d’empathie, dit pour clore cette conversation :
— Maintenant, nous allons t’accompagner pour rentrer chez toi, mais promets-moi que tu ne vas nulle part.
— C’est promis, madame Najat, dit-elle. Je ne peux pas quitter mon domicile et aller ailleurs pour chercher midi à quatorze heures.
II
Quand Lina se livrait à elle-même, elle passait tout son temps à réfléchir à l’avenir de son futur bébé. Elle pensait si souvent que ce rejeton ne pourrait pas vivre sans réjouir de l’amour et l’affection de son père biologique.
Malgré l’interdiction de sortir que lui avait imposée sa tante, cette réflexion l’amena à envisager la possibilité de se rendre au centre carcéral pour reprendre contact avec son soupirant.
Un jour de bon matin, elle se réveilla tôt et prit le chemin de la prison à bord d’un petit taxi. Avant d’arriver à cet endroit, le chauffeur lui posa la question de savoir ce qu’elle a à faire là-bas :
— Pour voir un prisonnier, dit-elle.
— Personne ne désire prendre le chemin de cet endroit hideux et sombre ! C’est la première fois que tu t’y rendes ?
— Absolument lui répondit-elle, l’air un peu méfiant.
— S’agit-il d’un proche ? dit-il.
— Oui ! Mon oncle ! rétorqua-t-elle en lui mentant.
— Qu’a-t-il fait de si mal pour qu’on l’emprisonne, demanda-t-il, l’air curieux.
— Il a écrasé par accident une femme avec sa voiture. Heureusement pour lui ! La victime l’a échappé belle. Elle est encore vivante. On le détient parce que selon la police, il a transgressé le code de la route.
— Ce sont des choses qui peuvent arriver à tout le monde. J’espère qu’il sera relâché bientôt. Dis-moi, es-tu mariée ?
— Oui, pourquoi ? répondit-elle, l’air irrité.
— Parce que je vois que tu es enceinte, lui dit-il.
— Tu dois être un médecin pour avancer de telles choses, dit-elle ! Quelle vigilance !
— Je ne suis pour l’instant qu’un conducteur de taxi comme tu le vois, mais j’étais infirmier diplômé d’état. Et maintenant je suis retraité et je ne conduis ce taxi que rarement. Je passe tout mon temps dans un café appartenant à un homme bancal qui s’appelle Driss et qui vient de se marier à une autre femme ; elle aussi est infirmière.
— Tu la connais cette femme ?
— Qui peut nier qu’il ne connaît pas ? C’est une femme coquette qu’on ne peut que confondre qu’avec un mannequin travaillant chez une styliste de haute couture.
— Et comment l’appelle-t-on ? demanda-t-elle pour s’en assurer.
— Elle s’appelle Najat, dit-il, mais tout le monde la connait sous le nom de Najat l’infirmière.
— Est-elle gentille ou méchante ? demanda Lina, abasourdie par cette coïncidence.
— Elle affiche une certaine gentillesse à l’égard des gens uniquement dans le dessein de les induire en erreur, dit-il. Mais cette gentillesse et cette bonté ne sont qu’un masque pour cacher sa duplicité et son hypocrisie. Je n’ai pas le droit de la dénigrer, mais puisque tu insistes, je te dis la vérité. Est-ce que tu connais cette femme ?
— Moi ? Ah ! Non ! Je ne l’ai jamais vue, répondit-elle, l’air trompeur.
— Et pourquoi veux-tu que je te parle d’elle ? demanda-t-il.
— Si ça te dérange de parler d’autrui en considérant que c’est de la médisance, moi aussi, je n’aime pas non plus dénigrer les gens. Mais puisque le sujet de la conversation nous amène malgré nous, je crois qu’il vaut mieux connaître la vie secrète de ce type de femme qui se cache derrière sa carapace pour aboutir à ses fins.
— Tous les gens qui la connaissent disent, reprit-il, qu’elle entretenait une relation étroite avec l’un de ses collègues dont je ne connais pas le nom. Et même quand elle s’est mariée avec ce cafetier soit disant riche, elle fixait des rendez-vous avec son soupirant. La servante de sa mère connait tous ses secrets. Elle m’a raconté que Najat est une croqueuse de diamant qui ne cherche que son intérêt.
— Et ce cafetier, ne savait-il rien sur elle ? demanda-t-elle, l’air tourneboulé.
— Ce vieux crouton n’a aucune prise sur elle. Il est tellement fasciné par son corps de mannequin et de sa beauté angélique qu’il devient complètement soumis à ses exigences. Ce pauvre type est tombé sous son charme sans se rendre compte pour le moins au monde qu’il se trompe lourdement sur son vrai visage. Je pense que cette femme qui le trompe avec un autre va bientôt finir par le déplumer.
Ne supportant pas ces révélations choquantes sur la vie secrète de la femme de son père qui fait de lui un vrai cocu, Lina dit tristement au chauffeur :
— Dépose-moi ici s’il te plait. Puisque ce n’est pas loin, je vais continuer à pied pour me dégourdir les jambes.
Dès qu’elle descendit du taxi, Lina s’appuya sur le tronc d’un arbre et éclata en sanglots, les larmes lui jaillirent fortement sur son visage. Ce fut pour elle un choc émotionnel très fort que d’entendre de la bouche de ce confident d’infortune toute la vérité sur cette croqueuse de diamant qui a réussi à mettre le grappin sur son père. Mais ce fut aussi une vraie coïncidence qui pourrait lui permettre de faire tomber le masque sur le vrai visage de Najat.
Après avoir séché ses larmes et reprendre ses esprits, elle prit un autre taxi qui l’amena juste devant le portail de la prison. Elle se présenta devant le poste de garde du centre carcéral au préposé au service :
— Monsieur, s’il vous plait, je voudrais voir un prisonnier qui répond au nom d’Allal le jardinier. Voulez-vous l’autoriser de venir me voir.
— Quel lien as-tu avec lui ? demanda-t-il, l’air sévère.
— C’était notre jardinier de maison et nous nous connaissons mieux, dit-elle. Accordez-moi quelques minutes pour discuter avec lui de certaines choses personnelles.
— Alors suis-moi, dit-il en l’amenant au parloir, on va l’amener pour que tu puisses le voir, mais essaye d’écourter ta discussion parce qu’ici, on n’est pas dans un café pour traiter de tous les problèmes. Tu n’as que dix minutes.
— Ok ! Je m’y tiendrai ! dit-elle, l’air angoissé.
En ouvrant le portail cadenassé, l’agent en charge cria :
— Allal le jardinier, suis-moi ! Tu as de la visite. Une fille voudrait te voir. Je ne sais pas si tu la connais.
— Je n’en sais rien, répondit-il, l’air froissé.
— Tu vas savoir en quoi te sera utile cette visiteuse ?
— Je n’ai personne dans ma vie qui puisse venir me voir pour me soulager.
— Tu peux entrer, dit l’agent. Elle est là dans ce parloir.
En le voyant arriver, Lina tressaillit et se leva de sa chaise bancale pour le serrer dans ses bras et lui dire à la manière d’une vraie amoureuse :
— Tu me manques beaucoup, mon chéri. Tu n’aurais pas dû commettre cet acte irréfléchi pour me laisser seule. Tu ne savais pas combien je me suis attachée à toi.
— Et moi aussi, je t’aime, ma chérie et mon amour pour toi n’a pas d’égal. Je me suis mal comporté et je regrette beaucoup cet acte d’agression sur la personne de Radia. Je n’avais jamais eu l’intention de lui porter ces coups de couteau. Mais cela s’est produit hors de ma volonté et je ne savais pas quelle force extérieure m’a poussé à faire le mal. Dis-moi comment tu va ?
— Pas tellement bien, dit-elle. Je suis fatiguée à cause de ce que j’ai dans le ventre.
— Qu’est ce que tu as dans le ventre ? demanda-t-il, l’air curieux.
— Notre futur enfant, répondit-elle. Je suis enceinte de toi.
— Comment est ce que tu peux dire une chose pareille ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
— J’ai consulté un gynécologue en compagnie de ma mère et le test de grossesse était positif, avoua-t-elle.
— Alors, ta mère sait que c’est moi le père ? demanda-t-il.
— Bien sûr ! Mais mon père et mes frères n’en savent rien, dit-elle. Maintenant, je vis avec ma tante Amina et mon oncle Hamid. C’est un type très affectueux qui ne voit qu’avec le cœur et les oreilles. Ma mère m’a éloignée exprès pour que mon père ne se rende pas compte de ma grossesse.
— Comme tu le vois, maintenant je suis entre quatre murs et je ne peux rien faire pour toi. Ce que je te demande, c’est de garder le bébé et de prendre soin de lui quand il naîtra. J’espère que ma peine ne soit pas si lourde pour que je puisse sortir et courir vers vous avec les bras grands ouverts.
— Je vais en prendre soin avec l’aide d’Aicha, la servante et de ma tante Amina. C’est une sage femme qui sait bien s’occuper d’un nouveau-né. Tiens ! dit-elle. Prends cet argent. Tu en auras besoin. Si tu n’avais pas été en prison, j’aurai dû dire à qui veut m’entendre que je suis enceinte et le père biologique, c’est bien toi. Je t’ai aimé et je t’aime sans discontinuer. Je me suis offerte à toi de bon gré et je ne crois nullement que tu as volé mon innocence. Ce qui vient d’arriver entre nous n’était pas dû au hasard. Il s’agit bel et bien d’un amour réel qui a le droit d’être annoncé et crié sur tous les toits.
— Moi aussi, dit-il, je suis convaincu que ce n’est pas un viol. C’est un dépucelage fait de bon gré et sur ton consentement.
— Je crois que je ne viendrai plus te voir. C’est la première et la dernière fois. Ma tante ne me laisse pas sortir de chez elle. Si jamais elle apprend que je suis venue te voir, elle se fâchera contre moi et pourra sans doute en informer ma mère.
— Excuse-moi de t’avoir abandonnée contre mon gré, dit-il. Je ne savais pas que la situation va tourner à mon désavantage quand j’ai commis cet acte de lâche. On ne nait pas criminel, mais on le devient par un concours des circonstances et suite à des situations malencontreuses. Quoi que je dise, je suis la résultante d’un ordre social mal agencé où mon éducation n’a pas été canalisée dès mon petit âge. J’ai une mère que je ne vois que rarement et je ne sais pas comment elle mène sa vie de fouineuse. La pauvre passe toutes ses journées à fourrer la tête dans les poubelles pour chercher quelques objets disparates qu’elle vend à vil prix aux brocanteurs de la place publique. Quel genre de personne veux-tu que je sois si ce n’est pas un individu acariâtre et plein de rancune qui se révolte uniquement que pour agresser les autres et inoculer son venin dans leur veines. J’avoue que je ne suis qu’un délinquant qui ne mérite ni la pitié ni l’empathie de qui que ce soit. Je ne suis qu’un dévoyé qui s’est engagé dans une fausse piste et qui n’a pas su en bifurquer vers une autre pour se méprendre de son aberration et sa perversion.
. — Cesse de t’en vouloir, lui demanda-t-elle. Tu vas te faire mal.
— Laisse-moi extérioriser le poids de mes peines et chagrins cumulés pendant toutes ces années que j’ai passées à déambuler dans les rues comme un chien errant. Il m’arrivait souvent de sillonner les rues, au beau milieu de la nuit, comme un somnambule partant à la recherche de n’importe quoi pour combler son manque d’affection parentale dont il a souffert à son corps défendant.
— Hé, toi ! Tu tiens un discours ou quoi ? lança l’agent. Ton temps est déjà fini. Madame tu dois sortir ! Laisse-le rejoindre sa cellule et viens le voir de temps en temps parce qu’il a besoin d’un peu d’amour.
— Ok ! Je m’en vais ! dit-elle, l’air triste.
— Prends soin de mon futur enfant ! Il ne sera pas comme moi, je te le promets. Je ferai des mains et des pieds pour m’occuper de lui et faire en sorte qu’il soit mille fois mieux que moi.
Lina quitta la prison. Un taxi qu’elle héla la ramena chez sa tante Amina. Dès qu’elle ouvrit le portail d’entrée, son oncle lui lança une sommation :
— Qui est là ?
Elle ne voulut pas s’annoncer sous peine d’être interrogée sur sa sortie. Elle s’infiltra subrepticement dans sa chambre, laissa la porte grande ouverte et demanda à son oncle :
— Qu’y a-t-il, oncle ? Tu m’as tirée d’un sommeil profond. Qu’est ce que tu as ?
— J’ai entendu le portail s’ouvrir avec un léger crissement, répondit-il.
— Je vais voir, le rassura-t-elle, l’air convainquant d’une menteuse.
— C’est quoi alors ? demanda-t-il, l’air méfiant.
— Ce doit être un coup de vent, dit-elle. Mais je crois que c’est plutôt un gros chat du jamais vu qui a fait ce bruit en entrant ici. Il est d’une taille énorme, dit-elle, à la manière d’une menteuse inconnue.
En croyant tout ce qu’elle disait, Hamid lui demanda de le chasser avec un balai, mais sans le frapper.
Il n’est plus là, reprit-elle. Peut-être s’est-il sauvé en se rendant compte de notre présence.
— Ok ! N’aie pas peur ma puce. Va te reposer ! dit-il.
— D’accord ! J’ai encore besoin de repos pour me délasser, dit-elle
III
L’agent qui s’occupait de la surveillance d’Allal le jardinier, le conduisit dans une autre cellule l’enfermer au milieu de dangereux criminels. Ceux-là s’activaient avant leur détention aux côtés du fils de Radia, la servante. Ils faisaient partie d’une b***e de malfaiteurs. Par des voix discrètes et inconnues, ce fils mis au courant de l’agression de sa mère leur fit passer le message de faire le nécessaire à sa place.
Dès qu’on la jeta dans cette cellule, Allal se trouva seul face à deux colosses qui commencèrent à le bousculer au quatre coins des murs. L’un deux le prit par le col et commença à le secouer puis il l’envoya par terre en lui donnant un coup de poing en plein visage. L’autre, pour terminer le travail, il se mit à le rouer de coups de pieds en lui disant que cette bonne raclée pourrait lui servir de leçon.
Malgré ses cris qui furent étouffés sur le champ, personne n’était là pour le secourir et le libérer des mains de ses deux bourreaux. Allal qui n’avait aucune autre alternative les supplia :
— Arrêtez de me tabasser, s’il vous plait ! Je ne vous ai rien fait. Je vous en conjure. Je ne sais pas pour quelle raison vous vous en prenez à moi. Je n’ai ni l’énergie ni la force pour me battre avec vous. Je reconnais que vous êtes les maîtres de cette prison. Moi, je ne suis qu’un type malheureux et maladroit qui se trouve incarcéré par un coup de sort fatal.
— Cet acte de lâche que tu as commis sur cette pauvre femme qui ne fait pas de mal à une mouche, tu vas le payer sans que personne ne vienne à ton secours. Et pour commencer nous allons te faire subir une épreuve de bizutage pour célébrer ton intégration dans le monde carcérale. Enlèves tes espadrilles et ce costume pénitentiaire qui te sied mal. Ton slip, tu le gardes, lui demandèrent. Maintenant que tu es torse nu, raconte-nous ce qui s’est passé avec cette femme que tu as agressée.
— Je n’avais pas l’intention de l’agresser. Les choses se sont produites fortuitement. Moi, je faisais jardinier chez la famille d’un cafetier tandis que la victime de ma folie faisait servante. Nous occupions chacun en ce qui le concerne des tâches différentes. Ma relation avec elle était basée sur de le respect mutuel. Je n’ai jamais osé lui adresser un mot déplacé ou la dénigrer devant les autres. Un jour, elle est venue me chercher au jardin, en feignant d’apporter à manger au chien dont la niche est implantée là dans un coin. Dès qu’elle m’a vu, elle commença à m’abreuver d’injures désobligeantes sans m’expliquer les motifs de ce revirement. Quand je me suis rendu compte plus tard des raisons qui l’on poussée à se montrer très dur envers moi, j’ai compris qu’elle voulait faire rompre une relation d’amour qui s’est établie entre Lina, la fille du cafetier, et moi-même. — Et toi, comme tu étais aveuglé par ce sentiment émotionnel inédit, tu t’es permis de l’agresser sans scrupules pour t’en débarrasser et vivre cet amour interdit. Tiens cette raclée, espèce de brebis galeuse, lui dit l’un des deux qui le fit relever pour l’envoyer heurter le mur et tomber à la renverse.
Le gardien pénitentiaire corrompu était là pour superviser en catimini ce spectacle de brimade corporelle. Quand il s’est rendit compte du danger de mort imminente auquel est exposé Allal, accourut avec un seau d’eau qu’il déversa sur lui pour l’aider à reprendre conscience.
De peur d’assister passivement à sa mort, il a enjoint à ces deux prisonniers de ne plus le toucher. Quand Allal reprit ses esprits, l’agent en question le mettra dans une autre cellule avec un homme vieux et décrépit condamné à perpétuité pour avoir été impliqué dans une affaire criminelle.
Dès qu’il vit son visage marqué d’ecchymoses et ses yeux au beurre noir, il lui demanda :
— Pourquoi on t’a tabassé ? Ces gardiens sont des sauvages qui doivent payer !
— Ce ne sont pas les gardiens qui m’ont agressé, répondit-il, l’air très fatigué.
— C’est qui alors ? demanda le vieux.
— Deux prisonniers sauvages m’ont roué de coups. Ils ont failli me tuer. Maintenant aide-moi, je veux sortir de là coûte que coûte. Dites aux gardiens que je suis un déséquilibré mental.
En croyant bénéficier d’une suspension de peine pour raisons de santé, Allal commença à crier au beau milieu de la nuit et à gesticuler en simulant être dans un état grave de débilité mentale le rendant incapable de contrôler ses actes et ses paroles.
Il faisait réveiller tous les prisonniers qui prenaient son déséquilibre psychiatrique au sérieux et insistaient à ce qu’on l’évacue dans un hôpital qui le prendra en charge. Il répétait ces scènes toutes les nuits jusqu’au moment où avec l’aide du vieux, les gardiens le signalèrent aux responsables qui n’hésitèrent pas à le faire interner, en lui mettant une camisole de force, au centre hospitalier où se trouvait Sabah.
IV
Comme prévu, Driss et Najat se rendirent au domicile de Radia. Ils la conduisirent directement au café. Ils réunirent tout le personnel qui s’occupait des différentes tâches. Najat qui rêvait depuis son mariage avec Driss de passer pour une vraie patronne à qui devraient revenir toutes les décisions, prit la parole et dit :
— Aujourd’hui, je vous ai rassemblés tous et pour la première fois, ici même en ce café, pour vous annoncer l’arrivée de Radia, qui était notre servante fidèle et consciencieuse. Cette femme a passé par une épreuve difficile à cause d’un repris de justice qui s’est permis sans le moindre scrupule ni bonhomie de l’agresser à coups de couteau. Ce criminel est maintenant entre les mains de la justice qui se chargera de son dossier. Après avoir subi une opération chirurgicale, Radia s’est bien remise de ses blessures et elle est à présent en bonne et due forme pour chapeauter et superviser le service de propreté et de lavage de la vaisselle. Dans les mois à venir, je procéderai à la restauration et au changement de tout l’équipement matériel de ce café pour que nos clients soient un tant soit peu émerveillés par la qualité du service rendu.
— En ce qui me concerne, ajouta Driss, je vous demande de continuer à travailler comme d’habitude en appliquant au pied de la lettre et entre autres les actes réflexes d’un bon serveur, en l’occurrence laver, essuyer, ranger la vaisselle, la verrerie, les ustensiles de cuisine, débarrasser une table, accueillir les clients avec un sourire, prendre leur commande et la traiter dans un temps record. Et si jamais quelqu’un parmi vous a un problème quelconque, il a tout mon accord de s’adresser à Najat qui se penchera, j’en suis sûr, sur son cas. C’est tout ce que nous avons à vous dire. Vous pouvez rejoindre vos postes.
V
Allal le jardinier qui était interné à l’hôpital psychiatrique, continuait à simuler qu’il était un déséquilibré dangereux. Tous les cachets qu’on le forçait de prendre, il ne les avalait pas et les laissait sous la langue pour s’en débarrasser ensuite. Juste après le passage de l’infirmier responsable de distribuer les médicaments aux patients, Allal faisait semblant de temps en temps de s’être calmé sous l’effet des comprimés.
Puisqu’il savait que Sabah était là comme le lui avait dit Lina, il essaya par tous les moyens de la rencontrer et de parler si possible avec elle pour organiser une évasion et se libérer ensemble des atrocités de cet endroit hideux et sombre.
Pour mettre à exécution son plan d’évasion de ce monde corrompu et plein de méchanceté, Il se mit à faire la reconnaissance des lieux pour repérer toutes les pistes et itinéraires possibles qu’il devrait emprunter le jour où il pourrait s’échapper et faire sortir avec lui la sœur de sa dulcinée.
En étudiant le terrain de jeu dans lequel il s’est empêtré par nécessité impérieuse, il a aperçu et reconnu la silhouette de Sabah. Elle était saisie par les bras et traînée par deux infirmières apparemment méchantes et hargneuses qui la faisant marcher malgré son allure lente et nonchalante.
IV
Comme prévu, Driss et Najat se rendirent au domicile de Radia. Ils la conduisirent directement au café. Ils réunirent tout le personnel qui s’occupait des différentes tâches. Najat qui rêvait depuis son mariage avec Driss de passer pour une vraie patronne à qui devraient revenir toutes les décisions, prit la parole et dit :
— Aujourd’hui, je vous ai rassemblés tous et pour la première fois, ici même en ce café, pour vous annoncer l’arrivée de Radia, qui était notre servante fidèle et consciencieuse. Cette femme a passé par une épreuve difficile à cause d’un repris de justice qui s’est permis sans le moindre scrupule ni bonhomie de l’agresser à coups de couteau. Ce criminel est maintenant entre les mains de la justice qui se chargera de son dossier. Après avoir subi une opération chirurgicale, Radia s’est bien remise de ses blessures et elle est à présent en bonne et due forme pour chapeauter et superviser le service de propreté et de lavage de la vaisselle. Dans les mois à venir, je procéderai à la restauration et au changement de tout l’équipement matériel de ce café pour que nos clients soient un tant soit peu émerveillés par la qualité du service rendu.
— En ce qui me concerne, ajouta Driss, je vous demande de continuer à travailler comme d’habitude en appliquant au pied de la lettre et entre autres les actes réflexes d’un bon serveur, en l’occurrence laver, essuyer, ranger la vaisselle, la verrerie, les ustensiles de cuisine, débarrasser une table, accueillir les clients avec un sourire, prendre leur commande et la traiter dans un temps record. Et si jamais quelqu’un parmi vous a un problème quelconque, il a tout mon accord de s’adresser à Najat qui se penchera, j’en suis sûr, sur son cas. C’est tout ce que nous avons à vous dire. Vous pouvez rejoindre vos postes.
V
Allal le jardinier qui était interné à l’hôpital psychiatrique, continuait à simuler qu’il était un déséquilibré dangereux. Tous les cachets qu’on le forçait de prendre, il ne les avalait pas et les laissait sous la langue pour s’en débarrasser ensuite. Juste après le passage de l’infirmier responsable de distribuer les médicaments aux patients, Allal faisait semblant de temps en temps de s’être calmé sous l’effet des comprimés.
Puisqu’il savait que Sabah était là comme le lui avait dit Lina, il essaya par tous les moyens de la rencontrer et de parler si possible avec elle pour organiser une évasion et se libérer ensemble des atrocités de cet endroit hideux et sombre.
Pour mettre à exécution son plan d’évasion de ce monde corrompu et plein de méchanceté, Il se mit à faire la reconnaissance des lieux pour repérer toutes les pistes et itinéraires possibles qu’il devrait emprunter le jour où il pourrait s’échapper et faire sortir avec lui la sœur de sa dulcinée.
En étudiant le terrain de jeu dans lequel il s’est empêtré par nécessité impérieuse, il a aperçu et reconnu la silhouette de Sabah. Elle était saisie par les bras et traînée par deux infirmières apparemment méchantes et hargneuses qui la faisant marcher malgré son allure lente et nonchalante.
Il les approcha et commença à les regarder furtivement et sans attirer leur attention. Dès qu’elles la laissèrent s’asseoir pour prendre son souffle et rentrèrent dans le bloc pour faire sortir les autres patientes dans la cour de l’hôpital, il profita de cette opportunité et se dirigea vers elle pour lui lancer un sourire et échanger avec elle quelques mots :
— Sabah ! Je suis Allal, votre jardinier. Je suis venu ici pour te faire sortir de ce gouffre. Dis-moi, tu vas bien ?
— Je suis bien, mais je fais semblant d’être malade. Que fais-tu là ? demanda-t-elle, l’air étonné.
— Je suis venu ici pour échapper de la prison où deux sauvages m’ont agressé et malmené cruellement. Je cherche par tous les moyens à bénéficier d’une suspension de peine.
— Pourquoi est ce que tu es emprisonné ? demanda-t-elle en chuchotant.
— Ne t’inquiète pas pour moi, je te raconterai mon histoire plus tard, dit-il. Ce qui compte pour l’instant, c’est réussir à sortir d’ici le plus tôt possible. Je te conseille de ne pas avaler les cachets qu’on te donne.
— Je ne les ai jamais avalés, sauf que parfois on me fait des piqures que je n’arrive pas à éviter.
Sabah ignorait que la visite de sa tante Amina avait servi beaucoup pour la sauver des mains de ces deux infirmières méchantes et acariâtres qui étaient de connivence avec Najat et que son médecin traitant se chargeait en personne de toute sa médication. Les piqures qu’on lui faisait n’étaient que des injections superficielles et ne constituent aucun danger pour elle.
— Je suis très content de te voir saine et sauve, lui dit-il. Ecoute-moi bien Sabah ! Je suis en train de repérer s’il ya possibilité