35.

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35Du lac, tu ne vois d’abord que le plumet des canards. Tu t’assieds dans une odeur de sandwich chaud, sur la pierre et la piqûre des capsules. La lune s’est arrondie, presque oubliée, et c’est un bruit d’ongles qui te rappelle à toi, la course d’un rat sur les rochers bruns, comme un frôlement que couvre bientôt le clapotis. Longtemps, la bouche sèche et sucrée, tu suis la berge. Le chemin s’en écarte, tu le quittes. Pour rester près de l’eau, tu contournes les roulottes vides et les hangars d’aviron, le petit bois de bouleaux où l’obscurité n’a pas le temps de se faire. Tu foules le sable et les galets, les racines, les brindilles, tout ce qui roule, craque et bruit. Tes pieds se mouillent. Tu ne t’éloignes du lac qu’à la faveur d’une pente, lente à gravir, qui traverse un parc en sinu

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