû sortir pour aller acheter du poisson au marché. On a un invité spécial aujourd'hui. Ce qui fait qu'on mange maintenant. Moi : C'est qui ton invité spécial ? Nafi : Mon frère Djibril. Il a commandé du poisson grillé. Moi : C'est dommage. Je ne l'ai pas vu au baptême. Nafi : Il y avait tellement de monde. C'était facile de le rater. Mais aujourd’hui, tu pourras le rencontrer. Moi : Oui, j’ai hâte de le connaître enfin. La sonnerie de la porte retentit et comme j'étais dans le couloir, après avoir pris mon petit déjeuner, j’allai ouvrir. Lui : Bonjour Aïcha. Je le dévisageais surprise. Moi, sur la défensive : On se connaît ? Lui : Je suis Djibril, le frère de Nafi. On s'est vus au baptême. Je me radoucis, soulagée. Moi : Excuses-moi Djibril, mais je ne me rappelle pas t'avoir vu au baptême. Je n'ai pas fait très attention à toi. Djibril : Ce n'est pas grave. Il y avait du monde ce jour-là. Moi : On se fait la bise ? Je déposai deux bisous sur ses joues. Moi : Entres, Nafi et Abdou sont dans le salon. Je refermai la porte derrière moi. Moi : On ne nous a pas présenter au baptême. Si on l'avait fait, je me rappellerai de toi. En fait, je me rappelais de son visage. Je l'avais trouvé sur la terrasse en train de parler à Coumba. Mais je ne sais pas pourquoi je soutiens le contraire. Djibril : Ce n’est pas grave l'essentiel, c’est qu'on s'est présenté maintenant. ************************ Pdv Djibril On arriva au salon. Ma sœur et son mari me sourirent en se levant. Nafi, en me faisant la bise : Bonjour, Djibril. Moi : Bonjour, Frangine, ça va ? Nafi : Oui, Très bien et toi ? Moi : Ça va. Bonjour Abdou. Abdou : Bonjour, Djibril. Je tendis à Nafi le sachet que j'avais dans les mains. Nafi : Il ne fallait pas, toi aussi. Moi : Tu sais que je ne peux venir ici les mains vides. J'avais amené des noix de cajou et des pistaches grillées (Nafi adorait ça) ainsi que de la boisson pour l'apéritif. Abdou : Mais, assis-toi, Djibril, fais comme chez toi. Moi : Merci. Nafi : Alors Aïcha, tu rencontres enfin mon frère ! Aïcha : Oui. Mais figures-toi qu'il m'avait déjà vue au baptême. Nafi : Ah bon ? Moi : Oui. Je l'avais vue parler à Coumba. Nafi : Mais pourquoi elle ne vous a pas présentés ? Moi : Elle n'en a pas eu le temps. J'étais parti avant qu'elle n'ait pu le faire. Aïcha : En tout cas, je suis contente de mettre un visage sur ton nom. Nafi m'a si souvent parlée de ce grand frère qu'elle idolâtrait. Moi : Idolâtrait ? Bin, Nafi, je ne savais pas que tu m'aimais à ce point. Nafi : Arrêtes, Aïcha, il va plus se sentir. Cette dernière rit. C’était la première fois que j'entendais son rire. C'était une douce mélodie à mes oreilles. Aïcha : Croyez-moi, Djibril, elle m'a beaucoup parlé de vous. Moi : J'espère qu'elle n'a dit que du bien de moi. Aïcha : Oui. Elle n'a dit que des belles choses. Nafi, se dirigeant vers la cuisine : Bon, je reviens. Aïcha était assise sur le fauteuil à côté du canapé où Abdou s'était installé et je la trouvais magnifique dans sa robe bleue, les cheveux attachés en queue de cheval. Elle devrait laisser ses cheveux tomber sur ses épaules comme au baptême. Son visage semblait plus sévère avec ses cheveux attachés. Abdou me posa des questions sur mon voyage au Nigéria et sur la mission de deux semaines au Maroc que j'ai eu à faire juste après mon retour de Lagos et je lui racontai mon séjour. Nafi revint avec deux assiettes de noix de cajou et de pistaches et la bonne ramena dans un plateau des verres et deux bouteilles de boisson. Je me servis volontiers. Nafi, en s’asseyant : Et ta mission au Nigéria ? Moi : Je disais tout à l'heure à Abdou que j'avais apprécier mon séjour là-bas. J’ai pu en profiter pour connaître Lagos. Nafi : J'espère que tu n'as pas fait que travailler. Moi : T'inquiètes, j’ai fait un peu de tourisme. Nafi : Cela me rassure. Tu sais qu'il n'y a pas que le travail dans la vie. Moi : Oui, je sais. Nafi; Tu dis toujours cela, mais ça ne t'empêche pas de passer toute ta vie dans le travail. D’ailleurs, je suis heureuse qu'aujourd'hui tu ais pris l'initiative de venir passer la journée sans que je n’aie eu à te le demander. Moi : Je m'excuse de ne pas venir aussi souvent que tu le voudrais. Mais promis, je rectifierai le tir. Nafi : Je ne te croirai pas sans avoir vu. Sinon ta mission au Maroc c'était bien aussi ? Moi : Oui. Mais je suis rentré exténué. Nafi : J'imagine. Tu as un emploi de dingue Je souris. Aïcha en se levant : Excusez-moi, je reviens. Je la regardai s'en aller. J’étais tellement admirative de sa démarche gracieuse et ses fesses mises en valeur par cette robe bleue me faisait de l'effet. Abdou racla sa gorge. Cela me ramena à la réalité. Abdou : Alors Djibril, à quand le mariage ? Je le dévisageai, surpris. Pourquoi me pose-t-il cette question? Moi : Je ne sais pas. Tu sais avec le boulot, je n'ai pas le temps de faire des rencontres. Abdou : Tu sais, si tu veux, je peux te donner un coup de pouce. J’ai une petite idée du genre de filles qui te plaira. Nafi : Ah oui ? J’espère que ce n’est pas une de tes cousines. Abdou : Non, ce n’est pas une cousine. Moi : Je n’ai pas besoin d'aide. Je peux me trouver tout seul une épouse. Il me sourit malicieusement. Qu’est-ce qu'il a derrière la tête ? A-t-il remarqué mon intérêt pour Aïcha ? Cela m'étonnerait. Je sais très bien cacher mes émotions. Nafi : Tu as 30 ans, Djibril. Tu devrais sérieusement te mettre à chercher une épouse. Je ne t’ai jamais vu avec une fille. J'allai faire une objection, mais elle me devança. Nafi : Assia et Sam, ça ne compte pas. Elles étaient aux USA et je ne les ai jamais vues en face. Elle avait raison. Nafi : Pourtant tu es beau, intelligent, gentil et riche. Je ne comprends pas le problème. Moi : Il n'y a pas de problème. Je ne voulais pas aller plus loin dans le sujet. Heureusement, Aïcha revint et elle dût changer de sujet. On passa à table, une heure après. J’étais assis face à Aïcha. Moi : Alors Aïcha, tu es à Dakar pour combien de temps ? Aïcha : Je ne sais pas encore. J’ai prévu de m'installer ici pour un bon bout de temps. Moi : Ah oui ? Je souris, ravi de cette bonne nouvelle. Aïcha : Oui. Nafi : D'ailleurs, elle cherche du travail. Si tu as des opportunités, n’hésites pas à lui passer l'info. Moi : D'accord. Tu cherches dans quel domaine ? Aïcha : La communication. Moi : C'est dommage. On cherche un comptable dans mon entreprise. Mais t'inquiète, j’essaierai de me renseigner auprès de mes connaissances. Aïcha : Merci Djibril. Moi : De rien ! Nafi : Après, Aïcha va te donner son numéro. Tu pourras la contacter directement. Abdou pouffa de rire. On le regarda tous les trois surpris. Nafi : Qu'est-ce qu'il y a de drôle dans ce que je viens de dire ? Abdou : Rien ! Je pensais à une scène drôle qui s'est passé hier au boulot. Je commence à croire qu'Abdou a deviné mon intérêt pour Aïcha. On continua à manger joyeusement. Le poisson était délicieux. La bonne de Nafi est une cuisinière hors-pair. Après le plat de résistance, Aïcha et Nafi débarrassèrent. Abdou, profitant du fait qu'on soit seuls : Eh, Beau-frère ! Elle est jolie, Aïcha, n’est-ce pas ? Moi : Mais pourquoi tu dis cela avec un large sourire ? Abdou : Tu as toutes tes chances. Nafi m'a dit qu'elle est célibataire. Moi : Mes chances ? De quoi parles-tu ? Abdou : Arrêtes ! J'ai bien vu que tu n'es pas insensible à son charme. Tu la reluques du regard depuis que tu as traversé la porte d'entrée. Ça ne sert à rien de nier. Moi : OK, je l’avoue ! Mais je n'ai aucune chance. Elle ne se rappelait même pas de moi, alors que moi, je l'ai remarquée dès que je l'ai vue au baptême. Abdou : Ça ne veut pas dire que tu n'as aucune chance. Tu devrais avoir plus confiance en toi et tenter ta chance. Qui ne tente rien n'a rien. Nafi et Aïcha franchirent la porte et on se tut. Elles apportaient le dessert et des petites coupes. Nafi servit la glace, une glace au chocolat. Je suis resté chez Nafi jusqu'à vers 18h, puis j'ai décidé de rentrer. Nafi avait insisté pour que je reste dîner, mais j'avais dû refuser. Je devais dîner à 20h avec Khalil, mon meilleur ami, je ne pouvais décommander. On ne se voyait pas aussi souvent qu'on le voudrait à cause de mon emploi du temps chargé. Dans ma voiture, je repensais à ce qu'Abdou m'avait dit en me raccompagnant jusqu'à la porte de l’immeuble : « tu devrais tenter ta chance. Tu es un mec bien et Aïcha m'a l'air d'être une fille sérieuse. Ça pourrait aboutir à une très belle histoire et qui sait, à un mariage ?" Le mariage ? Je viens de la rencontrer et il me parle déjà de mariage. Au fond de mon âme, je désire vraiment me marier, mais je n'ai vraiment jamais pris le temps de penser à cette éventualité. Toute ma famille ne pense qu'à me caser. Mais j'ai toujours été difficile en matière de filles. A l'adolescence j'ai toujours suscité l'intérêt de quelques filles, mais aucune ne m'avait vraiment intéressé. Seul comptait pour moi mes études et la religion. J'étais un garçon timide et le seul vrai ami que j'avais été Khalil. Après mon bac S1 avec mention Bien, j’ai eu une bourse pour les USA, dans une université californienne où j'ai fait des études en finances. En première année, j’ai rencontré une jeune sénégalaise née là-bas et on est sorti ensemble vers la fin de l'année, elle était sympa et on révisait souvent ensemble. A la rentrée suivante, mon coloc me présenta une jeune américaine d'origine mexicaine Samantha Sanchez qui venait d'arriver de la même ville que lui pour faire des études d'infirmière. Au début, elle ne m'intéressait pas, même si je la trouvais très jolie, mais à force de la voir tout le temps chez nous, de discuter avec elle, elle m'a eue à l'usure. J’ai quitté Assia pour me mettre avec Sam. La pire erreur de ma vie. Après mon master, j’ai travaillé deux ans aux USA avant de rentrer à Dakar où j'ai décroché un poste de directeur financier adjoint dans l'entreprise familiale d'un ami. Ma vie ne se résumait depuis, qu’à mon boulot. Je n'ai plus eu de relations amoureuses depuis Sam. Aïcha semblait remettre en question toutes mes bonnes résolutions dans ce domaine de ma vie. C’était la première fois qu'une femme suscitait chez moi, un tel intérêt dès le premier regard. Mais malheureusement, elle n'avait pas l'air de s'intéresser à moi. Elle ne se souvenait même pas de moi, alors que moi, depuis que je l'ai vue, je ne cessais de penser à elle. J’avais essayé de la sortir de ma tête, mais le désir de la revoir était tellement fort que j'avais appelé hier Nafi pour lui dire que je passerai la journée d'aujourd'hui chez elle. Qu'a-t-elle de plus que les autres pour provoquer un tel trouble chez moi ?        
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