24.

387 Mots

24Tu roules lentement, de détour en détour. Tu n’es pas pressé. Aux rives du lac où les gens s’agglutinent tu préfères les hauts de la ville, rouler au petit bonheur à l’orée du petit bois, quitte à passer deux fois par des croisements que tu ne reconnaîtras pas ; tu n’as pas la mémoire des routes. Malgré la chaleur, tu te gardes d’ouvrir les fenêtres. L’air torride de l’habitacle te rassure. A la conduite, tu préfères marcher, mais elle t’empêche de réfléchir. Longtemps, lentement, tu roules seul, sans guère prêter attention aux véhicules qui te suivent et te précèdent, te croisent et te doublent, à la chorégraphie qui t’entoure et à laquelle tu n’as pas part. Lorsqu’une voiture vient à toi, tu ne t’écartes ni ne ralentis, ne fais aucun cas de sa vitesse ni de sa course, acceptant le ch

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