Chapitre 7

2012 Mots
Moi : il est mort maman, il est mort. Tu l'as tué, c'est toi qui l'a tué et pas moi. J’avais les paumes de mains recouvertes sur mes oreilles pour ne plus entendre ce disait maman mais c’était impossible. Elle me traitait haut et fort de meurtrière, elle me convainquait que c’est moi qui l’avais tué. Maman : qui l'a fouetté jusqu'à ce qu'il chute? Ou bien tu vas dire que tu ne savais pas qu'il avait des problèmes de cœur? Pourtant je te l'avais bien dit. Aussi, je ne savais pas qu'il venait te voir pour ce genre de chose. Moi : non maman, tu savais tout. C'est toi qui as refusé de lui donner ses médicaments. C’est toi qui… À quoi ça servait de continuer à me débattre? Maman connaissait très bien le speech qu'elle devait avoir devant les autorités si jamais l'histoire y arrivait. Elle avait expressément refusé de lui donner ses médicaments à cet homme juste pour me punir de ma rébellion et pour me faire du chantage. Me trouvant très nerveuse, elle me donna encore une pilule et je me sentis beaucoup mieux. Maman : dors mon bébé, maman va nettoyer pour toi. Moi : je vais aller en prison? Je ne veux pas aller en prison maman Maman : maman est là, personne ne va t'amener en prison. Ne t'inquiète pas je vais me débrouiller pour qu'il ne t'arrive rien. Moi : je suis désolé maman, je ne voulais pas que tout ça arrive. Il était méchant avec moi et moi je ne faisais que me défendre. Maman : tu as bien fait de le tuer, il ne dérangera plus d'autres fille. Moi : je ne l'ai pas tué maman, il... Maman : accepte la réalité ma chérie, tu l'as tué et tu as amené son corps dans la poubelle d'en bas. Maman ne savait même pas que tu utilisais la maison pour te prostitué en son absence d'accord? Moi : d'accord maman. Maman : c'est ce que tu vas raconter si jamais on trouve des preuves disant que le meurtre vient d'ici. Pour le moment je vais tout faire pour qu'on ne nous lie pas à ça. Maintenant dors mon bébé. Moi : bonne nuit maman... Je m'étais reconnu coupable. Je répétais la phrase de maman à chaque sursaut dans la nuit. ‘‘Je l'ai tué, c'est moi qui suis la meurtrière''. A un moment je m'endormis complètement, sans plus penser à ce qui s'était passé. À mon réveil, maman n'était pas là. La maison était toute propre. Les affaires du monsieur avaient disparu. Tout mon corps me faisait mal, ma température était très élevée. Mes maux de tête étaient cognant, je n'arrivais pas à bouger du lit. Englouti dans ma couverture, je pleurais encore et encore. Étaient-ce des larmes de deuil pour le pauvre homme ou pour mon propre deuil? Parce que moi aussi je n'étais plus en vie. Ma vie avait déjà était prise par ma propre mère. Cette fois je devais me plier à ses désirs sans perdre plus de temps. Je ne pouvais pas aller en prison à cet âge, me disais-je. Seulement, je n'avais pas compris que maman avait joué sur ma psychologie de jeune fille. Si j'ouvrais réellement ma bouche devant les autorités, les choses pouvaient se retourner contre elle. À mon âge, cet âge où on chante pour maman lorsqu'elle rentre du travail et qu'on saute de joie lorsqu'on a de bonnes notes à l'école, comment pouvais-je penser seulement à aller voir la police? Par où devais-je commencer? Je devais faire tout ce que me demandait maman. Plus aucune rébellion et plus aucune peur. Il fallait que je me forge pour satisfaire ma mère. ‘‘Elle m'a aidé avec cet homme, à mon tour je dois faire ce qu'elle me demande. Ce n'est pas trop dur aussi. En plus elle me donne des pilules pour que je m'en remette donc...'' Ces pilules, ces fameuses pilules ! Ne dit-on pas que l'élève dépasse souvent son maitre? Vous comprendrez. Des heures plus tard, maman rentra avec un tas de médicaments et de quoi manger. Maman : comment tu vas chérie? En sortant tu étais brulante de fièvre. Moi : ma température n'a pas baissé. Maman : tu n'es même pas descendu du lit? Lève-toi et prend une bonne douche. Moi : je suis fatigué maman Maman : maman va te donner ta douche, d'accord? Viens là mon bébé, viens dans les bras de maman et cesse de pleurer. Ce monsieur ne te fera plus jamais de mal. Il est là-où il mérite d'être. Moi : j'ai peur maman, j'ai trop peur. Maman : tu n'as pas à avoir peur ma chérie. Ta maman sera toujours avec toi, dans les bons comme dans les mauvais moments. Maintenant il faut que ton malaise passe. Moi : je ne veux pas d'homme ce soir, s'il te plait Maman : ce soir tu ne vas voir personne. Je vais attendre jusqu'à ce que tu viennes toi-même me dire que tu es prête. C'est alors que tu auras à nouveau un homme et tous ceux que tu voudras. Moi : d'accord maman Maman : mais si tu déçois encore maman, elle n'aura pas d'autre choix que d'aller tout dire à la police. On va t'enfermer dans une cage pour mineur et tu n'en sortiras jamais. Moi : non maman, je ne veux pas finir comme ça. Je vais faire tout ce que tu voudras. Je vais coucher avec tous ceux que tu vas amener sans discuter. Je te le promets maman. Maman : chuuutttt... Je sais que tu vas faire ce que maman veut. Cesse de pleurer. Je vais te faire couler un bon bain. Ensuite tu vas manger et prendre tes médicaments. Chose dite, chose faite. Pendant que je me reposais après tout ça, elle faisait un ménage complet. Toutes les traces du passage de cet homme n'étaient plus qu'un vieux souvenir dans nos têtes. Après avoir tout lavé, elle sortit d'un plastique noir des billets neuf de banque. Maman : tu vois ce qu'on a gagné hier soir? Un demi-million. La vie est belle. Je la regardais juste, que pouvais-je dire? Maman : bon, le docteur Rodrigue va passer t'examiner. Ce Rodrigue... Qui s'assemble se ressemble le dit-on. Eh bien, vous ne savez pas si bien le dire. Cet homme était fait pour être avec maman. Un homme sans cœur, non! Pas un homme, mais plutôt un animal. Il ne vivait que pour de l'argent. Il était le concepteur de toutes mes pilules. Je le voyais souvent se partager le gagne fesse de ma mère chaque fin de semaine. Apparemment c'était devenu une entreprise. Il me faisait peur mais au niveau où j'étais, plus rien ne me faisais peur. Moi : il vient prendre sa part? Maman : bon, oui, mais après t'avoir examiné. Tu n'as pas bonne mine et cela ne me plait pas. Moi : ce sont les évènements qui me font encore un peu souffrir mais je t'assure que demain matin tout ira beaucoup mieux. Maman : j'aime quand tu parles comme ça chérie, je retrouve celle que j'ai formé à dix ans. Moi : je ne vais plus te décevoir maman À cet instant on entendit trois coups sur la porte. Rodrigue, sinon un client de maman. Pour venir prendre de l'argent ça ne pouvait être que ce sorcier de Docteur. Rodrigue : oulala, que tu es belle Astride... À trop l'appelé maman, j'avais oublié de vous dire que maman s'appelait Astride. Une femme belle et imposante de par son caractère. Son matérialisme faisait tout son charme, sa méchanceté ne laissait pas place à son maquillage toujours dosé. Oui! C’est dans le ventre de cette femme que je suis sorti. Maman : tu sais que je suis toujours belle, c'est ça qui fait notre commerce. Rodrigue : alors? Les affaires ont bien marchées cette semaine? Maman : viens d'abord me raconter comment tu as fait avec le gros porc de ce matin. Ils me rejoignirent et s'assirent autour de moi. Rodrigue : bonjour Murielle... Mais tu n’as pas la bonne forme à ce que je vois. Tu es souffrante ou quoi? Moi : j'ai un petit palu mais ça va passer. Rodrigue : mais tu ne dois pas être malade comme ça. Tu es notre plus gros investissement. Maman : je t'e d'ailleurs fait venir pour que tu l'examine aussi... Maintenant dis-nous comment tu as fait avec le corps. Elle le disait en souriant. Comme si ce fut leur travail de faire disparaitre des corps. Rodrigue : à l'heure qu'il est quelqu'un doit l'avoir déjà trouvé. On va croire que c'était juste un règlement de compte. Ne t'en fait même pas, le travail a été fait à la perfection. Aucun crime n'est parfait le dit-on ! Restez en haleine, vous allez comprendre. Maman : oulala, mon mignon docteur... ça me donne envie de te faire des choses. Rodrigue : on pourrait faire une petite partouze mais notre Murielle n'est pas en forme. Maman : elle se remettra au boulot quand elle va le vouloir. N'est-ce pas ma chérie? Moi : oui maman Je n'avais que cette affirmation à la bouche, ''oui maman''. C'était devenu mon refrain, ma seule phrase sans aucun verbe. Aussi nu que tout mon être. Rodrigue reçut ça part du marché de la semaine, je reçus ma part également. Une telle somme d'argent devait m'encourager dans le métier, mais quel métier? Après m'avoir examiné, il s'en alla tout joyeux. Rodrigue m'avait juste conseillé avec les médicaments que m'avaient achetés maman, ce que je fis pendant une semaine. L'ambiance était de plus en plus joyeuse à la maison. J'en oubliais déjà que j'avais tué quelqu'un. Ce matin, maman avait décidé de m'amener avec elle pour l'inauguration de son nouveau shoping. Encore plus grand que le précédent. Moi : enfin je vais un peu voir le soleil, merci maman. Maman : mais si tu fais le moindre faux pas, je vais une fois t’enfermer ici et partir avec la clé. J'avais passé tout une semaine enfermé dans la chambre. Elle m'ay apportait à manger, à boire. Si elle le pouvait, elle m'aurait rapportée la douche. Au moins, à son retour du travail, elle passait la soirée avec moi. En ce moment, je la voyais à nouveau comme étant la meilleure des mères. Moi : ne t'en fait maman. J'ai déjà compris la leçon Effectivement, j'avais bien compris la leçon. Cette fois je comptais bien respecter toutes les instructions de maman à la lettre. Maman : écoute mon bébé, là-bas il n'y a que mes clients et mes clientes. Donc si quelqu'un vient vers toi, ne le repousse pas. Laisse-toi aller comme maman t'a appris. Okay? Moi : oui maman Maman : même s'il te touche en publique accepte juste et viens me voir s'il te propose quelque chose. Si c'est une femme, tu ne dois pas avoir peur. Moi : c'est compris maman Cette fois elle avait gagné. Mais je savais que je n'allais pas y arriver en étant moi-même. Moi : dis maman, tu n'aurais pas une pilule pour m'éviter de faiblir? Maman : voilà, tu as déjà compris mon monde. Elle me donna deux comprimés. Je devais prendre un à l'instant et l'autre dès qu'on sera à la fête. Ça me faisait oublié qui j'étais réellement et ça me plongeait dans un monde du dégagement. Dans cet état, je pouvais m'offrir à n'importe qui. À l'entrée du shoping, il y'avait déjà tous les invités de maman. Ils n'attendaient qu'elle pour couper le ruban. Une fois les ciseaux en main, elle s'approcha de mon oreille et me chuchota : Maman : si tu me promets que dorénavant tu te donneras à tous les hommes que je vais t'apporter sans te rebeller, alors je vais te faire l'honneur d'ouvrir notre boutique. Moi : je te le promets maman Et dire qu’à mon âge je devais être en train d’aller à l’école comme ces jeunes filles qui passaient de l’autre côté de la rue ! À suivre…
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