III - Paul, à bord du Félix Roussel. Mai, juin 1939

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III - Paul, à bord du Félix Roussel. Mai, juin 1939 Le Félix Roussel, paquebot de luxe destiné à la ligne de l’Extrême-Orient, avait quitté le port de Marseille le 21 mai 1939. À son bord, Thi Hiên et Paul accompagnaient la dépouille de maître Nguyen, mort le 10 mai d’un arrêt cardiaque durant sa sieste. Selon ses vœux, il allait être enterré à côté de son épouse, à Bên Tre dans le delta du Mékong. En son hommage, la direction des Messageries Maritimes avait surclassé Thi Hiên dans une cabine de luxe. Paul, quant à lui, bénéficiait de sa propre cabine avec un balcon privé ! Comme dans le salon et la salle à manger des premières classes, les cabines de luxe étaient décorées dans un esprit cham et khmer. À son bord, les passagers trouvaient, entre autres splendeurs, une admirable reconstitution du cloître cruciforme d’Angkor Vat et la licorne khmère à tête de biche que les Messageries Maritimes avaient choisies pour emblème. Ce travail avait été entrepris entre 1928 et 29 par les ateliers de maître Nguyen Vàn Cu’o’ng à Ollioules. Maître Nguyen avait réalisé les dessins de tous les panneaux muraux. C’étaient de vraies œuvres d’art. Pour son ultime traversée, il entourait de sa présence sa fille et son petit-fils. Cela faisait quatre jours que la silhouette de Notre-Dame de la Garde avait disparu derrière la poupe du navire. Depuis le départ, Paul passait ses journées sur le pont, alternant les heures de lecture et de réflexion. Il se réfugiait dans la solitude, évitant de discuter avec d’autres passagers. La veille, la courte escale à Port-Saïd ne lui avait pas changé les idées. Tôt le matin, Paul avait assisté à l’entrée dans le canal de Suez et, quand la Méditerranée disparut derrière le sillage du bateau, il eut la curieuse sensation qu’une porte se refermait derrière lui. Jusque-là, chaque jour de mer avait accentué un malaise intérieur qu’il ne s’expliquait pas, une impression de danger imminent s’ajoutait à la tristesse de la disparition soudaine de l’homme qu’il vénérait. Il avait le sentiment de quitter un monde qu’il aimait, et que dorénavant rien ne serait pareil. Sur le bateau, il avait conscience de vivre dans un microcosme, un petit coin tranquille de France, séparé du monde, alors que dans les deux continents où il avait ses racines familiales, des bouleversements semblaient se préparer. Le paquebot traversait le lac Timsa. La surface de l’eau était d’huile, étincelante au soleil. La sirène du bord retentit, annonçant qu’il était midi. Paul bondit de son transat et se précipita vers la cabine des postes et télégraphe pour y lire les nouvelles quotidiennes du monde. Les bulletins étaient affichés sur des larges feuilles, écrites en français et en anglais dans un langage sec, au passé composé, sans opinion aucune. Une simple liste de faits. « Europe, 22 mai 1939 – À Berlin, les ministres des Affaires étrangères allemand, Joachim Von Ribbentrop, et italien, Galeazzo Ciano, ont signé un pacte militaire, Stahlpakt – Patto d’Acciaio (“Le Pacte d’acier”), liant leurs destins. » « Asie, 24 mai 1939 – Bataille de Suixian-Zaoyang. L’armée révolutionnaire a libéré deux villes stratégiques : Suizhou et Zaoyang. Les troupes impériales japonaises ont été contraintes à la retraite. » « Europe – 24 mai 1939 – Londres et Paris acceptent le principe d’assistance mutuelle en cas d’agression contre la Pologne. Ce pacte fait suite à l’engagement officiel d’aider militairement la Pologne en cas d’attaque allemande contre son territoire. » Son grand-père disparu, Paul n’avait plus personne avec qui parler de ses peurs face au monde en ébullition. Maître Nguyen n’était plus là pour le rassurer. Paul s’inquiétait de ces nouvelles dont les termes belliqueux n’auguraient rien de bon. Il prêta l’oreille aux conversations des adultes qu’il croisait dans les coursives, commentant les dépêches du jour : – Qu’on en finisse une bonne fois pour toutes… Une bonne raclée, voilà ce que méritent ces deux pantins qui ne font que gesticuler… – Bien sûr, cher ami, vous avez parfaitement raison. Unis avec les Anglais nous sommes invincibles… – Vous avez vu ? Les Japonais se sont mis dans un sacré pétrin… – Hum, cher Monsieur, je crois que c’est faire preuve, comme nos gouvernants, d’un bien grand optimisme… Ne parle-t-on pas de leur débarquement imminent à Canton ? Cela nous laisse présager qu’après ils envahiront le sud de la Chine5 puis le delta tonkinois pour couper les voies de ravitaillements de l’armée nationaliste de Tchang Kaï-Check ?… Paul descendait l’escalier menant vers la salle à manger des premières classes quand il reconnut l’homme qui, sous un prétexte fallacieux, avait tenté le matin même de s’incruster à leur table durant le petit-déjeuner. Il s’était alors présenté comme étant monsieur Letourneau, haut fonctionnaire proche du gouverneur en poste à Hanoï. Après quelques échanges courtois, Thi Hiên étant restée très distante, ce monsieur n’avait pas insisté. À peine s’était-il éloigné, qu’elle l’avait catalogué comme étant à ses yeux un personnage imbu et détestable. D’une belle prestance, hâbleur, il devisait maintenant avec deux couples dont les femmes se pâmaient de plaisir en l’écoutant. Par curiosité, Paul s’approcha pour tenter de capter quelques bribes de leur conversation. L’homme se targuait d’« informations officieuses et plus ou moins confidentielles que j’ai eues l’avant-veille de mon départ de Paris, lors d’une réunion de la plus haute importance avec le chef de cabinet du ministre de… » Il se voulait rassurant sur les événements en cours. Sans doute pour lui montrer sa reconnaissance d’avoir partagé avec eux de telles informations l’un des maris appela le maître d’hôtel pour qu’il fasse rajouter un couvert à leur table « Monsieur Letourneau sera notre invité… » Paul s’éloigna. Il partageait le jugement de sa mère. Il se rendit sur le pont supérieur pour jouir de la vue et s’appuya au bastingage. Le son de la cloche annonçant le repas ne le fit pas bouger. Sur les rives du canal, la nature était verdoyante, mais les champs cultivés étaient déserts. La chaleur accablante du soleil au zénith dissuadait les paysans de travailler leurs maigres lopins de terre. Profitant de l’ombre d’une palmeraie, des ânes et leurs maîtres sommeillaient, indifférents au passage du Félix Roussel qui se déplaçait à six nœuds de vitesse. « Quel contraste ! pensa-t-il. Nous voyageons dans le confort et l’opulence et eux… » Une frêle felouque dont la voile faseyait parvint à leur hauteur. Elle glissa lentement entre le navire et la berge. Deux enfants, assis à la proue du bateau, aperçurent Paul. Ils bondirent sur leurs pieds et agitèrent leurs bras pour attirer son attention. Paul prit au jeu leur fit des signes amicaux. – Jeune homme, je crois que votre mère vous cherche. Elle est assise à table et vous attend dans la salle à manger. Paul reconnut l’officier. Il s’agissait du commissaire du bord. – Oh ! pardon Monsieur, je n’ai pas vu l’heure. – Ce n’est pas bien grave et profitez d’un spectacle que ceux qui sont enfermés ne peuvent pas admirer. Vous voyez ce navire au loin, devant nous ? Il lui montrait du doigt un bateau faisant route devant le Félix Roussel. Là, sur tribord, où se trouve cette dune, le canal tourne légèrement sur la droite et si un bateau, comme c’est le cas à cet instant, se trouve à environ un kilomètre de nous, se crée alors cette curieuse impression dont vous allez être témoin dans quelques instants… Là maintenant… – Oh oui… on a l’impression qu’il glisse sur le sable ! C’est fantastique ! Seul le château du cargo était visible. Il donnait cette image surréaliste d’une masse de ferraille surmontée d’une cheminée fumante se déplaçant au milieu de la terre ferme, en plein désert. – Pour être honnête, je dois vous avouer que j’ai pris le prétexte de venir à votre recherche afin de profiter de ce spectacle. Paul rejoignit sa mère dans la salle à manger. Face à son enthousiasme quand il lui décrivit ce dont il venait d’être témoin, elle n’eut pas le courage de lui faire la moindre remarque sur son retard. Elle pensa : « Il retrouve enfin sa joie de vivre ! » Durant le déjeuner, elle lui annonça qu’ils étaient conviés le soir même à la table du commandant. C’était une coutume que, durant la traversée, les passagers de première classe partagent au moins un repas avec le commandant du navire. Après le café, le commissaire du bord, qui se présenta à Thi Hiên sous le nom de commissaire Marty, vint lui proposer d’assister à des manœuvres. Le Félix Roussel devait s’arrêter pour laisser passer un convoi de navires qui arrivait en contresens. Toute activité exceptionnelle était un moyen recherché de rompre la monotonie du voyage. En fin d’après-midi, comme chaque jour, Thi Hiên et son fils allèrent faire quelques longueurs dans la piscine située sur le pont supérieur. Ponctuels, à vingt heures précises, Paul et sa mère se présentèrent devant le maître d’hôtel des premières classes. Celui-ci debout devant son pupitre, un plan de la salle à manger posé sous ses yeux, régnait sur son territoire. Son rôle était de respecter les préséances et les désirs des clients habitués de la ligne. Certains souhaitaient être seuls ou voulaient éviter de se retrouver à proximité d’un tel ou désiraient dîner à l’écart pour des conversations privées, politiques ou galantes. Lors d’une traversée, la promiscuité forcée pendant vingt jours était source de rencontres fortuites qui débouchaient parfois sur des aventures secrètes. De nombreux liens amicaux ou commerciaux se créaient. Les passagers dont c’était le premier voyage vers l’Indochine perdaient peu à peu leur mélancolie d’avoir quitté leurs racines familiales. Au fil de leurs rencontres, ils trouvaient toujours des réponses à leurs appréhensions qu’un nouveau travail dans un pays inconnu ne manquait pas de soulever. « Ah, vous êtes ingénieur des travaux publics ! Comme moi, hum… Mais c’était en ce qui me concerne, il y a longtemps… Et vous êtes nommé au cabinet du secrétaire général du Gouvernement Général de l’Indochine ! Vous allez donc collaborer avec Graffeuil ! C’est un ami, nous dînions ensemble à Hanoï, il y a deux mois. C’est un homme remarquable, plein d’énergie, des projets agricoles très lucides pour l’Indochine… » Pour celui-là, la lettre d’introduction sera précieuse à son arrivée… « Vous allez rejoindre Quang Tri ? Je connais très bien le père Cadière, prêtre des missions étrangères, allez le voir de ma part. Vous verrez, c’est à lui seul une encyclopédie de la culture vietnamienne et je connais aussi… » Le jeune fonctionnaire pouvait ainsi se faire une idée précise de l’environnement qu’il allait découvrir et débarquer à Saïgon avec quelques adresses utiles. Le Félix Roussel était complet. Il transportait quatre cents passagers, dont beaucoup de familles qui s’étaient organisées pour voyager ensemble afin de rendre leur croisière plus agréable. Le paquebot ressemblait à un immense hôtel plein de coursives et d’escaliers, véritables terrains de jeux pour des enfants. Paul, voyant un groupe de garçons d’une dizaine d’années, se rappela ses précédentes traversées avec Louis et Jean. Surtout la dernière sur le SS d’Artagnan, avec ses deux grands-parents. C’était un mois avant que sa grand-mère disparaisse, elle aussi, dans son sommeil. Elle avait toujours souhaité mourir dans leur maison de Saïgon. Son souhait avait été exaucé. Paul vit le commandant en conversation avec le peintre Joseph Inguimberty et sa femme. – Pourvu qu’ils soient aussi invités, le repas sera moins barbant ! Paul appréciait Joseph Inguimberty qu’il avait déjà rencontré à plusieurs reprises. Depuis des années, son grand-père avait pris sous sa protection cet artiste originaire de Marseille. Monsieur Inguimberty était donc redevable à Thi Hiên. Sans l’intervention de son père, il n’aurait sans doute pas eu son poste de professeur d’arts décoratifs à l’école des beaux-arts d’Indochine à Hanoï. – Ah voilà la chère Thi Hiên et mon plus fidèle et jeune admirateur ! Bonsoir Thi Hiên, bonsoir Paul, quel plaisir de passer cette soirée en votre compagnie ! Depuis Marseille où je vous ai aperçus de loin, j’ai été un peu souffrant et ne suis guère sorti de notre cabine. Mais maintenant je suis gaillard et souhaite bien rattraper le temps perdu. Inguimberty était un homme aimable qui prenait toujours le temps de discuter avec Paul. Paul appréciait que cet homme, dont le succès était établi, mette son talent au service de l’enseignement des jeunes peintres indochinois. Un autre couple qui devait partager leur repas venait d’arriver : monsieur et madame Rouvière. À part le commandant Le Douarec, qui leur prêtait beaucoup d’attention, personne ne semblait les connaître. Ils passèrent à table. Paul était assis entre monsieur Rouvière et monsieur Inguimberty. Paul impressionna ses deux voisins quand il répondit à une question de monsieur Inguimberty au sujet d’une peinture que maître Nguyen lui avait achetée des années auparavant. – Mon grand-père adorait s’asseoir devant votre tableau que nous avons dans le salon de notre maison de Marseille. Il se trouvait, nous disait-il, transporté dans les paysages de son enfance à Bên Tre au milieu des rizières. Moi aussi, quand j’ai la nostalgie de l’Indochine, j’aime venir observer votre peinture. Au bout d’un temps, je sens même le souffle de l’air, les odeurs… Vous avez su capter la lumière, jouer sur les trouées d’ombre, les couleurs du ciel. Jamais, je ne me séparerai de cette œuvre. Je vous en fais le serment. Cette remarque fit rire l’artiste qui ne cachait pas sa joie d’entendre de tels propos de la part du petit-fils de son ami. Leur conversation fut interrompue quand le commandant Le Douarec se leva pour réclamer le silence. – Mesdames, Messieurs, je demande votre attention. Sa voix forte résonna dans la salle à manger. Le bruit de fond des bavardages cessa progressivement. – Mesdames, Messieurs, il y a huit ans, très exactement le 16 mai 1932, à quelques encablures de là, le paquebot des Messageries Maritimes le Georges Philippar coulait par 2 000 mètres de fond. J’ai l’honneur d’avoir ce soir à ma table monsieur et madame Rouvière qui étaient à bord avec leurs sept enfants âgés de cinq à dix-sept ans lors de cet épouvantable drame de la mer… Un murmure d’étonnement parcourut l’assistance dont les regards se portèrent vers le couple. Visiblement, personne ne connaissait leur histoire. – Ils survécurent grâce à l’incroyable présence d’esprit de monsieur Rouvière, qui eut le sang froid de passer un gilet de sauvetage à chacun de ses enfants avant de les relier entre eux par un cordage puis d’attacher sa femme et lui-même à chaque extrémité. À son commandement, ils se lancèrent à l’eau, tous les sept, en même temps, dans la nuit noire… L’assistance médusée écoutait le commandant dans le plus grand silence. « Ils nagèrent groupés pour s’éloigner du Georges Philippar en flammes. Une brise du sud-ouest les fit dériver douze heures durant avant qu’ils ne soient recueillis sains et saufs, par l’équipage d’un cargo soviétique qui, avec d’autres navires, scrutait depuis l’aube la surface de la mer à la recherche d’éventuels survivants. » Il fut contraint de s’interrompre, l’assistance heureuse du dénouement applaudissait : « Mesdames, Messieurs, s’il vous plaît, s’il vous plaît, le silence se rétablit peu à peu, merci… Si ce miracle a eu lieu, il est sans aucun doute dû au courage et à la ténacité de madame et monsieur Rouvière. » Il fut à nouveau interrompu par une salve d’applaudissements. « Mais… Mais, cette belle histoire ne doit pas nous faire oublier les trop nombreux disparus de cette tragédie. C’est pourquoi je vous demande de bien vouloir vous lever – ce que firent en un même mouvement les cent vingt convives – et de vous unir par la pensée aux victimes et à leurs familles, en respectant une minute de silence. » La sirène du bateau rompit le recueillement. L’émotion laissa vite place aux commentaires que suscitait la présence du couple Rouvière. Les regards se portaient vers leur table. Paul ressentait de la fierté d’avoir été invité précisément ce jour-là à la table du commandant. Il avait bien compris, en écoutant son discours, que c’est la promptitude du jugement des parents qui avait épargné leurs enfants d’une noyade certaine et il ne put s’empêcher de penser à son propre sort s’il avait été à bord du Philippar cette nuit-là. Aussi loin que remontait sa mémoire, à chaque traversée à l’approche du cap Gardafui, il entendait des adultes mentionner le naufrage du paquebot et la disparition de son célèbre passager, le journaliste d’investigation Albert Londres. À force, la curiosité l’avait conduit à se renseigner sur cette affaire et en découvrir ses multiples versions. Pour certains, la cause de cette tragédie était un simple ac­cident dû à une défaillance de la conception électrique du navire et, pour d’autres, un attentat dont le but avait été d’empêcher la publication dans les pages du Petit Parisien d’un article du journaliste divulguant un énorme scandale politique entre les bolcheviques russes et la Chine. Le respect que lui inspirait la conduite héroïque de son voisin ne put résister à la curiosité de Paul. Au dessert, il questionna monsieur Rouvière sur ce qu’il pensait de l’hypothèse d’un attentat. – Oh, jeune homme, cette supputation est rocambolesque, comme l’est la version qu’Albert Londres s’est jeté à l’eau. Certains journaux, pour améliorer leurs tirages, sont prêts à créer des feuilletons à rebondissement en inventant chaque jour des histoires à partir d’un bien malheureux fait divers. J’ai lu tellement d’âneries sur ce qui s’est passé, sur l’attitude de l’équipage, sur notre propre histoire, que je dois vous avouer que depuis cette nuit, qui fut la plus longue de ma vie, je ne lis plus jamais la presse. Et je m’en porte très bien. Le 5 juin, le Félix Roussel accosta à Singapour. Pour la famille Nguyen, Singapour était depuis toujours l’escale préférée, leur dernière halte avant Saïgon. Dès que l’échelle de coupée était installée, ils partaient faire un tour dans le quartier chinois en pousse-pousse. Ils flânaient pendant des heures, imprégnant leurs narines de toutes les senteurs de l’Asie, qu’ils avaient quittée deux ans auparavant. Vers midi, ils allaient prendre un verre sur la terrasse du Raffles où Thi Hiên commandait sa boisson préférée, le légendaire Singapore Sling. Puis ils se rendaient au restaurant du Rex Hôtel où l’on servait la meilleure cuisine chinoise de la ville. Ils y étaient connus et le vieux chef qui avait fait la réputation de la place venait en personne prendre leur commande. Ce déjeuner était célébré comme une fête. Cette fois encore, à la demande de Paul, ils suivirent le même rituel. Les amarres du Félix Roussel furent larguées vers dix-neuf heures.
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