36Elles n’ont pas le même corps. Elles l’ont bien vue au bal du printemps, coulée dans une robe de soirée, lorsqu’elle quittait l’angle. Dans les vestiaires, elles ont bien relevé quelques détails, comme d’un tableau de Bosch, des délicatesses – la peau rousse et le petit pied, les taches de son, l’effluve épicé –, gardé d’autres en intuitions – une élégance désinvolte et des reflets de coquillage, l’éclat d’un vase de murrhe – sans oser s’en ouvrir. A chaque fois, elles cherchaient les regards, puis les miroirs. Elles ont voulu en sourire, décrier sans y croire le corps d’une enfant que Fay leur rendrait le lendemain. Et de fait les sarouels et les pantalons larges les rassuraient, les mailles fluides et le noir ; les bonnets, les sweatshirts de tromper les mémoires. Mais aujourd’hui, po


