Chapitre 5

1391 Mots
« Le bonheur n'est pas d'avoir tout ce que l'on désire mais d'aimer ce que l'on a. » Anonyme Le crépuscule venait juste de tomber. Yaye Mariem qui venait juste de finir de prier se dirigea vers la chambre d'Amina et Penda. Elle les trouva à genoux entrain de prier. Elle s'assit et attendit patiemment. - Assalamou Alaikum wa Rahmatullah (Que la paix et la miséricorde d'Allah soient sur vous) lancèrent-t-elles à droite. Assalamou Alaikum wa Rahmatullah à gauche. -Yaye, tu as besoin de quelque chose ? -Oui, Penda va amener du mounass (Encens qu'on met d'habitude au crépuscule) que j'allume cela dans la cour. Penda sortit automatiquement à la recherche d'un ande et de charbon pour allumer l'encens du soir. Amina enleva son voile et le plia. -Yaye, je t'avais prévenu que je vais au mariage de Khady ce soir, n'est-ce pas ? -Oui, approuva-t-elle de la tête. Tu y vas seule ? Amène Penda avec toi. -Penda ?  Il y'a Aida qui doit passer me prendre. Khadija, Aida et Amina étaient inséparables. L'une venait juste d'ouvrir le bal en se mariant la première. Ce qu'Amina voulait éviter, c'est que Yaye ne sache que c'est Moise qui devait passer la prendre. Elle s'était préparée pour l'occasion. Elle était allée mettre un long tissage et avait coiffée ses cheveux en un long chignon bien ordonné. Amina faisait partie des demoiselles d'honneur. La mariée avait choisi comme thème pour son mariage la couleur rouge et blanche. Les demoiselles d'honneur étaient sensées aussi s'habiller en rouge et blanc. - Donc Penda ne part pas ? Insistait toujours Yaye. Celle-ci comme si elle avait entendu son nom entra au même moment. -Yaye, j'ai mis le mounass. Elle regarda ensuite Amina et Yaye de façon suppliante. -Amina amène moi, je n'ai rien à faire. Je vais m'ennuyer si tu me laisses seule ici. Amina  la questionna. -Mais qui va réchauffer le diner pour Yaye et Madina ? Penda comme si elle n'avait pas pensée à ce dilemme, soupira. -C'est vrai , j'avais oubliée. Elle baissa ses épaules de désespoir. Mais c'était sans compter sur le soutien de Yaye. -Mina, amène là. Je suis vieille mais je ne suis pas handicapé. Je suis capable de réchauffer le diner moi-même et Madina va me tenir compagnie. Je préfère que tu ailles avec Penda. Je me sentirais plus confortable. Amina qui ne trouva pas d'autre choix  accepta. -D'accord, Penda dépêche-toi alors. Mais si on revient tard promet moi que demain tu ne me laisseras pas faire le ménage toute seule. Penda qui était prête à tous les sacrifices pour accompagner Amina accepta de la tête. -Oui, bien sûr. Si tu veux sakh (d'ailleurs ) demain laisse-moi m'occuper du repas et de la maison. Yow dal , repose toi rek. Amina et Yaye se mirent à rire. -Penda je te connais, la tu acceptes parce que tu veux partir mais demain si je te réveilles je suis sûre que tu m'insulteras. On verra dal. -Jamais! Khamgeu yaye semeu kharit way( Tu sais bien que c'est toi mon amie). Mais je porte quoi ? -Met ta robe en soie de couleur. Elle te va bien. Mais dépêche-toi. Elle ne voulait pas faire attendre Moise. Lui et Aida devraient passer la prendre sous peu. -Aida doit venir dans pas longtemps. Amina avait fini son maquillage. Elle enfila sa tenue, une robe rouge marinière avec des brodées en blanc sur le devant. -Yaye, tu ne penses pas que c'est trop serrée sur les côtés? Elle se tourna et se retourna. -Non, c'est bon. C'est vrai que ta forme est sortie mais bon vous les jeunes c'est ce que vous aimez non ? -Pas moi, j'aime être discrète. -En tout cas tu as hérité des formes de ta mère. Même si tu veux être discrète, ce n'est pas aussi facile. Amina se regarda dans le miroir. -Je pense que c'est bon. J'arrive, je vais aller demander à Madina de me prêter son collier et ses boucles d'oreilles  pour orner ma tenue. Je pense que c'est tout ce qui me reste. -Vas- y. Yaye observa Amina sortir. Cette dernière était une bénédiction pour elle. Elle était toujours de bonne humeur et s'occupait chaque jour des travaux de la maison sans jamais ronchonner. Amina était la fille de feu Djeinaba fille de Yaye qui était décédée en couche. Amina n'avait jamais connu sa mère. Elle n'avait comme souvenir que les quelques photos que Yaye gardait précieusement dans ses tiroirs et les histoires que sa famille lui racontait à propos d'elle. Amina avait toujours été un enfant doux. Ce qu'elle ne disait pas à sa grand-mère, c'est que des fois il lui arrivait de se sentir coupable. Elle se disait que c'était peut-être elle qui avait tué sa maman. Sa naissance n'avait apporté que le malheur et les pleurs ainsi pour se sentir utile elle s'était promis de toujours être serviable. Amina ressemblait à sa mère. Elle avait le même teint et la même taille. Djeinaba était très belle et avait fait beaucoup de ravage en son temps. Elle s'était mariée à Yerim. Celui-ci n'avait pas de moyen dans le temps mais il était beau comme un dieu. Aujourd'hui si Yerim était encore en vie, il n'était pas beaucoup présent dans la vie de sa fille. Il s'était remarié depuis lors et avait fondé une nouvelle famille avec sa femme. Amina n'aimait pas le fait de ne pas bien connaitre ses demi-frères. Elle s'était pourtant faite la promesse d'aller passer ses prochaines vacances au village pour y voir son père. Elle l'avait détesté au début pour l'avoir abandonner mais aujourd'hui elle lui pardonnait et avait appris à vivre sans lui. Il lui arrivait même de temps en temps d'appeler son père pour prendre de ses nouvelles. Amina frappa comme à son habitude à la porte de sa tante. -Madina je peux entrer? -Oui, bien sûr. A la vue d'Amina, Madina s'exclama. -Machallah, tu es toute belle. Tu vas au mariage comme cela ? -Oui, tu aimes ma tenue ? -Oui, Il ne te reste que des bijoux pour accompagner ta tenue. -C'est ce que j'étais venue chercher. Elle lui fit un large sourire. -Tu pourrais me prêter ta chaine en or,  celle qu'Amadou t'a offerte ? Madina ouvrit son armoire et le lui remit -Bien sûr. Moise y sera ? -Oui, c'est lui qui nous dépose. Je pense qu'il ne va pas tarder à venir. - Félicite Khady de ma part. Je serais bien venue mais mon état m'en empêche. -Bien sûr. Elle comprendra. Amina entendit des voix à l'extérieur. -Je crois que c'est Aida. Je dois y aller. Le diner est dans la cuisine. Désolé de vous laisser comme cela. J'emmène aussi Penda avec moi. -Ne t'inquiète pas. Amusez-vous bien. Qui sait ce sera surement toi la prochaine. Amina sourit à cette évocation. Elle sortit en trombe. Aida qui l'attendait s'exclama en voyant sa tenue.  -On ressemble à des jumelles, gloussa-t-elle. Mais on dirait que ta tenue te va mieux. -Comment cela ? demanda t- elle avec curiosité Elles se mirent à rire. -C'est juste que la valeur du tissu ressort un peu plus à cause de tes formes. Amina s'inquiéta. -C'est trop sexy ? Peut-être que je devrais mettre un foulard ? -Non, tu es bien comme cela. Elle lui murmura à l'oreille - Attend que Moise te vois. -Il est dehors ? -Oui, dépêche-toi. -Penda ! cria Amina. C'est toi qu'on attend. Cette dernière sortit à son tour. -Je suis prête. -Machallah, lui dit Amina. Tu es toute belle. Allons-y maintenant. Elle entra dans sa chambre. - Yaye, on s'en va. -D'accord ma fille. À plus tard. Ne rentrez pas trop tard. -Oui, Inchallah crièrent-elles ensemble. Toutes les trois sortirent et laissèrent Yaye pensif. A voir Amina aussi sûre d'elle et faisant désormais place à une belle femme. Elle se demandait ou le temps était passé. Les souvenirs ravivèrent sa mémoire. Elle se rappelait encore du jour ou le docteur les avait amené un nouveau-né et quelle fut sa tristesse à l'annonce du décès de sa fille. Aujourd'hui Dieu merci, elle avait certes perdu une fille mais elle gardait une petite fille qui lui donnait beaucoup de joie. Dieu se dit-elle ne t'enlève jamais une chose qu'il ne replace par une autre. -La-Illaha-Illalah ( Rien ne mérite d'être adorer sauf Dieu) , ajouta-t-elle.    
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