24Tu roules lentement, de détour en détour. Tu n’es pas pressé. Aux rives du lac où les gens s’agglutinent tu préfères les hauts de la ville, rouler au petit bonheur à l’orée du petit bois, quitte à passer deux fois par des croisements que tu ne reconnaîtras pas ; tu n’as pas la mémoire des routes. Malgré la chaleur, tu te gardes d’ouvrir les fenêtres. L’air torride de l’habitacle te rassure. A la conduite, tu préfères marcher, mais elle t’empêche de réfléchir. Longtemps, lentement, tu roules seul, sans guère prêter attention aux véhicules qui te suivent et te précèdent, te croisent et te doublent, à la chorégraphie qui t’entoure et à laquelle tu n’as pas part. Lorsqu’une voiture vient à toi, tu ne t’écartes ni ne ralentis, ne fais aucun cas de sa vitesse ni de sa course, acceptant le ch


