Comme toujours, avec Yanni, nos conversations dérivent vers le passé et nous chantons hélas les mêmes antiennes. Nos mémoires défaillent parfois, c’est alors un festival de malentendus, de quiproquos d’un effet comique, mais le spectacle est pathétique. Heureusement, il en est toujours un des deux pour venir au secours de l’autre. Parfois, le silence s’installe entre nous, nous sommes soudain absorbés par des pensées insondables et peut-être indicibles. Notre jardin caché est désormais très secret et nous ne pouvons plus le cultiver ensemble. Chacun s’en va de son côté. Alors que je redescends lentement, triste, je crois, que notre pudeur mutuelle ait étouffé ce que nous aurions voulu nous dire, le soleil devient pâle, le vent d’ouest se met à souffler, des masses cotonneuses où s’entrem


